CHAPITRE X
Arthrite blennorrhagiquei
Gonocèle. — Tumeur blanche blennorrliagique du genou. — On a ignoré longtemps que l'arthrite était une des complications de la blennorrhagie. En 1723, Musgrave , De arthridite symptomaticâ , parle bien d'une arthrite vénérienne, mais on ne sait vraiment à quel genre d'accident rapporter les descriptions qu'il donne. Hunter, paraît avoir entrevu la cause de cet accident dans l'observation d'un homme qui était pris de douleurs rhumatismales générales toutes les fois qu'il contractait une gonnorrhée; néanmoins il passe si légèrement sur ce fait , qu'on serait tenté de croire qu'il n'en a pas saisi toute l'importance. C'est à Swédiaur que revient l'honneur d'avoir rangé l'artrhite parmi les complications de la blennorrhagie, depuis celte époque tous les syphilographes ont eu l'occasion de renouveler les observations de Swédiaur, et aujourd'hui il ne reste plus de doute sur les liens qui rattachent cette affection à l'urétrite.
On ne peut refuser à l'inflammation urétrale la propriété d'agir sur les articulations, mais on se tromperait singulièrement si l'on s'attendait à trouver dans ces arthrites des signes assez tranchés pour conduire directement à la cause qui les a déterminées; il n'y a en effet aucun signe objectif qui les différencie de l'arthrite ordinaire. La seule raison que l'on puisse invoquer pour admettre leur nature blennorrhagique, c'est l'existence synchronique d'une blennorrhagie, et leur apparition constante chez quelques individus toutes les fois qu'ils sont atteints de la phlegmasie urétrale et seulement pendant l'existence de cette phlegmasie.
ARTHRITE IÏLENNORRHÀGIQUE. 1G5
Causes. — On sait que sous l'influence d'une blennorrhagie, une ou plusieurs articulations peuvent s'enflammer; mais on est loin d'être d'accord sur le mécanisme de celle inflammation. Les suppressions, les métastases, l'influence de certaines causes étrangères à la blennorrhagie , l'usage des balsamiques et des injections, telles sont encore les explications que l'on invoque. Le point le mieux constaté, surtout depuis les observations de M. Ricord, est relatif à l'influence du siège de la blennorrhagie. L'arthrite est , en effet , toujours consécutive à l'urétrite, je suis même étonné que les auteurs qui ont traité ce point important de pathologie n'aient pas insisté d'une manière particulière sur ce fait. Dans tous les cas d'arthrite blermorrhagique qu'il a observés, M. Ricord a toujours rencontré la blennorrhagie urétrale et jamais la balano-posthite seule. Mais au moment où nous écrivons ces lignes, la Gazette des Hôpitaux nous apporte un fait d'arthrite blennorrhagique consécutif à la balano-posthite simple. C'est l'observation d'un homme entré dans le service de M. Jarjavay, six semaines après le début d'une blennorrhagie, avec une arthrite assez aiguë de l'articulation tibio-tarsienne , pour laquelle on avait dû employer les antiphlogisliques locaux et généraux. Ce malade est aflecté de balano-posthite. Sur son assertion , qu'il n'a jamais eu d'écoulement dans le canal, et qu'il ne s'est exposé à aucune des causes ordinaires de l'arthrite, on conclut que l'inflammation articulaire dont il est porteur a été déterminée par la balano-posthite. Enlisant l'observation, nous nous sommes demandé si le malade n'aurait pas été atteint d'une urétrile antérieurement à son entrée à l'hôpital. On sait que cette affection n'est pas toujours facile à diagnostiquer , surtout quand il existe en même temps, comme dans ce cas, une balano-posthite avec phimosis; ne pourrait-il pas se faire aussi que l'arthropathie fut un rhumatisme simple? Tout bien considéré, rien dans les détails de ce fait, ne nous engage à accepter les conclusions de l'auteur, conclusions qui ne tendraient à rien moins qu'a renverser une loi basée sur un grand nombre de faits et généralement acceptée.
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Ainsi donc, jusqu'à meilleure démonstration , nous considérerons l'arthropathie blennorrhagique comme le fait de l'urétrite.
