I II QUALITÉ SUPÉB. QUALITÉ INF ÉR
Carbonate de chaux... 93 90 38 :7
Parties insolubles dans Tacide chlorhydr. . . 6 5
Traces d'oxyde de fer. Un peu d^oxyde de fer.
Les racines qui proviennent de ces terrains sont connues dans le commerce sous le nom d'alizarîs palud. Les alizaris d'Avignon se composent souvent de tiges et de racines ; les tiges de la plante étant recouvertes toutes les années de terre, prennent l'apparence de la racine, sans en acquérir les propriétés tinctoriales, et le cultivateur qui augmente ainsi sa récolte en altère nécessairement la qualité.
Les alizaris paluds sont très-riches en matière tinctoriale et présentent une coloration rouge à l'intérieur ; tandis que les racines cultivées dans les terrains argileux sont de couleur jaune, se rapprochant plus ou moins des racines paluds, selon que le sol dont elles proviennent se rapproche plus ou moins par sa composition des terrains paluds. Ces dernières sont connues dans le commerce sous le nom d'alîzaris rosés. En résumé, le sol est d'autant plus favorable à cette culture qu'il réunit mieux les conditions de température, d'humidité et de ténacité nécessaires au développement de la plante. — La garance, cultivée dans un sol trop humide, est atteinte par une maladie redoutable, le farum^ qui sévit avec force pendant les chaleurs de l'été, tandis que, dans les terrains trop secs, la végétation est presque entièrement suspendue. La température paraît exercer aussi une influence sur le développement de la plante, si l'on en juge par la coloration jaune des racines cultivées dans les pays montagneux ; tandis que celles qui proviennent des terrains situés dans la plaine sont toutes plus ou moins colorées en jaune rougeâtre. Un sol meuble favorise non-seulement le développement des racines pendant la végétation ; mais il
facilite aussi beaucoup l'arrachage; opération coûteuse et qui figure pour un chiffre élevé dans le prix de revient de la garance.
Le sol j quelle que soit sa nature, doit être défoncé soigneusement en Automne, à une profondeur de 60 à 70 centimètres et soumis dans cet état, pendant l'hiver, aux influences atmosphériques. Au mois de mars, on pratique une forte fumure et un labour croisé qui enterre l'engrais, on passe la herse et on sème.
Cette dernière opération s'effectue en ouvrant longitudinalement, avec la houe à bras, des sillons ou raies dirigés du nord au midi, que l'on garnit de graines, en ayant soin de recouvrir le premier sillon avec la terre provenant du second, et ainsi de suite jusqu'au quatrième ou cinquième sillon qu'on n'ensemence pas; ce dernier étant destiné à fournir la terre nécessaire pour éborgner et chausser la plante pendant la saison rigoureuse.
Il faut environ! kilogramme 1/2 de graine pour ensemencer un are de terrain. Le prix moyen de la graine est de O'',50 le kilogramme.
Lorsque la germination s'est opérée, c'est-à-dire au bout de quinze à vingt jours, si la sécheresse s'oppose à la sortie de la plumule, on passe sur le sol un rouleau garni de pointes ou un râteau en fer, destiné à gratter la surface et à faciliter ainsi la sortie de la jeune plante.
Dans quelques localités, au lieu de semer, on repique en automne de jeunes racines, dans les sillons, en suivant l'ordre que nous venons d'indiquer pour les semis.
Pendant que la garance se développe, un grand nombre de plantes étrangères poussent dans la garancière. Il faut alors procéder au sarclage, c'est-à-dire arracher toutes les espèces parasites. Cette opération doit être renouvelée toutes les fois que des plantes étrangères se montrent dans le champ ensemencé. Après le sarclage vient l'éborgnage, opération qui consisjte à rendre aux sillons la petite quantité de terre
qui a pu leur être enlevée par le sarclage ; il a aussi pour but de chausser les tiges mises à nu par la pluie. Au commencement de Thiver, on pratique le chaussage, il consiste à recouvrir la plante d'une couche de terre de 10 à i5 centimètres d'épaisseur. Au printemps, on renouvelle le sarclage. La floraison a lieu en juillet. Les graines sont récoltées vers le milieu du mois d'août, en coupant les tiges avec la faucille et les exposant ensuite au soleil pendant deux ou trois jours, afin de faciliter la séparation de la graine qui s'effectue alors par un simple battage.
