CHAPITRE PREMIER
MALADIES VÈNÈRIBNNES DITES CONSÉCUTIVES^ CONSmÉRÉES EN GÉNÉRAL.
ARTICLE V\ Caractères.
Le titre de ce chapitre indique, ce que j'ai déjà dit d'ailleurs, que les maladies dont il sera question apparaissent après celles qui ont été étudiées dans la section précédente. Mais je n'ai pas été absolu, et par mes réserves j'ai voulu me montrer fidèle aux principes que j'ai déjà soutenus sur l'absorption physiologique, qui est l'introduction du virus syphilitique dans l'économie, sans ulcération^ sans inflammation préalable de la surface d'application. Le virus absorbé par une surface saine pouvant agir sur l'économie tout comme celui qui a produit
des accidents dits primitib^ les maladies de cette deuxième section peuvent -donc apparaître d'emblée, être les premières manifestations de la syphilis. Mais on les observe communément à une époque plus ou moins éloignée de la première impression syphilitique; elles ont l'habitude de se montrer sur plusieurs points, dans plusieurs régions, en même temps ou successivement, etelles peuvent couvrir une grande surfoce. C'est, en partie, ce qui a fait appeler aussi ces maladies gênéraies. Les syphilides qu'on peut voir pousser sur tous les points du tégument externe offrentunexempleremarquabledecetteformedela vérole. Au contraire, les lésions qui sont le plus souvent primitives, sont généralement bornées à une sphère étroite qui est la sphère de la contagion, ce qui a contribué à les faire appeler locales.
Tous les tissus peuvent être envahis par la vérole, depuis l'épiderme, lé derme, le tissu cellulaire, jusqu'aux tissus fibreux, osseux, aux parenchymes. Les lésions revêtent les formes les plus variées, depuis la macule de la peau, la simple élevure, jusqu'à la tumeur la plus volumineuse. Généralement c'est l'élément fibro-plastique qui se remarque quand il y a tumeur, du moins pendant une période. Il y a une couleur, une teinte qui est particulière à la plupart de ces maladies, le rouge cuivre éteint ; cette couleur est tellement caractéristique qu'elle a été appelée teinte syphilitique. Comme symptôme subjectif, il existe souvent des douleurs nocturnes; elles ont de tels rapports avec certaines lésions consécutives que leur existence seule accuse la vérole. La marche est en général chronique ; on n'observe pas, comme dans la première classe, celle des maladies dites primitives, des inflammations promptement dangereuses : ce sont plutôt des altérations lentement destructives; l'ulcération, et l'ulcération persistante, sen)ble être la tendance de la vérole livrée à elle-même, et elle produit presque immanquablement ces effets si la constitution est mauvaise et s'il survient des complications. Si Ton peut souvent mettre en doute l'influence du traitement spécifique contre les maladies vénériennes primitives, il n'en est pas de môme ici, car la nature, dans le plus grand nombre des cas, est impuissante, et les moyens simples inutiles. Au contraire, le mercure contre la plupart des syphilides, et llodure de potassium contre certaines tumeurs, ont une influence quelquefois si prompte, si directe (surtout l'iodure), qu'il y a impossibilité de leur dénier la cure. Hais ici encore, il ne faudrait pas exagérer la puissance thérapeutique et méconnaître la force médiatrice qui peut, à elle seule, dompter les véroles les plus réfractaires aux moyens dits héroïques. On notera seulement que ces derniers cas sont trèsexceptionnels.