‹ Traité des maladies mentalesChapitre 77 sur 306 · MALADIES DU I-'OIE , DES KEINS. — DÉLIRES CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

MALADIES DU I-'OIE , DES KEINS. — DÉLIRES CONSÉCUTIFS

niques du foie; elle se fait quelquefois sentir à la base du cou, près de la clavicule droite. On a vu des malades qui souffraient dans la tête, dans les bras, assez parfois pour détourner l’attention de l’affection hépatique. La douleur de l’épaule droite et de la base du cou s’explique par la lésion du nerf diaphragmatique droit ; celle plus rare à l’épaule gauche est transmise par le nerf diaphragmatique gauche. Les douleurs plus éloignées tiennent sans doute à ce que les nerfs du foie ont des correspondances avec les nerfs des parties où elles se font sentir. Des malades atteints d’affections hépatiques ont présenté des contractions convulsives du diaphragme ou des symptômes analogues à ceux de l’asthme. Blanchi rapporte qu’une femme d’un tempérament bilieux, qui était sujette à des douleurs spasmodiques delà région du foie, éprouvait une exaspération excessive de ces douleurs par une pression légère de la main sur ce viscère, et en même temps des douleurs sympathiques très vives, avec un trouble dans les idées, phénomènes qui disparaissaient à l’instant que la pression n’avait plus lieu... On trouve aussi dans une dissertation sur labile, de Greulichius, qu’un homme âgé de vingt-cinq ans ressentait, en appuyant le doigt sur la région du foie, une douleur vive et subite, et éprouvait sur-le-champ une attaque d’une maladie convulsive semblable à l’épilepsie. L’opinion des anciens, qui rapportaient au foie plusieurs' for ^ mes d'aliénation mentale , n’est sans doute pas dépourvue de fondement, car il est certain qu’o?^ a vu cette maladie alterner avec des affections hépatiques. Ne paraît-il pas prouvé qu’il arrive dans ces circonstances, comme dans les autres névralgies, que, lorsque quelques nerfs du foie sont altérés, la douleur peut se répandre dans les nerfs correspondants et mêmejusciu’aux centres nerveux (1)? »

§ VII — Onanisme. Pertes séminales. Excès vénériens et continence forcée.

Maladies spéciales de l’utérus et de ses annexes.

Onanisme. — Une cause sur l’existence de laquelle, dit M. le docteur Guislain, il est difficile de recueillir des renseignements précis, c’est la masturbation. On conçoit, en effet, de combien de difficultés est environné le diagnostic d’une affection nerveuse déterminée par un vice honteux dont l’aveu, pour les malades, est si pénible à faire à leur médecin.

Je dois avouer que mes recherches sur les causes des maladies mentales ne concordent pas avec celles d’autres médecins aliénistes touchant la

(1) Nouvelles preuves de l’existence de la névralgie hépatique, psa le docteur Fauconneau-Dufresne {Union médicale du 3 mai 1851).

176 ÉTIOLOGIE.— ONANISME. — EXCÈS VÉNÉUIENS , ETC.

fréquence de la masturbatipn dans l’étiologie de la folie. Je suis tenté de croire que cette funeste habitude est plus fréquente dans les pays septentrionaux ; c’est ce qui résulte des renseignements que j’ai recueillis dans mes voyages. Sur 383 hommes aliénés, le docteur Ellinger, médecin adjoint de l’asile d’aliénés du Wurtemberg, a trouvé 83 fois la masturbation comme cause de maladies, ce qui est une proportion énorme. Au reste, le docteur Ellis, dans son ouvrage On the Nature of Insànity, fait particulièrement une large part à l’onanisme dans la production de l’aliénation mentale. MM. Flemming, Friedereich, et la plupart des manigraphes allemands, sont aussi dans le même ordre d’idées.

M. Guislain est moins exclusif. « Nous n’avons pu, dit-il, soupçonner cette cause que trois ou quatre fois parmi nos malades entrés depuis un an.... Et cependant, ajoute cet auteur, ce vice est très fréquent chez les aliénés ; mais il fait observer que plusieurs d’entre eux ne le contractent que pendant qu’ils sont aliénés, et c’est alors un phénomène remarquable que la persévérance, la passion, la fureur même avec laquelle ils se livrent à ce genre d’excitation. »

Quelques auteurs ont pensé qu’on avait exagéré les conséquences de l’onanisme sur le trouble des fonctions intellectuelles, mais je puis affirmer qu’il n’est pas d’habitude plus désastreuse dans ses résultats. L’influence qu’elle exerce sur les fonctions intellectuelles et affectives peut être examinée à un double point de vue. Dans quelques cas, l’onanisme peut n’être qu’une habitude transitoire, un vice auquel des individus pieux et timorés ne cèdent qu’à regret et au prix des remords les plus cuisants. J’ai vu de malheureux onanistes prendre à cet égard les résolutions les plus héroïques et se livrer aux accès du désespoir le plus profond de voir qu’ils retombaient toujours dans la même faute (1). Il est rare cependant qu’une volonté bien ferme, soutenue par les conseils de l’amitié, par les encouragements de la religion, ne finisse par triompher d’une pareille habitude. Celui qui, sous ce rapport, ne craint pas d’avouer sa faute et qui se soumet avec docilité aux prescriptions médicales, est dans une voie qui peut l’amener à la guérison.

Un épileptique âgé de trente-deux ans était sujet , depuis plusieurs années , aux accès les plus violents , avec complication d’une rhanie furieuse qui nécessitait l’emploi fréquent de la camisole de force. Ce malheureux se précipitait avec une espèce de rage sur les infirmiers, et se serait brisé la tête contre les murs, si, dans ces tristes circonstances , on

(I) Je ne saurais dire combien de fois j’ai vu cette funeste habitude exister chez des jeunes gens élevés dans des sentiments de piété, mais doués généralement d’un caractère craintif et nullement communicatif.

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