Les tiges et les feuilles constituent un excellent fourrage.
En novembre la garance, alors âgée de dix-huit mois, est arrachée soit au louchet, soit à la charrue. Cependant quelques agriculteurs, peu nombreux il est vrai, laissent leur garance une année de plus en terre. Après l'arrachage, on fait sécher la racine au soleil en l'étendant sur le sol.
A dix-huit mois, 8 ares et 84 centiares de terrain fournissent environ 800 kilogrammes de racines fraîches, qui se réduisent par la dessiccation à l'air à 200 kilogrammes. ,
Le prix moyen de la racine de garance, séchée à l'air, est de 63 à 70 francs les 100 kilogrammes. Le département de Vaucluse livre annuellement à la consommation une quantité de garance représentant une valeur de 2S à 30 millions de francs.
Culture de la garance en Zélande (1). — On utilise pour cette culture des terrains d'alluvion, couverts d'une couche de terre glaise à la hauteur d'environ deux mètres, nées du dépôt de limon à l'embouchure des rivières ; ils contiennent beaucoup de matières organiques. Les terres de Hassell servant à la culture des garances Belges, ainsi que celles de Zélande, n'ont fourni à M.Schlumberger que peu ou point
(1) Renseignements fournis par M. Goovels.
de calcaire. Lorsque le sol s'est assez élevé par le dépôt quotidien d*alluvions, pour pouvoir rester à découvert pendant les hautes marées et lorsqu'il commence à porter de l'herbe au lieu de joncs, on l'entoure d'une forte digue destinée à empêcher l'invasion des eaux de la mer pendant les orages ; puis on le divise en champs par des fossés parallèles et on le cultive pendant une dizaine d'années avant d'y planter la
Arrivée à ce point, la terre est labourée à une profondeur de trois décimètres ; on l'applatit avec un rouleau et on la nettoie de toute mauvaise herbe. Au mois d'avril on divise le terrain en petits champs larges de 70 centimètres. Sur trois rangées transversales distantes de 30 centimètres on plante quatre jeunes pousses à une distance respective de 12 centimètres. Ces pousses ou boutures se prennent sur la plante âgée d'une année, en enlevant deux articulations de la tige souterraine ou jaune et trois de la partie supérieure verte. La partie jaune est plongée dans une bouillie de terre arable et d'eau douce et plantée à une profondeur de 6 à 10 centimètres. Pendant toute la durée de la culture la terre doit être très-propre et pas trop humide.
Après huit jours on butte la jeune plante, opération que l'on répète encore vers le mois de juillet. En novembre on fauche le sommet des plantes, si elles ont trop de verdure et on les recouvre d'une couche de terre de 10 à IS centimètres, afin de les garantir du froid. Au printemps le champ est découvert, nettoyé et traité comme la première année et, si on laisse trois ans en terre, il faut aussi couvrir le second hiver. Au mois d'avril les plantes commencent à germer, en donnant 30 à 40 germes pour les quatre primitifs.
La récolte se fait au mois d'août ; les racines de deux ans ont pénétré dans le sol à une profondeur de 10 à 18 centimètres, celles â trois ans à une profondeur de 16 à 20 centimètres.
La garance ne peut se cultiver à la même place que tous
les dix ans, à cause de Tépuisement qu'elle fait éprouver au sol.
Dans les Onrust polder ou polder d'inquiétude, on ne laisse la plante que deux années en terre. En effet, vu la proximité de la mer, si les racines pénétraient trop profondément, on pourrait en les sortant ouvrir une \eine d'eau communiquant avec la mer et inonder ainsi tout le polder.
Dans les bonnes années, TOnrust produit 6000 kilog. de garance brute par hectare, ou à peu près 1000 kilog. de garance du commerce, mais on a aussi des années où le rapport n'est que de 2,S00 kilog.
Le produit, en garance du commerce, de la Zélande, du Gelder et des contrées de la Meuse est de 6 millions de kilog. en moyenne, et varie de 3 à 7 millions suivant la réussite.
Culture de la garance en Alsace. En Alsace les terrains consacrés à la culture de la garance sont généralement argilosiliceux et dépourvus de calcaire. On opère par semis comme dans le département de Vaucluse ou par boutures ou provins comme en Hollande.
