DIAGNOSTIC
à un traitement mercuriel pouvant avoir ici des dangers. Quand Taffection n'est pas syphilitique, elle est modifiée très-avantageusemeat par certains topiques : par exemple une légère cautérisation avec l'azotate d'argent fait facilement changer l'aspect des affections simples. C'est surtout pour les gerçures des angles des lèvres que ce r^ sultat est bien marqué. Mais à mesure que Taffection s'avance dans la bouche, qu'elle gagne la gorge^ il devient toujours moins facile d'établir un diagnostic, à cause des difficultés de l'exploration de cette cavité chez l'enfant. Aussi est-il souvent impossible au praticien d'assurer à une nourrice qu'il lui confie un enfant tout à fait sain.
Quand les symptômes offerts par l'enfant sont douteux, on devra aller à la source supposée du mal, vers les parents. On examinera, on interrogera donc la mère et le père. Mais la mère ne porte pas toujours des accidents franchement syphilitiques; ils peuvent être douteux; bien plus, elle peut être délivrée de tout accident, et même ne jamais avoir été syphilitique. Le père laissera quelquefois le médecin dans les mêmes incertitudes, si les accidents ont disparu, surtout si c'est depuis longtemps. 11 a quelquefois intérêt à déguiser la vérité, à nier toute atteinte syphilitique. Enfin il se glisse quelquefois dans la famille un troisième membre tout à fait illégat. Alors la mère et le père de l'état civil peuvent être très-sains, et l'infection de l'enfant être le fait du parasite toujours très-difficile à saisir.
On voit donc de quelle obscurité sont entourées les questions à résoudre, quand il s'agit de la syphilis infantile. Et cependant ces questions peuvent être posées tous les jours au médecin, et par les parents, et par la justice.
J'approuve certainement les praticiens qui recherchent surtout les éléments de conviction dans la science, et, en général, je me méfie aussi de la véracité, de la moralité des personnes, surtout quand elles peuvent avoir intérêt à tromper. Cependant il faut convenir qu'il est certains cas où l'enquête morale entreprise par des hommes bien placés pour cela peut fournir des résultats bien autrement capables d'entratner une conviction, qu'une donnée qualifiée de scientifique et puisée dans un seul symptôme. Ainsi, il est tel médecin honorable de campagne tellement instruit de tout ce qui se passe dans sa clientèle, tellement en position de connaître la moralité des familles, que sa déposition concernant une nourrice devra être du plus grand poids dans le jiifiemeiit à porter dans une affaire de dommages et intérêts, surtoni^ ^
' contradicteurs que des syphiliographes depuis longtatni)^*' dans un système reconnu faux. Les tribunaux coromenoM ruper de la facilité trop grande avec laquelle oo aoor
Ainsi, récenimentf le tribunal de M^aux fBïsait donner 20ûfimct é dommages ^t intérêts ix une nourrice infectée par son nourrisâoii, que deux médecins recommandables du pays avaient établi que ci avait porté le poison dans la famille de la nourrice, et ce ji fut rendu rendu malgré un certiOctit contradictoire de M* KkimAK
ARTICLE IV
Le pronoâtic de la syphilis infantile est généFalement gmve, f* un être dont la formation ^t Ja nutnlion ont été coBtinuelleaie&t b fluencées par un virus, par un poison^ est un être fortement cm promis, tl faut ajouter aussi l'acuité des symptômes, Tétcudue db lésions et la fréquence de celles qui portent sur les viscères. Mtif jr dois dire que tous les enfants nés do parents syphilitiques ne sonlpi} pour cela infectés, et il me faut protester encom une fois* contre la séntencé de Sylvaticus, qui condamnait ù mort tous les enfants ay<int uu^ pareille origine. Même avec la syphilis, Tenfant vient quelquefois avef I des forces, et, comme on le dit, vivace; alors, s'il est traité de bonix^ heure, le pronostic est moins grave^ car il n'e3t pm rare d'obtenir h guêrison ; je répète, siTenfantest traité de bonne heure; j'ajoute, s il est bien traité. El faut savoir que la nature est bien moins puissante chez t'eufanl que chez Tadulte, A ce dernier âge, il n'est pas rare d observer fies guérisons qui peuvent (?t doivent être attribuées aux forcer de l'organisme» Il n'en est pas de même chez Penfant; chez lui la guêrison sans traitement est une exception des plus rares. Le pronostic reprend toute sa gravitéj ou du moins il sera très-réservé, si Tenfant nait chétif et d'une mère malade, débilitée, et quand il y a eu d'abord négligence soit pour le traitement, soit pour l'hygiène. Ce sont Ui tes causa de TetTrayanle mortalité des enfants qui naissent avec la syphilis,
M. Acton a constaté, sur une mortalité de 303 enfants syphilitiques, que la période la plus fatale était celle des dix premiers mois de la vie. Souvent, slls dépassent ce terme, ils languissent f>eu à peu et s'éteignent avant d'avoir lini leur année. Si^ par les forces de la nature, par un traitement bien dirigé^ une bonne hygiène, Tenfaot franchit heureusement le premier anniversaire de sa naissance, il aura beaucoup de chances pour être complètement élevé.
