‹ Traité des matières colorantes (volume 2)Chapitre 30 sur 110 · FIXATION DES MORDANTS · texte numérisé non relu

FIXATION DES MORDANTS

Cette opération si importante comprend deux phases distinctes :

Dans la première, les pièces sont suspendues dans une chambre dont l'atmosphère est maintenue à un degré convenable de température et d'humidité.

On donne à ces étendages le nom de chambres d'oxydation. Cette expression n'est exacte qu'autant qu'il s'agit de mordants de fer, dans la fixation desquels l'oxygène joue, en effet, un rôle capital. Pour l'acétate d'alumine il n'y a nul besoin du concours des éléments de l'air. La chaleur et l'humidité sont seules chargées de la décomposition.

La chambre d'oxydation est maintenue à une température de 22 à 27° Réaumur, au moyen de tuyaux de vapeur. L'humidité est distribuée à la salle d'une manière régulière par une disposition très-simple. Les tuyaux calorifiques sont placés au-dessus de rigoles remplies d'eau qui se vaporise sous l'influence de la chaleur. On peut, à volonté, augmenter la quantité de vapeur, en laissant barboter celle des tuyaux

dans le liquide sous-jacent, au moyen de petits tubes latéraux, munis de robinets et distribués sur le parcours des tubes de chauffage.

Le degré hygrométrique s'évalue au moyen d'un hygromètre d'Auguste ou psychromètre. On s'arrange de façon à ce que le thermomètre dont la boule est mouillée marque 18**, l'autre marquant 22** Réaumur.

Lorsque l'atmosphère de la chambre est remplie de vapeurs d'acide acétique, il convient d'introduire de l'air chaud pour les expulser.

Une trop forte proportion de vapeurs acides nuit à la beauté des teintes. En laissant rentrer de l'air froid on condenserait de l'eau sur les pièces qui seraient ainsi gâtées par des coulages.

La durée de cette exposition est plus ou moins longue, suivant là nature des mordants et des dessins.

Pour les cachous et les puces, elle est de 72 hetires. Pour les violets et les puces, elle est de 60 heures. . Avec du noir et du rouge, elle est de 4S heures. Pour les roses et les rouges seuls, elle est de 6 à 20 heures.

Ces différences résultent du mode de fixation. Partout où doit intervenir une oxydation, le temps exigé est plus long que lorsqu'il s'agit seulement du déplacement d'une partie de l'acide acétique. Quant à la théorie de ce qui se passe dans la chambre d'oxydation, elle est très-simple et découle naturellement des indications données plus haut.

Le mordant acétate d'alumine se dédouble sous la double action de la chaleur et de la vapeur d'eau et, perdant de l'acide acétique, laisse sur le tissu, tantôt du sulfate basique d'alumine, tantôt de l'alumine hydratée ou un sous-acétate, suivant que l'on a imprimé une préparation qui peut être considérée comme une solution de sulfate basique dans l'acide acétique, ou comme de l'acétate pur.

M. H. Schiffert a entrepris, sous ma direction, quelques

recherches, dans le but de déterminer la nature de la composition aluminique restée sur le tissu, après la dessiccation et l'exposition à la chambre chaude.

1* Un tissu de coton foulardé en acétate d'alumine exemfpt de sulfate a été séché et exposé quelques jours à la chambre chaude. Soumis à la distillation dans une cornue ayec de l'^u et de l'acide sulfurique, il a fourni un liquide parfaitement neutre et ne contenant pas trace d'acide acétique, comme cela aurait dû arriver si, au lieu d'alumine hydratée, il était resté de l'acétate basique.

2"" Un morceau de calicot foulardé dans une solution d'alun, dont on avait précipité les trois quarts de l'acide sulfurique par de l'acétate de plomb, séché et exposé à la chambre chaude, a cédé à l'eau froide du sulfate d'alumine. Il résulte de là que l'acétate de plomb a partagé son action entre les sulfates d'alumine et de potassium dont les éléments se retrouvent dans l'alun et qu'une partie de l'alun est resté intact. Le tissu lavé à l'eau et distillé avec de l'acide sulfurique étendu n'a pas donné d'acide acétique. Eavé à l'eau et bouilli avec du carbonate de soude, il n'a pas fourni de liqueur contenant de l'acide sulfurique, comme cela aurait dû se produire s'il était resté un sous-sulfate d'alumine; l'acide chlorhydrique chaud en extrait par contre beaucoup d'alumine précipitable par le carbonate d'ammoniaque.

3° Un morceau de calicotfoulardé en mordant rouge ordinaire, séché et exposé à la chambre chaude, pendant le temps usité à la fixation des mordants, n'a pas non plus révélé la présence d'acide acétique. Traité par l'eau froide.il donne une solution qui se trouble par l'ébullition, ea laissant déposer du sulfate basique d'alumine et dans laquelle on peut mordancer une étoffe en chaufiant à 70**. Ce même tissu bien lavé à l'eau froide ne retenait plus d'acide sulfurique, mais seulement de l'alumine hydratée.

Il résulte de ces ejcpériences que, dans aucun cas, les pièces mordancées en acétate d'alumine, séchées et oxydées, ne

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