Les rapports de l'arthropathie avec l'inflammation urétrale ne sont pas encore bien déterminés. On pense généralement que cette complication est le résultat d'une métastase, et cela , parce qu'on a quelquefois constaté la diminution ou la cessation complète de l'écoulement, au moment où l'articulation se prenait -% mais ce cas est bien loin de faire règle. Les observations prouvent en effet que l'arthrite survient aussi bien au moment où l'écoulement est très-abondant, que lorsqu'il est à sa période de diminution. Les blennorrhagies qui suivent leur marche naturelle en sont plus souvent compliquées que celles que l'on arrête à leur début par un traitement énergique. Aussi voit-on rarement cette complication dans les salles de M. Ricord qui, comme on le sait, a pour principe de s'opposer, par des moyens énergiques, au développement de l'inflammation urétrale.
L'emploi du cubèbe et du copahu a été aussi accusé de favoriser l'arthrite blennorrhagique. Nous ne saurions trop nous élever contre cette manière d'interpréter les faits , nonseulement parce que, de l'avis d'un grand nombre d'observateurs consciencieux, elle est erronée, mais c'est qu'elle tend à déprécier les deux remèdes les plus actifs de la médication anti-blennorrhagique. Je ne puis m'empêcher de citer à ce propos l'opinion d'un des chirurgiens les plus renommés : M. Velpeau , Leçons orales de clinique chirurgicale. Après avoir dit que dans la moitié des observations qu'il a recueillies, il n'y avait, avant l'apparition de la phlegmasie articulaire , ni suppression, ni diminution de l'écoulement, ajoute : « Comme » cette arthrite se manifeste souvent sans cause externe ap- » préciable, quelques personnes ont cru pouvoir la rattacher » à l'emploi du cubèbe et du copahu , mais je l'ai assez fré- » quemmenl observée, pour ne pas craindre oj'affirmer, que » les malades qui n'ont subi aucun traitement, en sont pour v le moins aussi souvent affectés que les autres. »
Pour mon compte, j'ai toujours employé le cubèbe et les
AKTURITB BLENNOKRHAGIQUK. 167
injections astringeantes au début de toutes les blennorrhagies qui ne présentaient pas des phénomènes inflammatoires trop aigus; et jusqu'à présent je n'ai pas vu survenir l'arthrite blennorrhagique.
Mais est-il besoin de recourir au raisonnement pour combattre toutes les fausses théories qui ont été mises au jour, et n'y a-t-il pas des faits qui parlent assez haut pour les réduire à néant? M. Velpeau , Dictionnaire de médecine, rapporte trois cas d'arthrite survenus à la suite du cathétérisme. Dans une de ces observations , l'articulation tibio-tarsienne seule enflammée , suppure avec une rapidité extrême. M. Muffait , Thèse inaugurale 1810, cite un, fait analogue au précédent.
Assurément, dans ce cas, on n'oserait accuser ni la métastase ni les balsamiques; la cause est trop évidemment une inflammation pure et simple du canal , développée sous l'influence du contact d'un corps étranger.
L'expérience démontre bien que l'arthrite est le fait spécial de l'urétrite , mais n'y a-t il pas dans l'urètre quelque partie qui , sous l'influence de l'inflammation, favorise plus spécialement la phlegmasie articulaire. C'est une question sur laquelle les auteurs n'ont pas fixé leur attention , nous sommes nous-mème encore bien loin de l'avoir résolue; néamoins, je crois que les remarques suivantes pourront fournir quelques données propres à l'éclaircir.
1° L'arthrite n'apparaît, en général , que lorsque la blennorrhagie a un certain temps de durée , bien rarement elle survient à son début, ou bien quand il en est ainsi , c'est que les malades n'en sont pas à leur première urélrite ; mais on sait que la blennorrhagie s'arrête rarement à la partie spongieuse de l'urètre et qu'au bout d'un certain temps , elle atteint les régions membraneuses et prostatiques du canal.
2» Un traitement abortif, administré avec succès, prévient tous les accidents inhérents à la blennorrhagie et , par conséquent l'arthrite. Or, le traitement abortif arrête l'inflammation urétrale, quand celle-ci n'occupe encore que la portion antérieure du canal.
168 ARTHRITE BLKNNORRHAGFQUE.
3° A l'époque où celte complication survient, les malades éprouvent quelquefois des symptômes de cystite ; ils accusent aussi des pesanteurs vers le périnée. Phénomènes qui annoncent la présence de l'inflammation dans les portions reculées du canal.
4° L'action de la sonde, en développant «ne irritation sur le canal, retentit sur les articulations, or ce sont surtout les portions membraneuse prostatique et le col de la vessie qui subissent les lésions de cet instrument.
5° La femme qui a toutes ces parties beaucoup moins sensibles et moins souvent malades que l'homme, est aussi bien moins sujette à l'arthrite blennorrhagique que lui.
