‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 72 sur 76 · PROPHYLAXIE GÉNÉRALE. — POLICE MÉDICALE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE GÉNÉRALE. — POLICE MÉDICALE

Fétat de santé paraît suspect dans Tintervalle des jours fixés poiir la visite fût conduite à l'hôpital pour y être immédiatement examinée. L'inefficacité de la police médicale vient surtout^ je le répète^ de ce qu'il est des filles qui sont traitées chez elles et dans des maisons de tolérance où elles donnent encore du mal; elle vient aussi de ce que ces visites ne sont pas assez fréquentes; car la moyenne de Tincubation de la syphilis est de quatre jours : en conséquence^ une femme qui aura reçu le germe de la maladie la veille ou Tavant-veille de la visite^ paraîtra saine et recevra une attestation de santé avec laquelle elle aura sept jours entiers pour communiquer son mal à tous ceux qui auront commerce avec elle.

La visite des filles doit être faite avec le plus grand soin. On ne se contentera pas de Texamen des parties extérieures; le spéculum devra mettre à découvert le col de Tutérus et le vagin. Le spéculum le plus commode pour cet examen^ c'est le bivalve brisé. 11 peut laisser^ dans quelques cas^ une portion de la muqueuse s'engager entre ses deux branches quand elles sont écartées ; il pince quelquefois cette membrane quand on retire l'instrument. Pour obvier à cet inconvénient^ on a proposé l'addition de deux autres valves qu'on peut enlever et articuler aisément et d'un embout destiné à en rendre l'introduction plus facile. Mais quelques précautions et surtout l'habitude peuvent rendre inutile l'addition de ces deux valves.

La femme est placée sur une table comme celle dont on se servait pour l'opération de la taille^ ou bien sur un fauteuil^ ou couchée sur un lit ; on lui fait fléchir les jambes sur les cuisses et les cuisses sur le bassin. Le spéculum, oint d'huile ou d'un corps gras^ est tenu de la main droite; avec la main gauche l'opérateur écarte la grande et la petite lèvre droite ; un aide éloigne en même tempe celle du côté gauche. Quand on manque d'aide^ on applique le médius gauche sur la fourchette et l'on écarte les lèvres avec les autres doigts ; on appuie sur ce médius l'extrémité fermée de l'instrument^ de manière à ne pas froisser l'urètre et le côté supérieur de l'orifice vaginal. On aura soin, dans ce mouvement d'introduction^ de presser sur la fourchette de manière à efl*acer un petit cul-de-sac qui se trouve derrière, car il pourrait gêner la manœuvre ou déterminer quelques douleurs si l'on voulait forcer le passage. L'anneau vulvaire étant franchi, on fait glisser l'instrument de bas en haut et d'avant en arrière, et à mesure qu'il marche vers l'utérus on examine les parties qu'il découvre.

Les parois vaginales appliquées contre l'extrémité du spéculum for* ment une espèce de rosace présentant à son centre une ouverture rt aa pourtour les plis naturels du canal. On reconnaît qu'on est arrivé tar

m* PHOPÏTYLAXrE DES MALADIES VÉ^^ÉRIE^NES-

[c col utérin h l'absence de ces plU et à la (l/*colonUÎon de la muqoRBif mais su ri ou t îï la présence de l'oiitiee du iiiuMau de tânebe. tl e^ifeêqucfois difficile de htm le anfîtr avec les valves de l'hiFtrttmeiit^ffiit parce qu*il y adovialion de l'uk^rust soit à ciiiiae i\e 1» position particulière qu'on a laissé prendre il la feinuic On eoniplète rex»ii>eiiefi mettaut de la lenteur k relirer le spéculuui, ce qui permet <le pa»rr de nouveau en revue toute l'élendue du vagin. Cette s/^riindc insp^rtion fait quelquefois tlécouvrir des lésions qui avaient d'abord écfaapp*' k Texamen du praticien.

La prophylaxie générale ne serait complète que si l'oti pairanaiti empêcher la propagation du mal par les honimea. Mais si déjà oo a reconnu les diflicullé^ des visites de sitnié pour les femmes qii« l'iBtorité tient pour ainsi dire sous sa main, que seni-re quanti il **jipr> des hommes sur lesquels le droit de visile oe peut st-\t rcer? Il yi une e3tc6plJon pour 1 armée; là, la digeipline et k subordination^ te intérêts faciles k comprendre, ont rendu possilite la surveillanet <h ujat et Tapplication immédiate du remède. i\n a d'abord aboU ktponitions indistinctement intligées aux vénériens après la sortio de Vià^ pilai ou tle rinfirmerie, ce qui a alténné cliei les soUlats rhiibitudeife dissimuler les maladies qu'ils croyaient syplnlitiquessi. Libres de de- Tuander les soins des chirurgiens sans avoir rien k redouter, leur go^ ri?on e^t phïs prouipte, ce qui est nu avantage pour leur sunté e! ft qui les empêche de propager le mal.

Le ministre de la guerre recommanda au)( chefs des corps et de Tadministration de s'entendre avec les autorités oiviles et de se concerter pour combattre, autant que possible, un fléau aussi funeste aux populations qu'à Tarmée. Ces prescriptions ont produit de bons effets^ mais on pourrsdt en attendre de meilleurs encore, si. des dispositions de détail, bien arrêtées, simples^ précises et faciles à remplir, assuraient l'exécution des décrets de l'autorité.

En Belgique^ le médecin inspecteur-contrôleur des filles publiques est en rapport direct avec les chefs de service des hôpitaux de vénériens, et fait rechercher, auprès de chaque entrant, le nom et le domicile de la personne qui l'a rendu malade. D'un autre côté, une d^ culaire du 21 décembre 1842, de l'inspecteur général de santé de U guerre, H. VIeminckz, signale à tous les chefs des hôpitaux militaires, comme règle de conduite, la marche suivante, adoptée dans la garnison de Liège :

« Tout individu reconnu malade est aussitôt interrogé par les sous- « officiers et officiers de s;i compagnie, qui ont reçu un ordre conforme 0 de leur chef de corps; un caporal accompagne le malade chez le

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