‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 12 sur 90 · DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

DE LA SYPHILIS

« La vérole ressemble aux beaux arts , on ne sait point qui » en fut l'inventeur. » Ce n'est qu'après avoir étudié , avec lu plus grande attention , les principaux historiens qui se sont occupés de la syphilis, que nous nous sommes permis d'inscrire cette phrase de Voltaire en tête de notre travail.

Néanmoins , hâtons-nous de le dire, ce n'est ni pour méconnaître l'importance des recherches de nos prédécesseurs , ni pour jeter un défi au talent de nos contemporains qui voudraient embrasser ce sujet , que nous posons si sévèrement la question. On verra , du reste , par le court résumé que nous nous proposons de faire, combien nous apprécions les écrits publiés jusqu'à ce jour, sur ce point intéressant de syphilographie, et l'on jugera sur l'ensemble de notre travail , qui n'est qu'un recueil des opinions principales émises sur l'origine de la syphilis, si notre manière de voir est juste.

Malgré les nombreux travaux publiés depuis la fin du 15me siècle jusqu'à nos jours , l'on est encore à se demander quel est le véritable point de départ de la syphilis.

Un certain nombre d'auteurs la considèrent comme une maladie d'origine américaine récemment importée en Europe, d'autres la font remonter aux époques les plus reculées. Sanchez la fait naître en Europe vers la fin du 15me siècle.

D'après Swêdiaur, elle sérail originaire de l'Indoustan , du Thibet et de la Perse.

Tel est, en résumé, l'élût actuel de la science sur ce point de syphilographie. Disons, néanmoins, que les idées de Sanchez et de Swêdiaur , quoique basées sur des faits , ont trouvé peu d'écho parmi les écrivains qui se sont occupés de syphilis, et que c'est à l'origine ancienne et à l'origine américaine que les syphilographes les plus distingués ont consacré leurs études et leur talent.

Quoique les limites que nous nous sommes circonscrites nous défendent les longues discussions et les citations de textes, la question est trop intéressante pour que nous ne mentionnions pas les éléments principaux qui ont servi à la résoudre.

Origine ancienne.

Hippocraie, De naturâ muliebri, parle de la niélhode de guérir les ulcères , l'ardeur et le prurit des parties génitales. Dans le livre , De morbis millier um , il mentionne les ulcères delà matrice et la suppuration des glandes inguinales, qu'il attribue à la suppression des règles.

Juvénal, Satyre XI, et surtout Martial, citent les excroissances, les ulcères des parties génitales, comme des maladies communiquées par un coït impur.

Dioscoride recommande des remèdes contre les rhagades , les condilôrnes , les ulcères malins, les tubercules et les ulcérations de la vulve. On trouve dans Scribonius, SextusPlacitns, Oribase, Marcellus Empiricus etAëtius, cités par Swêdiaur , des passages qui démontrent clairement que ces auteurs ont eu l'occasion d'observer les chancres des parties génitales.

L'Évêque Palladius, qui vivait sousTbéodose Junior, parle d'un ermite nommé Héron qui , après s'être livré à la débauche et au libertinage, fut atteint, sur le gland, d'un anthrax qui lui gangréna les parties génitales. Le mot anthrax a élè pris pouf charbon par Astruc, mais les réflexions qui

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