‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 41 sur 76 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

liAladiee 4e U pma. - SypkUMee.

Ce sont des éruptions variées du tégument^ éruptions qui se produisent quand déjà le virus syphilitique a modifié Torganisme d'une certaine manière. Les syphilides répètent presque toutes les formes élémentaires des maladies cutanées, mais avec un cachet particulier qui décèle leur nature.

Les afiectionsde la peau frappèrent le plus les observateurs de ce qu'on appelle l'épidémie de la fin du quinzième siècle, tellement ellesétaient fréquentes et graves. Depuis ces temps reculés jusqu'à une époque trèsvoisine de la nôtre^ toutes les syphilides étaient confondues sous le nom général de pustules. En appelant syphilides ces éruptions, Alibert rendit un double service à la*science : il créa une dénomination heureuse et exacte et contribua à détruire la fausse idée qui devait naître du mot pustule comme terme générique. Mais c'est à Biett et à ses élèves qu'on doit d'avoir appliqué avec un vrai talent à l'élude des syphilides la mé-

thode de Willan^ de les avoir classées selon, les lésions élémentaires de la .peau. Geqx.qui voudraient nier ici les progrès de cette école nieraienllla lumière; mais ceux qui ne reconnaîtraient pas quil y a encore imoijçnsémeat.à faire pour Tétude des syphilides nieraient une chose malheureusement tout aussi réelle, ils nieraient les ténèbres.

I^'étude des syphilides est d'une importance extrême. Il faut d'abord le^ connaître pour les traiter^ car il en est qui sont très-graves par elles-mêmes. Oji devra aussi se familiariser avec leurs caractères^ leur pbysionomie>,pour parvenir à la conaaissance de certaines maladies grave^^ obscures, dont la nature quelquefois n'est décelée que par Papparition d'une syphilide qui indique en même temps la thérapeutique à suivre. Un exemple va faire comprendre cette importance. îln commis en soieries fort^ robuste^ avait une paralysie des muscles de répaulu du côté droit avec quelques mouvements convulsifs et douloureux des muscles du cou. Il fut saigné, purgé, émétisé inutilement ; on lui appliqua des vésicatoires, il prit des bains de vapeur^ il fut électrisé, toujours inutilement. Il vint me consulter. J'aperçus au haut du front une tache rouge ; je relevai ses cheveux et je découvris une véritable corana veneris. Le malade inteiTogé sur ses antécédents^ me parla d'une trèsancienne chaude-pisse. Je le mis à l'usage de Hodure de potassium. Les contractions douloureuses des muscles du cou cessèrent d'abord ; puis les mouvements de l'épaule revinrent. Ils étaient complètement rétablis un mois après mon traitement. Il est évident qu'il existait ici une affection vénérienne des centres nerveux, probablement de la moelle, affection qui fut décelée par la syphilide du front.

Je ne saurais donc trop engager l'élève à étudier les maladies syphilitiques de la peau.

§ 4*'. — Caractères généraux.

Je vais d'abord exposer les caractères généraux des syphilides; je les classerai ensuite et les étudierai à part dans chacune des divisions adoptées par l'école de Biett.

I^s syphilides offrent une physionomie qu'on- ne peut méconnaître quand une fois l'attention a été fixée sur elles. Cette physionomie se compose de, la couleur^ de la forme des syphilides, des stigmates qu'elles laissent à leur suite. On aura égard aussi à la chronicité.

Couleur* — La couleur des syphilides, couleur chair de jambon (Fallope), rouge-cuivre (Swediaur), ce caractère a frappé les observateurs de tous les temps. Il est considéré aujourd'hui comme le plus important^ celui sur lequel porte principalement le diagnostic différentiel de ces éruptions^, celui qui les distingue des éruptions simples ou de

toute autre nature. Et cependant la valeur de ce trait a été contestée et même niée! Il est vrai qu'après certains ulcères, certains eczémas simples doq syphilitiques, surtout aux jarol)es, on voit la peau prendre à peu près cette teinte ;^quelqtteMs aussi les taches du purpura, avant de disparaître, passent par la nuance du rouge éteint ; mais Texanien des antécédents, la connaSssance des mremières périodes de la maladie lèvent les 4outct9. Au lieu d'un ton fortement accusé, il s'agit quelquefois d'une nuance difficfle à saisir. Fallope avait d'abord dit : nmenim ruber, non albm, non paUidui. Il est dcjf cas, écrit M. Cazenave, où le rooge est peu marqué, la teinte variede cette couleur au gris. D'ailleurs le ton peut ôtre modifié selon l'espèce, la période de la syphilide et d'autres circonstances : ainsi la syphilide tuberculeuse offre la couleur ciûvrée la plus classique, mais au moment de la poussée de la roséole, ^a syphilide papuleuse, la couleur est d'un rouge clair, lequel s'assombrit à mesure que la syphilide se prononce, comme on le voit pi. I V^ fig. 1. Eat-oéque dans les premiers temps la fluxion vasculaire masquerait l'altérlBon de l'appareil chromatogène? ou bien est-ce parce que cet appareil n'a pas encore été modifié? Il est des cas où l'on peut distinguer les deux colorations : ainsi, dans certaines affections tuberculeuses, par la prcission avec le doigt, on (ait disparaître la rougeur ordinaire en vidant les vaissfeaux ; malë la nuance cuivrée reste parce qu'elle est due k une matière qui est combinée avec une couche de la peau. Vers la dernière période de certaines syphilides jiquameuses lenticulaires, on voit le rouge cuivre passer au jaune obscur grisâtre, ce qui rappelle le cuivre jaune sali. L'âge du malade^ sa constitution peuvent faire varier la couleur de la syphilide. Ainsi il y avait à la salle 1! de mon service à l'hôpital du Midi deux malades. Ils avaient tous deux un ecthyma syphilitique. Les pustules du jeune étaient entourées d'un cercle rouge brillant comme on peut le voir à la pi. Y^ fig. 3, tandis que les pustules de son voisin, vieillard débilité, étaient livides, noirâtres. On les voit, môme planche, même figure.

Les vàritables tubercules, les pustules laissent des taches livides d'un rouge obsciÂ, viol^pées comme les ecchymoses du purpura. Mais, môme alors, si l'on examine bien toute la peau, on trouvera des points où le rouge cuivré sera manifeste. Quelquefois, au lieu de s'éteindre par l'ancienneté de la maladie, le rouge persiste et se caractérise davantage : ainsi il reste quelquefois des taches rouges à la place des syphilides depuis longtemps disparues. Le froid parait influencer la coloration de certaines syphilides; il rend la roséole plus apparente. Quand il restera quelques doutes sur l'existence de celle-ci, on n'aura qu'à donner un bain au malade et l'examiner au sortir de l'eau, quand

MALADIES DE LA PEAl'. - SYPHILÏDES. 371

la peau est frappée par Tair. Alors les moindres taches deviennent trè^évidentes.

La persistance de la coloration syphilitique^ son espèce de chronicité, l'impossibilité de la faire disparaître en entier par la pression, tout semble prouver que ce phénomène se passe entre Tépiderme et le derme, dans ce qu'on a appelé le feuillet albide, ou, si Ton aime mieux, dans l'appareil chromatogène dont la sécrétion a été altérée.

