PRÉFACE. XV
îïiè la nécessité du mercure contre les accidents secondaires, j'ai signalé son peu d'efficacité dans le traitement des accidents tertiaires , accidents qui , le plus souvent, cèdent avec une rapidité sans exemple dans la thérapeutique , à l'administration de l'iodure de potassium,
Si je me suis peu appesanti sur la question de la transmissibilité des accidents secondaires, question qui vient tout récemment d'occuper l'Académie de médecine, c'est que, pour moi, cette doctrine est jugée depuis longtemps et que les arguments et la plupart des faits fournis en sa faveur, ont déjà été combattu victorieusement.
Quant à la syphilisation, ma première idée eut été de la traiter dans un Supplément à la fin de l'ouvrage-, mais les résultats négatifs qu'elle a eus, la fin malheureuse qu'elle a faite naguère à l'Académie , le silence qu'ont gardé ses promoteurs depuis la décision de ce corps savant, et enfin les tristes conséquences d'un essai que j'en ai fait sur moi-même , m'ont engagé à garder un silence dont la prudence sera appréciée à cause des motifs énoncés ci-dessus; d'ailleurs, que pouvais-je ajoutera ce qu'on a lu sur les comptes-rendus des séances de l'Académie? J'ai terminé mon ouvrage par le récit détaillé d'inoculations pratiquées de l'homme à l'animal de l'animal à lui-même, d'un animal à un autre de la même espèce, et enfin de l'animal sur moi-même comme introduction à un essai
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de syphilisation. J'ai pensé que de telles expérien* ces bien qu'elles n'aient eu que des résultats pour la plupart déjà connus , ne devaient pas être perdues pour la science.
En résumé, les leçons d'un illustre professeur, l'expérience acquise sous sa direction, l'expérience résultant de mes propres et nombreuses observations; enfin l'expérimentation faite sur moi-même et sur les animaux , forment la base du Traité que je livre à la publicité. C'est assez dire combien je me suis appliqué à rendre mon œuvre complète.
De l'indulgence et un peu d'encouragement, c'est là toute la récompense que je demande en retour de mes peines. Que mes lecteurs voient en moi un médecin désireux de répandre l'instruction et la vérité parmi les masses, heureux de préparer pour cette pauvre humanité exposée à tant de maux une part du baume que la science doit sans cesse étendre sur ses plaies , et je suis certain d'avance qu'ils ne me refuseront point leur bienveillante approbation.
Marseille , le 45 septembre 4852.
Melchior ROBERT.