‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 49 sur 76 · MUQUEUSE BUCCALE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MUQUEUSE BUCCALE. — TRAITEMENT

être des plus complètes et cependant le sujet qui la porte n'aura jamais eu le moindre développement ganglionnaire ni au cou ni ailleurs. Au moment où ceci est écrite il y a dans mon service à l'hôpital du Midi, deux malades que je montre journellement aux élèves : Tun est cocher^ il a des ulcérations superficielles des deux amygdales survenues peu de temps après la cicatrisation d'un chancre de la verge^ les ganglions soufr-maxillaires sont engorgés; le second a des ulcérations des mêmes glandes, mais plus profondes et arrivées plus tardivement; il a comme le premier des engorgements ganglionnaires sous la mâchoire. Le chancre de celui-ci datait d'un an, il était à la verge. Ces deux malades ont été interrogés de toutes les manières pour savoir si une affection directe aurait pu avoir lieu. On est arrivé, dans les deux cas, à établir positivement que les ulcérations de la gorge étaient consécutives. J'ai gardé longtemps ces malades à l'hôpital, surtout le cocher. On voit donc la valeur que peuvent avoir les engorgements ganglionnaires dans le diagnostic des ulcérations.

Trattement* — Il faudra se rappeler ici les deux principales variétés d'ulcérations que j'ai établies : une superficielle appartenant aux premières périodes de la vérole, l'autre profonde et correspondant surtout aux périodes ultimes de la diaihèse.

i *" Contre la première variété, représentée surtout par des ulcérations superficielles et correspondant à une des formes des syphilides, on emploiera le traitement mercuriel parle proto-iodure à l'intérieur, tel que je l'ai formulé en établissant la thérapeutique des maladies vénériennes dites consécutives. On ajoutera ici pour la localité le gargarisme suivant:

Décoction de gruau lOO grammes.

Miel 20 grammes.

Liqueur de Van Swieten 10 grammes.

i^ Contre la seconde variété, quand les ulcérations sont tardives, profondes, arrivant après les syphilides et avec des symptômes concomitants du côté des systèmes fibreux osseux, on devra employer l'iodure de potassium, d'après ia formule que j'ai indiquée quand j'ai fa^ connaître cet agent thérapeutique et son mode d'administration. On a vu, que je mets 16 grammes d*iodure de potassium dans 1 50 grammes d'eau, ce qui fait 1 gramme d'iodure par cuillerée de ce liquide. On va jusqu'à 3 cuillerées par jour, rarement jusqu'à 6.

On ajoutera pour la localité un gargarisme selon la formule que je viens de transcrire; mais au lieu de 10 grammes de liqueur de Van Swieten, on mettra iO grammes d'iodure de potassium. M. Ricord conseille souvent ce gargarisme :

lit MALADIES VÉNÉRIENNES DITES CONSÉCUTIVES,

Eau disliUée. , , * ^ tm grammes.

Teltmire d'lt»de ^ (î grammet,

lodui^ de potassium. 1 gramme.

J*ai constaté plus d'une fois que ce gargamme agaçmt trop h gorge. Je préfère donc celui qui ne contient point de teinture d'iode et qui est seulement composé avecTiodurô ûe pota&siuni h dose un peu forte-

II ne faut pas toujours attendre que \g^ ulcérations de la cavité buccale soient profondes pour en venir à Tiodure, soit à Hntériettr, soit en gargarisme. Pour peu que la muqueuse soit détruite, pour peu que les ulcérations montrent une certaine opiniftlreté, on d«vra avoir re* cours à ce puissant modificateur, surtout si le sujet est débilité. Alon» on abandonnera le mercure. MaiSt dans les autres cas, ces deux agents pourront être combinés et agir concurremment, comme je l'ai déjà établK

Pour les deuît variétés, on peut employer la cautérisation avec Paclde chlorhydrique ou l'azotate d*argeut. On aura recours à c« moyen dans bs cas de plaques muqueuses^ surtout quand elles couvrent une partie des joues, la face interne des lèvres, et quand il n'y a pas une forte turgescence intlammaloire. Lorsque les ulcérations sont |U"ofamîes, tardives^ et avec symptômes concomitants vers les os, le meilleur moyen c'est encore Tiodure de potassium a Tintèrleur et en gargarisme, mais à haule dose. La cautérisation poinrait avoir des io* convénienls dans Ii^s premiers temps des ulcérations; il vaudrait tnietisc les toucher alors avec le mélange suivant, qui est conseillé par M. Baumes :

Miel rosat 8 grammes.

Laudanum de Sydenham 1 granune.

Quand les parties sont moins sensibles^ que les bords de Pulcération sont moins tuméfiés, moins turgescents, on en vient à toucher avec :

Miel rosat 8 grammes.

Acide chlorhydrique 1 3 à 20 gouttes.

• § 2. ^- Muqueuse du nez.

Fréquemment et après la guérison des symptômes primitifs, chancres, blennorrhagies, et quand on croit que tout est fmi, le malade éprouve, sans y faire grande attention, une sorte d'enchifrènement qu'il prend pour un rhume de cerveau qui durerait beaucoup plus longtemps, voilà tout. Hais il constate de plus en plus que le nez est embarrassé, bouché, et bientôt il mouche une matière épaisse, jaunâtre, purulente, et de temps en temps il s'y joint d^ croûtes noirâtre^

Page 1