i Voyo» Gasetie det Adpifûitr, 185t, et le llvw de M. Bouchât, p. «w.
On a avancé que Tétre qui avait été infecté pendant la conception même était plus compromis^ arrivait avec une vérole plus grave que celui qui n'était infecté qu'après la conception^ à une certaine époque de la grossesse. C'est là une assertion dont les preuves directes manquent. Ce qui est plus généralement admis^ c'est le développement plus précoce des accidents syphilitiques chez l'enfant qui vient de naître^ quand il a été engendré par un père syphilitique.
Les parents syphilitiques peuvent encore nuire à leur famille même quand ils ne leur transmettent pas la vérole. Comme on a toujours supposé des rapports entre la syphilis et les scrofules^ on a prétendu que les enfants nés de parents véroles, quand ils n'étaient pas syphiti'ques, étaient scrofulcux. On a même voulu indiquer à quelle période de la syphilis les parents procréent des scrofuleux : ce serait la période dite tertiaire.
D'abord ce ne sont pas seulement les scrofules que les parents lèguent à leurs enfants quand ils ne leur transmettent pas la syphilis^ puisqu'on a admis qu'ils pouvaient être cause de toutes les maladies du cadre nosologique le plus complet. Ils peuvent avoir une famille composée d'êtres imparfaits^ inachevés physiquement et moralement^ traînant une existence malheureuse^ sans jeunesse^ sans force contre la douleur^ sans goût pour le plaisir^ et s'éteignant ou succombant sous la moindre atteinte morale ou physique. Mais ces êtres, qui portent l'empreinte de la débilité, n'offrent quelquefois aucun des caractères des scrofules. On ne peut pas même dire qu'ils sont malades, mais ils sont toujours sur le point de le devenir. Ainsi la syphilis des parents peut agir directement et indirectement sur la famille.
ARTICLE V
Traltemeiii.
Le traitement soulève des questions très-complexes et fort embarrassantes, car le praticien doit avoir en vue non-seulement les enfants, mais les futurs enfants; non-seulement les époux, mais les futurs époux. Commençons par ceux-ci; c'est la véritable manière de commencer la prophylaxie de la syphilis înfaDtile*
Un praticien qui se respecte ne doit Jam »n mariage de
quiconque porte le moindre sjmsMmÊ dl iAOïie. Si
les futurs époux ont eu one àBcts&m vlwt
plus aucune trace, le prattciM A
iDlES VÉNÉRÏENNES DES NOL VEAU-NÉS,
de la manière dont il aura été suivi, du temps qui) aun
*iftfi ^^i qu'il nura produils, surtout it devra bien savoir s\\ a été
intoléiâjice de rorganisine ou par négligence du m*-
m* e dnule sur 1*^ genre de traitement adopté, euf le tiébâ
tl éeuiiod ucvra engager le médecin à entreprendre un autre tr^
jnent comine si rien n'avait été tenté.