On y connaît trois variétés de garance quij au dire de feu M. Nestler, professeur de botanique à Strasbourg, ne présentent pas entre elles de différences notables ; ce sont : 1° la garance noire qui ne fleurit que rarement et ne porte jamais de graines. 2° La garance de Turquie qui fleurit plus souvent et ne donne que de très-petites graines. 3° La garance plante nouvelle, provenant de semis récents ; elle fleurit toujours et porte des graines assez fortes, semblables à celles de la garance d'Avignon dont elle provient (1).
Préparation de la poudre de garance ou garance com^ merciale. Le produit tinctorial préparé avec la racine de rubia tinctorum porte dans le commerce le nom de garance. Nous devons à M. Pernod, fabricant à Avignon, les rensei-
(l) Pereos, Traité de ^impression des tissus^ 1. 1, p. 458.
gnements suivants sur la préparation de cette substaiîce importante.
Dans les environs d'Avignon, la racine de garance est soumise, immédiatement après Tarrachage, à la dessiccation à Tair. Il en est de même en Italie, en Espagne et en Algérie.
Dans le Caucase, on lave la garance à l'eau pour la débarrasser de la terre qui y est adhérente, elle est ensuite enfermée dans des silos dans lesquels on a préalablement brûlé quelques fagots de bois, on l'y recouvre de terre et on la laisse dans cet état pendant cinq ou six mois. Après le séjour en terre, la garance a perdu la presque totalité du sucre qu'elle renfermait, et il ne reste plus qu'à l'exposer à l'air pour en achever la dessiccation ; celle-ci s'effectue alors avec la plus grande facilité.
Ainsi préparée, la garance est connue sous le nom de ma-rena ; elle possède une force colorante double de celle des garances d'Avignon.
En Alsace et en Hollande la dessiccation se fait à Tétuve.
Telle qu'elle est livrée au commerce par les agriculteurs vauclusiens, la' racine de garance, qu'on désigne avant sa trituration sous le nom d'alizaris, est loin d'être complètement sèche, elle renferme de 16 à 18 p. 100 d'eau, dont on ne peut la débarrasser que par un séjour de 24 à 48 heures dans une étuve chauffée à 50 ou 60° centigrades. Elle retient en outre 3 ou 4 p. 100 de terre et 2 à 3 p. 100 de menus débris ou radicelles dont la valeur tinctoriale est de beaucoup inférieure à celle des grosses racines.
Ces radicelles sont connues dans le commerce sous les tioms de barbennes ou poils. Leur prix est ^e 10 à 12 francs les 100 kilog, lorsque celui des alizaris est de 65 à 70 francs.
Les alizaris du Levant et de Naples arrivent sur le marché d'Avignon en balles carrées de 4 à 500 kilog., presqu'eri-^ tièrement débarrassés de terre et de tnenus débris. Ils ren*
ferment de 12 à 14 p. 100 d'eau qu'ils perdent dans Tétuve à 30 ou 60°.
Les alizaris d'Avignon sont livrés en balles de 90 à 100 kilog.
Dans les fabriques on les entasse dans de vastes magasins à Tabri de Thumidité, où l'on peut les conserver pendant plusieurs années, sans qu'ils éprouvent d'autres altérations qu'une perte de poids, résultant d'une dessiccation plus complète. *
La préparation de la poudre de garance s'exécute très-économiquement à l'aide de moteurs hydrauliques alimentés par les différentes branches de la fontaine de Vaucluse. Il n'existe pas moins de cinquante fabri^^ues qui travaillent nuit et jour pendant huit mois environ de l'année et qui triturent une quarantaine de millions de kilog. de racines, produisant trente-trois millions de kilogrammes de poudre de garance propre à la teinture.
Indépendamment de ces quantités, les fabriques de Vaucluse préparent encore toutes les racines qui leur arrivent de Naples et du Levant. Celles de Naples sont plus particulièrement employées à Avignon à la fabrication de la garancine.
A cause de la persistance avec laquelle la garance retient l'humidité, elle ne peut être réduite en poudre sans avoir subi une dessiccation complète. C'est pourquoi on l'expose préalablement dans des étuves ou séchoirs construits en maçonnerie en briques, voûtés et munis de portes et de volets en fer.
La forme, la capacité ainsi que le nombre de ces étuves^ son en rapport avec l'importance des établissements qu'elles desservent; elles sont divisées en deux étages formés par des grillages en bois ou en fer, et chauffées par la cheminée en briques ou en tôle d'un foyer alimenté par de la houille.
