MUQUEUSE BUCCALE
parurent à chaque amygdale une ulcération profonde, et à la langue des gerçures. Cet organe^ de même que Tensemble de la cavité buccale^ était peu enflammé. Ces nouveaux accidents furent guéris en trente-quatre jours à dater de la manifestation de la roséole.
« C'est pendant cette période^ le vingt-deuxième jour de Texisience des chancres amygdalins ^ que notre expérimentateur résolut de slnoculer la matière qu'ils fournissaient. A cet effets deux heures après avoir bien nettoyé la surface de l'amygdale gauche^ il y recueillit la sérosité à peine purulente qui venait de se former et l'inséra avec une lancette neuve^ par une piqûre très-superficielle^ h la partie antérieure de son bras gauche. Les dix premiers jours depuis l'inoculation se passèrent sans que rien de particulier fût observé ; mais le lendemain M. L... aperçut une petite papule de la grandeur d'une tête d'épingle, d'un rouge rosé^ d'une dureté remarquable^ sans aréole ni douleur^ même en y touchant très-fortement.
« Vers le quinzième jour cette papule, progressivement agrandie jusqu'aux dimensions d'une lentille, se couvrit de croûtes qui se réunirent en une seule sous laquelle existait une sérosité rougeàtre.
(c Cette sérosité fournit à M. L... la matière de quatre inoculations qui furent répétées tous les cinq jours pendant vingt jours, ce qui forma un total de vingt introductions successives du produit morbide '. »
On voit, par le rapport même de M. Bégin, que M. L..., a réellement inoculé avec succès une ulcération secondaire de l'amygdale. Il y a eu, en effet, chez le confrère de M. L..., chancre préalable, roséole, puis ulcérations aux amygdales. Ajoutez que l'ulcération, résultat de Texpérience, a eu lieu avec incubation.
M. Chausit, qui a publié les détails de cette expérience dans les Annales des maladies de la peau et de la syphilis, ajoute : a Ce fait, sérieux par le but qu'il poursuit, grave par les résultats déjà donnés, présente, il faut bien le reconnaître, un grand intérêt scientifique; au point de vue de la syphilisation, il peut jeter une triste et vive lumière surce principe nouvellement révélé'. H est encore remarquable par une
< Ceci est une expression de M. Bégin. Ce ne sont pas là des chancres, car le chancre est une ulcération primiUve, et il s'agit ici d'une ulcéraUon consécuUve.
' Le rapport continue à exposer les expériences de syphilisation. Ce rapport a été la le 21 janvier 1852.
* M. Chausit veut parler ici de l'exaspération de la syphilide, du nombre et de l'aspect des chancres que portait M. L..., car ce docteur avait été présenté à la Société de chirurgie et à l'AcadéDiie comme une victime de la syphilisation. C'est pour compléter l'observation et lui donner un caractère d'utilité que je fournis à la Société de chirurgie les détails relatifs à Tinoculation de l'accident secondaire. M. Velpeau en fit autant dans le sein de TAcadémie de médecine, et cette compa-
eirconstanrf! dont notro ho Ronible confrère, 5K Vîdal (de Cassis), a pm^ faitenneiîtr*^niîî4 en lumière toutcïJa portée et loule la valeur. Ainsi, le cas sérieus qui préoccupe aujourd'hui la science serait en même temps une nouvelle preuve de rinoculiibllité des syniplôrneâ syphilitiques secondairesj et dans IVspèce nous aurions h signaler un détail très-important que les faits de Waller et de Wallace avaient déjà mis hors de doute; cVsl la période d'incubation qui s'écoule entre le moment de l'inocylalionelcelui où se manifestent les premierSBccidefitssfiécifiques.
a Les divei*ses inoculations que M, L... a subies ensuile £enil»lent éiahlip, contraireiuenl â la doctrine de M» Auzias et aux expériences de M, SpérinOj que laptitude h TinfeMion syphilitique ne diminue pas en raison i\yi nombre de* inoculationâ pratiquées^ que celles-ci peuvent êlre sans inlluenee heureuse sur la marche des symptômes consécutifs préexîstanls : c'est un fait grave dont nos leetenrs pourront apprécier la valeur, Q^anî à la question soulevée par M. Vidal (de Cassis), natm savons à L'alilc de quels arguments préalables ou ^v fera fort d'en fairt; justice; mais à ce propos nous devons préaenïer une eonsidératjoo sérieuse, car elle touche à la qualité même du sujet ile celle triste observation* C'est un docteur en médecine, c*t'st un confrère qui s'est soumis volontairement à cette suite d'expériences graves, et cette circonstance ne pennet pas riutervenlion des suppositions ïi l'aide desquelles on a rhabtlude de repousser bien loin les faits de ce t^enre» »
Comme on le pense, l'hypothèse du chancre se reproduisît ici, mais, il faut le dire^ avec encore moins de succès que dans les autres circonstances. On n'a pas pu croire à un chancre de Tamygdale, d'abord parce que l'ulcération primitive de ces glandes n'a jamais été démontrée et ne le sera probablement jamais. Dans le fait particulier il s'agit d'un docteur en médecine qui s'est observé lui-même, qui a la certitude de n'avoir porté d'aucune manière le virus dans la cavité buccale. Il avait gagné un chancre à la verge, et c'est après la cicatrisation de ce chancre qu'il a eu une vérole dont l'ulcération tonsillaire était une expression. On a invoqué le ganglion sous-maxillaire comme indiquant un chancre. Hais ce ganglion existait avant les ulcérations de la cavité buccale, et le même docteur en portait à lu région postérieure du cou. L'engorgement ganglionnaire, je le répète et je le répéterai toujours, n'a aucune valeur dans le diagnostic des ulcérations et de la vérole en général, car cet engorgement peut exister chez les scrofuleux, il se lie à toutes les ulcérations consécutives et avec l'ulcération primitive; il peut exister, sans doute, avec la vérole, mais celle-ci peut
gnie nomma une commission pour examiner les expériences de M. L...aa double point de vue de la syphiiisation et de l'inoculation des accidenU secondaires.