J'ai déjà parlé des diversités de ton qui tiennent à la période de l'éruption ; je dois ajouter que sur le fond, pour ainsi dire classique, il est des nuances individuelles qui doivent tenir à des modifications dans le tégument, dans la vascularisation. Ainsi, chez certains sujets à peau blanche, fine, le rouge est animé, dans la roséole, le lichen, et c'est, comme je l'ai déjà dit, surtout au début de ces éruptions. Chez l'homme Agé, dont la peau manque de transparence, de vitalité, la coloration est toujours plus terne ; elle est souvent violacée. Chez le bilieux, le rouge donne sur le brunâtre. Chez le cachectique, la teinte se rapproche de celle de l'injection veineuse ; elle est livide. Je traite actuellement un malade gras, très-lymphatique et apathique ; il a eu un chancre induré, puis des taches livides sur la peau que je n'aurais jamais considérées comme syphilitiques, si je n'avais vu naître tous les phénomènes de l'intoxication. C'est sur de pareils sujets que les cicatrices des syphilides qui s'ulcèrent ont une apparence bleuâtre. En résumé, la teinte cuivrée est un des meilleurs signes, car il est trèsrare qu'elle appartienne à une affection non syphilitique ; elle peut constituer à elle seule le diagnostic dans certains cas, mais il faut alors qu'elle soit bien tranchée, qu'elle ne soit pas masquée par des affections concomitantes; dans tous les cas on ne négligerajamais les autres traits qui complètent la physionomie de la syphilide.

Forme. — I^ trait le plus important après la couleur, c'est la forme qu'affecte la syphilide. Elle se dessine ordinairement en courbes qui circonscrivent des portions de cercles, des cercles entiers ou des taches arrondies. On ne remarque pas seulement ces dispositions sur des plaques isolées, limitées à de petites surfaces. Les courbes circonscrivent quelquefois plusieurs groupes de plaques, de vésicules, de tubercules. II est vrai que ce trait manque dans certaines syphilides, surtout celles qui sont précoces, la papuleuse; mais à mesure que la syphilide devient plus ancienne, plus profonde, elle se groupe mieux en cercle. Il faut dire aussi que la forme circulaire se remarque sur des dermatoses, en dehors de la syphilis, ainsi le lupus, l'herpès vulgaire. Ce qu'il y a de remarquable, c'est de voir quelquefois, dans certaines syphilides, le cercle formé à demi par un organe et l'autre portion par un

372 MAL^l^ VÉNÉRIENNES DITES CONSÉCUTIVES.

autre ojrgane : aiusi^ dans la sypb'^lide cornée^ on voit quelquefois. 4in segment de cercle sur la &ce palmaire d'un doigt, tandis que l'uutre segmfint est inscrit sur le dpigt; voisin. J'ai, dans mon service un 19alàîiè qui a un herpès çirciné aux parties génitales ; une moitié du œrole esttkcée sur h racine de la verge, Tautre moitié sur le scrotum (voyef fig..l» pi. V). n y a longtemps que cette singulière disposition dés bçiutçns syphilitiques a frappé l'attention des observateurs ; anasi lei mot carmia Venerù est-il bien vieux d^à. ^ Mk(tér^aaw^m. — 11 est beaucoup pl.usfréquent d'observer l'aHeéranon comme lé^on secondaire dessyphilides qu'après les éruptions ordfinaires de la peau, car il n'y aguère dans cette dernière catégorie qûeyheiT)eiz(ntereiVectkjima qui offrent cette particularité.Maiailost <te y^ritîÂi^ syphilides (jui n'entament que la peau ou qui l'efileurent seplement, et quelquefois l'ulcéraCion consécutive dépend autant.de l^e^f^ de syphilidé que du tempérament de l'individu. Ainsi, pour ce qiffest de certaines syphilides pustuleuses, on verra tantôt une uleérati()n jjurpfoqde succéder ^|i bouton chex un individu, tandis que chez «in autre ,1a peau sera h .peineept^mée. L'ulcération qui se creuse sous lèB sypbilidès est, en général, régulièri^nsient ronde, à bords rougeâtres^, coupiSskpic, à fond grisfttre et quelquefois sanguinolent. Cescaractères sont surtout marqués au mc;mbre inférieur. Quelquefois l'ulcération affqcte l'ovale ; il arrive ç^ussi que les IxMrds sont irréguliers, festonnés ; alors un groupe de petites ulcérations s'est confondu en une seule grande dont les bords accusent une portion de la circonférence des ulcérations composantes : c'est là un mode d'accroissement de Tulcération. 11 y a un autre mode qui procède par mortification : ainsi, sur un point de la circonférence, la peau meurt et l'élimination de l'escarre laisse une perte de substance qui agrandit d'autant l'ulcération. Je reviendrai sur ce phénomène en parlant de l'ulcération serpigineuse. Le plus souvent l'ulcération s'agrandit régulièrement dans tous les sens et s'arrête quand elle a atteint un certain diamètre. M. Legendrc dit n*avoir jamais vu une cicatrice résultant d'une ulcération isolée offrir un diamètre au-dessus de celui d'une pièce de 5 francs. Il existe de bien plus grandesulcérations, mais exceptionnellement. L'ulcération de la syphilidé a une tendance plus prononcée à la réparation que les ulcérations qui succèdent aux autres affections cutané(*s. Elle reste peu de temps stationnaire, elle tend bientôt à la cicatrisation, tandis qu'on voit des ulcérations non syphilitiques des membres rester stationnaires deux, trois années. Mais, le plus souvent, pendant qu'une ulcération syphilitique se cicatrise sur un point, une autre est en progrès sur une autre région de la peau ; ou bien, s'il n'y a qu'une ulcération, pendant

qu^in segment se répare, un autre segment s'agrandit; Tulcération ne perd donc rien dans cette lutte avec les forces réparatrices. Ainsi, en prenant la syphilide ulcérante dans son ensemble, on voit qu'il faut un temps assez long pour que le malade en soit débarrassé.

J'ai traité dans mon service, salle il, n"" 26, un coiffeur qui a offert, en même temps, l'exemple le plus remarquable de l'ulcération serpigineuse sous deux formes dans une étendue vraiment incroyable, et un succès extraordinaire par le pansement avec le Vigo cum mercuno. Ce malade avait eu un chancre induré è la verge, plusieurs syphP lides superficielles, des ulcérations à la gorge et des engorgements syphilitiques des testicules ; arrivèrent, en dernier lieu, de grosses pustules d'ecthyma qui s'ulcérèrent au point que, le 15 décembre 1851, le membre inférieur droit présentait deux énormes solutions de continuité qui se touchaient presque : l'une était placée au côté externe de la cuisse droite, elle allait de l'articulation du genou vers le trochanter et avait 19 centimètres de longueur sur 10 de largeur; l'autre commençait immédiatement au-dessous de la rotule, occupait les faces externe, antérieures, et un peu la face interne de la jambe, allait vers le pied et avait 15 centimètres de long sur 16 de large. Au côté externe de l'articulation du genou, ces deux ulcérations étaient à peine dis^ tantes de quelques millimètres. Trois ulcérations plus petites étaient disséminées sur les deux membres inférieurs ; sur le mollet gauche et le creux poplité du môme côté il y en avait deux dont l'une était de la grandeur d'une pièce de 5 francs, l'autre d'une grandeur double.

Le malade était dans un état très-grave ; il était épuisé par la suppuration. Tous les traitements internes et externes avaient échoué. Je fis alors un pansement avec les bandelettes de Vigo. Elles furent imbriquées comme pour le pansement par occlusion; on les renouvela tous les trois jours, et tous les trois jours le mieux se prononça, au point qu'en moins d'un mois la réparation fut complète. Le malade a repris de l'embonpoint et son état général est très-satisfaisant.

Toutefois, sous l'influence de ce traitement, il y a eu une ulcération mercurielle sur le rebord alvéolaire inférieur et un commencement de salivation.

Ce fait est on ne peut plus instructif. On voit là un malade qui a été soumis à tous les moyens tant externes qu'internes : 1" cérat simple, cérat opiacé, pansement avec le vin aromatique, cautérisations répétées, émoHienfs, iode; 2* mercure et iodure de potassium combinés, mercure seul, iodure de potassium seul, ferrugineux, huile de foie de morue. Tout échoua. Je fis le pansement déjà indiqué pt U <»«^i«^ sp manifesta avec une grande rapidité. Est-ce que l'empUbl

action physique locale ? ou bien a-t-il eu une action locale et générale ? Je noterai que la bouche a été affectée comme à la suite d'un traitement mercuriel^ et Ton sait que le Vigo contient du mercure^ qu'il a été appliqué ici sur de très-larges surfaces. De sorte qu'ici un sujet débilité et au terme dernier de la syphilis aurait été guéri par le mercure appliqué à l'extérieur !

