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superficielles, à surface blaoche^ grisâtre^ dont la circonférence^ sans former des bords nets^ facile à distinguer^ comme dans les autres ulcères^ va se fondant insensiblement^ comme par une sorte de biseau^ avec la partie ulcérée^ plus déprimée^ laquelle offre même à Pœilnu quelquefois une apparence telle qu'on dirait qu'il n'y a pas d'ulcération. Le pourtour de ces ulcérations est ordinairement^ jusqu'à une distance plus ou moins grande^ d'un rouge foncé qui contraste avec le blanc mat de la surface ulcérée. C'est surtout lorsque les ulcérations occupent le voile du palais^ les piliers du voile du palais^ les amygdales gonflées^ dans ce cas, que cette rougeur environnante se fait remarquer. Elle manque souvent dans les ulcères situés sur les lèvres> en dedans des lèvres, à ia surface interne des joues. Quelquefois tout le fond de la bouche est tapissé de ce genre d'ulcérations qui s'accompagnent d'un sentiment de gène, de cuisson, plutôt que de douleur, et ne gênent la déglutition que lorsqu'elles descendent assez bas vers la base des piliers du voile du palais. On dirait, à l'aspect et à la forme irrégulière de cette affection, que les parties ont subi ime brûlure au premier et au second degré. C'est là, toujours selon le médecin de Lyon, le genre d'ulcération qui fait principalement partie de l'ensemble des symptômes caractérisant les suites constitutionnelles de la blennorrhagie.
La seconde variété a la forme chancreuse un peu mieux caractérisée. Ce sont des ulcères peu profonds, intéressant cependant la plus grande partie de l'épaisseur ou toute l'épaisseur de la muqueuse, à fond grisâtre, granulé, à bords inégalement découpés, quelquefois décollés, à pourtour peu ou point coloré en rouge, occupant les amygdales, le pharynx, les piliers du voile du palais, la partie interne des lèvres, des joues. Assez souvent ils envahissent aussi les environs des dents de sagesse, ou les points mêmes où ces dents doivent se développer ou commencent à se développer; il faut prendre garde de les confondre alors avec des ulcérations à peu près semblables qui accompagnent l'issue de ces dents, lorsque la muqueuse est déjà disposée à s'enflammer, à se gonfler. Dans l'état normal, la muqueuse supporte ordinairement, sans en être lésée, la pression des dents ou fragments de dents, quelque inégale qu'elle puisse être; mais quand la muqueuse des joues est irritée, enflammée, ces dents et fragments de dénis lablessent, la creusent et forment ainsi des ulcères qu'on ne peut pas facilement distinguer, au premier aspect, des ulcères vénériens dont il est question, même en examinant les circonstances antécédentes et concomitantes. Quoi qu'il en soit, les ulcères vénériens dont il est question durent plus longtemps, sontplustenaces,plus difficiles à guérir que les précédents; ils laissent des cicatrices où la muqueuse, pendant assez longtemps.
reste plus lisse^plusbrillaiite^ plus blancheque le reste de la muqueuse» La troisième variété affecte d'abord et presque uniquement les amygdales. C'est un ulcère semblable au chancre primitif^ qui, sans gonflementpréalable des amygdales» les creuse comme le ferait un emportepièce^ présente un fond jaunâtre et un pourtour d'un rouge foncé» s'étend dans tous les sens, rougit quelquefois la totalité des amygdales etenvahitles parties environnantes, atteint parfois l'orifice de la trompe d'Eustache et cause la surdité ou Taltération de l'ouïe du côté affecté bien plus souvent que ne le font les ulcérations précédentes. Cet ulcère n'occasionne, dansquclques cas, en commençant, ni géhe, ni douleur, ni embarras dans la déglutition, et lorsque le malade est averti par une de ces sensations qu'il a quelque chose dans la gorge, on est surpris de trouver l'affection qui a déjà fait bien des progrès. Le plus souvent la marche de cette affection est lente et s'accompagne de peu de phénomènes de réaction générale. Dans quelques cas, cependant, l'infiammation est intense.
Enfin la quatrième variété est un ulcère marchant en partie comme un ulcère phagédénique dès le début, avec ou sans gangrène superficielle. C'est ce genre d'ulcère surtout qui est précédé et s'accompagne de douleurs parfois très-grandes, de réaction fébrile, de gène, d'impossibilité de la déglutition, d'altération de la voix, aussi de l'ouïe, ce qui dépend de la manière dont les progrès do l'ulcère s'étendent vers la luette, la base, la partie postérieure des piliers du voile du palais, la partie postérieure et supérieure du pharynx, la partie supérieure même et postérieure du voile du palais, du côte des fosses nasales. Ce sont en effet ces parties, ainsi que les amygdales, qui sont le siège le plus fréquent de ce genre d'ulcération. On peut cependant les observer aussi à la partie interne des lèvres, à la partie interne et postérieure des joues. L'inflanmiationetle progrès phagédénique sont quelquefois tellement grands que le tissu osseux, lui-même est affecté au palais, derrière le pharynx, derrière la partie postérieure des fosses nasales. Le cas devient alors plus grave, la marche de celte affection est généralement plus rapide que celle de Taffection précédente.
Il est probable que les diverses formes décrites par M . Baumes * correspondent à des faits qu'il a observés. Mais je pense que, dans l'intérêt de renseignement et de la pratique, il faut ici invoquer la synllièse. Je réduis donc à deux formes les ulcérationsdelacavilébuccale:i° une superficielle, qui se borne quelquefois à une légère érosion, et qui, dans le plus grand nombre des cas, ne dépasse pas la muqueuse; c'est
1 liauinès, t. U.
