‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 38 sur 76 · OR, ARGENT, PLATINE. 3<S · texte numérisé non relu

OR, ARGENT, PLATINE. 3<S

D'après M. Reynaud^ les traitements ordinaires sont de six à neuf séries de frictions^ c'est-à-dire de 30 à 40 centigrammes (de 6 à 9 grains) de perchlorure d'or et de soude. Souvent^ dans les cas graves surtout^ ce praticien ajoute l'emploi de l'oxyde d'or en pilules^ et compose quelquefois ces pilules avec l'extrait d'écorce de garou^ mais le plus habituellement avec l'extrait de ciguë et l'extrait de douceamère à la dose de 5 centigrammes (1 grain) d'oxyde d'or, et 50 centigrammes (9 grains de chaque extrait pour dix pilules contenant chacune un dixième de grain d'or. Deux pilules par jour, une le matin à jeun, et la seconde le soir, une heure avant le repas ou quatre heures après; on va ainsi jusqu'à 40, 50 ou 60 centigrammes (8, 10 ou 12 grains) d'oxyde d'or.

Les tisanes de saponaire, de chicorée ou de salsepareille sont prescrites comme accessoires. Il est bien entendu que l'hygiène complétera le traitement.

H. Reynaud dit n'avoir jamais observé, sous Tintlucnce des traitements parles préparations d'or (et il les a employées au moins une centaine de fois), les affections de la bouche et les irritations gastrointestinales que leur attribuent quelques auteurs. Souvent elles n'ont pas paru exercer d'action notable sur l'économie; souvent elles ont déterminé un peu d'excitation générale, et dans quelques cas seulement cette excitation s'est accompagnée d'un peu de céphalalgie ou d'un peu de réaction fébrile que la cessation momentanée du remède a bientôt fait disparaître. H. Reynaud dit, enfin, que presque toujours, sous l'influence de ce traitement, il a vu diminuer progressivement, et guérir tout à fait les accidents tertiaires de la syphilis *.

On le voit, je ne commence pas Texposédes opinions, sur l'efficacité de Tor, par celles qu'on peut croire malveillantes. J'ai voulu, au contraire, débuter par l'opinion d'un auteur qui peut être considéré comme un partisan de l'or. Hais je ne puis me dispenser de faire remarquer que M. Reynaud est aussi un grand partisan de l'iodure de potassium, moyen qui triomphe, comme on le sait, des mêmes accidents que H. Reynaud cherche à combattre avec les préparations d'or.

Les grands avantages que Chrestien attribuait aux préparations d'or éveillèrent l'attention de la Société de médecine, et Cullerier (oncle) fut chargé de faire des essais à l'hôpital du Midi. Ces essais ne furent pas favorables à ce qu'on appelait alors la nouvelle méthode. Treize malades lui furent soumis, et treiie maladei Aur^ot confiés aux seules forces de la nature. I^es lésions étaieiil.|! ' ~ ui côtés, et les

364 XALADIES VÉNÉRIENNES DITES œNSÉCUTIVES.

réraltato définitilb flirent identiques ^. Selon M. Rioord, For a toajbon été inutile, comme méthode générale, quand il s'est agi des accidents primitib; contre les accidents généraux consécutib, c'est la médication qui est la plus incertaine. Le plus grand nombre des accidents réputés guéris par ce médicament seraient loin d'avoir tous le cachet spécial incontestable de la vérole, et quand Tor a été administré dans des cas assez caractérisés, après l'essai d'autres méthodes et du mercure en particulier, cela prouverait, selon M. Ricord, non les vertus du médicament nouveau, mais les avantages de la suspension d'un traitement alors nuisible.

Les préparations d'argent sous toutes les formes, et d'après les indications de M. le professeur Serres (de Montpellier), ont paru à M. Ricord bien plus incertaines encore que les préparations d'or, et cela contre les accidents primitib et contre la vérole confhrmée. Elles furent données d'abord à petites doses, et poussées graduellement k la dose énorme de 14 k 16 grains par jour. M. Ricord dit n'avoir produit que des irritations des voies digestives qui en ont fait cesser l'emploi.

M. Caaenave et Biett expérimentèrent les préparations' d'or. Selon ces praticiens, les résultats ont toujours été si douteux qu'ils n'ont dû conserver qu'une très-faible confiance dans la valeur de cet agent. Quant aux préparations d'argent, sur vingt malades traités soit avec le cyanure, soit avec le chlorure, soit avec l'iodure, soit avec le phosphate d'argent, aucun cas de succès. Mais Biett et M. Cazenave n'ont pas traité ainsi des symptômes primitifs qui peuvent disparaître, on le sait, sous rinfluence de tous les moyens possibles; leurs essais portaient, au contraire, sur des accidents secondaires, ceux que Ton appelle symptômes de syphilis constitutionnelle ou confirmée.

On voit déjà que les expériences de Cullerier, Biett, MM. Ricord, Cazenave, sont loin d'être concordantesavec celles de Chrestien. A ces praticiens on pourrait en joindre une foule d'autres qui sont arrivés aux mêmes résultats. M. Payan, après avoir examiné les faits, pesé les opinions, se résume ainsi : « Le traitement par l'or ne peut être érigé en méthode générale; il convient de le réserver : i* pour les cas de syphilis dans lesquels les mercuriaux ont échoué, le mal persistant alors à être réfractaire à son action ; â* pour ceux où une intolérance marquée des préparations mercurielles ne permet pas à l'économie de les supporter convenablement; 3"" pour ceux où l'inefRcacité du mercure paraît tenir à une complication scrofuleuse ; 4"" pour ceux encore où les accidents dépendent moins de la syphilis que d'une

* Voyei le déUU des eipériencee dani le tome II, p. 19& et suivantes, de M. U-

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