Olc«trlces. — Les cicatrices qui succèdent aux syphilides présentent en général les caractères suivants : elles sont arrondies^ plus ou gioins déprimées ; récentes^ elles ont une couleur comme bronzée^ quelquefois leur tissu offre une légère saillie ; sous Tépiderme on voit ramper des vaisseaux superficiels; plus tard elles s'affaissent, il semble qu'un travail d'absorption s'établisse à l'intérieur ; elles perdent leur teinte violacée; elles deviennent blanches^ plus déprimées; leur surface^ d'un blanc mat^ est d'ailleurs tendue ou plissée^ lisse ou gonflée et quelquefois sillonnée de brides plus dures et plus saillantes. Dans quelques circonstances les cicatrices sont blanches dès les premiers temps^ mais d'un blanc bleuâtre ; elles sont alors entourées d'une auréole cuivrée qui va toujours en diminuant et dont la teinte se perd progressivement dans la couleur de la peau environnante. Les cicatrices syphilitiques peuvent offrir des brides comme les brûlures profondes; elles ont quelquefois dégénéré et ont été surmontées par des espèces de kéloldes. On a surtout remarqué ce phénomène sur les cicatrices de certains rupias et après la syphilide tuberculeuse serpigineuse. Quand je traiterai de cette syphilide, je rapiïorteral un exemple très-remarquable de cette dégénérescence des cicatrices.

Ce sont les cicatrices de l'ecthyma profond, du rupia, de la syphilide tuberculeuse en groupes qui offrent les caractères les plus tranchés. Il est des cicatrices larges, vastes, indépendantes de toute affection syphilitique, qui ressemblent à celles qui résultent des groupes de pustules et de tubercules syphilitiques. Mais ici il est rare qu'on ne trouve pas quelques portions de derme peu altéré qui portent l'empreinte d'un ou de plusieurs tubercules isolés dont l'ulcération ne s'est pas confondue avec la grande ulcération. Ce sont alors de petits cercles dans le grand cercle. On voit surtout ces petites enipreinies arrondies autour des grandes cicatrices résultant de groupes pustuleux ou tuberculeux. Je recommande beaucoup ce caractère.

ChronicKé. — La syphilide étant surtout une affection chronique, elle provoque peu de modifications dans la sensibilité. Ainsi il n'y a pas de douleur vive et surtout pas de prurit, même dans les formes répétant les éruptions qui, à l'état simple, sont remarquables par des démangeaisons quelquefois intoléral)les. La chaleur est aussi absente

dans les syphilides. Cependant^ ici encore^ il ne faudrait pas être absolu et nier les modifications de la sensibilité^ de la température dans tous les cas et à toutes les périodes de Téruption. Sur 17 malades^ M. Legendre en a bien trouvé 13 qui n'avaient pas éprouvé le plus léger prurit^ mais 3 s'en plaignirent un peu et le dernier eut une démangeaison assez vive. Dans les quelques premiers jours d'une éruption tuberculeuse^ il n'est pas rare d'entendre dire aux malades qu'ils ont éprouvé des démangeaisons le soir^ quand le lit commence à être chaud, et il est des faits qui prouvent qu'un véritable mouvement fébrile a précédé la syphilide. J'ai actuellement (1854) sous les yeux un malade qui-a un eczéma réellement syphilitique et qui est le siège d'un prurit qui tourmente le malade.

La chronicité des syphiiides est accusée non-seulement par l'absence des altérations de la sensibilité dans le plus grand nombre des cas^ mais par la lenteur du travail pathologique qu'on peut constater dans certaines formes. Ainsi, dans la syphilide pustuleuse, on voit quelquefois une large base indurée qui n'est surmontée que par un tout petit point de suppuration; dans la syphilide vésiculeuse^onvoit la vésicule rester intacte, conserver sa transparence pendant quatre, cinq ou six jours, avec une auréole dont le rouge s'éteint bientôt. Mais il faudrait se garder de considérer la chronicité comme un caractère important ici, car il n'est que trop vrai que d'autres dermatoses sont d'une durée désespérante.

Les caractères que je viens d'assigner aux syphiiides n'ont pas une égale valeur ; mais tous peuvent être utilisés dans le diagnostic. 11 faut savoir qu'aucun n'a une importance telle que sa présence ou son absence puisse être considérée comme signe univoque. Jesaisquepour un œil très-exercé l'aspect seul d'une syphilide est suffisant pour le diagnostic. Hais il sera toujours plus prudent de s'enquérir en même temps du point de départ des antécédents, des symptômes concomftants et même des effets des médicaments. C'est-à-dire qu'il sera toujours plus prudent de faire un diagnostic d'ensemble. Un des caractères qu'il ne faudrait jamais oublier en faisant ce diagnostic, porte sur les autres affections des téguments qui existent avec celle qu'on veut reconnaître.

§ 2. — Variétés.

Après avoir exposé les caractères généraux des gyphMfaM^ le vaié lesprendre à pai t pour étudier leurs caractères partiMl' à l'exemple de M. Cazenave, sept variétés, qui ser

i^" Exanthématique (fig. 1 , pi. IV] ;

^ Papuleuse (fig. 2, pi. IV) ;

3« Squameuse (fig. 3, pi. IV) ;

40 Vé^iculeuse (fig. i/pl. V);

o* BuUeuse (fig. 4, pi. VI, et fig. 3, pi. VI) ;

6' Pustuleuse (fig. 3, pi. V) ;

V Tuberculeuse (fig. 4, pi. V) ;

En tête de chaque variété syphilitique je placerai deux mots sur TéruptioD correspondante considérée à Tétat simple^ et ccla^dans Tiiltérét des jeunes médecins qui n'auraient pas présente^ à la mémoire les notions sur les maladies de la peau indispensables pour étudier les syphilides.

SYPHILIDE EXANTHÉMATIQCB.

D'après Willan, Texanthème est caractérisé par des taches rouges diversement figurées et répandues irrégulièrement sur la surface dû corps, laissant entre-cUes des intervalles où la peau présente sa couleur naturelle, et se terminant par Texfoliation de l'épiderme.

Roséole. ^— ^éruption syphilitique qui se range naturellement dans cette catégorie est la roséole qui ressemble beaucoup/ par là disposition de ses taches^ quelquefois même par sa teinte^ à la roséole vulgaire, à la rougeole. Mais la syphilide revêt tôt on tard la teinte cuivrée (voyez pi. IV, fig. 1), et, vers la fin, uno nuance grise. La couleur disparaît lentement sous la pression du doigt, et, en génénil, ce n'est qu'incomplètement, excepté au début, quand les macules sont d'un rouge vif. On observe la roséole principalrmentsur la partie antérieure de l'abdomen, à la base de la poitrine, aux lianes, au cou, au visage, aux membres, et de préférence aux membres supérieurs. Los taches n'ont pas une forme déterminée ; elles sont irrégulières, quelqlllcfois arrondies; elles paraissent, au premier coup d'œil, légèrement saillantes, mais, en promenant le doigt sur elles, on corrige cotte erreur d'optique. Ces taches se multiplient peu h peu; quelquefois c'est avrc une certaine rapidité, puisqu'on a constaté uno éruption générale qui a pu s'établir en vingt-quatre heures. C'est alors que la roséole < ^t prise, comme le dit J. L. P(;tit, pour ce qu'on nomnjo communément une ébullition de sang *. La couleur de la roséole peut varier pendant son cours selon des influences connues ou inconnues. Ainsi les taches sont plus vives sous l'impression du froid à la sortie du bain, et une

» J. L. Peut, Mnfndifs ffps o*. t. U, p 3.S»

émotion morale en fait reparaître qui étaient restées inaperçues quelque temps. Ce phénomène se produit surtout pendant les roséoles chroniques. Quelquefois, au lieu d'un rouge cuivré, c'est un rouge jaune, ce qui constitue Istpeau imitée (J. L. Petit, loc. ct7..Hennen), Enfin vient un moment où l'épiderme s'exfolie très-lég^rement, la tciifite devient grisâtre, puis les points de la peau qui ont été colorés semblent seulement salis.

