CH
Ammoniaque. Molécule d'hydrogène.
fCH»
Az
Pbéool.
Méthyla«nine.
Az H
Aniline.
CHM H/
Gai de$ marais ou hydrure de méthyle.
Benzine.
Ce rapport de parenté laisse prévoir la possibilité dépasser de l'un de ces composés à l'autre par des réactions nettes.
En effet : l'aniline traitée par l'acide azoteux donne de l'acide phénique.
Az
AzO H
0 = Az«4-HK)4-^J'f 0
Réciproquement l'acide phénique saturé d'ammoniaque gazeuse et chauffé dans un tube fermé à 300** donne de l'aniline (1).
7Jo+az{h=5|o + az{T
D'après M. Church (2), la benzine chlorée ou chlorure de phényle C®H*C1, obtenue par l'action d'un mélange de bichromate de potasse et d'acide chlorhydrique sur la benzine, se décompose par une solution alcoolique de potasse et donne de l'acide phénique.
(1) Laurent et Hoffmann.
{i) Journal of thc chemical Society, 2* série^ 1. 1, p. 76.
MàTIÈRES COLORANTES ORGANIQUES ARTIFICIELLES. S
Il n'est donc pas étonnant de voir Tacide phénique se prêter, jusqu'à un certain point, comme l'aniline, à la génération de matières colorantes.
L'acide phénique pur est incolore, solide, cristallisé en longues et belles aiguillés transparentes appartenant probablement au système rhombique. La facilité avec laquelle eeg aiguilles se liquéfient au contact de l'air n'a pas permis d'en déterminer exactement la forme.
Son odeur est forte et spéciale, semblable à celle de la créosote extraite du goudron de bois. Sa saveur est brûlante, caustique ; il attaque la peau des gencives et produit sur la peau des taches brunes et blanches. Il possède des propriétés antiseptiques très-remarquables et il est probable qu'il constitue la partie active du coaltar employé, il y a quelques années, dans le pansement des plaies suppurantes, et qu'on remplace aujourd'hui par l'alcool phénylique ; on donne même ce dernier à l'intérieur. A doses élevées, il est toxique, sa solution coagule l'albumine (1).
L'alcool phénique fond entre 34 et 3S*». Une fois liquéfié, il se maintient tel à une température bien inférieure à celle de sa fusion, surtout s'il n'est pas tout à fait anhydre ; mais en le refroidissant et en y ajoutant quelques cristaux d'acide on détermine sa solidification partielle (2).
La densité des cristaux est égale à 1,06S à + 18'. A l'état fondu la densité est 1,0397.
Il est sensiblement soluble dans l'eau pure ; 100 parties d'eau en dissolvent 3,26 à + 20** ; réciproquement le phénol dissout de l'eau. L'eau chargée de sel en dissout beaucoup moins; aussi peut-on le séparer en grande partie de ses solutions aqueuses, en ajoutant du chlorure de calcium, par exemple. Il est très-soluble dans l'alcool, l'éther, l'acide acétique, les huiles de goudron. U dissout le soufre, l'iode, J'in-
(0 Wuptz, Traité de chimie médicale^ t. II, p. 526.
(2) WilHamson, Ann. de chim, et de phys. [3], t. XLI, p. 491.
(digOj les résines et beaucoup d'autres matières organiques riches en carbone.
Bieaque jouissant de la propriété de s'unir aux bases, il ne rougit pas le tournesol. On peut dire qu'il tient le milieu entre les acides et les alcools. Il ne décompose pas les carbonates. On obtient le phénate de potassium et le phénate de
V 1 ^' N 1 ^ ^^^^ ^^ combinant directement le phénol à l'hydrate de potasse ou de soude, soit en faisant réagir le potassium ou le sodium sur l'acide phénique sec; dans ce cas, il se dégage de l'hydrogène.
Les phénates barytique et calcique sont également solubles dans l'eau et cristallisables.
Le phénol se rencontre dans les goudrons formés par la distillation sèche des houilles, des schistes et de certaines résines.
Certains goudrons, comme celui de cannel-cqal, en contiennent jusqu'à 14 pour 100 ; celui de la houille de Staffordshire en donne 9 pour 100, et celui delà houille de Newcastle 5 pour 100.
Gomme il bout à 188% on le trouve nécessairement parmi les produits distillés entre 150 et 200% lors de la rectification des goudrons. Pour le séparer, on utilise, le plus simplement, sa faculté de combinaison avec les bases alcalines ou^aveclachaux.
