‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 52 sur 76 · MUQUEUSE DE L'ANUS ET DU RECTUM · texte numérisé non relu

MUQUEUSE DE L'ANUS ET DU RECTUM

n'observe pas cette disposition aux lipothymies qui est un des caractères de cette dernière affection. H y aune autre espèce d'ulcération qui est plus superficielle : on l'observe avec la blennorrhagie ; c'est plutôt une excoriation comme celle de la balanite. M. Baumes a observé des écoulements verdfttres par l'anus avec d'autres symptômes syphilitiques. II examina avec le spéculum et trouva la muqueuse roiige^ épaissie^ comme granulée dans quelques points et sans ulcération. 11 ne faudrait pas confondre avec cette lésion l'induration chancreuse. Il existe en effet ici des chancres dont l'induration envahit tout le calibre du commencement du rectumjnduration qui forme des rétrécissements et qui persiste des années entières. Ce sont ces indurations qui ont été prises pour des squirrhes du rectum. Mais en général il y a des ulcérations avec écoulement puriforme^ et ces ulcérations s'établissent sans engorgement, sans induration préalable de la muqueuse. Selon le médecin de Lyon^ elles peuvent alors se présenter à une assez grande hauteur dans le rectum.

Le traitement général des affections consécutives de l'anus est celui que j'ai déjà conseillé pour les mêmes affections des autres muqueuses. Le traitement local consiste surtout en soins de propreté. On donnera souvent des bains de siège. L'anus sera garni avec de la charpie ou du coton cardé. On pourra cautériser légèrement avec le nitrate d'argent la muqueuse qu'on peut découvrir. Des injections à l'eau blanche ou avec une solution de nitrate d'argent seront faites quand la lésion remontera jusque dans la cavité de l'intestin. On devra se méfier des injections dont le laudanum fait partie. J'ai observé un empoisonnement qui a failli devenir funeste et qui fut occasionné par une injection avec une solution de sulfate de zinc et une assez forte proportion de laudanum de Sydenham.

ARTICLE IV

llaladlea des yeMX.

J'ai déjà décrit dans la première partie de cet ouvrage une affection grave des yeux qui commence par la membrane la plus extérieure, par la conjonctive; c'est une des maladies vénériennes dites primitives, une forme de conjonctivite. La conjonctivite consécutive a été si^^nalée^ ou plutôt elle a été supposée, car ce que l'on a pris alors pour une manifestation de la sypfaUiM ^té de la nuiriuruse

oculaire était probableineotai unique succid^inr a

l'ophthalmie bîennurrhagUv >ien c'elaii v.r.i^

AÎilte VÉNÉRIENXES DITES CONSÉGUTiVES.

conjonctivite liée à toute autre cause diathésique qu'on n^â pu préciser. Cependant je dois dire qu'en 1839, pendant que je faisais le service de l'hôpilat de Lourcine^ il m'a été donné d'observer une femme qui avait une roséole papuleuî^e, La faoe élait priâo et le voisinage des yeux, Lt conjonctive était d'un rouge obsieur coniaie la peau du visftge. Quand j'écrivis ma première édition, j'avais oublié ce fait, qui cependant se trouve noté dans le troisième volume de ma Pathologie êaternêf^iî paragraphe des Ophthalmies dermatosiques. Quant aux lésions des autres éléments anatomiques de l'œil, si elles ont réellcm'^ut été observées, ce n'est que djmsdes cas dirilis grave avec extension de la phlegmasjp, ou, pour mieux dite, dans des cas de complication. Ainsi on a parlé de ta désorganisation complète de tout b globe oculaire à la suite de Taifection syphilitique de riris, Mackensîe fait mention de cet accident, et au moment où ceci e^t écrit il y a dans la salle i\ de mon service, on malade qui a passé par toutes les périodes et les demi-périodes de la syphilis: il a un œil vidé. Ce n'est qne longtemps après eette lésion piofonde que j'ai pu Tobserver; de sorte que je n*ai pu constater 1^ point de départ de Vafîeetion oculaire. Mais il a été prouvé quil n'y avait pas bicnnorrhagie quand l'œil a été atfeclé ; de sorte qu'il ne &'agîrail pas ici d'une fonte de rœil comme on l'observe quand ToplithaU mie blennorrhagique est grave, tuais d'nne lésion qui serait sur\enui; pendant révolution des divers accidents consécutifs, ou probablement d'un accident mémo de cet ordre, mais beaucoup plus grave que celai qu'on observe le plus souvent, c'est-à-dire i'iritis syphilitique. C'est en effet l'iris qui s'affecte le plus souvent quand le virus a agi sur toute la constitution; <c'est mèoie de cette lésion oculaire seulement qu'on parle dans les livres qui traitent des malacMes vénériennes.

Jritis syphilitique.

H. Ricord dit dans ses Notes à Hunter : a II est un accident secondaire dont Hunier n'a pas parlé, parce qu'il échappait aux lois systématiques qu'il avljkit posées, ou parce que très-probablement il ne le connaissait pas : c*est I'iritis syphilitique, d Je cite textuellement ^.

Caoïieii. — L'iritis syphilitique est tellement liée aux affections tégumentaires et elle arrive si fréquemment à leur suite^ qu'elle pourrait être considérée comme un accident des syphilides. Mais cette affection des yeux ne coïncide pas toujours avec l'existence de Taffection cutanée : c'est quelquefois après que celle-ci est entièrement dî»>

< HttOter, 2* ëdlt., note de M. Rtcord, p. 648.

> IRITIS SYPHILITIQUE. 4to

parue; elle se produit alors avec ou avant les affections des tissus fibreux osaeut, ou comme dernier effet de la diathèse.