Le plus souvent la roséole n'est précédée d'aucun mouvement fé- . brile ; le malade est quelquefois tout étonné de se trouver le corps rouçe; ce qui distingue cette éruption syphilitique de l'exanthème simple qui lui correspond, de la rougeole. Mais il est des cas, rares à la vérité, où l'on observe l'appareil fébrile des maladies aiguës de la peau. Ce qui est beaucoup plus fréquent, c'est de constater un malaise pendant deux ou trois jours, de la courbature, de la céphalalgie, et principalement des douleurs vagues dans les membres, sans que le pouls soit ému d'une manière notable.

La roséole se présente quelquefois avec un caractère presque aigu, et c'est alors qu'on observe des symptômes fébriles avant son apparition et môme quand elle est poussée ; alors aussi le malade éprouve un léger prurit, ce qui est exceptionnel, car, avec la roséole, il n'y a ni chaleur ni démangeaison. Ces caractères appartiennent surtout à la syphilide exanthématique dont le début se rapproche le plus du chancre qui a été son point de départ ou à celle qui se manifeste même pendant l'existence de l'accident primitif. La durée de cette forme de roséole va de trois à quatre septénaires. Ceux qui ont parlé de deux ou trois jours de durée ne savent probablement pas que certaines roséoles pâlissent au point de laisser croire qu'elles ont disparu, mais qu'elles reviennent bientôt. La roséole qui est chronique ou plus chronique n'est en rapport ni avant ni pendant l'éruption avec aucun symptôme fébrile. Elle pousse après une émotion vive, un excès quelconque. Sa, durée est de plusieurs mois ; elle se prolonge quelquefois davantage.

J'ai été fort étonné quand j'ai lu ceci dans le livre de H. Cazenave : cr La roséole est une des éruptions syphilitiques que l'on observe le moins fréquemment. » C'est, au contraire, celle que j'ai le plus souvent observée. Cette différence entre ces deux opinions vient probablement de la différence du champ d'observation. En effet, M. Cazenave dirige un service à l'hôpital Saint-Louis où les malades arrivent longtemps après l'infection syphilitique, et souvent alors la roséole a déjà disparu ; souvent ces malades l'ont ignorée et n* en tiennent pas compte dans l'exposé de leurs antécédents. A l'hôpital du Midi, nous recevons plutôt les vénériens ; ils viennent ordinairp*"

traités des premiers symptômes. Alors, s'ils séjournent quelque temps^ nous voyons naître parfois les syphilides. Or la roséole pousse la première après le symptôme primitif^ au moins dans la majorité des cas. J. L. Petit avait déjà dit qu'elle arrivait a d'ordinaire immédiatement après le chancre ou le poulain rentré ^ Il est des cas où elle est encore plus précoce; elle naît pendant l'existence du chancre et très-peu de temps après l'apparition de celui ci. 11 est donc possible que relativement nous observions plus de roséoles à Thôpital du Midi qu'à l'hôpital Saint-Louis.

Le docteur Cazcnave classe parmi les syphilides exanthématiques un érythème papuleux qui a^ selon moi et selon d'autres syphiliographes^tous les caractères de cette éruption qu'on observe après l'administration du copahu^ et qui disparaît si vite quand on cesse l'usage de cet antibien nonhagique. il y a certainement encore ici un malentendu.

Souvent la roséole est mêlée à une autre syphilide ; on la voit précéder fréquemment la syphilide papuleuse qui semble le second degré de raffection consécutive de la peau. Il y a même une éruption qui fait passage entre la roséole et la syphilide que je vais décrire; c'est la roséole papuleuse. Il y a alors une véritable élevure sur le point taché; le doigt la constate bien, la peau paraît rugueuse. C'est ici surtout que la pression ne fait pas complètement disparaître la couleur. Ce qui est fréquent, c'est l'affection concomitante de certaines muqueuses^ de celle de la gorge, de l'anus, du vagin, du prépuce, du gland et des pustules au cuir chevelu vers rocciput.

SYPUILIDE PAPLLtlSE.

A la fin de la première section, j'ai déjà parlé des papules qui se développent sur les muqueuses et sur les points de la peau se rapprochant le plus des muqueuses. Ces papules sont ordinairement plus ou moins larges, confluentes et hunjides; on les a aussi appelées pustules muqueuses. Celles dont il va être question, plus petites, plus dures, pleines, sèches, ne sont le siège d'aucune sécrétion purulente; elles se terminent par desquamation ou par résolution simple. La figure 2 de la planche IV donne une idée exacte de la syphilide papuleuse. On voit là des élevures, des tumeurs, les unes plus grosses que la tète d'une épingle, les autres comme une lentille; le sommet de celles-ci est formé par une petite croûte; toutes sont entourées d'un cercle cuivreux; elles sont irrégulièrement disséminées, quelques-unes

» Maladies des .. , t. H, p. 3S9.

soat groupées, les antres sent isolérs. G>$ ;>&piu)r$ ot««ont surt^Hil not)^ ixeoses sv U bct mténenre de k base de U poitrine e( de I ^«Mt^men . LemjHMViàL cioqiante-qQatre uns ; il ctait eouehê au n* I de h ^lie I i de monseraoe. L'aoïéoédeiit était un chanere induré du pit^puc(\ $urvemi le ^janvier 1852, et la sjphilide a appani le 19 m«rs suix-^nL

Les papules peuvent se développer sur tous les points do h peniu maisde préfetenoe sur celle des membres dans le sens de IVxtension. sur le dos, au ventre, aux épaules, à la nuque où elles sont plus Iarg05« J'ai vu une ssrphîlîde papuleuse cou\Tir toute la peau, nit^ino colle de la paume de la main. Je possède le dessin d'une extrt^mitt^ siipiVicuro de ce sujet. Il est remarquable par la confluence et la couleur fonnV des papules. Après une durée variable, la syphilide papulouse 8o lor* mine, dans la majorité des cas, par résolution ; les papules no lainj^onf après elles qu'une petite tache fauve d'abord, qui, se rapprochnnt dp plus en plus de la couleur de la peau, finit par disparaître onti^rotnont. Quelquefois les papules, surtout quand elles sont largos, sont Niirniontées, comme accidentellement, d'une petite squnme t^^H-lt^g^rt^ Ir^H peu adhérente. H. Cazenave a vu plusieurs fois non HiMiloinonI ilo« taches, mais de véritables petites cicatrices succéder iinx piipnli^ii dMii» quelques points, sans que celles-ci d'ailleurs se fussent ultM^rtViij vwv l'ulcération des papules syphilitiques est chose an nioinn ti^ii-nirti.

Iiicl»eii syplillltliiue. — fU se manifeste par (Ion |ui|inli«ii (nVv petites, souvent en nombre infini ; elles sont qnchinrlnin htm rnn fluentes, et alors elles présentent souvent une eHprcr do brillinit i|hi, joint à la couleur cuivrée, constitue une tointr tout h lait i'oniar(|unhltt. Selon Carmichaêl, cette éruption acconipagnorait Hon\rnt niin lilrn norrhagie; aussi apparaît-elle presque toujonrsrdinniti eorluinatman thèmes aigus, c'est-à-dire presque siinultanôinrnl rt upi^b avnir (sUS précédée de céphalalgie, de lassitudes, de ronrhalun^ii, d'ahiinuio quelquefois même d'un peu de fièvre.

Le lichen syphilitique a ordinairement une durée rnaviinmit^t l 'i^l à-dire qu'il peut disparaître en deux septénaires ri par létinlnlinn. La papule s'affaisse et se flétrit ; il y a quelquefois une politu d(*tiqnani.h tion insensible; il ne reste que des taches pou porttihtanteb. (!<i bont la^ je le répèle, les caractèrt^s ordinaires, c'est la niarelui hubitindltt du lichen syphilitique : cependant avec la narine forme il peut passer à Tétat chronique.