Le choix du moyent la durée de son emploi ont ici une grande oporïance* Je reviendrai sur ces deux points*
Quand le traitement a été complet et que six mois se sont éûOoMi sans aucune manifestation syphilitique, on peut conseiller le mmif^ puisqu'il est alors |ierniiâj même par ceux qui ne croient pas à Isgêérison complète de la diathèse syphilitique»
Occupons-nous des époux. Le miinage est signée accompli ; on s>â dispensé du médecin; il n'a été consulté qu'après. Il trouve destrac^ de vérole chez Tu n des conjoints^ ou chez Tun et Taulre- Deux cas alof^ se présentent : il n'y a pas encore grossesse^ ou il y a grossesse. Dut les deux cas on devra défendre le coïL Mais cette prohibition peut avoir certains inconvénients^ et le cas est plus grave pour la femme quE refuse. On trouve des auteurs qui enseignent comment on rtoit lever «4 difficultés, qui disent comment un médecin peut descendre de ia di* gnilé pour entrer dans certains détails, pourfaire des accommodemeeH avec la morale. Quant à moi, je nie b<nmè à proseriré le oof t. On tiosvera le reste dans certains ouvrages que je n'ai nullement mission de blâmer. Dans les deux cas, d'ailleurs, on devra instituer un traitement complet.
On a prétendu qu'on pouvait nuire à la mère et surtout à l'enfant par le traitement antisyphilitique, parce qu'il provoque l'avortement.Jedois dire que quand je dirigeais le service de Lourcine, dans lequel se trouvent les femmes vénériennes enceintes, je les traitais comme celles des autres salles qui n'étaient pas grosses. Pour l'accident primitif, j'administrais le dcutochlorure de mercure, selon la formule de Dupuytren; pour les accidents consécutifs, je donnais l'iodure de mercure, et cela aux doses adoptées dans tout mon service. Je n'ai jamais constaté que l'avortement ffit plus fréquent chez les femmes ainsi traitées que chez celles auxquelles on refusait le mercure dans la crainte de le provoquer. J'ai pu me convaincre au contraire, par mes observations de Lourcine, et par celles que j'ai faites en ville, que les femmes traitées convenablement par le mercure, au début de leur grossesse, avortaient moins souvent, que leurs enfants étaient moins profondément atteints, que^ dans certains cas, ils étaient exempts de syphilis. Ainsi, je crois qu'il faut traiter les femmes enceintes, les traiter par le mercui*e le plus tôt
possible : c'est même un moyen d'éviter Tavortement^ lequel est surtout provoqué par l'état maladif et la mort de Tenfant. Or^ plus tôt la mère sera délivrée de la vérole, plus il y aura de chances pour que Tenfant évite Tinfection^ et par conséquent pour que la grossesse arrive à terme.
Quant au père, il doit être traité aussi. La question qui divise les syphiliographes est celle desavoir si le père doit être traité en l'absence de tout symptôme syphilitique et parce que sa femme avorte souvent Ici, il faut distinguer : Si réellement le père a eu la syphilis, et surtout si les avortons portent des manifestations de cette diathèse, il n'y a pas à balancer, le père devra subir un traitement, car on sait que la syphilis peut être latente pendant un temps très-long, ce qui est prouvé par les récidives, à des époques éloignées. On voit alors en effet, entre deux manifestations syphilitiques, des individus qui jouissent en apparence de la meilleure santé, et n'ont sur le corps aucune espèce d'indice de ladiathèse; mais celle-ci n'en existe pas moins; elle se manifestera probablement plus tard sur l'individu même, ou sur son enfant, s'il se marie. Le praticien sera réservé si le père assure qu'il n'a jamais été syphilitique, excepté qu'on lui sache une raison, un intérêt pour tromper. Ici l'habileté du médecin, la confiance qu'il aura su inspirer au père pourront être très-utiles à la famille.
J'ai promis de revenir sur le moyen et sur le temps qu'il faut pour guérir les époux afin d'empêcher la naissance d'enfants syphilitiques.
