‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 39 sur 76 · SELS DOUBLES · texte numérisé non relu

SELS DOUBLES

hypersaturation mercurielle qui est capable d'engendrer des accidents parfois analogues à ceux de la syphilis tertiaire. »

Quant à moi Je pense que la thérapeutique n'est pas assez riche pour qu'on rejette trop facilement un de ses moyens^ surtout quand il s'offre avec les honorables témoignages que Tor a pu recueillir; mais on remarquera que ceux qui se sont efforcés de conserver à la pratique les préparations d'or ont surtout marqué sa place vers la période ultime de la vérole^ quand le mercure a été suffisamment employé ou quand il avait échoué. Eh bien^ cette place est largement occupée aujourd'hui par l'iodure de potassium dont les avantages ne sont ni contestables ni contestés. Que reste-t-il aux préparations d'or? Les cas réfractaires à l'iodure de potassium.

§ 9. — Sels doubles.

En faisant connaître les iodures^ j'ai dé|à parlé d'un sel double employé par H. Puche : c'est llodhydrargyrate. D'autres ont été usités très-anciennement; celui qui est venu jusqu'à nous^ en conservant toujours une certaine réputation^ c'est le mercure soluble de Bahnemann. M. Cazenave va jusqu'à dire que c'est là une des préparations les plus utiles dans le traitement des syphilides. Elle est plus facile à manier et plus facile à supporter, ce qui fait que les sujets faibles, délicats, s'en trouvent bien. L'activité du mercure soluble n'est pas grande, mais il suffit dans les syphilides superficielles et peut être longtemps continué, et cela avec avantage. Quand les formes profondes se manifestent, il vaut mieux recourir au proto-iodure de mercure.

Le mercure soluble de Hahnemann est composé de :

92,2 de protoxyde de mercure.

1,9 d'ammoniaque.

6,9 d'acide azoUque.

Comme ce sel se décompose avec facilité, Hahnemann préférait le donner en poudre, d'après la formule que voici :

Poudre de mercure solubh de Hahnemann.

Mercure soluble S cenUgram.

Opium 5 centigram

Poudre de gomme adragante ou de réglisse. . . 2& à &0 centigr.

H. Cazenave se sert des pilules suivantes :

Mercure soluble de Habneman 2 grammes.

Thridace 2 j

Pour 40 pilules. Une pilule matin et soir. M. Giiiiiave dll qu'à 4 par jour.

366 malàdœs Vénériennes dites consécutives.

§ 10. — Boi$ sudorifiques.

Deux circonstances qui frappent toujours le vulgaire donnèrent un instant la vogue et la suprématie aux bois sudorifiques et ruinèrent pour quelque temps le crécÛt du mercure. En 1517 des marchands portugais apportèrent en France du bois de gaîac. Comme ils voulaient bien le vendre et qu'ils venaierU de loin (de Saint-Domingue), il ne leur fut pas difficile de mentir, ils attribuèrent à ce bois des guérisons miraculeuses dans les cas les plus désespérés. Et ils eurent un grand succès et un grand lucre. Plus tard on fit venir un spécifique végétal de bien plus loin encore et on proclama une guérison qui à elle seule valait toutes celles du nouveau monde. Charles-Quint avait été sauvé par la squine I Le mercure succomba, mais pour revivre aussitôt^ et les bois prirent une place très-secondaire dans la thérapeutique.

Le gtnae est un des bois qui a le moins été abandonné, mais il n'est presque jamais administré seul.

Tisane de gaïac.

Gaifc ràpé • 120 grtmmM.

Eau commime 2 kilogr.

Faire siacérer pendant doue heures, réduire à moiUé, et i^outer à la fin : Racine de régliaee 30 grammes.

La salsepareille est encore employée en décoction pendant Tadministration du mercure et surtout quand il s'agit du traitement des accidents consécutifs : pour certains praticiens même, c'est plutôt par habitude que par une conviction bien faite des vertus de cette racine qu'elle est employée. Elle entre d'ailleurs^ comme je le montrerai plus tard, dans la composition de certaines tisanes, de certains sirops composés : ainsi la tisane d'Arnoud, le sirop de Cuisinier.

La tisane de salsepareille seulement se prépare d'après la formule que voici :

Salsepareille 120 grammes.

Ëau commune 2 kilogr.

Faire macérer pendant douze heures, broyer les racine* ensuite dans un mortier de marbre, et réduire à moitié.

Les tisanes de squine, de sassafras, autres bois sudorifiquos, se préparent de môme. Les racines de lobelia, d'astragale, sont complètement mises de côté. Quant à la saponaire^ on se sert beaucoup aujourd'hui de ses feuilles pour faire une tisane dans laquelle on dissout de Tiodure de potassium. J'ai mêlé souvent à cette tisane du sirop de fumeterre ou de bardane.

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