‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 51 sur 76 · MUQUEUSE DES ORGANES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

MUQUEUSE DES ORGANES GÉNITAUX

DaDS les cas d'ozène^ on pourra injecter dans les cavités nasales la solution suivante :

Eau distillée 300 grammes.

Chlorure de sonde 100 grammes.

§ 3. — Muqueuse des organes génitaux.

La syphilis consécutive peut revêtir sur la muqueuse génitale toutes les formes que nous avons observées dans la syphilis primitive. Ainsi la blennorrhagie urétrale consécutive a été observée. Il en est de môme de la balano-posthite; on en trouvera une observation et une représentation dans la section première de ce livre. Trop souvent chez la femme dont la muqueuse génitale est si étendue^ on observe des écoulements qui s'éternisent parce qu'ils tiennent à une syphilis constitutionnelle qu'on s'obstine à nier et qu'on ne traite pas en conséquence. Toutescesblennorrhagiesconsécutivessontgénéralementplusoumoins indolentes^ sans réaction marquée; ce sont plutôt enfin desblennorrhées. On ne les reconnaît ou^ pour mieux dire^ on ne soupçonne leur nature que quand elles sont concomitantes d'une autre aflfection franchement consécutive^ comme une syphilide. Et encore il n'est pas rare de voir attribuer^ dans les deux cas, l'écoulement à une nouvelle contagion, ce qui d'ailleurs peut très-bien être. Ainsi, on le voit, le diagnostic des écoulements liés à une affection syphilitique constitutionnelle n'est pas facile, surtout si on ne peut directement observer, inspecter la surface muqueuse malade. Lorsqu'il y a possibilité de la voir, on constate qu'elle est d'un rouge moins vif, qu'elle tend à revêtir la couleur cuivrée caractéristique des affections secondaires. On peut voir, planche 1", deux dessins : l'un représente la posthite aiguë tout à fait primitive, l'autre représente la balano-posthite consécutive, chronique. Le rouge de cette dernière figure est plus brun, plus sombre que celui de la première.

Les ulcérations consécutives de la muqueuse génitale sont généralement moins bien dessinées que les primitives, que les chancres, et elles se répandent quelquefois assez promptement, mais pour se reproduire ensuite. On voit de ces ulcérations sur le prépuce, à la surface interne des grandes lèvres, sur les petites.

11 est quelquefois difficile de distinguer ces ulcérations consécutives de cette disposition aux excoriations qu'offre la muqueuse génitale ayant déjà été le siège d'une lésion primitive qui a persisté pendant quelque temps. Ainsi on observe souveol» aiur^ Ifi chancre induré du prépuce, une disposition à Téchaulft» de la mu-

i»0 MAUmES VftNÈHlENNES lltTES CONSÉCirriV'ES.

queuse, qu'on prend souvi-nt pour une affection consécutive; Tinflatiimatîon, ['ulcération^ ont alors des retours qu'on attribue à des réel* dives» Le plus souvent il n'y û rien en syplùiUique dans cet état de la muqueuse préputiaïe, et on réussit bien mieux à en débarrasseT k malade par des topiques, par des moyens simples, que par un traitement niercuriel. Ce que jb dis ici de la muqueuse du prépuce peut se dire de la muqueuse de la vulve et de toute la muqueuse génitale fie U femme» Le véritable praticien ne se bâtera donc pas d entreprendre un (railement mercurielî ni môme un traitement par Tiodc, surtout si te premier a déjà été suivi pendant un certain temps et d'une mantèrf régulière, On ne prendra cette détermination que âll existe, avec cet état de la muqueuse, des syphilides ou d'autres lésions concoEnitanles dont le caractère sypiiililique ne puisse fdre le Uioindre doute.

J'aurais ici iV parler des végétations et des tubercules plats delà muqueuse génitale ; mais ces productions ont été asseï étudiées dtns la première partie de ce livre. On se rap[>elle que j'ai beaucoup loststé alors pour prouver qu'elles pouvaient Cire primitives et conséeutive,i.

Quant au Iraitement général, il n'est pas difrérent de celui des syphL Ijtles. ife traitement local doit surtout co^^iste^ à isoler les sarf*icesen* flammées el il appliquer les astringents Je considère comme astringents^ tes solutés de nitrate d'argent hua faible de^'é^.Le traitement local peut avoir une grande influence dans les cas d'affections de ta muqueuse géuitale des femmes. Ou devra revoir ici ce que j*ai écrit dans la première partie de ce livre^ sur les injections intra-vaginales et intrautérines.

§ 4. — Muqueuse de l'épiglotte et du larynx.

Il est des cas où Taffection de rarrière-bouche et du pharynx s'étend plus profondément et va jusqu'à Pépiglotte ; de là des désordres graves de la déglutition. Cette affection^ qui est en général sous forme ulcéreuse, peut atleindre Tappareil phonateur^ et occasionner dans la voix des altérations bien plus prononcées, mais variables, suivant qu'elles afiecteiit les parties supérieures ou qu'elles pénètrent dans l'intérieur même du larynx; elle peut donner lieu au^si à rcedème de la glotte *.

Quand ces ulcérations existent indépendamment d'une affection de la cavité buccale, il est souvent très-difficile d'en reconnaître la nature et d'en bien établir le diagnostic différentiel. Selon M. Reynaud^ qui

Mci on lira avec froit le Traité de l'angine laryngée œdémateuse de M. Settltr, p. SS.