•yplUlliie A larges papul««. — Ces papules sont précédées de petites taches jaunâtres et assez réguli^roInent arrondies; elles ne sont januûs groupées; isolées, discrètes, elles sont disséinifiées ordinairement sur de très-grandes surfaces, qu'elles rrensaliissent que succès-

380 MâLADIIlS VÉNÉRIENNKS DITES œNSÉCUTfVBS«

sîvement; aussi voit-on là des papules fermes^ bien saillantes, d'une couleur franchement cuivrée; sur un autre point de petites élévations déjà flétries, moins saillantes^ plus molles, dont la teinte est moins rouge : d'un côté, ce sont des taches jaunâtres avec une teinte comme rosée et qui vont se convertir en papules ; de l'autre, ce sont des empreintes grises, plus déprimées que les dernières, des taches laissées par les papules guéries. Le tout est séparé par des intervalles dans lesquels la peau présente une coloration particulière, comme terreuse, ce qui imprime à Tensemble de la maladie ce cachet particulier tout à fait caractéristique.

La sypbilide à larges papules se rencontre surtout aux membres, aux épaules, à la nuque, très-souvent au front, quelquefois même jusque dans le cuir chevelu. On a observé quelquefois du prurit, noais il est toujours très-modéré. C'est encore cette variété dont les papules se recouvrent quelquefoisde pellicules, qui d'ailleurs n'existent jamais en même temps sur toute Féruption. Souvent les boutons restent intacts. Cette variété suit constamment une marche chronique ; elle peut rester stationnaire pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que les papules disparaissent par une résolution lente et insensible. Les larges papules compliquent souvent d'autres éruptions vénériennes, et elles peuvent elles-mêmes être compliquées d'autres accidents consécutifs : ainsi ulcérations de la gorge, exostoses, et, ce qui est plus fréquent, iritîs.

SVPHILIDR SQUAMMEIISR.

Les affections squammeuses de la peau sont caractérisées par la formation de lamelles squammeuses d'un blanc grisâtre, sèches, plus ou moins épaisses, plus ou moins adhérentes. Quand raffcdion est syphilitique, les squames se forment sur une surface plus ou moins élevée et d'un rouge sombre, cuivré.

La dermatose peut être élémontairement squammeuse. Beaucoup plus souvent les squames se remarquent après d'autres sypbilides, ainsi la syphilide érythémateuse, la syphilide vésiculeuse. Celle qui est primitivement squammeuse se montre sous forme de psoriasis en plaques ou en cercles.

Pworiattiii on plaiiuoM. — Les plaques s'observent sur une seule région, ou bien elles sont répandues sur différents points de la surface de la peau (voyez pi. IV, fig. 3); elles sont espacées ou rapprochées, et se louchent même quelquefois |)ar leur bord. Les plaques ont depuis la largeur d'une lentille jusqu'à celle d'une pi«'ce de 1 franc et au delà; elles sont plus ou moins irrégulièrement arrondies et saillantes au-

MALAttiES fie LA PEAL. — SYPHlLlDE SQUAlfMEUSE. 381

dcsiiis durBiveau des parties voisines. Les sqaames qui les recouvrent soai brillantes ; quand elles se détachent, la surfaee restante est ordinairemeoi lisse et d'une cooleor foncée. Biett avait fait remarquer que, quand celte forme se rapproche de celle du psoriasis guttaia, à la chute des squames, on voit autour de la plaque un liséré blanc adhérent. Ce caractère est fréquent, mais il n'est pas assez constant pour constituer un signe pathognoraonique.

PsorlJUiUi en cercles. — I^^pre vypiailtl«iue. — Il est probable qu'il s'agit ici surtout de l'affection si souvent décrite sous le nom de lepra nigricans, et que H. Ricord voudrait appeler syphilide annulaire. Les plaques exactement arrondies, ontdeS lignesà 1/S pouce etjplus de diamètre , sont en général d'un brun foncé, ou violacées, ou. même noirâtres à leur centre. Leurs bords forment un anneau plus ou moins complet; ces bords sont élevés au dessus du niveau des parties voisines. Gît anneau s'agrandit quelquefois par la guérison des points qui correspondent au centre et le développement des points excentriques. Ici la couleur est moins foncée qu'au centre des plaques; mab si la maladie persiste sans que les cercles grandissent, la peau reprend sa couleur normale au centre, et les cercles seuls restent plus ou moins longtemps colorés. Dans le plus grand nombre des cas, les anneaux sont formés par un gonflement des tissus; mais il arrive aussi que ce ne sont que des squames ; alors, en se détachant, elles ne laissent sous elles qu'un cercle sans saillie, un simple liséré rougefttre. D autres fois les anneaux sont formés par des papules plus ou moins développées rapprochées et ayant chacune à leur sommet une squame distincte, ou mente, dans quelques cas, une croûte plus on moins épaisse ; l'anneau est alors comme gaufré. Les anneaux se touchent et se rencontrent dans difiërents sens, et dessinent alors des figures comme des huit de chiffres. Quand les anneaux sont incompletSy ce sont des trois, des S. Cette forme de syphilide est fréquente.

Quand le psoriasis et la lèpre syphilitique atteignent la paume des , mains et la plante des pieds, ce qui est assez fréquent, on observe plus d'épaisseur dans les squames ; elles sont aussi plus dures, comme cornées (syphilide cornée de Biett), ce qui s'explique par la nature de l'épiderme de ces régions. L'aspect est quelquefois plâtreux. Les plaques succèdent quelquefois à un érythème ou à des papules peu élevées. La paume de la main est roide, raboteuse et souvent douloureuse. Le derme ayant perdu son élasticité s'oppose aux mouvements libres des doigts. On voit souvent des fissures dans les sillons de la paume de la main; elles semblent prêtes à saigner.

Le psoriasis syphilitique peut-être confondu avec le vulgaire, mais

^84 ^ilÀmies 'yéMë^iënnes dites G(»JsÀcinif^

légère eifôliatîon de TdpÂlérkné offrant dbiîii^dàiéDt nr ^-, ^.

points an pétitliséré qui ra jipelait la dimçnnon dèsv&u^ujfeâ

où rexfoliatrori s^étaitrtôemmêht bpërée^'la j^

ajant todt à ihtt la teinte dés macules sjfj^iUli^uiM oi^dîDu^

cette éMlption différait des pastules'ipsyciraciéèssyphiiit^^ ièï élevâtes de ciétte dernière émpUôn» 'pliis ybiunôineiiéêt'ef'pliia acuiilinéos, sont ordinaireïnébt suivies de crodtés'et^quet^iBktti de cicatri(Bes^ » : / ^ , . a

Le diagnostic de recÈéba est qûéîqaéfois difficile^ ét^lj^. £^ flctiltés ezisteiit surtout quand on arrive un peu tard et qu ou ne trouve plus de véadiiies, quand il n^a pas avec cet eczéma une autre syphilide outuie aiitre nianifestatiôn de la vérole. Ajoutez encore la rareté de réczéma 8V()hilitique^ et vous expliquerez les erreurs qu'on peut coinnrettite. iSi l'on observe apr^s lia disparition des vésîcutes, on peu! cfoire'à une variété de psoriasis. Mais en îtitt;;rrogeant le nnalade on apprendra que h syphilide a été le sTéige d'une séerétion se rapprochàMtpI\is êà riiôlns dii pus^ puis là où soiiit les mDeuIes on trouve des déj^resaions'pdù diài^ùéesqui éontdé petites clcatrioeâ. S'il exls^ie uut autre syphilide ou une manifestation quelconque de la vérde, le dSia^ gnosfic éA établi. v. . ,j. ,.„ ,