On sait qu'il est des théoriciens qui refusent le mercure aux accidents primitifs; ils l'accordent, aux accidents secondaires, et ils ordonnent î'iodure de potassium quand il s'agit de ce qu'ils appellent accidents tertiaires. Si l'on voulait suivre à la lettre cette règle de thérapeutique^ on arriverait à des déceptions, des regrets amers, et on ferait plus d'une victime. S'il y a un fait pratique bien établi, bien incontestable, c'est l'efficacité du mercure dans la syphilis infantile, soit prophylactique, soit curative. Quelle que soit la forme de l'accident à combattre^ c'est par le mercure que vous vaincrez presque toujours. Voyez les faits sans nombre empruntés à tous les temps et qui se rapportent à des parents qui ne pouvaient mettre au jour un enfant vivant ou un enfant viable ; examinez par quel moyen on a pu les mettre en état d'avoir une famille; c'est par le mercure. Mais il faut savoir le manier. Aujourd'hui on administre généralement le proto-iodure. Cependant^ s'il avait déjà été donné à dose suffisante pendant longtemps et cela sans un résultat bien marqué, il vaudrait mieux avoir recours à la liqueur de Van Swieten que d'insister sur la première formule. Il est des cas de débilité qui semblent contre-indiquer le mercure. On devra
HES VfiJCgRIEIfNES DES NOnvEAU-Nl
ilîlïr les doses et administrer en même temps riodoredt
itm instituer enfin un Iraitement mixte.
maintenftnt de IVnfant, Faut-il le traiter dâostoDî Wt hililiqiie? Nullement s'il ne porte aucune traœd^
malad ii est prou vi'^ que des parents infectés ont mis au mofule
des e rès-viahles, qui ont été parfailemenl élevés et n'ont
jamais otîert le moindre symptôme sypbilitique* Mais des êtres qujool une pareille origine doivent être tres-sur veillés pour qiip le tr^iîteinent commence h la première manifestation. Ces enfants ne devront pu être nourris par leur mère; car queUe que soit I idée adoptée sur Vatération du lait de la m^re syphilitique, on conviendra qu^il vaut mifus avoir recours à celui d'une femme en bonne santé* En efîel, si le bit de la mère n^est pas syphilitique, et dans l'impossibilité iriiireet^ l'enfant (ce qui n'est pas prouvé), il peut par toute autre Hhéraliofl, et par cela même qu'il appartient à un or ganisme miilade, noumr Tenfaot d'une manière insuffisante ou favoriser chez lui le dévelopjHMiient dr la diathèse dont le germe aurait pu être détruit par une aliinentatioii plus saine.
Il est des mères qui, par écoDomie ou par jalousie de leur enfant,
élèvent au biberon au tieu de lut donner une nourrice. C'est là une
lauvaise pratique, surtout en ville. Des enfants, je le répète, qui oui
ne paruillê origine doivent être surveillés et placés dans les meilleto^
conditions hygiéniques possible. Or, comme Talimentation est ici la
base de Fhygiène, on devra choisir à l'enfant une bonne nourrice.
Si un enfant qui naît sans porter aucun symptôme d'infection a eu des frères ou des sœurs syphilitiques, la question est moins simple que tout à l'heure. Je ne serais pas éloigné alors de le soumettre à un traitement.
L'enfant qui naît avec des symptômes de vérole, ou qui en oflfre après la naissance, doit nécessairement élre traité, car, je le répète, si l'on voit des adultes élre débarrassés d'une vérole constitutionnelle non douteuse, sans aucun traitement spécifique, il n'en est plus de même chez l'enfant en bas ftge. Sous l'influence de soins hygiéniques, il peut y avoir disparition complète de tous les symptômes; mais presque à coup sûr ils reparaîtront à plusieurs reprises, à des intervalles plus ou moins éloignés et avec plus ou moins d'intensité jusqu'à la mort qui arrive alors presque toujours fatalement. Selon moi, c'est encore au mercure qu'on devra avoir recours et au mercure directement administré. Je me trouve ici d'accord avec M. Cullerier fils. Ce chirurgieo vient de publier, dans le Bulletin thérapeutique, un travail que je vais mettre à profit. Mais comme ce mode d'administration n'est pas adopté
partout^ il convient de discuter^ au préalable, les avantages de Tadininistration directe et de Tadministration indirecte.
