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TRAITEMENT DE LA PÉRIENCÊPHALITE CHRONIQUE DIFFUSE

ments irritants. L’usage fréquemment renouvelé des bain&vtièdés doit être compris aussi parmi les moyens dont on retire le plus d’avantage, pendant toute la période où il est permis de supposer que la turgescence des capillaires cérébraux n’est encore qu’en voie de diminution. L’application des soins hygiéniques qu’on impose aux sujets menacés d’attaques d’encéphalite temporaire peut seule diminuer les chances d’une rechute, quand une fois on a échappé au danger de pareilles attaques. Jamais donc cette importante vérité ne doit être perdue une seconde de vue par les médecins. » (Calmeil, ouvr. cit,, t. 1, p. 22 et suiv.)

Ces préceptes sont incontestablement d’une sagesse extrême, et il est bien certain que le médecin pourra enregistrer plus d’un succès, lorsqu’il aura affaire à des malades assez dociles pour suivre ses prescriptions. J’en ai cité un cas remarquable à propos du traitement antiphlogistique préventif dans la période d’invasion .

Voyons maintenant ce qu’il est utile de faire dans cet état que M. Calmeil a désigné sous le nom de périencéphalite chronique à l’état simple [paralysie générale incomplète) ; car dans la périencéphalite chronique diffuse à l’état dé complication, il n’y a malheureusement autre chose à tenter que d’entourer les malades des soins hygiéniques et prophylactiques qui peuvent modérer leurs accès et les aider à prolonger leur misérable existence. Je ne puis mieux faire encore que de citer l’expérience et les conseils du savant médecin de Charenton.

« La périencéphalite chronique diffuse doit être classée parmi les affections graves du système nerveux, par la raison qu’elle intéresse presque toujours, dès son début, un assez grand nombre d’emplacements, tant sur une moitié de l’encéphale que sur l’autre, et qu’elle a bien plus de tendance à se propager* aux circonvolutions, aux différentes régions qu’elle avait d’abord épargnées, qu’à céder aux différents moyens de traitement qu’on croit devoir lui opposer. Sa gravité est augmentée encore par la violence des attaques à forme apoplectique ou à forme convulsive qui viennent presque constamment surprendre les malades à toutes les périodes de leur phlegmasie, et par l’importance des désordres qui sont comme des conséquences forcées de la répétition de ces recrudes* cences ; car on arrive finalement, et comme fatalement, à un moment où l’intelligence, la raison et les fonctions locomotives des sujets que l’on

(1) Parmi les moyens propres à prévenir les accidents qui sont la suite des tendances à la congestion, je me rappelle, dans le temps, la grande confiance que quelques médecins semblaient avoir dans les ventouses Junod. Ce mode de traitement a eu, comme beaucoup d’autres, sa vogue momentanée, Dans le tome II (p. 320) des Annales médico-psychologiques, M. le docteur Cerise cite un cas où ces ventouses lui ont rendu un grand service.

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soigne ne peuvent plus être préservées contre toutes ces causes de destruction,

)) Les médecins qui n’ont observé que des cas douteux ou qu’un très petit nombre d’exemples de périencéplialite chronique diffuse, confondent facilement les rémittences de cette phlegmasie avec des cas de guérison ; mais ceux qui ont été à même de continuer leurs observations pendant plus d’une année, et qui ont pu éludier le cours de la périencéphalite dans de grands hôpitaux, sont à peu près unanimes pour proclamer la rareté des véritables guérisons. On doit, en conséquence, s’estimer presque heureux lorsqu’on est parvenu, après beaucoup de combinaisons habiles, à en retarder notablement les progrès, et surtout à lui faire subir des rémittences ou des intermittences de quelque durée. Nous avons vu cette maladie rester absolument stationnaire pendant dix mois, quinze mois, pendant près de deux années. Nous avons donné des soins à un employé chez lequel l’embarras de la langue et les idées délirantes avaient fini par disparaître d’une manière complète après un traitement de six mois. Cet homme avait pu se remettre plus tard à la tête de son emploi, s’occuper habilement d’affaires administratives d’unegrande importance, faire des voyages, des spéculations d’intérêt ; on pouvait donc le considérer comme entièrement guéri de sa première atteinte de périencéphalite. Par malheur, des contrariétés imprévues vinrent réveiller chez lui des idées dépressives qu’il ne put pas entièrement surmonter ; il éprouva coup sur coup plusieurs attaques de congestion cérébrale, et arriva en moins de cinq semaines au plus haut degré de la paralysie générale et de la démence (1 ).

(I) Je ne connais pas, en pathologie mentale, de situations plus difficiles. Les rémissions sont parfois tellement remarquables, que le médecin spécialiste serait mal vu de lutter contre les familles qui admettent la guérison. C’est dans cette période que se débattent souvent les plus grands intérêts des familles et des malades eux-mêmes; car on voit ces derniers contacter des mariages et se livrer à de grandes entreprises commerciales. Les médecins de la vie privée ne peuvent mieux faire dans ces' circonstances que d’en appeler aux lumières des spécialistes. Je citerai à ce propos l’opinion d’un homme bien compétent : « En observant avec soin la marche de la maladie, dit M. le docteur Aubanel, en étudiant toutes ses périodes et en appréciant exactement les actions du malade dans tous les instants de la journée, on constate toujours un certain degré d’affaiblissement dans les facultés intellectuelles, affaiblissement qui progresse ordinairement de jour en jour, qui peut éprouver des moments d’arrêt, même une apparence de guérison pendant plusieurs mois et quelquefois pendant plusieurs années, mais qui se termine tôt ou tard, quoi que l’on fasse, par une abolition complète de l’intelligence et par la mort. Je n’ai pas encore observé un seul cas de guérison bien constaté. Les malheureux affectés de cette terrible maladie présentent, du côté de l’intelligence et de la motilité , quelle que soit la forme symptomatologique du délire, un cachet tout parti-

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