HieMpé's èy^iiiklAifipBie. — Ce sont des vésicules Muvrat ran^^^ en cercle comhie celles qui forment Vherjpès circiné. Là lu^mt^ des cercle va depuis celle d'une pièce de 50 centimes à une pièce, de â francs. L'herpès syphilitique, outre les antécédents et d'autres lésions concomitantes de même nature^ se distingue par la teinte cuivrée des points de la peau occupés par les cercles^ teinte qui passe plus tard au grisfttre. Les cercles sont très-peu nombreux^ très-éloignés^ puisque l'éruption peut occuper en même temps une, deux régions même et n'être représentée que par un cercle. Comme je l'ai déjà dit^ j'ai observé un anneau d'herpès dont la moitié occupait la racine de la verge^ l'autre moitié le scrotum. Il n'est pas rare d'observer^ en même terops^ d'autres syphilides. M. Cazenave a fait connaître un herpès syphilitique qui correspond à une variété de l'herpès simple. Les disques sont le plus sbuvent très-petits et très-nombreux. On les voit principalement sur les membres et aussi sur la poitrine. A leur naissance ils seraient recouverts par un pois^ tandis que plus tard le cercle peut s'agrandir au point d'égaler celui de là variété précédente. Les vésicules sont aussi trës*petites, se dessèchent très-ranidement^ ce qui fait que quelqilefois on ne les voit pas. On prendrait ces plaques pour des disques

^ Rayer, Mafadies de la peau, t. U, p. .)84.

MALADIES DÉ LA PEAU. — SYPHILIDE VËSIGULEUSE. 385

sqnamineux, si avec la loupe oa un œil exercé on n'apercevait une foule de points entourés de débris épidermiques et disposés en cercles. Aces caractères on joindra Tinflammation de Taire qui semble soulevée par un liquide promptement résorbé^ puis une squame quelquefois assez large pour remplir le cercle. Selon M. Cazenave, c'est là la sy- I^ilide vésiculeuse la plus commune. Si elle n'a pas été décrite^ c'est qu'on l'a confondue tantôt avec l'eczéma^ tantôt avec le pityriasis. Comme ici les disques sont très-nombreux et répandus sur de larges surfaces, la teinte syphilitique est très-évidente.

En 4853, salle 9 de mon service à l'hôpital du Midi, j'ai observé un beau cas de syphilide à petites vésicules qui relie pour ainsi dire l'eczéma et l'herpès syphilitique. On en trouvera un échantillon (planche Y^ fig. 5). Le malade avait eu, un an avant^ un chancre induré. Sur divers points de la peau avaient déjà existé des pustules. Il était guéri d'un iritis. Après tous ces accidents, il lui survint une syphilide vésiculeuse qui couvrait toute la face postérieure du tronc depuis l'occiput jusqu'à la région fessière^ s'étendant aussi sur la partie supérieure et antérieure du thorax^ sur les bras et les jambes. L'extrémité inférieure des tibias a le double du volume normal. Au dos l'éruption est confluente; ce sont des groupes^ d'étendue variable, mais ne dépassant jamais 2 ou 3 centimètres de longueur, de forme irrégulière et ne se rapprochant pas du tout de la disposition en cercle. Ces groupes sont parfois isolés et parfaitement distincts; d'autres fois, ils se tiennent par des espèces de jetées vésiculeuses; ils offrent des angles saillants, et des angles rentrants. Les vésicules ressemblent à celles de l'eczéma ; elles sont un peu plus grandes dans certains points. Quelques-unes sont complètement intactes. On reconnaît leur forme conique à la sérosité transparente qui les remplit. Il en est d'autres, plus volumineuses et remplies d'un liquide purulent : ce sont les plus rares. Là où les vésicules sont rompues, on voit un piqueté brunâtre formé par de petites squames, reposant sur le sommet affaissé des vésicules. La peau, dans les points où elle est couverte par l'éruption, off're une couleur cuivrée assez vague qui déborde quelquefois un peu la plaque vésiculeuse. La couleur est normale dans les espaces qui séparent les groupes, et même dans certains groupes, il existe des espaces de couleur normale, saine. Aux jambes l'éruption présente des caractères inflammatoires marqués. Ici ce ne sont plus de simples vésicules, mais plutôt des pustules occupant toute la partie inférieure de la face interne de la jambe ; ces petites pustules dont plusieurs se réunissent en groupes, etsont recouvertes par la même croûte, offrent un cercle rouge brun, violacé dans certains points. Elles ren(

ment un liquide purulent. L'échantillon de la planche V représente réruption telle qu'elle était au dos. On voit une pustule au milieu des vésicules.

Cette observation est remarquable sous beaucoup de rapports, elle montre une syphilide superficielle arrivant après une syphilide plus profonde; c'est-à-dire la petite vésicule après la pustule, après llritis et avec la périostose, ce qui est contraire à ce qu'on appelle une loi en syphiliographie.

•yplillMe A foraie fie waricelle. — Cette syphilide est rare. Ici les vésicules sont disséminées sur diverses parties du corps. Elles ont tantôt la forme globuleuse, tantôt elles sont acuminées; il en est qui sont ombiliquées. Le contenu est une sérosité qui se trouble bientôt et qui prend même les caractères du pus. L'éruption alors se rapproche plus de celle de la varioloîde que de la varicelle. Autour de chaque bouton est un cercle cuivreux ; quelquefois c'est un liséré très* étroit; il peut même n'y avoir aucune coloration anormale autour. Les vésicules s'élèvent, se vident rapidement, se dessèchent et reparaissent ailleurs. Plus je réfléchis, plus je suis convaincu que c'était cette forme de syphilide qui existait sur le malade chez lequel j'ai inoculé pour la première fois l'accident secondaire. Je vais bientôt faire connaître roi3servation; je l'ai intitulé ecthyma syphilitique dans le travail que j'ai lu à la Société de chirurgie. Hais on remarquera que dans l'exposé des caractères de réruption, je fais remarquer que les boutons ressemblaient à ceux de la varicelle. D'ailleurs on sait que la varicelle a été rangée parmi les pustules par quelques médecins. Il y avait dans mes salles un malade qui fut envahi par une variole (car il n est pas rare de voir la petite vérole là où règne surtout la grosse). Bientôt d'autres malades eurent des éruptions analogues. Deux sujets ayant eu des chancres furent pris de certains symptômes généraux analogues à ceux qu'on observe ordinairement dans les fièvres éruptives. Puis poussèrent des boutons ressemblant beaucoup à la varicelle. Us étaient plus petits et entourés par un liséré rouge brun. Un de ces malades voulut sortir de Thôpital dans la première période de l'éruption, et je le perdis de vue. Je pus observer l'autre ; ses vésicules persistèrent longtemps, beaucoup plus longtemps que ceux de la varicèle ordinaire, et plus tard survint un ecthyma à grandes pustules, surtout aux jambes.

Lasyphilideàformede varicelle peut être inoculée, ce qui est prouvé par l'observation que voici :

Le nommé , âgé de vingt-six ans, d'un tempérament lymphatique» eut, il y a sept ans, un chancre qui, en se cicatrisant, laissa un peu d'induration.

MALADIES DE LA PEAU. — SYPHILIDE VÉSICULEUSE. 387

. Deux mois après la disparition du chancre, il lui vint des végétations au gland; elles furent coupées et cautérisées. Aucun autre accident consécutif ne se manifesta; le malade ne fit point de traitement général. II y a cinq ans, il contracta une blennorrhagie qui se compliqua d'orchite et ne fut complètement guérie qu'au bout de cinq mois.