Le traitement indirect par la nourrice a été préconisé par bon nombre de syphiliographes ou accoucheurs qui craignaient Tintluence du mercure sur des constitutions faibles, délicates, et qui^ s'exagérant la gravité des accidents possibles, pensèrent qu'on les éviterait en donnant au médicament pour véhicule le lait de la nourrice, lequel servirait en même temps et de nourriture et de traitement. Ceux qui redoutèrent Taction du mercure sur des mères ou des nourrices qui ne présentaient aucun symptôme indiquant son emploi, le firent prendre à des chèvres on à des ânesses dont le lait était donné aux enfants. Astruc, Fabre, Burton, Rosen, Faguier, Doublet et Levret se déclarent partisans du traitement indirect.
Le traitement indirect ne pouvait être rationnel qu'après la preuve de l'existence du mercure dans le lait de la nourrice mercurialisée ou dans celui de l'animal qui devait la remplacer. L'analyse chimique devait donc montrer le métal et prouver qu'il était en assez grande quantité pour faire espérer une action suffisante et efficace. Or nos prédécesseurs nous ont laissés dans le doute "sur ces deux points.
Dans ces derniers temps H. Péligot entreprit des recherches à cet égard. Il publia dans le numéro de novembre 1836 du Journal des connaissances médico-chirurgicales^ un mémoire sur la composition chimique dulaitd'ânesse, et dans un passage où il traite de la mercurialisation de ce lait, voici ce qu'il dit : a J'ai fait de nombreux essais dans le but de constater la présence du'mercure d'abord dans le lait d'une ânesse qui prenait chaque jour 5 grains de sublimé corrosif, puis dans le lait d'une chèvre à laquelle on a pu sans inconvénient administrer jusqu'à 12 grains. Malgré le soin que j'ai mis à celte recherche et la variété des méthodes que j'ai employées, il m'a été impossible de constater la présence du métal que je cherchais. Il ne faudrait pas en conclure assurément qu'il ne s'en trouvait pas dans ces laits, les meilleurs procédés pour en reconnaître de très-faibles quantités laissant beaucoup à désirer. »
H. Cullerier entreprit aussi des expériences et se plaça dans les conditions les plus favorables pour reconnaître le lait des femmes traitées par le mercure et celui des chèvres auxquelles il administra le même métal. Ce médecin se fit aider par des pharmaciens^ des chimistes^ MH. Lutz^ Réveil. Il ne put obtenir, à force depoçiéténocei que des quantités infinitésimales de mercure par ke aai na fiittes.
D'après ces analyses» devra-t-on s'étonner ^d . ment indirect et de la tergiversation des i
lES VÉNÉÏltKNNES
muïréci, préférîiht celui par 1& iioumce, el qm, plus tard,«itf cîjuis '\n in'Cixunl Aitisij Ftiguier et Doublet i|ui, tlmis un ftmm rfnaire, vanlaient beflucoup le traitement indirect, rétractèrent k» ^ûgÊs et m craignirent pas de donner le mercure aux en&nts. Ilial dire que ces deux aukurs étaient à la lête d*un hApiUtl qui airaîléll créé tout exprès pour insliluar le traitement indirect Col bdpitalétti celui de Vaugiranl : il fut ouvert t n 1780, A cette époque^ roptnicmM très-partagée sur le meilleur traitement des enfants syptdlitiqticft lli mamelle^ et k croyance était entièie dans la transmission po^^sibledft symplûmeâ secondaires entre les nourrissons et les nourrices, Onifaimil dans cet établissement que des nourrices infectées ou dc^ f^eatm grosses également vénériennes et sur le point d'accoucher; de Tao* que ces femnjes pouvaient allaiter des enfants étningcr^ 5yphiljtiquc% sans danger de gagner une ojaladie qu'elles avaient déj^, et pouitf donner à ces enfants un lait ujédicamentenx par le trailciuent qu'ete devaient subir pour ellcâ-mémes,
Bertin^ médecin de h division des nourrices à riiôpital des Capucin^ inclina pendant longtemps pour le traitement indirect ; nmïé on ydI que sa foi est assez clianctlanle^ et il avoue mt^^nie que bien âouvcdç, sous son inïluenee^ les symptôme s ne font que ^'adoucir ou di^pai^ti, pour se manifester de nouveau plus tard. H va mi^inc jusqu'à regfdtO de n avoir pas mis plus souvent en pratique le traitement direct | flvl a eu à s'en louer. H semble enfin que ce soit pour ne pas donner lïn démenti complet aux théories qui avaient fait préférer le traitement indirect, que quelques auteurs conseillent encore de le faire, mais en administrant en mènie temps le mercure à Tenfant; comme si un semblable compromis, dit M. Cullerier, n'était pas bien suffisant pour juger la valeur de cette méthode.