Cette cheminée fait letoui* de l'étuve au rea-de-chausséc, à
une hauteur de 30 à 40 centimètres, et fournit la chaleur nécessaire pour entretenir le séchoir à 80 ou 60 degrés. Il existe une porte au rez-de-chaussée et au premier étage. Les étages communiquent entre eux à Tintérieur par un escalier en bois qui facilite le service de Tétuve. La racine est étendue sur les grillages du premier et du second étage en couches de 30 à 80 centimètres d'épaisseur et exposée pendant 24 ou 48 heures, selon l'épaisseur de la couche, à une température qui varie de 80 à 60 degrés. Les plus grandes précautions doivent être prises pour éviter les incendies qui se déclarent fréquemment dans les séchoirs.
Lorsque la racine est sèche, on ouvre la porte du premier étage qui communique avec la salle à rgber et avec celle où sont établies les meules îl triturer. La garance sortie de Tétuve est portée sous la meule.
Lerobage a pour but de briser la racine en morceaux de 1 à 2 centimètres de longueur et de détacher Tépiderme ainsi que la terre. Il s'effectue à Taide d'une petite meule en bois ou en pierre capable de réduire la garance en petits, fragments, mais trop légère pour la pulvériser. On passe ensuite au blutoir à billon. Ce tamis est garni de toiles métalliques de diverses dimensions. La partie qui occupe la première moitié du blutoir porte une toile assez fine (n** 60) ne laissant passer que la terre. La seconde moitié garnie d'une toile métallique très-grossière laisse passer Tépiderme, tandis que la garance en petits morceaux est rejetée par le dégorgeoir du blutoir, complètement débarrassée de la terre et de l'épiderme. On retire de cette manière de 2 à4 p. 100 de billon terreux et 2 à 3 p. 100 d'épiderme. Pour les qualités ordinaires on ne retire de la garance que le billon.
Le produit ainsi préparé est porté sous des meules verticales en pierre, hautes de 1°,60 à 1°,80 sur 30 à 40 centimètres de large. Elles sont mues avec une vitesse de 22 à 28 tours par minute. La poudre formée est tamisée à l'aide d'un blutoir plus ou moins fin selon qu'elle est destinée à être
employée directement à la teinture ou à servir à la fabrication de la garancine.
Dans le premier cas, le blutoir doit être garni de toiles métalliques n°* 60 ou 70, tandis que le n° 50 suffit lorsque la trituration est faite en vue de la fabrication de la garancine. La garance dite extra-fine, qui se compose presque entièrement de la partie ligneuse de la racine, s'obtient facilement en isolant les premiers produits de la trituration, en grande partie composés de la substance corticale.
A cet effet, lorsque la racine préalablement débarrassée du billon a été à demi triturée, on la tamise afin de Iséparer les parties fines de celles qui ont échappé à l'action de la meule. Les premières, décodeur rouge brunâtre, constituent une bonne qualité de garance, très-propre à la fabrication de la garancine ; tandis que les dernières, reprises par la meule jusqu'à complète pulvérisation, donnent une poudre rouge très-brillante qui est employée en teinture pour produire certains genres délicats.
Après la trituration on procède à un mélange intime de toutes les parties de la poudre, que l'on enferme dans de grosses barriques contenant de i 000 à i iOO kilogrammes. Ainsi préparée et conservée à l'abri de l'humidité, cette poudre peut être gardée pendant plusieurs années. Pour certains genres de fabrication, les teinturiers préfèrent celle qui a un an ou deux de tonneau ; pour la fabrication de la garancine, il est indifférent de faire usage de garance vieille ou récente.
Cent kilogranmaes de racines séchées à l'air donnent de 80 à 83 kilogrammes de poudre.
Les racines paluds éprouvent à l'étuve une perte plus considérable que les racines rosées.
Le prix de revient de la trituration est de 2 francs à 2,50 francs par 100 kilogrammes de poudre, selon l'importance de la fabrication et la durée des travaux. Les garances se distinguent par leur origine. Suivant le
climat, la nature du terrain, la culture et Tespèce, elles offrent des différences dans leur constitution chimique, leur pouvoir colorant et la solidité des teintes qu'elles fournissent. Nous examinerons ces variations, après avoir pris une connaissance générale et approfondie de la composition de la garance.