Il y a environ cinq mois^ nouveau chancre qui se cicatrisa rapidement sans laisser d'induration. Quatre ou cinq jours après la guérison du chancre^ des bubons se montrèrent aux aines. Le malade entre alors à l'hôpital de Toulon; on lui administre un traitement mercuriel, mais il quitte I%6pital au bout de douze jours et cesse le traitement. L'engorgement des aines persistait et était indolent. Vingt jours environ après sa sortie deThôpital^il remarqua quelques ganglions du cou qui étaient engorgés; six semaines plus tard des pustules très-grosses, pleines de pus^ se montrèrent sur les deux bras et sur les deux cuisses. Le malade entra alors à l'hôpital du Midi : c'était le 22 octobre 1850. Il fut mis immédiatement au traitement mercuriel. Il prenait des pilules de sublimé depuis six jours lorsqu'on tenta l'inoculation du pus des pustules; elles étaient toutes comme de grosses pustules de varicelle. Le pus fut pris au poignet gauche à deux pustules différentes et intactes; deux piqûres furent faites à la partie interne des cuisses^ une de chaque côté. Deux pustules en tout semblables à celles qui avaient fourni le pus^ se développèrent rapidement^ et quatre jours après cette inoculation on prit du pus des pustules qu'elles avaient produites^ et on l'inocula à la partie interne et supérieure de chaque cuisse. Deux pustules pareilles aux autres suivirent cette seconde inoculation; toutes ces pustules se comportèrent absolument comme celles qui étaient survenues spontanément. Le malade a pris 118 pilules. Depuis huit jours on lui administre 1 gramme d'iodure de potassium; il ne reste plus qu'une pustule sur l'annulaire de la main gauche; on trouve encore un peu d'engorgement à l'aine gauche. Il demande à sortir cinquante-six jours après son entrée.

J'ajouterai que je n'ai jamais vu de pustules se développer aussi rapidement que celles de la première inoculation. On remarquera ici que le chancre de la verge^ avec induration, datait de sept ans, et que les antres symptômes qui s'étaient manifestés du côté du même organe avaient depuis très-longtemps disparu. Il n'existait enfin aucun accident primitif quand l'expérience fut entreprise. Ce fait ne me laissa plus aucun doute dans l'esprit sur la possibilité de l'inoculation de certains accidents secondaires, et j'entrepris peu de temps après l'exn^rience dont tous les détails se trouveront au paragraphe de la sypl

38S MALADIES YÉNÉRIRNNES DITES CONSÉCUTIYES.

pistaleuse. On y verra oo accident secondaire inoculé da malade au naïade et de. celui-d k rbomme sain.

imiUMB BULurosi.

Ici le soulèvement de l'épiderme est plus considérable que dans Im sjrpiûlide vésiculeuse. Les ampoules sont peu élevées^ mais larges. Ce sont des bulles dont le volume varie entre celui d'un pois et celui d'un oBuf d'oie. Aux bulles succèdent des squames {pempkigus) ou dea croûtes épaisses (nipta). Je vais décrire ces deux syphUides.

P»BapM0M sypûittkpae» — Il n'est pas décrit par tous les syphiliographes. Il doit être très^rare chex l'adulte, car je ne me rappelle que deux malades de l'hôpital du Midi ayant présenté des bulles qm pouvaient avoir quelques rapports avec la syphilis, et les deux avaient eu des chancres et de la roséole. Quand j'écrivais ma première édi- ^tion, il y avait dans les chambres payantes de I1i6pital du Midi un malade qui a offert trois bulles de pemphigus. Voici une note sur ce

.Le nommé T... (Claude), ègé de vingtpquatre ans, profesmn de tonnelier, tempérament sanguin, constitution bonne, entré le 19 septembre 1854, chambre n* 5. — Aoftt 1850. -— Deux chancres qui ont duré douze à quinze jours, ont été cautérisés avec le nitrate d'argent le quatrième jour. Pas d'autre traitement. -- Au mois d'août 1851 . — Bubon inguinal gauche^ ouvert par un pharmacien à l'aide de la potasse. Il y avait simultanément une excoriation à la marge de l'anus, excoriation que le malade rapporte à une constipation habituelle. En même temps que le bubon, croûtes d'impétigo au cuir chevelu, aux oreilles et dans la moustache. Douleurs rhumatoïdes surtout aux membres inférieurs. Rien du côté de la gorge. Au moment de son entrée, croûtes d'impétigo à la tête et aux sourcils; escarre à la région inguinale gauche^ provenant de la potasse; excoriations dans un des plis rayonnes de l'anus. Le malade doit être sujet à la constipation et à un flux hémorrhoîdal qui a été suivi maintes fois d'ulcérations semblables à celles qu'il porte actuellement. Douleurs rhumatoïdes que la chaleur du lit ne paraît pas augmenter.

Sur la partie gauche du thorax, au niveau de la neuvième côte environ, cicatrice récente, ovalaire, de couleur rouge cuivré (voyez pi. IV, fig. A, la dernière tache).

Le lundi 22 septembre, à la main gauche, sur la face dorsale du cinquième métacarpien, léger soulèvement de l'épiderme par une sérosité opaline. Pas de douleurs.

MALADIES DE LA PEAU. — SYPHILIDE BULLEUSE. 389

Le mercredi 24, une bulle de pemphigus se manifeste; elle a la largeur d'une pièce de 25 centimes ; elle est remplie d'un liquide séropurulent^ entourée d'une auréole rouge (voyez fig. 4i, au milieu^ pi. IV^ la première tache à gauche].

Le jeudi 25^ la bulle s'est ouverte; à la place on trouve une plaque d'un rouge éteint cuivré, sèche, un peu élevée ; dans le milieu se voit un petit point blanchâtre (même planche, même figure).

Vendredi 26. — Dans la nuit, labulle qui s'étaitreformée s'est ouverte de nouveau ; la plaque rouge qui la remplace est nettement circonscrite, dure, non douloureuse ; sa teinte cuivrée s'est prononcée davantage. Le malade veut absolument quitter l'hôpital. Nous ne l'avons plus revu.

Je noterai qu'il s'agissait ici d'un sujet jeune, robuste, sanguin, nullement épuisé.

Depuis mapremière édition, j'ai observé deux nouveaux pemphigus chez l'adulte ; ils étaient tous manifestement syphilitiques. Un des malades était charretier; il marchait donc beaucoup. Ses deux pieds étaient envahis par des bulles. Il en avait de régulières qui étaient rondes et grosses comme un pois; d'autres étaient plus grosses et irré^ gulières; c'étaient des soulèvements de i'épiderme, comme par l'application d'un petit vésicatoire. L'épiderme se détacha par petitslambeaux, et au-dessous resta une rougeur foncée sans cicatrice aucune. Le pemphigus avait été précédé par une autre syphilide.

Le pemphigus syphilitique a surtout été observé chez les nouveaux nés depuis les recherches de M. le professeur P. Dubois. Krauss avait étudié cette maladie dans le même ftge, mais il ne la considérait pas •comme syphilitique. Pour H. Dubois, elle peut revêtir ce caractère, et M. Cazenave, qui a vu plusieurs enfants à la clinique de ce professeur, partage son opinion. M. Depaul a de plus constaté par l'autopsie des noyaux d'engorgement des poumons. Dans un mémoire lu à l'Académie de médecine, cet habile accoucheur considéra cette lésion pulmonaire comme ayant des rapports avec le pemphigus, c'est-à-dire que ces engorgements seraient syphilitiquescommel'afiection de la peau. M. P. Dubois soutint les idées de H. Depaul. M. Cazeaux combattit et H. Depaul et M. Dubois. Selon H. Cazeaux, rien ne prouvait la nature syphilitique du pemphigus et des engorgements pulmonaires, double lésion qu'on avait trouvée chez les nouveaux nés. Quant au pemphigus syphilitique, il est peu connu, on ne l'aurait pas positivement observé chez l'adulte ; chez les nouveaux nés, il peut très-bien se lier à un état de débilité. Pour ce qui est des noyaux d'engorgement trouvés dans le parenchyme pulmonaire, on peut les constater aussi chez des fœtus

qui ne pouvaient pas même être soupçonnés d'être syphilitiques. Ainsi^ pour M. Cazeaux^ les antécédents syphilitiques des parents ne seraient pas une preuve sans réplique de la nature syphilitique du pemphigus et des lésions pulmonaires de l'enfant; il faudrait, encore un coup, que le pemphigus syphilitique eût été observé aux autres ftges et que les lésions pulmonaires eussent des caractères spéciaux, des caractères différents des mêmes lésions qui peuvent se développer sous d'autres influences, sous l'influence du froid, par exemple. M. Dubois réplique que les enfants nés avec le pemphigus ou qui en sont affectés peu de jours après leur naissance, ont l'aspect de petits vieillards, comme dans tous les cas de syphilis congénitale ; ils sont presque constamment voués à la mort, et dans le plus grand nombre des cas, on a découvert dans les antécédents du père ou de la mère des preuves de l'infection syphilitique. Pour ce qui est du pemphigus, dit M. Dubois, il est rare, c'est vrai, mais il a été observé. On en voit un beau cas dans l'iconographie de M. Ricord, et je viens d'en faire connaître d'autres.