Ce mode différent d'apparition a fort embarrassé les classiffcateurs absolus, et on a cru lever la difficulté en appelant Tiritis accident de /rofMtViofi. Mais s'il termine tout, comme cela peut arriver, cette dé* nomination devient absurde.

On a cherché à établir quelle était la fornge des énipfions syphilitiques qui pourrait avoir plus particulièrement une influence sur la production de riritis. Selon N. Legendre, ce seraient les syphiiides papuleuse et pustuleuse qui fourniraient le plus de cas d'iritis (thèse déjà citée). Mackensie dit que les accidents syphilitiques qu'il a vus le plus souvent associés à Tirilis sont, en première ligne, les éruptions pustuleuse, squammeuse de la face et du tronc, et, en seconde ligne, les affections syphilitiques de la gorge, a Les pustules de la face, dit Mackensie, que j'ai observées en coïncidence avecTiritis syphilitique étaient souvent volumineuses, dures, situées si profondément dans la peau qu'elles méritaient presque le nom de tubercules. Les éruptions squammeusesdela face se rapprochaient quelquefois do la forme aréolaire de la lèpre. Sur le corps, où l'éruption avait généralement un caractère plus aigu, celle-ci se montrait sous la forme de nombreuses élévations circulaires, d'un rouge brunfttre, grandes comme la moitié d'un pois environ, se terminant par une desquamation successive de minces pellicules épidermiques ^. »

M. Ricord admet trois degrés d'iritis syphilitique. Selon ce médecin, si le malade se trouve actuellement à la période des accidents secondaires précoces, tels que syphiiides exanthématique, rut)éolique, l'iritis, se rattachant à cette forme, sera, toutes choses égales d'ailleurs, moins intense et constituera ce qu'on appelle Viritis érythémor teuse, et que quelques ophthalmologistes appellent t'riVis séreuse. Il y aurait ensuite une iritiscom/}a^/i^ des syphiiides papuleuses ; alors on observerait dans quelques circonstances des végétations que Béer a comparées aux végétations condylomateuses ; mais le plus souvent, on observerait sur l'iris de véritables papules plus ou moins saillantes, de la grosseur d'un grain de millet au plus et de couleur rouge cui-^ vrée. Enfin, lorsque Tiritis survient en même temps qu'une syphilide vésiculeuseouvésico-papuleuse, ce seraient de véritables vésicules, des vésico-pustules^ et Ton pourrait même dire de petites pustules ecthymateuses. Chaque forme principale de syphilide aurait donc sa représentation sur l'iris. Telle e^à i« ^ooeotion de H. Ricord. Ainsi non-seulement on voit ifA w,. mais plusieurs iritis

1 Mackenile, Maladim dm |bM»^ Ql. Langler et Richelot.

dîtes CONSÊCUTR ES,

syph]littque5 qui correspondeiit à plusieurs syphîHdes, Et cependant M. Ric'ord tioit par douter de riritis syphilitique ; il semble finir parles rejeter toutes, et cela après en avoir décrit trois 1 On lît^ en effet, daus la même note du méniesyphiliographe : «(En l'absence donc de signesî pathognomonîques, on est encore en droit de se dem»nder^ comme dans certains cas de pemphigus des nouveau^nés, si la syphilis tri n'agit pas k la manière d^ causes communes ^ i> De sorte qu'ici U syphilis agirait comme le froid ou un autre excitant non spécitique ; et tout cela parce que cette intis n'aurait pas un caractère matériel à part» Comme si les antécédents, la marche de la maladie, ses rapports avec d'autres affections concomitantes^ telles que les syphllides, comme si toute rhistoire pathologique de Tirilis ne valait pas un caractèœ analomique pour établir sa nature î

itt^mtitdnieft* — Ulaginoftllr. ^ Avant tout, je dois rappeler que riritis, quelles que soient sa cause et sa nature^ peut otTrir les caractères suivants: i** vascularisation particulière de la cornée opaque et de l'iris même ; 2* modification dans les mouvements, les formes de la pupille ; 3* production d'une lymphe, d'une humeur plus ou moins purulente, adhérences ; 4^ troubles de la vision et douleurs de Fœîïou autour de l'oeil, et même plus loin, mais toujours à la tète. Ainsi, il y a fce qu*on appelle la sclérotite zonulaire, c'est-à-dire des vaisseaux trèsdéliés^ qui se rendent comme des rayons vers le bord de la cornée transparente. L'iris est altéré dans sa couleur par un développement vasculaire anormal ou la production d'une lymphe dans sa substance ou à sa face postérieure. S'il est naturellement bleu, il tourne au vert, et devient rougefttre quand il esl brun. La pupille se rétrécit et ses mouvements sont altérés ou perdus. La lymphe dont j'ai déjà parlé peut s'épancher dansia chambre postérieure et même dans la chambre antérieure. Cette même lymphe peut s'organiser sur certains points en membranes, en brides, lesquelles attachent le bordpupiilaire à la capsule du cristallin, beaucoup plus rarementà lacornée. Les productions morbides peuvent revêtir la forme de tubercules, de pustules : ce sont alors, dans le plus grand nombre des cas, 'de petits abcès de l'iris. Enfin, il y a des symptômes subjectifs qui portent sur la vision, laquelle est plus ou moins troublée et quelquefois abolie ; il y a photophobie, et il existe des douleurs circumorbitaires qui peuvent être nocturnes. Ces caractères ne se rencontrent pas tous dans toutes les Inflammations de l'iris, n(iais on peut les observer, quelle que soit leur cause ".

» Voyez Notes à Hunter, p. 682, 2» édition.

• Voyez dans ma Pafholoffie externe les diveraes formes, les divers deprf's de i'iriti8,t. 111, p. 18 et sulv.,3e édition.

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