En agitant assez de temps l'huile distillée entre 150 et 200'', avec une lessive concentrée de soude caustique, et en laissant reposer, la couche inférieure se composera d'une solution de phénate de soude. Ce dernier pourra même cristalliser si la proportion d'acide phénique, par rapport à la soude, est assez considérable et si la lessive est assez concentrée.
On soutire par un robinet la couche aqueuse et on ajoute de l'eau; de cette manière, les hydrocarbures liquides em-
prisonnés ou émulsîonnés dans le magma cristallin viennent surnager et peuvent être complètement éliminés par une nouvelle décantation. La solution alcaline est saturée par l'acide chlorhydrique ; le phénol, peu soluble dans une eau chargée de sel, vient surnager sous forme d'une couche huileuse, que l'on purifie par distillation en recueillant ce qui passe entre 183 et 190°. Les premières parties sout aqueuses et doivent rentrer dans le courant de la fabrication. Par un refroidissement convenable on détermine la cristallisation du phénol, les cristaux sont égouttés et conservés à l'abri de Vhumidité.
On peut aussi faire bouillir et agiter l'huile de goudron avec un lait de chaux, décanter les huiles après repos, saturer la partie aqueuse par l'acide chlorhydrique et purifier l'acide phénique par distillation.
M. E. Kopp a proposé la marche suivante, qui paraît très-économique, pour la préparation de l'acide phénique.
Les liqueurs acides (sulfuriques) provenant de l'épuration des huiles de goudron (voir le traitement du goudron), ainsi que les liqueurs alcalines (sodiques), sont mises à part, et mélangées dans des proportions telles qu'il puisse se former du bisulfate de soude retenant en solution les alcaloïdes ; tandis que l'acide phénique se sépare sous forme d'une huile brune qu'on décante à chaud et qu'on rectifie. Par le refroidissement de l'eau mère, il se dépose une abondante cristallisation de bisulfate de soude, les sulfates à bases d'alcalis huileux restant en solution.
On n'a ainsi d'autres frais dans la préparation du phénol que ceux qui résultent du traitement nécessaire pour l'épuration des huiles de goudron.
On le voit, la fabrication du phénol n'est ni longue ni dispendieuse, aussi se trouve-t-il aujourd'hui dans le commerce à des prix très-modérés (4 à S fr. le kilog. cristallisé).
DÉRIVÉS DE l'acide PHÉNIQUE.
Les dérivés de l'acide phénique sont très-nombreux, nous n'indiquerons que les plus importants, en insistant particulièrement sur rhistoire de ceux qui touchent de plus près à notre sujet par leurs propriétés colorantes.
A. Produits de substitution chlorés. On connaît : l'acide
bichloro-phénique — ^j — lo liquide huileux; Tacide tri-
chlorophénique, — = — JO solide, cristallisé en aiguilles;
C^Cl' ) Tacide quintichlorophénique, —^ 1 0 solide , sublimable
en longues et belles aiguilles blanches.
Ces corps ont été obtenus, par M. Laurent, par l'action du chlore sur l'acide phénique ou ses dérivés chlorés. L'acide quintichloré se forme encore par l'action d'un excès de protochlorure d'iode sur l'acide phénique (Schutzenberger).
B. Produits de substitution bromes. L'acide bromophéni-
C«H*Br ) que — n — 1 0 se forme, d'après M. Cahours, par la distillation de l'acide bromosalicylique avec du sable et de la baryte.
C'est une huile incolore.
L'acide salycilique offre avec l'alcool phénique des rapports de parenté remarquables, il n'en diffère que par CO^ (acide carbonique) en plus.
PhéQol. Acide saiicylique.
L'acide saiicylique distillé avec de la chaux sodée, se décompose d'après cette équation. Réciproquement on régénère l'acide saiicylique, en .dirigeant un courant d'acide car-
bonîque dans Tacide phénique sodé -:j^ — | 0 obtenu par
Taction du sodium sur le phénol*.
On sait que l'acide salicylique a été obtenu par M. Piria, en oxydant l'hydrure de salicyle (essence de reine des prés ou de Spipsea ulmaria) par Thydrate de potasse.
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L'hydrure de salicyle se prépare facilement en oxydant la salicine par un mélange d'acide sulftirîque et de bichromate de potasse. La salicine elle-même se rencontre dans l'écorce de saule.
L'acide bibromophénique — ^ — ! 0 est solide, cristallisé en aiguilles incolores. M. Cahours l'a obtenu par la distillation d'un mélange d'acide bibromosalicylique, de baryte et de sable.