Ne semble-t-il pas, d'après ces quelques propositions, que l'inflammation urélrale n'agisse sur les articulations que lorsqu'elle est parvenue aux régions postérieures du canal ? Nous laissons à des médecins plus expérimentés que nous , le soin de compléter celte question.
Il est évident que, résolue dans le sens positif , elle ne ferait qu'augmenter la valeur du traitement abortif.
Siège de l'arthrite. —. Swédiaur avait observé l'engorgement blennorrhagique dans les deux genoux et à la région calcanéenne, néanmoins on peut voir, d'après ses dénominationSi qu'il le localisait surtout aux genoux. La plupart des observateurs s'accordent aussi à dire que le plus souvent une seule articulation est prise et que la maladie a son siège de prédilection dans les genoux. Notre ami et collègue le docleur Foucart, dans un mémoire dont nous ne saurions trop recommander la lecture, fournit un relevé de 19 observations avec les résultats suivants :
8 fois, un seul genou ;
2 fois , les deux genoux -,
1 fois, un genou et l'articulation tibio-iarsienne ;
1 fois, un genou et l'articulation huméro-cubitale:
2 fois, une articulation tibio-tarsienne seule;
2 fois, les articulations des jambes (probablement celles des genoux et du coude pied).
ARTHRITE RLENN0RRHAG1QUE. 160
2 fois, les articulations des membres supérieurs (épaule et coude).
I fois , il y eut rhumatisme général (c'est le fait de Hunier que nous conservons malgré l'absence de déiails).
Voici le relevé de huit observations dont quatre m'appartiennent et quatre ont été publiés dans YUnion médicale par M. Cari Protain, interne de M. Ricord.
Faits recueillis dans la Gazelle médicale . 1851.
1er Cas. — Le genou droit se prend d'abord, et après lui le gauche ; quelque temps après, le malade contracte uue autre blennorrhagie sous l'influence de laquelle les deux articulations tibio-tarsiennes s'enflamment.
2me Cas. — L'inflammation envahit l'articulation métacarpophalangienne du deuxième doigt de la main gauche, plus celle de l'épaule gauche.
3°>e Cas. — lre blennorrhagie, gonflement du genou gauche, quinze jours après tuméfaction du genou droit, quelques douleurs dans les épaules et les coude-pieds; 2e blennorrhagie, gonflement de l'articulation tibio-tarsienne droite; quelques jours après tuméfaction du genou droit puis du gauche.
4«»e Cas. — Arthrite du genou droit, et puis du gauche ; autre blennorrhagie, arthrite des deux articulations tibiolarsienne.
Faits pris dans le service de M. Ricord pendant mon internat .
5m» Cas. — Gonflement dans le poignet droit et dans les articulations carpo-métacarpiennes et phalangiennes de ce côté.
6me Cas. — Arthrite des articulations carpiennes droites.
1me Cas. — Malade atteint de cinq blennorrhagies : lre blennorrhagie , guérison sans suite fâcheuse ; 2*e blennorrhagie , douleurs dans les jambes, les reins et les articulations du pied gauche, et endolorissement des bourses; 3«>e blennorrhagie guérie sans accidents; 4™ blennorrhagie , arthrite des deux genoux; 5^ blennorrhagie, arthrite des deux genoux, ophtalmie légère du côté gauche, irilis gauche légère avec adhérence et déformation de la pupille, dont le grand
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diamètre est vertical , affaiblissement de la vue. Jamais aucun de ces accidents n'est survenu pendant l'intervalle d'une blennorrhagie à une autre.
8me cas. — Douleur à la région trochantérienne droite, cessation de cette douleur, gonflement et arthrite du genou droit.
On voit , autant d'après les observations citées par M. Foucart que par celles que nous venons de transcrire, que le genou est en quelque sorte le lieu d'élection de l'arthrite blennorrhagique. C'est lui en effet qui figure le plus souvent dans l'arthrite consécutive. Mais souvent aussi d'autres articulations se prennent en même temps que la fémoro-tibiale, et il n'est pas rare de voir cette dernière épargnée pendant que d'autres , plus ou moins éloignées, subissent l'influence de l'uréthrite On a cru aussi très-longtemps que l'arthrite blennorrhagique n'attaquait que les grandes articulations ; mais on a la preuve du contraire dans les fait que nous avons présentés: on voit en effet les phalanges, les articulations du carpe s'enflammer dans quelques cas. Les douleurs qui siègent quelquefois à la région calcanéenne et au niveau du grand trochanler, ne proviennent pas toujours d'une inflammation articulaire. Dans les deux fois que nous les avons observées, elles ont quitté en peu de temps les parties qu'elles venaient d'atteindre. 11 résulte aussi des 27 faits que nous venons de citer, que l'arthrite a été dix fois mono-articulaire et dix-sept fois poli-articulaire.
