‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 33 sur 90 · HO BLENNORRIIAGIE CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

HO BLENNORRIIAGIE CHEZ LA FEMME

faire une cautérisation qui exige , après elle, des lotions destinées à emporter les parcelles de caustique qui n'ont pas agi. On craint que le liquide, chargé de ces caustiques, ne vienne toucher les parois du vagin. Nous ferons observer d'abord que ce contact n'a pas des conséquences aussi fâcheuses que celles que l'on semble redouter , et qu'ensuite il est, on ne peut plus facile , de faire couler l'eau que l'on emploie pour laver les parties cautérisées sur la valve inférieure ; il n'y a, du reste, qu'à se servir quelque temps dvispeculum bivalve de M.. Ricord pour se convaincre de ses grands avantages.

Traitement. — Ou peut arrêter la blennorrhagie vaginale à son début , aussi bien que les autres espèces. L'agent principal de la médication aborlive est encore ici le nitrate d'argent. On se sert d'une solution assez forte que l'on injecte, ou bien du crayon au moyen duquel on cautérise les surfaces malades.

Pour que l'injection pénètre profondément et reste quelque temps en contact avec les surfaces affectées, il faut recommander aux malades dese mettre dans une position telle, que le bassin ait une direction déclive.

Afin de toucher régulièrement les surfaces malades , M. Ricord recommande d'introduire le crayon de nitrate d'argent jusqu'au col de l'utérus > pour le retirer ensuite en décrivant des spirales autour de ses parois, A la cautérisation, il faut joindre le repos et un régime doux.

L'isolement des surfaces est ici , comme dans la balanoposthite, une très-bonne condition de guérison. M. Ricord l'a pratiquée le premier avec succès. Le tamponnement a ensuite été préconisé par M. Hourman. Le tamponnement peut être fait avec ou sans le secours du spéculum. On introduit ordinairement dans le vagin des tampons de charpie sèche que l'on retire dès qu'ils sont imbibés. La méthode de M. Ricord consiste à introduire dans le canal utéro-vulvaire, une mèche assez volumineuse fixée à un fil qu'on laisse pendre en dehors de la vulve; quand la mèche est imbibée, les malades peuvent, elles-mêmes , la retirer et la remplacer par une autre.

Il est rare que l'on puisse mettre à profit les moyens abortifs; car le plus souvent ce n'est qu'après un délai assez long,

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et lorsque déjà les accidents iuflammatoires sont trop prononcés que les femmes se décident à déclarer leur maladie au médecin; à celle époque , il faut s'en tenir aux antiphlogistiques et aux émollients, à moins cependant que la vaginile ne présente déjà des caractères de chronicité.

L'état aigu est combattu ici , comme dans les blennorrhagies aiguës, par les sangsues appliquées sur les aines. On aura soin de proléger les piqûres afin d'éviter les inoculations, dans les cas possibles où la vaginite serait compliquée de chancre. On pratiquera dans le vagin des injections avec l'eau de son ; le mucilage de graines de coings , de graines de lin , auquel on pourra ajouter une demi-tête de pavot privée de ses graines. On a proposé aussi d'introduire dans le vagin de la farinedegrainesdelin délayéedans l'eau chaudeen guisede cataplasme. Les bains entiers tièdes à l'eau de son ont une action émolliente qu'il fautaussi mettre à profit. On a, en général, l'habitude de prescrire des bains de siège chaud , mais nous avons déjà dit que ces bains avaient le grand inconvénient de fluxionner la partie sous-diaphragmalique du corps ; il faut donc les éviter.

Quand les malades sont sujettes à la constipation , elles doivent prendre quelques purgatifs salins, et faire usage des lavements émollients tièdes.

Traitement de l'état chronique. — Lorsqu'après l'emploi des antiphlogisliques et des émollients l'inflammation a perdu ses caractères d'acuité , il faut l'attaquer par les résolutifs et les astringents, afin de s'opposera son passage à l'état chronique. Dans ce but , on fera des injections avec les solutions d'alun , d'acétale de plomb , et de sulfate de zing. La solution de nitrate d'argent à 2 grammes pour 500 grammes d'eau, a aussi de très-grands avantages. On peut remplacer les injections par des tampons de Charpie imbibés dans ces solutions et mis à demeure dans le vagin. Nous avons employé avec un grand succès le tamponnement au moyen de bourdonnets de charpie saupoudrés d'alun. Malgré tous ces agents, l'écoulement persiste quelquefois; on trouve alors la cause de cette persistance dans des granulations ou des ulcérations du col

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de l'utérus ou des parois du vagin. Pour mettre un terme à la sécrétion purulente, il n'y a qu'à découvrir les surfaces qui sont le siège de ces lésions , et les cautériser soit avec le crayon de nitrate d'argent, soit avec le nitrate acide liquide d'hydrargyre.

Il arrive un terme ou la maladie se résume toute dans une hypersécrétion de la muqueuse, il faut alors recourir aux injections toniques et astrigeanles , ainsi qu'a l'emploi des toniques à l'intérieur.

Nous faisons pratiquer deux fois par jour des injections avec une forte décoction de feuilles de noyer; ouavec une infusion de 30 grammes de roses de Provins dans un litre de bon vin rouge.

Les injections d'eau de mer froide, ou d'eau de rivière , les bains d'eau de rivière et les bains de mer ont souvent triomphé d'écoulements qui avaient résisté pendant très-longtemps à tous les moyens thérapeutiques.

Quand la cause d'entretien des écoulements remonte à un élat constitutionnel , tel que le lymphatisme , la scrofule , les vices dartreux, herpétiques, la chlorose, le scorbut, l'anémie etc., c'est contre ces différentes dispositions que l'on doit diriger les moyens thérapeutiques.

Le fer, l'iode, les sulfureux, les amers peuvent donc, selon les indications , triompher d'écoulements qui ont la même physionomie.

Un assez grand nombre de praticiens ne se rendant pas bien compte de l'action du cubèbe et du copahu, persistent encore aujourd'hui à combattre les vaginites par ces deux agents si puissants dans l'urétrite, mais le vagin n'est pas comme l'urètre soumis au contact de l'urine chargée des principes balsamiques, il est donc impossible d'obtenir quelques effets de leur administration.

Pour utiliser ce médicament dans la vaginite, on a essayé d'injecter le cubèbe et le copahu délayés dans un liquide, et nous devons dire quec'estun des médecins distingués de l'hôpital de la pitié, M. Piorri, quia eu celte idée, nous ne connaissons pas les résultats qu'il a obtenu, mais il paraîtrait,

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