‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 31 sur 90 · BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME

l'inflammation se rapproche plus de l'état phlegmoneux; dans ce dernier cas , l'émission de l'urine est très-pénible à cause de la compression qu'éprouve le canal de l'urètre.

La blennorrhagie vaginale peut être générale ou partielle ; tantôt elle se borne au cul-de-sac utérin, comme la balanoposthite se borne au cul-de-sac du gland et du prépuce; elle peut occuper aussi toute la surface du vagin. La muqueuse , sur les points affectés , est rouge , pointillée, et présente quelquefois des érosions superficielles ou même des ulcérations plus ou moins profondes. M.Ricorda décrit > en 1833, un état particulier dans lequel la membrane du vagin était parsemée de granulations plus ou moins confluentes, M. Deville, qui a étudié plus tard cette variété , l'a considérée comme un accident propre à la grossesse; nous avons eu quelquefois l'occasion d'observer la vaginite granuleuse en dehors des conditions de grossesse. Ces granulations peuvent acquérir un volume tel , qu'elles simulent parfaitement la végétation.

Lorsque l'inflammation a pris le caractère phlegmoneux les parties se tuméfient, l'entrée du vagin se rétrécit et il devient alors très-difficile de procéder à l'examen des parties profondes.

La sécrétion vaginale est d'abord claire et d'une couleur blanche , mais à mesure que la proportion des globules de pus augmente, la couleur jaune verdâtre se prononce de plus en plus et la matière , filante au début , devient difluente. Dans cet état, les parties génitales sont constamment humectées,et les malades ont besoin de grands soins de propreté pour ne pas exhaler une odeur insupportable. Du reste, le contact prolongé du pus sur les grandes lèvres , à la face interne des cuisses et au périnée, peut, pour peu que la femme ait de l'embonpoint, déterminer des plaques erythémateuses et des excoriations très-douloureuses; le muco-pus vaginal contient, dans quelques circonstances, une certaine quantité de sang , comme nous l'avons remarqué dans la blennorrhagie urétrale chez l'homme. Cet aspect de la sécrétion dénote le plus souvent la présence d'ulcérations sur la membrane muqueuse. M. Donné a découvert dans la matière de

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l'écoulement vaginal des animalcules auquels il a donné le nom de triconnonos et qui semblent demander pour condition d'existence l'acidité du pus. Il n'a jamais vu cet animal dans la sécrétion urétrale*

La sécrétion vaginale peut être très-abondante, a voir même les caractères du muco-pus qui découle de la blennorrhagie la plus intense , sans pour cela que les douleurs soient trèsvives, c'est qu'ici l'inflammation affecte souvent la forme catarrhale.

Exploration du vagin. — Lorsque la vulve est naturellement béante et assez élargie , le pus sécrété dans le vagin s'écoule naturellement au dehors , il est encore expulsé en grande quantité pendant la défécation et l'émission des urines. On provoque sa sortie en introduisant l'index dans le vagin et en déprimant la fourchette. Mais L'examen de la sécrétion n'est pas le seul but que doit se proposer le chirurgien, car, par elle même, elle n'indique rien de spécial. Lorsqu'on veut avoir des renseignements précis sur la nature des lésions qui a fournissent , il faut porter les investigations jusque dans le vagin , l'usage du spéculum est donc indispensable. L'emploi de cet instrument est contre-indiqué toutes les fois que la vaginite est à l'état phlegmoneux , et quand les organes génitaux présentent une sensibilité excessive. Dans certains cas de sensibilité excessive de la vulve ne tenant pas à l'inflammation, on habitue lentement cet organe au contact des corps étrangers. C'est dans ce but que Lisfranc conseille d'introduire de petites mèches de charpie que l'on augmente graduellement de volume; au bout de quelque temps, la sensibilité diminue de beaucoup, et l'on peut introduire le spéculum.

Application du spéculum. — Il n'y a pas bien longtemps que l'application du spéculum passait pour une opération trèsimportante, aussi exigeait-on préalablement une consultation de trois médecins. Aujourd'hui tous les médecins appliquent cet instrument sans avoir besoin du conseil de leurs confrères. De leur côté, les malades se prêtent mieux aux manoeuvres qu'exige son introduction. Ce genre d'opération demande cer-

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