Symptômes — L'arthrite blennorrhagique ne s'annonce pas toujours de la même manière: tantôt elle n'est précédée d'aucun prodrome et la tuméfaction de l'article revêt les allures de la chroniciié; tantôt au contraire le malade éprouve de la fièvre, de l'inappétence et de la chaleur à la peau , comme à la veille d'une pglegmasie intense, et l'articulation se prend d'inflammation aiguë. L'état aigu est cependant le moins fréquent, les douleurs sont toujours plus ou moins vives; Swédiaurles qualifiait d'affreuses, elles augmentent par la pression, par les mouvements comme dans le rhumatisme articulaire simple, et ce qu'il y a de particulier , c'est qu'elles
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persistent souvent après la guérison de l'arthrite et de la blennorrhagie. Quant à l'aspect extérieur, Swédiaur était persuadé que la peau ne subissait aucun changementdecouleur, absolument comme dans la tumeur blanche désignée parles Anglais sous le nom de wite swelling. Néanmoins , dans un certain nombre de cas, les parties enflammées présentent la rougeur et la chaleur caractéristiques de l'arthrite rhumatismale aiguë. M. Ricord,dans ses leçons, et M. Foucart , dans un mémoire que nous avons déjà eu l'occasion de citer, ont signalé le développement des veines sous-cutanées de la région malade Dans une observation mentionnée par M. Velpau , la peau était le siège d'une rougeur érysipélateuse qui s'étendait assez loin de l'articulation malade.
Le phénomène le plus constant de l'arthrite blennorrhagique, c'est l'hydarthrose. Faisons remarquer encore que lorsque cette complication est intense, l'écoulement diminue assez rapidement pendant son existence, et à mesure qu'elle augmente d'intensité. Mais ce n'est là qu'un fait de révulsion pure et simple qui serait produit par un vésicatoire ou toute autre inflammation indépendante delà blennorrhagie.
Diagnostic. — Ce que nous avons déjà dit , fait assez pressentir que, dans la plupart des cas , il est impossible d'établir le diagnostic d'une manière bien nette. En eftèt, en présence de deux tumeurs articulaires, l'une développée sous l'influence de la blennorrhagie, et l'autre sous l'influence des causes ordinaires du rhumatisme , on serait bien embarrassé de déterminer la nature de chacune d'elles si l'on n'avait connaissance de la cause qui les a produites. Il n'y a donc pas , à proprement parler, désigne pathognomonique , et le diagnostic ne peut se tirer que de l'ensemble des circonstances qui ont présidé au développement de cette complication: c'est un diagnostic rationnel La présence d'une blennorrhagie , l'existence de l'inflammation sur une articulation, sa marche chronique , l'hydarthrose4, les douleurs très-vives , une ophtalmie blennon hagique double et quelquefois une iritis , tels sont les signes qui pourront militer en faveur d 'i arthri \q blennorrhagque.
172 ARTHRITE BLENNORRHAGIQUE.
Les douleurs rhumatoides delà syphilis constitutionnelle secondaire et les douleurs ostéocopes de la syphilis tertiaire sont tellement caractéristiques qu'il n'est pas possible de les confondre avec l'accident que nous éludions.
M. Baumes prétend avoir trouvé souvent, dans l'arthrite Weimorrhagïque, un cachet syphilitique, mais il a surtout extrait ce caractère de l'influence heureuse des frictions mercurielles pratiquées sur l'inflammation articulaire; tout le monde sait que les frictions mercurielles agissent très-bien dans les inflammations des articulations; mais est-ce là une raison suffisante pour taxer ces douleurs de syphilitiques? Du reste, nous n'avons jamais vu l'arthrite succéder au chancre urétral.