Pour ce qui est du traitement par le lait d'une ânesse ou d'une chè\Te mercurialisée, qu'on pourrait supposer plus efficace parce qu'une plus grande quantité de mercure est administrée à la fois à ces animaux, les recherches de M. Péligot, qui n'en a pas trouvé, les analyses de M. Réveil, qui ne lui ont donné que des traces, sont assurément bien faites pour en démontrer l'insuftisance (Cullerier).
Quanta moi, je n'ai jamais mis en doute le passage d'une petite quantité de mercure dans le lait, soit d une chèvre, soit d'une nourrice. Mais ce qui me fait rejeter le traitement indirect, c'est l'impossibilité alors de doser le mercure, d'en donner une quantité sudisante. Or, dans le très-jeune âge, la syphilis suit une marche très-rapide. On voit des enfants de mères syphilitiques naître avec l'apparence de la meilleure santé, être pris à Tàge d'un mois ou six semaines de symptômes ca-
ractéristiques^ arriver au bout de peu de jours à un état grave, et mourir dans un laps de temps très-court, si on laisse marcher leur maladie sans la traiter. Quelle confiance peut alors inspirer le traitement parla nouiTice, dont le lait ne renfermera que des proportions très-minimes de mercure, et qui encore n'en renfermera qu'après un certain nombre de jours de son administration. Ici, je le répète, la marche de la maladie est rapide. Le traitement doit donc être énergique. Le meilleur moyen, c'est de donner le mercure à Tenfant même, sans craindre son état de faiblesse.
Ainsi, je rejette le traitement indirect, parce qu'il ne peut être dosé. Je le rejette aussi, parce que le mercure que l'on administre à la nourrice l'affaiblit, enlève de la force au lait, qui ainsi devient bien moins nourrissant. Or, ce qu'il faut avant tout à Tenfant, c'est une bonne hygiène, et Taliment figure en tête des moyens hygiéniques. La question changerait si on pouvait traiter avantageusement la syphilis infantile par les préparations d'iode. Alors le traitement indirect serait d'abord rationnel et n'aurait pas les inconvénients que je lui attribue, car on pourrait administrer impunément à la nourrice d'assez fortes doses d'iodure de potassium, le lait s'en trouverait rapidement imprégné, et comme l'iodure bien administré est un excellent tonique, la nourrice serait fortifiée au lieu d'être débilitée. Hais ce qui vaut beaucoup mieux, je le répète, c'est un lait pur appartenant à une nourrice saine et robuste. Si cette nourrice était débilitée naturellement, si on ne pouvait s'en procurer une autre, on pourrait la soumettre à l'usage de l'iodure et traiter directement le nourrisson par le mercure. Il serait ainsi soumis aux deux traitements, ou à ce que j'ai appelé le traitement mixte, lequel est composé d'une préparation d*iode et d'une préparation mercurielle.
On a dit encore : Si la nourrice est syphilitique, il y a double raison pour la soumettre au mercure , et le traitement indirect est indiqué. Mais comme, selon moi, il ne faut jamais adopter une nourrice syphilitique, je n'ai pas à traiter cette question.
