PROPHYLAXIE GÉNÉRALE. — POLICE MÉDICALE
c( commissaire de police du quartier de la femme infectée. Cet agent a reçoit la dépa<iition^ arrête^ fait visiter la coupable et l'envoie au a dispensaire; il donne un double de la déclaration du militaire au a caporal qui le conduit à rh6[)ital, et la note est remise au chirur- « gien de garde. A défaut de cet-te piècc^ Tofficier de santé de Tétaa blissement en réfère immédiatement au commandant de la place, a Nul vénérien ne peut être traité dans les casernes.
a Sont punis très-sévèrement les soldats qui ne font pas connaître a leurs maladies syphilitiques, ou ceux qui, par de fausses déclaraa tions, empêchent la recherche d'une fille vérolée, mais seulement a ceux-là.
a Les inspecteurs-contrôleurs entretiennent des relations fréquentes a avec les médecins des salles militaires affectées au traitement de la ce syphilis. »
a Les avantages de ces dispositions sont tels^ dit H. Yleminckz, « qu'en ^845, sur un effectif de 25 à 30,000 hommes, l'armée de Belgique ne comptait que 430 vénériens (1 malade sur 490 soldats). Ce chiffre, ajoute-t-il, n'irait pas à iOO, si à Gand et à Namur la police sanitaire ne laissait tant à désirer. » M. Bortherand, qui signale et approuve ces sages dispositions, ajoute : a Que l'on compare maintenant avec ce qui se passe en France! Le mouvement quotidien des vénériens de l'hôpital de Strasbourg est de 4 00 à 4 50 malades ; en y joignant un nombre toujours équivalent d'urétrites et de chancfes légers traités dans les intirmenes régimentaires, on voit que 8,000 hommes de garnison donnent : 1° autant de syphilitiques qu'il s'en trouve pour l'effectif total des troupes belges; 2° la proportion sextuple d'un vénérien sur 33 hommes. Si l'on consulte le tableau, que nous avons inséré au commencement de cet ouvrage, du traitement de la vérole dans notre hôpital de 1836 à 1846, en fixant approximativement à i franc le prix de la journée, on verra que la syphilis coûte, terme moyen, à Strasbourg, bien près de 40,000 francs par an au budget de la guerre.
a Pourquoi, dans nos casernes, ne rendrait-on pas le chef de chambrée solidaire, jusqu'à un certain point, de la surveillance prophylactique? La punition rigoureuse contre les vénériens en général ayant été abolie, la déposition du brigadier ou du caporal perdrait tout caractère odieux de dénonciation. Les répugnances une fois écartées, il serait aisé de faire comprendre à des hommes déjà choisis, tels que les chefs de chambrée, qu'il y a autant d'intérêt pour la moralité et la dignité du corps à dévoiler un vénérien qui se cache, n *litaire galeux ou atteint de toute autre maladie contagier*
a II ne faudrait pas non plus^ par une fausse enl
!)PHYLAXIE DES MALADIES VÉiSÊRlENNES.
oigTïe lddt& des maisons publiques reconnues et survatlte^
»ur W r^' te aux ressoun^es de la prostitution clandestine, Ui^ti
it a nt fermer les yeux sur les premières fréquentatiotiiiï
■ rigilance à l'égard des accointances solitaires et dérobéi^
ji les villes n'offrent que trop l'occasion- Les filles insm^
mtst lit mille moyens de se soustraire aux visites sanitaiwi
sont if s plus dangereoscs de toutes les prostituées.
<t Les mesures proposées par le chef de service de santé militaire èd Belgique supposent un accord parfait et des rapports incessants entn le pouvoir local el les chefs de Farmée^ secondés par leurs médeim Chez nous, de nombreux intermédiaires obligés ralentissent Ea maftiK des choses^ quand ils ne la rendent pas Impossible à force d'obstàcl«». de lenteurs et de dégoûts* Le morcellement des corps, les déplace ments fréquents des otricîers de snnté, ne leur permettent pas d'étiUr avec les médecins spéciaux la réciprocité synergique et continue indispensable au succès de la répression '. »
Je termine ici ce que j'avais à dire sur la prophylaxie, en procltiniDi que Vidée de faire donner par chaque entrant dans un hôpital, far chaque consultant, le nom, la demeure el tous les renseignements ^ peuvent fRlro trouver la coupable; que celle d'accorder à tout do^ teur ^autorisation de faire immédialenient une descente chet eUe; que ces idées, déjà mises en partie à exécution en Belgique, pourcr qui concnrne la troupe, pourrainnl, si elles étaient adoptées pour le civil, produire les plus heureux résultats. Mais je touche ici à uo* question tr^s-délicate que je traiterai plus tard avec la maturité et \e< déveioppements qu'elle exige.
* Bertherand, Précis des maladies vénériennes. Strafibourg, I8&2,