Terminaison. — L'arthrite blennorrhagique se termine par résolution , par suppuration , par inflammation chronique , et par hydarthrose. La terminaison par résolution est la plus fréquente, cependant elle n'est pas aussi constante et aussi prompte que le croient certains auteurs, M. Gibert par exemple; les malades que l'on regarde comme guéris conservent plus ou moins longtemps une raideur articulaire, bien éloignée de Tétai normal, et ce n'est souvent qu'à la longue, que la mobilité normale peut être recouvrée. La suppuration est bien rare , cependant les faits ciiés par MM. Muffait , Velpeau et Foucartne laissent aucun doute sur la possibilité de celte terminaison Assez souvent, après un certahi temps de durée de l'état aigu, les tissus prennent le caractère de l'engorgement chronique. L'articulation s'ankylose plus ou moins complètement, et l'on a affaire à une tumeur blanche véritable. Mais le dernier terme le plus fréquent del'anhrite blennorrhagique est, sans contredit, l'épanchement séreux , c'est le caractère le plus constant , un des plus précoces et le plus tardif à s'en aller; on le constate facilement dans le cas de gonocèle. Quelques auteurs , parmi lesquels nous citerons toujours M. Gibert, ayant sansdouie ignoré son importance, ont complètement oublié de le mentionner.
La maladie dure ordinairement de six semaines à un mois* à moins qu'elle ne vienne à passer à l'état chronique ou qu'elle n'amène de graves désordres.
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Pronostic. — Connaissant les accidents qui peuvent résulter de cette complication , on devra être très-réservé dans le pronostic. Le tempérament du malade , l'intensité et le siège de l'inflammation seront pris en considération
Traitement. — Nous avons reconnu dans l'arthrite une forme aigiïe et une forme chronique.
Au début de la forme aigùe, il faut prescrire le repos, la diète, les tisannes délayantes, les antiphlogisliques locaux , eis, au besoin, la saignée générale. On n'abusera pas trop cependant des évacuations sanguines , car on pourrait ainsi , en aflaiblissant le malade, favoriser les épanchements séreux. Après les antiphlogistiques on a recours aux applications locales émollientes et sédatives; les onctions d'huile belladonnée ou d'onguent mercuriel belladonné produisent aussi un très-bon effet. Aux moyens précédents, M. Ricord joint le plus souvent quelques purgatifs salins, auxquels il attribue la propriété de faire des saignées séreuses sur le canal intestinal.
La teinture de colchique à la dose de 2 à 10 grammes nous à paru jouir de grands avantages, il en est de même de l'azotate de potasse donné à la dose de 4 à 20 grammes dans la lisanne de bourrache. On n'ignore pas les succès que ce médicament a obtenus entre les mains de MM. Martin Solon et Gendrin.
Lorsque la maladie affecte, au début , des allures chroniques, il faut de suite recourir aux moyens que nous venons de mentionner en dernier lieu , sans employer les antiphlogistiques. On leur associe le vésicaloire camphré que l'on renouvelle plusieurs fois et que l'on peut, au besoin, panser avec les cataplasmes émollienls enduits d'onguent mercuriel belladonné. M. Ricord a essayé , dans le temps, le sulfate de quinine à haute dose , mais il n'en a retiré aucun avantage. Il arrive un moment où les douleurs ont presque disparu, où il ne reste plus, dans les tissus articulaires , que de l'empâtement, delà molesse; c'est le cas de faire les compressions; on se sert, pour cela, de bandes roulées appliquées méthodiquement, ou bien de bandelettes de Vigo cum mercurio; les
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emplâtres fondants, les pommades résolutives et les liniments de même nature conviennent aussi très-bien à cette période. M. Bicord s'est quelquefois servi du suivant :
Teinture de scille )
Alcool camphré [ parties égales.
Laudanum de Sydenham )
Les pommades camphrées, l'iodure de plomb ou l'hydriodate de potasse en pommade, les douches de vapeur simples ou aromatisées, l'emplâtre de savon , les cautères , les moxas, la cautérisation transcurante au moyen du fer rouge; enfin l'iodure de potassium à l'intérieur. Tous ces moyens, combinés avec intelligence, ont réussi à guérir des maladies qui avaient résisté aux agents que nous avons indiqués.
Le mercure pris à l'intérieur et poussé jusqu'à la salivation, jouit de grands avantages dans les arthrites douloureuses , c'est de préférence aucalomel que l'on s'adresse; mais il n'agit pas ici , comme veut bien le dire M. Baumès , en vertu de son action spécifique. Les succès que l'on en retire , dans les cas d'arthrite simple , sont là pour infirmer cette opinion.
Pour ce qui regarde la conduite que doit tenir le médecin vis-à-vis de l'écoulement, voir au Traitement de l'ophtalmie blennorrhagique , page 158 et suivantes.