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MALADIES DES DÉPENDANCES DE LA PEAU. — ONYXIS

ville. Cette ulcération dura quatre ou cinq semaines; au moment de sa cicatrisation (août), le testicule droit se gonfla en très- peu de temps; il devint douloureux ; néanmoins, à l'aide d'un suspensoir, le travail était possible. Bientôt le testicule gauche fut également envahi. Vers la fin d'août, sur tous les membres inférieurs, éruption exanthématique. En même temps des croûtes se montrent à la racine des cheveux qui commencent à tomber; de plus, des ulcérations envahissent la matrice des ongles du médius et de l'annulaire de la main droite.

Quinze jours après l'apparition de ces accidents, le malade se présente à l'hôpital du Midi. Aucun écoulement, point d'ulcération ni de traces d'ulcération à l'anus, lequel ne paraît pas infundibuliforme. Sur les membres inférieurs, éruption roséolique, qui en quelques endroits se convertit en taches jaunâtres, subissant une sorte de desquamation. Ganglions de l'aine et du cou engorgés, mais non douloureux.

Les deux testicules sont augmentés de volume, et l'engorgement occupe surtout l'épididyme. La tunique albugineuse n'est point dure au toucher. Le testicule droit est plus engorgé que le gauche; tous les deux sont d'une insensibilité presque complète à la pression.

L'ongle de l'annulaire droit est tombé, et toute la matrice est envahie par une ulcération grisâtre, rendant un pus de mauvaise odeur. L'ongle du médius est détruit vers sa racine. La lunule est détruite et l'ongle est dévié, comme on le voit planche VI. Le malade avait souffert au bout des doigts, mais au moment de l'entrée les douleurs avaient disparu.

Le 19 septembre, le malade est mis à l'iodure de potassium;

Le 23 septembre, l'induration du testicule droit est entièrement disparue ; il ne reste plus qu'une insensibilité presque complète à la pression. Le malade demande sa sortie ; il ne veut pas compléter son traitement à l'hôpital.

Outre le fait d'une ulcération remarquable de la matrice de l'ongle, on voit ici les deux testicules affectés de ce qu'on a appelé sarcocèle syphilitique, et cependant les épididymes seuls sont engorgés; la substance même du testicule est intacte, ce qui est en opposition avec ceux qui prétendent que le sarcocèle syphilitique affecte exclusivement la glande elle-même.

Le traitement général de l'onyxis est celui de la vérole confirmée. Seulement, comme c'est un symptôme profond, qu'on observe souvent chez des sujets affaiblis, on ne devra pas trop insister sur le mercure et y associer l'iodure de potassium. On a vu que le sujet de l'observation que je viens de donner n'avait pris que de l'iodure ; c'est parce qu'il

était débilité et parce que Faffection testiculaire accusait une vérole déjà profonde.

Mon intention était d'ajouter le proto-iodure de mercure quand le sujet aurait repris des forces. Mais, comme je l'ai dit, ce malade voulut sortir de l'hôpital dès que son état fut un peu amélioré.

Quant au traitement local, il doit différer selon le plus ou moins d'acuité de l'onyxis, selon les douleurs dont il peut être le siège et la période de la maladie.

Les bains émollients locaux, auxquels on ajoute du laudanum, les cataplasmes de même nature, devront être préférés quand l'inflammation a un caractère aigu, quand les douleurs sont vives. Après avoir apaisé l'inflammation, on se bornera à des pansements avec le cérat au calornel; on fera aussi des lotions avec l'eau chlorurée étendue. Enfin, dans les cas d'ulcérations indolentes fongueuses, on fera de légères cautérisations avec le nitrate d'argent tous les trois jours, et l'on pansera avec l'emplâtre de Vigo.

ARTICLE IÏI.

Maladies fies membranes muqueuses.

Les membranes muqueuses ont des rapports trop intimes avec la peau pour ne pas prendre part à ses maladies, surtout quand elles ont pour cause essentielle un poison. On voit en effet dans toutes les affections cutanées par miasme, par poison morbide, les muqueuses souffrir plus ou moins, et en général, les manifestations sont surtout apparentes du côté delà gorge, du nez, des voies respiratoires. Ainsi, avec la scarlatine, il y a une angine caractéristique ; avec la rougeole, les muqueuses nasale, laryngienne, sont affectées, et l'on sait que le coryza n'est pas rare dans la variole ; avec la suette, il y a souffrance de la muqueuse buccale exprimée par desaphthes, et quelquefois une éruption sur la langue qui la dépouille. Les affections syphilitiques de la peau ont aussi leurs analogues du côté des muqueuses, surtout la muqueuse de la cavité buccale, et Ton peut dire que pendant presque toutes les syphilides externes il y a des syphilides internes. Dans ces derniers temps M. Cullerier a attiré l'attention sur une lésion de l'intestin qui pourrait avoir des rapports avec la syphilis. Selon ce médecin il serait possible que tous les symptômes que nous observons du côté du ventre pendant une vérole que l'on traite, ne fussent pas dus aux préparations mercurielles généralement accusées alors. 11 se pourrait qu'au lieu d'être produite par le remède l'affection fût réellement une

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