‹ Traité des maladies mentalesChapitre 57 sur 306 · INFLUENCES CLIMATÉRIQUES , TELLURIQUES ET HYGIÉNIQUES · texte numérisé non relu

INFLUENCES CLIMATÉRIQUES , TELLURIQUES ET HYGIÉNIQUES

s’est répandu peu à peu depuis, et qu’au temps où nous sommes beaucoup peut-être en sont atteints, vu qu'on y remarque une multiplicité de maladies morales jusqu alors inobservées et devenues contagieuses et mortelles (1) .»

Nous prenons acte de cette déclaration qui nous prouve que le cadre dans lequel on renfermait l’étude des maladies mentales demande à être élargi, et qu’il n’y a pas lieu de s’étonner si la nature de nos recherches nous engage à aborder les points les plus importants des grandes questions sociales qui sont agitées de nos jours et qui font la juste préoccupation de tous les hommes qui s’intéressent aux progrès de l’humanité.

§ VI. — Xnflueaces climatériques , telluriques et hygiéniques.

« La statistique, dit M. Guislain, constate une certaine influence des saisons sur le chiffre des admissions faites dans les établissements. On reçoit des malades à tous les mois de l’année, mais il est bien démontré que c’est au printemps et à l’entrée de l’été que les admissions sont le plus nombreuses.

» L’entrée de l’aliéné dans les établissements n’est pas, à proprement parler, ajoute ce savant praticien, le moment du développement de sa maladie ; celle-ci a le plus ordinairement sa période d’incubation ; bien souvent elle a duré un temps très long avant qu’on se résigne à faire entrer le malade dans un asile. Il en est de même des sorties, C’est ainsi que le plus grand nombre des départs a lieu à l’entrée de l’hiver, tandis que les guérisons se font déjà pressentir après les fortes chaleurs.... Évidemment il y a des rapports entre la chaleur atmosphérique et le trouble intellectuel... . Les vésanies périodiques se montrent particulièrement au printemps.... Là chaleur atmosphérique donne de l’agitation aux aliénés ; l’abaissement de la température les calme souvent. On ne rencontre cependant pas plus de cas d’aliénation dans les Climats chauds que dans les climats froids. .. . C’est une preuve que cet excitant porte plutôt sur la prédisposition que sur la maladie elle-même (2). »

(1) Éludes cliniques, t. 1, p. 302.

(2) Guislain , J>epo}is orales sur lesphrénopathies,t.l\, f. 110. Le climat, nous ne cessons de le répéter, a une grande influence sur la production du suicide, témoin la fréquence de ce mal en Angleterre, causée, dit-on, par l’atmosphère surchargée d’humidité et de hrouillards ; mais a-t-on réfléchi, ajoute ce grand observateur, que le suicide était inconnu dans la Grande-Bretagne, lorsque les Romains en faisaient la conquête, tandis qu’il était à cette époque fréquent en Italie î Les climats sont restés les mêmes, mais les mœurs, mais la civilisation, mais les idées ont changé ; et ce sont là les causes qui influent puissamment sur la fréquence des maladies mentales. Les Hollandais ne vivent-ils pas sous un climat encore plus humide, aussi brumeux que celui d’Angleterre ? Cependant le suicide est moins fréquent en Hollande qu’ ailleurs. Le climat de Copenhague

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