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celle qui marche avec les syphilides^ qui les imite plus ou moins; 2* l'autre profonde; celle-ci détruit la muqueuse comme les organes qu'elle recouvre^ et en général ce n'est pas par cette membrane que Taffection commence^ mais par des tubercules syphilitiques et par des tumeurs gommeuscs qui^ éliminées^ détruites^ laissent à leur place de grandes brèches. Cette forme d'ulcération peut être observée en l'absence de toute syphilide^ souvent après que Taffection de la peau a disparu et quand la vérole est entrée dans ses dernières périodes. Ces ulcérations sont ordinairement précédées par un gonflement moitié inflammatoire, moitié œdémateux des parties qui vont être afTectées, gonflement qui commence déjà à gêner la déglutition^ la phonation. Quelquefois Tulcération la plus profonde, celle qui va détruire la luette^ le voile du palais ou une amygdale, n'est annoncée que par ses lésions fonctionnelles qui elles-mêmes sont souvent très-peu prononcées; le malade alors reste dansla sécurité la plus parfaite. Mais bientôt letravail qui s'opérait sous la muqueuse détruit cette membrane dans une étendue plus ou moins considérable, et alors apparaît une ulcération taillée à pic, à bords plus ou moins dentelés, entourée par un gonflement rouge œdémateux, ulcération à fond comme tapissé par une fausse membrane jaune, grisâtre. C'est quelquefois la luette qui est emportée avec la partie moyenne du voile du palais. Ici surtout la marche de l'ulcération peut être insidieuse, car le travail d'ulcération commence quelquefois par la face postérieure du voile. C'est une autre fois le pharynx qui est atteint à la partie postérieure; aloi*s, quand l'ulcération n'est pas très-étendue, qu'elle est centrale, on peut voir le fond jaune et les bords plus ou moins œdématiés : mais il est des cas où l'on ne peut préciser ces limites, car il est impossible de découvrir entièrement l'ulcération soit en abaissant la langue, soit en relevant le voile du palais. Dans les cas d'ulcération aussi étendue du pharynx, le gonflement des bords devient considérable et gagne la trompe d'Eustache; de là plus ou moins de surdité. Quelquefois les deux amygdales sont affectées de cette ulcération profonde, mais jamais an même degré des deux côtés : il arrive que l'ulcération ne creuse qu'une de ces glandes^ l'autre reste tout à fait saine. On peut observer cette même ulcération à la langue, soit à sa base, soit à un ou deux de ses bords. Le malade atteint de ces ulcérations profondes se plaint en général de douleurs nocturnes, et quand c'est l'arrière-bouche qui est afTectée, à la gêne de la déglutition, de la phonation^ se joignent des douleurs pendant les mouvements du cou. Quels que soient la forme de l'ulcération, sa profondeur^ ses rapports avec les autres accidents syphilitiques, il peut y avoir développement des ganglions sous-maxillairesj ou absence de ce
MALADIES VENERIENNES DITES CONSECUTn-ES.
phénomène. Il ne faut pas élre ahsolu ici et n'admettre le développa ment ganglionnaire^ l'adénopathîe sous-maxillaire que pour les acci* dents primitifs de la bouche* Il est \pai que ceux-ci provoquent plus souvent ces engorgcmentâ; mais les accidents consécutifs peuvent avoir le même effet. Ceux qui nient la possibilité de cette dernière adénopa^ thie accusent une inflammatlan complicative quand on leur montre des engorgements sous-maxillaires coïncidant avec des ulcérations de ta cavité buccale. C'est \k encore une explication*
Le praticien a un double motif pour bien étudier la dernière forme d'ulcération que je viens de faire connaître; d'abord parce qu'elle marche quelquefois avec une grande rapidilé et peut causer ainsi les plus grands dégâts en peu de temps^ ensuite parce que c'est ici un des triomphes de la thérapeutique : en eJîetj iloilure de potassium donné k temps et à haute dose fait disparaltrCj quelquefois comme par enchantement, ces ulcérations &i graves,
In&çuifttton d'une nicéraiion comécutit^ de Vnmijgdaie. — M. le docteur L.r. a voulu savoir si le pus de Faccident secondaire sous forme d*ulcération pourrait reproduire un accident syphilitique; pour cela il u tenté une expérience dont il a rendu compte dans mon amphilbéAlre et que j'ai fait connaître à ta Société de chirurgie. Je vais la ra[)[K)rter d'après un rapport de M, Bégin au nom d'une commission dont M, Rico rd faisait partie,
M Dnns le but de donner une plus grande exactitude à un moyeit hygiénique proposé contre les chancres dont la durée ne dépasse pas le dixième jour, M. L... se fit pendant les mois de décembre 1850 et janvier 1851^ tous les cinq jours à peu près^ une inoculation de pus chancreux dont il obtenait la cicatrisation dans les quatre jours au moyen de lotions avec l'eau fraîche.
a Trois mois après cette première série d'expériences^ le S mai^ un ami de M. L...^ également médecin lui-même, le consulta pour un chancre induré qu'il avait contracté dix-sept jours auparavant et qui siégeait à la rainure de la base du gland. Après un peu plus d'un mois d'existence^ le 47 mai S ce chancre était cicatrisé; le traitement mis en usage n'est pas indiqué.
« Vingt-trois jours plus tard se montra sur l'ami de H. L..., une roséole que des douleurs avaient précédée et qui s'accompagna bientôt d'engorgement des ganglions sous-maxillaires^ des deux côtés, et des ganglions axillaires superficiels et profonds du côté droit. Presque en même temps^ c'est-à-dire le septième jour de l'éruption cutanée^ ap-
*• Je copie textuellement le rapport imprimé dans le Bultetin de l'Acçdémie dt tnédecine.