‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 10 sur 134 · SYNONYMIE · texte numérisé non relu

SYNONYMIE

Les maladies que je vais étudier ont reçu une infinité de noms venant tantôt de leur mode de propagation, tantôt d'un symptôme grave, tantôt du pays qui était accusé d'avoir donné naissance au fléau, ou du peuple qui l'aurait communiqué à d'autres peuples, tantôt enfin de la Fable. Ainsi Maladie vénérienne vient de ce qu'on la contracte ordinairement dans l'acte vénérien ; Vérole indique les pustules de la peau qui se manifestent à une certaine période du mal, pustules que l'on comparait à celles de la variole ; on dit Mal français, Mal napolitain, parce que les Français et les Napolitains ont été accusés d'avoir communiqué le fléau aux autres nations. Les noms de ces deux peuples n'ont pas été les seuls à servir d'épithète, car presque tous ont été tour à tour incriminés : les Turcs comme les Allemands, les Polonais comme les Moscovites, etc. Mais il faut convenir que les Français, sous ce rapport, ont acquis la plus grande célébrité. Syphilis est une création de Fracastor1: il suppose, dans son poëme, que le berger Syphilus a été le premier frappé du mal inventé par le courroux des dieux. Je me garde d'épuiser la synonymie, car elle pourrait remplir plusieurs pages, sans intérêt pour la science et la pratique. Les dénominations qui ont prévalu sont celles-ci : Maladie vénérienne, Syphilis, Vérole. 11 est des méde-

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

cins qui les emploient indifféremment ; néanmoins on est assez généralement convenu, aujourd'hui, d'accepter la première dénomination comme la plus générale, car elle indique la source la plus féconde du mal, c'est-à-dire le coït ou les autres rapports luxurieux : on dit Syphilis pour indiquer que le virus, le poison morbide, est intervenu et qu'il joue le principal rôle ; il y a Vérole ou Syphilis constitutionnelle quand ce virus a modifié assez profondément l'organisme pour créer une diathèse, une manière d'être, un tempérament à part. Ces maladies, du reste, peuvent être indépendantes de tout rapport vénérien, luxurieux, car le virus est quelquefois inoculé par un accident, par une plaie. Au moment où ceci est écrit, il y a, dans mon service, à l'hôpital des Vénériens, un charretier qui, dans une rixe, a été mordu au pouce par un camarade qui lui a inoculé en même temps un chancre.

Page 1