On objectera, dit M. CuUerier, que chez d'aussi jeunes enfants toute l'économie est prise , que leurs organes digestifs surtout sont dans un état de souffrance que les préparations mercurielles ne feraient qu'augmenter. Mais alors, au lieu de donner le mercure à l'intérieur chez les enfants à la mamelle, on devra l'administrer par la méthode endermique, en frictions et en bains. Le mercure, pris par la bouche, a rendu de grands services; il a été conseillé par des auteurs trop recommandables, il est actuellement encore prescrit par des praticiens trop haut placés dans la science pour qu'il soit permis de ne pas ajouter foi aux
fâ VEPCERÏËTÎÎŒS DES NOUVEÀÏ^-Sf
l'ils disent avoir ohlenus; mais bîen cerfainenientil i it trouver son application quedansdcsa^eclionsà marché plmktfl 1 vfi que la constitution n'est pas encore trop déJabrée, ou tm 3ue ît!S progrès du mal ayant été enrayés imv la méthode enJct^ e, il y a quf^lque obstacle à sa prolong^ition, l'emploi du niercaj» | bimn cependant encore indispensable. C'est, en général , au sabUni qu'on a recours, et on le donne dans du lait^ dans une émutsioiij ém du sirop ou dans du miel , à la dosn d'un vingt-quatrième» d'uo *Tflf tième ou d'un seizième de grain. M. Mayr, médecin d'un tiôpjUlâi Vienne, donne le ealomel en poudre de manière à ce que Vmïimàm prenne 50 centigrammes en douie jours.
J'ai déj^i prouvé, dans la deuxième section de ce livre, le peu d'ac1i«à 1 du mi^rcure sur la bouche desenfants^ et quand ils le prennent à Tia- I teneur ot loi-squ'iis Tabsorbent par la peau; mais ce qui fuit le dang» de ce médicament à l'intérieur, c'est son ii Auence fâcheuse sur VeÉ^ mac et sur les intestins. On a vu des enfants être pris de voniissemfflfe opiniâtres après des doses très-légères^ et ce que j ai toujours vu pïfr "dominer, dit M. Cullerier, c'est Tentérite, qui enlève ta plupart des enfants traités de celte manière-
Cependant il est des médecins qui persistent à donner le mercure i l'intérieur. C est alors le sublimé qui convient le mieux ; on Vadimnhtrera d'abord h la dose de quelques milligramuips par jour d^ns du lait, du sirop, du bouillon. On augmentera peu à peu la aose; s'il ne peut être toléré par les intestins, on le remplacera par le sirop mercuriel de Portai, de Plenck, à la dose d'une cuillerée à café tous les jours.
M. Cazenave ajoute au traitement indirect des frictions sur les gencives et sur la langue des enfants avec i2 milligrammes de ealomel incorporé dans du miel. Le ealomel a été quelquefois remplacé par 4 ou 6 milligrammes de proto-iodure de mercure. Je crois que ces frictions doivent être difficiles à faire, surtout sur la langue, et qu'il peut arriver qu'elles aient des inconvénients; car la bouche des enfants syphilitiques est souvent malade.
Voici comment M. Cullerier emploie la méthode endermique. On baigne l'enfant à Teau de son plusieurs fois, afin de calmer Tinflammation qui peut exister, et afin aussi de prédisposer la peau à une absorption plus facile; on fait, sur les parois latérales de la poitrine^ en remontant vers Taisselle, une friction avec 1 gramme d'onguent napolitain^ un jour d*un côté, le lendemain du côté opposé. Ces frictÎQns doivent être faites doucement, afin de ne pas irriter la peau; elles doivent être prolongées pendant plusieurs minutes. Deux fois par semaine on sus-
pend les frictions, et ce jour-là on donne à Fenfant un bain d'eau tiède avec addition de 2 à 4 grammes de sublimé corrosif. . Pour les enfants de deux mois à un an, le traitement, tel qu'il vient d'être indiqué, suffit en général, sans qu'il soit nécessaire d'augmenter la dose de l'onguent mercuriel et du sublimé; mais, quand les enfants sont plus ftgés, on peut, sans inconvénient , porter la dose de la friction à 2 grammes, et celle du sublimé à 6 grammes par bain.
