ÉTIOLOGIE. — AFFECTIONS DES ORGANES ABDOMINAUX
La gi’ande difficulté est, comme le dit M. le docteur Griesinger, de faire la part des affections primitives des organes abdominaux et celle des lésions secondaires de ces organes dans le cas où le cerveau, originairement compromis, a réagi sur les fonctions de la vie de relation. L’anatomie pathologique, les analysés chimiques, les investigations au moyen du microscope, nous révèlent le plus ordinairement des effets consécutifs, des productions morbides secondaires, et ne nous font pas toujours remonter à la cause primitive (1). Ajoutons encore q^ue les irradiations douloureuses qui partent d’un organe, siège d’un désordre fonctionnel et le plus ordinairement d’un état névropathique, amènent souvent des anomalies si rapides dans la sensibilité générale, des transformations si instantanées d’un délire primitif en rapport avec telle ou telle cause, qu’il est facile de perdre de vue le point de départ et de faire fausse route tant pour ce qui regarde le diagnostic que le traitement. Les praticiens peuvent s’en convaincre facilement lorsqu’ils ont à traiter quelques-unes de ces névralgies si complexes dont les organes de la digestion sont le siège.
« L’extension que prennent les douleurs dans certaines maladies du foie^ dit M. le docteur Fauconneau-Dufresne, pour ne citer qu’un exemple, vient démontrer jusqu’à quel point les nerfs de cet organe sont susceptibles de transmettre au loin leprmcipenévr algique. Qui ne sait la fréquence et la variété des troubles qu’éprouve l’innervation dans ces maladies? La douleur à l’épaule droite est commune dans les afiections aiguës ou chrd-
la fréquence de la manie, chez les juifs de Lithuanie, à la présence des ascarides auxquels ils sont particulièrement sujets {Praxis medica, t. Il, p. 741).
« Dans un mémoire adressé à la Société médicale de Gand, dit Gujslain, M. le professeur Burgraeve rapporte le cas d’une rage spontanée sur un homme chez lequel on reconnut un paquet de vers lombricoïdes remontés jusque dans le cardia. »
(1) Les maladies des reins et d’autres organes, les anomalies dans la composition chimique des urines, ne sontcitées ici qu’à titre de recherches ultérieures à faire dans ce sens chez les aliénés. On sait que les maladies aiguës ou chroniques des reins, l’affection de Bright, s’accompagnent de phénomènes cérébraux d’une nature particulière. C’est ce que démontrent les travaux de M. Rayer {Maladies des reins, t. III, p. 158 et suiv.), les rapports d’Addison, médecin du Guy’s Hospital (avril 1839), et une foule d’observations 'disséminées dans nos recueils périodiques. « L’état des voies urinaires, disent MM. Délayé et Foville, influe encore d’une manière très sensible sur l’exercice des fonctions intellectuelles. Il est reconnu que chez les individus affectés profondément dans ces organes, l’intelligence s’embarrasse si bien, qu’ils ne peuvent donner les renseignements les plus utiles pour leur traitement. Cette observation est facile à constater à l’Hôtel- Bieu, où ces malades sont réunis en grand nombre. {Nouveau Journal de médecine, t. XII, septembre 1821, p. 117.) Chiarurgi, dans sa 30' observation, rapporte l’histoire d’un paysan qui, souffrant d’une affection très douloureuse de la vessie, tomba dans une îprofonde mélancolie avec tendances au suicide et à l’homicide {Délia pazzia).