DIAGNOSTIC
autre enfant. On va voir maintenant la contagion s'étendre davantage.
Un autre fait^ dit Tauteur, peut également être cité en faveur de la contagion des symptômes consécutifs. Une femme est entrée à l'hôpital avec ses deux filles^ Tune âgée de onze ans et l'autre de sept. Voici son rapport : J'habite la campagne (dix lieues de Paris) ; j'avais quatre enfants, et tous, ainsi que leur père et moi, avions toujours joui d'une bonne santé. Il y a huit mois, j'ai pris chez moi un enfant trouvé, âgé de deux ans; il était assez chétif, avait des boutons sur le corps et mal dans la gorge. Nous lui donnions à manger de la soupe avec la cuiller dont nous nous servions en dînant, et il buvait au même verre que nous. Bientôt une de mes filles se plaignit d'un violent mal de gorge; ce mal augmenta, et elle succomba dans l'espace de six semaines environ; le nourrisson mourut aussi; mais je m'aperçus presque aussitôt que j'avais également mal dans la gorge, et mes deux filles que voici se plaignirent en même temps de la même maladie; leur père n'en souffrit aucunement et continua de jouir dune bonne santé. <x Un médecin fut appelé^ et, pensant que c'était un mal vénérien, nous fit faire des frictions avec l'onguent mercuriel; mais le mal de gorge ne diminuant pas^ je me suis décidée à entrer à l'hôpital. Ces trois malades présentaient effectivement une ulcération de la paroi postérieure du pharynx^ qui fut jugée de nature syphilitique. Elles sortirent guéries, après quelques mois d'un traitement mercuriel; mais l'aînée des petites filles rentra bientôt après pour une éruption pustuleuse qui couvrait tout le corps, et fut guérie cette fois par des fumigations de cinabre. »
Ces faits et cette opinion sur la transmissibilité des accidents secondaires sont consignés dans le livre de H. Lucas-Championnière, livre écrit pour ainsi dire sous la dictée de Cullerier neveu K
Des faits analogues ont d'ailleui*s été observés, je le répète, par presque tous les praticiens un peu répandus. J'en possède plusieurs des plus curieux. Celui qui m'a le plus frappé se rapporte à une petite fille qui avait des plaques muqueuses à la bouche ; elles lui avaient été communiquées par un nourrisson qui avait été confié à sa mère. Cette petite fille fut mise en sevrage aux environs de Paris, dans une de ces maisons où l'on abandonne à peu près les enfanta quand on veut en nourrir d'autres, moyennant salaire. Dans cette maison de sevrage, il n'y avait qu'un verre en étain pour six petites filles. Je ne sais si ce fut là l'intermédiaire, mais quatre, qui étaient auparavant très-saines, furent affectées de plaques muqueuses à la bouche^ aux
1 Ce livre, en effet, est précédé d'une lettre de Cunerier qui commence alnl s « L'ouvrage que vous publiez est l'expression fidèle de mes opinions sor la natm'ib « le traitement de la syphilis. » * -
DIES YÉNÉRrENNES DES NDt ^VEAU-NÉS.
un TTioîs après l'arrivée de la nouvelle pensianiiaiff até ralTecUon syphilitique avant son départ pour U
ARTICLE Ht
Dlai^OKilC!*
diagnostic des maladies des nouveau-nés peut offrir de grandis iltés. Ses éléments n'existent pas seulement chez renfanl, mm la mère, le père^ la nourrice,
i syphïlidea chez l'enfant se r ent beaucoup de celles à
lie. Il en est qui peuvent siuiuiei itres affections de la pea
syphilitiques* Ainsi l'érythème sirr i^^ i'inipétigo non syphilith
ces éruptions peuvent être prises pi r des syphilides> Mais IV
ma simple est facilement et avanti eusement modilié par d»
ropreté, des pansemenls avec de^i poudres inertes; celui i|m
^miifiqufï résiste opiniâtrement à ces moyens. Quant à Vlmç^-
^ entouré plus ou moins d'un ceicle rouge brun. Les di*ui
ns d'ailleurs marchent toujours avec d'autres syphttide^. Ab^
îrra, planche V. un impétigo à In racine du nez qui est entouré pif
istules d'ecthyma caractéristiques.
* JR. Trousseau pense que ta teinte jaune bistre est plus particulii-n
aux syphilidesdes enfants que la teinte cuivrée- Ceux qui ont pu suivre
les discussions sur le pemphigus des enfants ont pu coostater les diffi-
cultes qu'on rencontre encore pour établir le diagnostic de celui qi^
est syphilitique. Des syphiliographes pensent même que, dans Téttt
de la sfcience, ce diagnostic est impossible. J'ai cependant cherché à
rétablir quand j'ai décrit celte syphitide de l'enfance •
Selon M, le professeur Trousseau^ il y a un symptôme ou un accident qui a une grande valeur quand il s'agit d'établir le diagnostic d'une aft'eclîon syphilitique de renfance; c'est l'état fendillé des piedSj des mains* Ce symptôme trompe rarement, Malheur^^usemeni il n'existe pas toujours.
Certaines a fie et ions de la bouche et des lèvres, comme les aphthes. le muguet, peuvent en imposer pour une affection syphilitique, surtoul s'il existe en même temps sur la peau de Tenfant une éruption quelconque* Celte erreur est d'autant plus facile, que certains aphthcs non syphilitiques sont contagieux* Il faut donc alora examiner avec le plui grand soin la nature de raffecUon cutanée de Tenfant, examiner, in^ terroger les parents, pour ne pas commettre une erreur qui conduit