BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME
d'après les expériences de M. Ricord , que ces injections n'ont aucune action spéciale Nous avons nous même injecté les principes du cubèbe obtenus par macération dans l'eau acidulée , ces injections ne nous ont donné aucun résultat satisfaisant dans l'urétrite. Nous préférerions suivre l'exemple d'un de nos bons amis et collègues M. Veine, qui a injecté dans le vagin l'urine chargée des principes du cubèbe qu'avaient ingéré les malades. Nous savons déjà les raisons de l'inefficacité des balsamiques, dans les cas des blennorrhagies non urétrales , nous les avons exposées assez longuement à l'article de l'urétrite de l'homme.
Blennorrhagie utérine. — Ecoulement Blennorrhagique de Vutérus. — La blennorrhagie peut atteindre l'utérus, filer à travers les trompes et parvenir ainsi jusqu'aux ovaires.
La blennorrhagie utérine affecte encore ici les formes érythémateuse , phlegmoneuse et catarrhale, mais la forme catarrhale est la plus ordinaire nous pouvons même dire qu'elle est très-commune. Leslésionsquel'on rencontre surla muqueuse utérine sont: l'hypertrophie, les granulations et les ulcérations du col; ces différents accidents ne sont pas des symptômes spéciaux de la blennorrhagie utérine , ils tiennent ordinairement à des conditions de surface, de position que l'on n'a pas toujours bien appréciées. Les ulcérations étant généralement placées sur la lèvre postérieure du col, on a cru longtemps qu'elles naissaient par le contact de l'écoulement utérin; mais cette opinion qui, au premier abord, paraît fondée, perd sa valeur pour peu qu'on y réfléchisse. D'abord les ulcérations occupent quelquefois la lèvre antérieure, après cela la lèvre postérieure du col n'est la partie la plus déclive que lorsque les femmes sont couchées sur le dos, dans la station ou même la position assise le corps de l'utérus regarde en avant, la face antérieure regarde en bas, et la postérieure en haut et en arrière, la lèvre antérieure est donc sur un plan inférieur à celui delà lèvre postérieure, et les mucosités devraient plutôt rester en contact avec la première. D'après ces considérations, M. Ricord sans nier complètement l'influence de l'écoulement sur la production des ulcérations , les attribue surtout, à la
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pression , que la lèvre postérieure du col éprouve contre la cloison recto-vaginale. Cette pression estinévitablechezles femmes qui sont habituellement constipées. Ces ulcérations ontceci de particulier, qu'elles sont irrégulières , chagrinées à leur surface,etse prolongent souvent dans la cavité ducol Le chancre est au contraire presque toujours régulier , et siège sur une partie isolée de la surface de la lèvre antérieure du col.
La sécrétion de l'inflammation blennorrhagique utérine est au début constituée par une matière transparente et filante comme de la salive , peu a peu cette matière devient opaque et se transforme, quand la maladie devient ancienne, en un muco-pus difluentetverdâlreentout semblable au muco-pus vaginal. On avait cru longtemps que le catarrhe utérin simple, affectait toujours la forme chronique c'était même là le caractère essentiel que l'on donnait pour les distinguer du catarrhe utérin blennorrhagique, auquel on attribuait une marche essentiellement aiguë. Mais on sait très-bien aujourd'hui que le catarrhe utérin peu se développer à l'état aigu , en dehors des conditions blennorrhagiques, de même que le catarrhe blennorrhagique peut affecter la forme chronique. Toutes ces distinctions sont donc purement théoriques, et le seul point important qui doit fixer l'attention du médecin, c'est ledianostic différentiel de la blennorrhagie utérine simple et de celle qui est compliquée de chancre.
Traitement de la blennorrhagie utérine : — Quand on assiste au début delà maladie on peut employer le traitement abortif; M. Ricord conseille les injections de nitrate d'argent ou le nitrate d'argent fondu porté sur le porte caustique de Lallemand, mais les caustiques solides ont le grand inconvénient de ne toucher que quelques points de la surface muqueuse. M. Ricord a faille premier des injections dans la cavité utérine, ilaemployé les émoliients, le nitrate d'argent en solution, le nitrate acide , liquide d'hydrargyre étendu , les solutions d'alun , d'iode et de sulfate de zing , jamais il n'a observé d'accidents sérieux. Maisquelques précautions quel'on prenne, ces injections ont sur l'organisme un retentissement immédiat très-prononcé. Elles développent des accidents nerveux, hys-
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îériques, des lypothimies des syncopes , du hoquet et des vomissements. Sous leur influence, le ventre se météorise, des douleurs hypogastriques, iliaques et utérines, en un mot, tout l'appareil formidable de la nétropéritonite se déclarent , à tel point que l'on serait porté à croire au développement subit de cette inflammation; mais deux ou trois heures aprè.^ ces accidents s'appaisent et le calme renaît graduellement. Eh bien , n'a-t-on pas remarqué des accidents analogues après l'injection de substances irritantes dans la cavité de la tunique vaginale?
On a prétendu que les liquides injectés dans l'utérus pouvaient pénétrer dans l'abdomen en passant par les trompes, et à l'appui de celte opinion on a cité des expériences positives faites sur les cadavres. Mais ces injections ont été poussées avec une force que l'on n'oserait jamais employer dans le moyen thérapeutique mis en usage par M. Ricord, et puis on a opéré sur des tissus privés de leur contractais et incapables de s'opposer , comme les tissus vivants , à la progression des liquides dont on se sert.
Procédé opératoire. — M. Ricord introduit dans le col une canule assez petite pour qu'elle puisse se mouvoir librement dans cette cavité. A cette canule est adaptée une seringue qui contient le liquide de l'injection. On pousse lentement cette injection de manière à n'en faire pénétrer que la valeur d'une cuillerée à café. Ce liquide va mouiller les surfaces muqueuses et vient ressortir par le coi sur les côtés de la sonde. On comprend qu'en agissant ainsi il est impossible que le liquide passe à travers les trompes.
Quand on veut éviter plus sûrement le séjour de l'injection dans l'utérus, il faut se servir d'une sonde à double courant. On emploira avec succès une éponge portée sur une baleine et imbibée du liquide que l'on veut mettre en contact avec les surfaces malades. Cette éponge , une fois introduite dans la cavité utérine, on l'appuie successivement sur plusieurs points de la surface interne de cet organe, de manière à exprimer sur ses parois le liquide dont elle est imbibée.
Tels sont les différents procédés que l'on peut mettre en