MUQUEUSE DE L'ÉPÏGLOTIE ET DU LARYNX. 45 i

a étudié avec soin cette forme de la vérole^ la laryngite ulcéreuse ne surviendrait souvent que trop longtemps après les symptômes primitifs. Elle produirait tous les accidents des maladies ordinaires du larynx^ tels que gène ou douleur fixe au niveau du cartilage thyroïde dont le volume s'accroît manifestement dans quelques cas^ altérations dQ la voix, dyspnée, toux saccadée^ efforts pour expulser les mucosités qui obstruent la glotte et après lesquels les malades rendent un peu de matière purulente mêlée dans quelques cas de stries de sang.

Le mal par sa persistance peut amener de la fièvre avec sueurs nocturnes^ avec tout le cortège de la phthisic laryngée. Les parties dures du larynx participent quelquefois à la maladie et en augmentent la gravité. Dans les cas les plus heureux alors, quand on parvient à arrêter la marche de Tulcération, quand on guérit, il reste généralement de l'aphonie^ ou du moins on observe des altérations profondes dans la voix. Le siège du mal indique assez sa gravité.

Le traitement est celui des affections dites secondaires de la bouche. Mais si Taffection persiste^ si elle survient longtemps après des syphilides tardives profondes^ on devra avoir recours à Hodure. Dans quelques cas méme^ malgré ce moyen^ le mal semble persister^ mais il s'agit alors d'une nécrose qui jouera le rôle de corps étrangers^ et^ quoique la vérole n'existe plus^ le malade est loin d'ôtre sauvé.

§ 5. — Muqueuse de l'oreille.

La muqueuse^ ou pour mieux dire la semi-muqueuse de l'oreille^ peut être affectée par la syphilis constitutionnelle. En traitant dos pustules muqueuses, j'ai fait mention d'un malade qui en avait sur tous les points oii l'on peut en observer : il y en avait dans les deux conduits auditifs : d'un côté on voyait la plaque s'élever et un léger suintement ; de l'autre côté^ à gauche^ le conduit auditif était exulcéré^ d'un rouge obscur brun^ et il se faisait un véritable écoulement par cette oreille. L'audition n'était en rien altérée. J'ai lu cependant dans les auteurs^ et on peut voir dans le livre de H. Baumes^ que les écoulements consécutifs par l'oreille coïncident presque toujours avec une dureté plus ou moins marquée de l'ouïe. Il est vrai que le médecin de Lyon signale des écoulements jaunâtres verdfttres. Depuis ma première édition^ j'ai observé l'otite purulente consécutive et indépendante des plaques muqueuses. Le pus avait la couleur indiquée par H. Baumes^ Û v av^ presque tout ôté de l'oreille malade. Dans un autre cas^ftot^ une humeur séreuse trouble et odorante. On a aosBi H^ rations ayant le caractère de celles qui appartiennent ft

tutionnelle; elles seraient à rentrée du conduit auditif ou profondément^ et on ne les découvre qu'à Taide du spéculum auris. II y a nécessairement alors plus ou moins d'écoulement. Toujours selon H. Baumes, on voit aussi, parfois, dans le conduit auditif, pendant Texistence de Técouleroent, des végétations molles fongueuses pédiculées. Je crois quil s'agit le plus souvent alors de plaques muqueuses, comme je Tai observé, et que ce sont ces plaques qui produisent la matière de Técoulement. Je n'ai jamais rien vu dans l'oreille qui pût être comparé aux véritables végétations avec pédicule. Il est ïAea entendu que je ne parle pas ici des polypes qui n'ont rien de commun avec la vérole.

Quand j'ai eu à traiter des plaques muqueuses du conduit auditif, j'ai administré à l'intérieur le proto-iodure de mercure, et comme topique je me suis borné aux soins de propreté. Lotions avec ean blanche, avec eau chlorurée étendue; coton dans les conduits.

§6. '^Muqueuse de tonus et du rectum»

En parlant de la blennorrhagie, dans la première section de ce livre, j'ai dit que les écoulements par l'anus étaient le plus souvent dus à des affections consécutives. Ce sont souvent les pustules muqueuses consécutives de l'anus qui sont la source des écoulements qu on observe à cette région; mais la source la plus abondante de riiumeur est surtout à la muqueuse qui entoure ces pustules, muqueuse qui devient alors le siège d'une inflammation biennorrhagique consécutive. Les végétations, et surtout la muqueuse qui les entoure, peuvent aussi donner lieu à un écoulement plus ou moins abondant. A l'anus^ ces végétations sont consécutives dans le plus grand nombre des cas. Elles peuvent envahir la muqueuse beaucoup plus haut que les tubercules plats, lesquels se forment presque toujours à la marge de Tanus et empiètent plutôt du côté des fesses^ quand elles s'étendent et se multiplient. Les végétations peuvent au contraire remonter dans le rectum, pousser sur la muqueuse méfiie de cet intestin, ce qu'on peut constater par le spéculum ou en ordonnant au malade de faire des efl'orts comme pour aller à la selle.

Los ulcérations (I u rectum, et surtout celles de lanus, sont fréquentes. Elles revêtent, dans le plus grand nombre descas^ la forme allongée: c'est ce qu'on appelle des rhagades. Elles ont alors un fond jaune grisâtre à bords un peu durs et inégaux. On les voit en entier quand le malade pousse comme pour aller à la selle. Le toucher et la défécation sont bien moins douloureux que quand il y a fissure, et l'on

Page 1