Les produits d'une même localité portent des marques spéciales destinées à indiquer leur qualité. Ainsi, d'après M. Persoz(l), la garance d'Alsace reçoit les dénominations ^ suivantes :
û, La garance SF ou surfine, qui provient des racines de choix dont on a enlevé les radicelles, qui ont moins de cœur et de parties ligneuses jaunes ;
b. La garance FF ou fine, qui, provenant de la mouture des racines en sortes robées, contient toutes les racines tant fortes que faibles ;
- c. La garance MF ou mi-fine, qui provient des racines menues ou radicelles, que l'on a retirées des racines employées à la préparation de la garance SF ;
d. La garance 0 ou mulle, qui provient de la mouture du billon du premier étuvage, ou des débris résultant du robage, ou enfin d'un mélange des deux ;
e. Deux autres garances CF et CFO qui proviennent du mélange de MF et de 0.
/. Sous le nom de SSF, il se vend quelques barils de poudre de pur ligneux (cœur de la grosse racine). Cette qualité est employée pour quelques teintures fines en laine et en soie et pour la préparation de la laque de garance.
La garance FF peut être considérée conmae la poudre normale ; c'est aussi celle dont on fait le plus grand débit; elle représente environ les ^ de là garance qui se fabrique en Alsace.
Les garances de* Hollande reçoivent les dénominations suivantes :
. (1) Persoz, Traité de V impression des tissus, t. I, p. 461 et 462.
CÀRÀNGB. 83
La garance robée fine, qui, par sa préparation, cofres- ^nd à la garance SF d'Alsace ;
- La garance petite robée ou moins robée, qui correspond à la garance FF d'Alsace ;
La garance non robée ou petite non robée qui correspond à la garance MF d'Alsace.
Quant à la garance d'Avignon, elle reçut d'abord les mêmes dénominations que celle d'Alsace. On distinguait seulement la poudre jaune qui se rapprochait le plus de la garance d'Alsace, de la poudre rouge ; puis on donna le nom de garance épurée à 3, S, 10 et 15 p. 100 à un alizari, auquel par l'opération du robage, on enlève une certaine quantité d'épiderme, de chevelu et de radicelles; et enfin, depuis un certain nombre d'années, on n'a pu ajouter assez de lettres h la suite les unes des autres pour rehausser la qualité des garances aux yeux du consommateur. En sorte que l'on vendait non-seulement des garances, SFFFsurflflfines, mais encore des garances EX SFFF et l'on y ajoute un premier P pour indiquer l'origine (palud) et un second P pour rappeler qu'elles sont palud pures. On a donc PP. EX SFFF.
On est revenu, heureusement, de cette exagération et les fabricants se contentent de nos jours d'une seule lettre pour désigner la qualité de leurs produits.
La racine fraîche n'a pas les mêmes apparences ni les mêmes qualités que la poudre préparée. Ainsi, selon les expériences de M. Ed. Kœchlin (1), en comprimant la partie charnue de la racine fraîche, on en retire une liqueur acide, de couleur jaune et qui rougit à l'air. Cette liqueur appliquée sur une toile mordancée à l'acétate d'alumine, donne un rouge clair devenant rose terne par un passage au savon.
A la teinture les diverses parties de la racine fraîche (tiges, racine entière, partie charnue et pai*tie ligneuse) ont toujours donné des nuances moins nourries que les mêmes
(1) Bulletin de la Société indust. de Mulh.^ 1. 1, p. 194.
parties desséchées ; enfin, en examinant au microscope une tranche assez mince de racine firatche, on ne peut y distinguer aucune trace de substance colorante séparée. Le ligneux est très-poreux, comme dans tous les végétaux, et la zone corticale charnue semble composée d'une substance mucilagineuse, liquide, contenue dans un réseau de filaments ligneux, sans aucun indice de porosité.
M. Decaisne, en examinant la racine vivante, est arrivé à des conclusions analogues. Il a trouvé que les cellules sont remplies d'un liquide jaune d'autant plus foncé et plus abondant que l'Age de la plante est plus avancé. Ce liquide jaune se convertit, au contact de l'air, en principe rouge insoluble.
Ce changement de teinte prouve que les matières colorantes subissent pendant la préparation de la poudre et par suite de l'accès de l'air, des modifications importantes que nous chercherons à analyser plus tard. Ces modifications se poursuivent môme longtemps après la trituration, alors que le produit est enfermé dans les tonneaux.