M. CuUerier ne fait qu'un reproche à ces bains chez les enfants , et ce reproche prouve précisément en faveur de leur efficacité , c'est qu'employés tous les jours, ils font disparaître les symptômes trop vite, et qu'aussi bien à l'hôpital qu'en ville, les parents, ne voyant plus de manifestations morbides, croient facilement à une guérison complète et cessent le traitement, malgré les représentations qu'on peut leur faire. Aussi, qu'arrive-t-il? c'est que quand on veut trop se presser d'eflJlcer le symptôme, on ne guérit pas le principe spécifique, et qu'on a des retours d'un mal qui n'a été qu'effleuré, si je puis ainsi dire.
il est rare que les frictions mercurielles faites avec les préparations indiquées déterminent des accidents locaux d'érythème ou d'éruption vésiculeuse. Du reste, en les pratiquant sur les parties latérales du thorax, on agit sur une surface large et on évite l'action de la pommade hydrargyriquesurdes partiesoù la peau est presquetoujours salie et irritée par l'urine ou les matières fécales, comme les jambes ou les cuisses.
Quand il y a aux parties génitales et à l'anus (et cela est très-fréquent) des plaques muqueuses ou des ulcérations à sécrétion abondante, on les touche quelquefois avec une solution de nitrate d'argent, 4, 6 ou 8 grammes pour 3i grammes d'eau. Si la sécrétion est modérée ou s'il n'y a que des tubercules secs, on se contente de lotions d'eau de son, de guimauve, de sureau ; on fera toujours saupoudrer les surfaces avec de l'amidon, de la farine ou du lycopode, et, autant que possible, on les isolera les unes des autres avec du linge sec ou de la charpie.
Si c'est la peau du visage qui est prise, et il ne faut pas oublier que chez les tout jeunes enfants l'impétigo facial syphilitique est fréquent, on emploiera les mêmes lotions. Les parties malades étant ici exposées à l'air et la dessiccation s'en faisant facilement, ce qui détermine des déchirures et des fissures très-douloureuses pendant les cris ou l'action de teter, on devra, le plus souvent possible, les recouvrir d'un corps gras quelconque, pommade de concombres, cérat ordinaire, cérat opiacé ou au calomel.
H. Cullerier résume son travail en disant :
a Le traitement indirect ou par la nourrice est insuffisant pur le peu de mercure que contient le lait^ il est dangereux par le leiii|
S7I MALADIES. VÉNÉHIENNES DES NOUVEAl -.^ÉS.
qu'il faut perdre dans une nialadÎQ à marche rapide et qui petit protnptement une ïssue funeste.
a Le trailemPïit rtirefi est seul efficace : H peut être fait par l'adicr nîstration du mercure à Tintérieur; mais le moyen le meineorpflr mieux approprié à Télat des organes digestif c'est celui par lahm^ tlon cutanée en fn€tions avec Tonguent napolîtaîiij et ua bain hs^\r sublimé côriosif. » |
M* Mayr dit avoir souvent observé que les enfants devenaient n^- L miques à mesure que les syniplômes de la vérole dlsp^raissaieaL Q serait, selon ce praticien, vers le milieu de la seconde semaine que? ce! état se manifesterait- Alors le mercure doux , qui fait ta base du trailè mentj est supprimé, et on donne le lactate de fer en poudre (15 ceÉ^ par jour). On conduit Tenfant au grand air, à la campagne. Oansli cas récents et peu graves» le traitement est alors terminé ; mais, ém le^ cas rebelles^ il faut revenir au calomel, puis encore aux prt^p«i> fions ferrugineuses,
y m tout lieu de penser que l'étal anémique observé par le mêdeûi de Vienne esl surtout muté par le calomel ce qu'il ne l'observerait i^ s*il se bornait au traitement endermique, qui n'irrite pas les inle&fînst ne trouble pas les digestions de l'enfant. Les principes et la pratiqua que j'adopte dans cette partie importante de mon ouvrage sont en \m monie avec les idées qu on trouve dans l'excellent tivre de M, Puiegtiii sur les maladies syphilitiques des enfants.