Plus tard, M. le professeur Dubois est venu lire à l'Académie de médecine une observation d'une femme en pleine vérole qui a donné le jour à un enfant affecté de pemphigus ; il est mort, et l'autopsie a révélé dans les poumons des engorgements, des plaques infiltrés de sang. Je répète que le pemphigus syphilitique a été très-bien observé chez l'adulte. Cependant on peut dire que la question scientifique n'est pasconiplétemcnt résolue. Mais la pratique pose n chaque instant une question à laquelle il faut bienqu'une solution soit donnée. Quand déjà les mêmes parents ont donné le jour à des enfants qui meurent avec un pemphigus, faut-il soumettre ces parents à un traitement antisyphilitique? Si un des époux porte des lésions de nature syphilitique, la réponse ne peut être douteuse : il sera soumis à un traitement. Mais doit-on tenir la même conduite dans les cas où ni le père ni la mère ne portent aucune empreinte de la vérole ? Si réellement les lésions du nouveau né avaient les caractères syphilitiques, l'enfant accuserait assez ses parents pour qu'on dût agir sur eux. Ainsi, on le voit, la question scientifique est posée de nouveau. Or, comme elle est encore insoluble, il est de toute nécessité, pour la pratique, d'en faire une question de bon sens. On se demandera alors si le traitement qu'on aurait à faire suivre aux parents pour les empêcher de mettre au jour des enfants ainsi voués à la mort, si ce traitement a des dangers, si même il peut avoir des inconvénients un peu graves. Eh bien ! il est prouvé maintenant que le mercure, les préparations iodées administrées avec prudence ne sont suivis d'aucun accident et n'ont que de légers inconvénients quand ils en ont. Le

MALADIES DE LA PEAU. — SYPHILIDE BULLEUSE. 301

traitement antisyphilitique devra donc être entrepris^ mais avec les mé- Mgements^ les soins exigés par la position des époux. Je reviendrai sur ces questions quand je traiterai des maladies vénérienneB chez les nouveaiMiés.

Bapla «rPliiMtMinie. — Il est moins rare que le pemphigus de Tadulte. Il est caractérisé par des bulles larges^ peu distendues^ assez régulièrement arrondies^ entourées d'une auréole cuivrée. Ces bulles contiennent une humeur noirâtre se desséchant avec rapidité, d'où une croûte noire, laquelle est plus épaisse au centre qu'à la circonférence. Autour de ces croûtes coniques un cercle violacé qui s'ulcère et qui dépasse toujours l'étendue de la bulle qui l'a précédé. Au-dessous des croûtes sont des ulcérations taillées à pic, quelquefois profondes.

Les bulles du rupia peuvent être observées sur tous les points du corps; elles varient pour le nombre, les dimensions ; elles sont ordinairement peu nombreuses et répandues irrégulièrement sur divers points. 11 n'est pas très-rare de n'observer qu'une bulle ; ou bien il y en a deux ; on les observe sflors plus particulièrement aux membres inférieurs; et elles ont de grandes dimensions. Dans des cas très-exceptionnels, les bulles sont largement répandues et en très-grand nombre sur toute Tenveloppe tégumentaire ; elles sont d'un volume à peu près égal partout et elles simulent l'ecthyma dont elles diffèrent toutefois parleur étendue, par la forme conique de leurs croûtes et aussi par leur lésion élémentaire, bien que, dans ces circonstances surtout, il n'y ait pas une grande différence entre la pustule de l'ecthyma et la bulle du rupia, qui est cependant plus étendue, plus superficielle, et ne recouvre pas complètement la surface malade comme la pustule de l'ecthyma (Cazenave). Quand le rupia a de grandes dimensions, des ulcérations successives à la base de la croûte établissent à la longue une large ulcération qui pourra se cicatriser dans quelques parties, et surtout au centre, et se couvrir de croûtes dans d'autres points, principalement à la circonférence où celles-ci semblent entretenues par la succession de plusieurs bulles isolées. L'ulcération alors revêt la forme phagédénique.

Le rupia syphilitique présente d'autant plus de gravité que le sujet est moins vigoureux, que la constitution est plus détériorée. J'en ai observé un chez un sujet avancé en âge qui fut très-grave, car le sujet avait d'abord été épuisé par les souffrances et la suppuration d'un chancre phagédénique. C'est, en général, une affection tardive. C'est aussi une des plus graves. Sa marche est toujours lente. Les cicatrices sont indélébiles, avec la forme ronde de l'ulcération, et conser-

m MALADIES VÉNÉRIENNES TUTES CO^•SÉCl^^VES* .

venl longlemps l'empreinte caractéristique de la syphilis. Cescîcalricesdégénèrent quelquefois, et il s*élève sur elles des productions qui ont été appeTées kéloïdcs par Alibert. La réparation est annoncée par la sécheresse des craùtesj \i\ décoloration du cercle, et il s'opère une exfoliation lameileuse. La figure 4 de hx planche VI représente un mpiadu membre supérieur; sa réparation commence. La croûte est divisée en plusieurs fragments. On voit Texfoliation lamelleuse. Les croûtHS pressées par le doigt appuyé sur leur sommet ne laissaient sourdre aucune sérosilé. Elles donnaient k la percussion un son sec et clair. Ce sont ces croûtes qui tombent par portions et laissent voir auecessivement une partie plus considérable de la cicatrice.

SYPHILIDE PUSTl'LEUSB.

Ce sont de petites tumeurs formées par une accumulation^ h la surface du derme, d'une humeur purulente qui soulève rc^pidenne.

Ce paragraphe est important, car il s'agit ici d'une forme de Taccident secondaire qui est avec production de pus, cVsl'àdire dans les conditions ïes plus favorables à la contagion et à Tinoculotion. C*est f d'ailleurs cette syphilide qui paraît avoir été surtout observée à la fin du quinzième siècle; c'est elle aussi qui a valu à la spécialité patholo* gique que nous étudions le nom de véroh,

La sypbîlide pustuleuse est assez rare* Elle peut être observée snr tous 1rs poLfits du tégument. Mais on la voit plus fréquemment k la tête et aux jambes; à la tête c'est surtout l'impétigo, tandis qu'aux jambes c'est l'ecthyma.

•yplKlllde lenUcalalre. —Acné syplKlHavse. — Ce serait la plus commune des éruptions pustuleuses, selon M. Cazenave : on la méconnaîtrait le plus souvent. Les boutons sont discrets, isolés, de la largeur d'une petite lentille, légèrement saillants, d'une couleur caractéristique bien prononcée, suppurant d'une manière incomplète, se terminant par une petite cicatrice de beaucoup moindre que le volume de la pustule à laquelle elle succède.

La syphilide lenticulaire peut se manifester sur tous les points de la surface du corps ; elle est irrégulièrement disposée, sa forme varie un peu, suivant qu'elle occupe telle ou telle région. Au visage, à la poitrine, au dos elle ressemble bien à l'acné; mais les pustules sont plus volumineuses, saillantes, arrondies ; elles suppurent dans la moitié de leur étendue ; elles sont alors surmontées d'une croûte, quelquefois assez épaisse, dont la chute laisse voir une cicatrice assez large, déprimée, qui repose longtemps sur un fond comme tuberculeux.

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