CHAPITRE VIII
Blennorrhagies très- rare*
De la blennorrhagie anale. — Les écoulements pio- muqueux de la partie inférieure du rectum ne sont pas chose irès-rare, mais ils tiennent en général à des causes pathologiques faciles à apprécier : les hémorroïdes, l'eczéma elle prurigo de l'anus en sont le point de départ ordinaire. Néanmoins, avec de telles prédispositions, un rapport anti-physique accompagné ou non d'une cause spécifique, pourrait très bien déterminer un écoulement en tout semblable à celui de la vraie blennorrhagie. La blennorrhagie anale proprement dite , c'est à-dire, celle qui a pour cause la contagion, fournit très-peu d'exemples. Cela tient à la sensibilité obtuse de la membrane muqueuse de l'anus.
L'inflammation de la partie inférieure du rectum détermine une chaleur acre, suivie de démangeaisons excessives et de difficulté dans la défécation. Quand elle prend des caractères phlegmoneux , la contraction de la partie inférieure de l'anus est excessivement douloureuse , le tissu cellulaire sousmuqueux peut se prendre et suppurer de manière à occasionner des abcès périnéaux. Le passage des matières fécales est une cause d'entretien de l'inflammation; néanmoins les moyens thérapeutiques, sagement combinés , finissent toujours par en triompher.
Les premiers moyens à diriger contre l'inflammation quand elle débute, sont : la cautérisation superficielle avec le nitrate d'argent fondu ; les injections d'eau froide; les purgatifs qui ne donnent pas de propriété irritante aux matières fécales, tels par exemple que la magnésie et la fleur de soufre à la
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dose de cinq grammes. Mais à la période phlegmoneuse , il faut se borner aux antiphlogistiques et aux émollienls.
Blennorrhagijes buccales et nazales. — Rien n'est moins prouvé que l'existence de ces affections. On voit bien des corysa intenses se développer pendant le cours d'une blennorrhagie. Mais s'en suit-il de là que l'on doive les rapporter àunecauseblennorrhagique?Et, du reste, on serait bien embarrassé de trouver une différence quelconque entre le coryza prétendu blennorrhagique et le coryza ordinaire. La blennorrhagie buccale est encore, comme la précédente , à l'état de proposition. M. Ricord ne l'a jamais observée, nous n'avons pas été plus heureux que lui , et ce n'est pas faute de conditions favorables à son développement; car, grâces au rangement de nos mœurs sociales , les rapports ab ore empiètent tous les jours davantage sur les rapports naturels.