BLENNORRHAGIE BUCCALE
et les petites filles, le muco-pus qui s'écoule de la vulve vient quel quefois, pendant la position horizontale, baigner la marge de Fan us et déterminer là une espèce de blennorrhagie. Quand la blennorrhagie est liée à un coït suspect, il y a plus ou moins de déformation de l'anus, les plis sont effacés, la forme en entonnoir est plus ou moins manifeste. La muqueuse de l'anus est d'un rouge plus prononcé qu'à l'état normal, et il est rare qu'il n'y ait pas quelques excoriations comme dans la balanite. La peau environnante est plus ou moins échauffée, suintante. Il n'y a pas seulement douleur et chaleur à l'anus, mais dans le rectum où le malade sent un poids incommode. Il existe des difficultés dans la défécation et le passage des matières augmente la douleur ou la fait naître. L'écoulement peut être borné à l'anus, à une partie des fesses ou provenir aussi du rectum ; il est alors plus abondant et sort de temps en temps par flots, soit au moment où le malade va à la selle, et il s'y présente souvent, soit au moment où l'on procède à l'exploration ; c'est quelquefois pendant l'émission des urines. Par le toucher on constate une chaleur insolite, une turgescence manifeste. M. Reynaud parle du spéculum qui aurait aidé à montrer une rougeur uniforme ou pointillée de la muqueuse rectale.
En tête du traitement il faut placer le repos, les soins de propreté ; les bains entiers, les bains de siège sont très-utiles. On fera bien d'interposer toujours entre les fesses un tampon de charpie et de commencer par les lotions émollientes, les demi-lavements à la mauve, les doux laxatifs. Quand l'état aigu sera passé, on en viendra aux lotions et aux injections avec le sous-acétate de plomb. On en fait ensuite avec la décoction deratanhia. Si ces astringents ne suffisent pas, on badigeonne la marge de l'anus avec une forte solution d'azotate d'argent, et l'on fait même des injections avec 5 centigrammes et même \ décigramme de ce sel dans 30 grammes d'eau. Il faut alors se servir d'une petite seringue de verre, comme celle des injections urétrales. On a généralement renoncé au cubèbe et au copahu administrés par la bouche, car non-seulement on n'obtient alors aucun effet antiblennorrhagique,, mais ces moyens entretiennent à l'extrémité du rectum une irritation fâcheuse.
ARTICLE IL
B ïeiinorliFgie buccale.
Voici tout ce que j'ai pu savoir d'un peu précis sur cette blennorrhagie : C'est une note du livre de M. Baumès.
« Il y a peu de temps, dit le médecin de Lyon, un ouvrier vint me
consulter : il avait la moitié gauche de la lèvre inférieure engorgée, rouge, brûlante, douloureuse, et la muqueuse offrait plusieurs granulations blanchâtres avec un très-léger suintement, comme purulent. Cette muqueuse avait absolument l'aspect qu'offre quelquefois la muqueuse du col de l'utérus à la suite de la blennorrhagie chez la femme. Cet ouvrier, qui depuis plus d'un mois et demi faisait des remèdes pour se soulager, m'apprit que cette affection lui était venue six à huit jours après avoir baisé la vulve d'une femme qu'il avait su depuis lors être atteinte d'une blennorrhagie. Je n'ai pu obtenir jusqu'à présent, malgré tout le traitement adoucissant employé, qu*un très-léger amendement à cette inflammation spéciale évidemment déterminée par de la matière blennorrhagique (1). »
Je reviendrai sur les écoulements par la bouche, et je parlerai de ceux du nez en traitant de la syphilis infantile.