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GENRES GARANCES DIVERS. — GENRES CONVERSIONS

Nous ne dirons rien des enlevages et réserves, destinés à provoquer la formation de parties blanches sur fond coloré. Ces opérations se pratiquent sur les mordants, avant la teinture et sont plutôt du domaine d'un traité technique spécial (1).

On donne le nom de conversion à une modification de teinte que Ton fait éprouver à une couleur, sur tissu, par l'intervention d'un agent chimique; cette modification peut être totale ou partielle ; c'est-à-dire provoquée sur toute la surface colorée, ou seulement par places déterminées par la gravure du rouleau.

M. Persoz (2) signale plusieurs conversions intéressantes, nous ne ferons que les résumer.

4" On imprime des rayures ou tout autre dessin, en acétate d*alumine, pour rose, mélangé de nitrate d'alumine. Si, après séchage, on recouvre la pièce d'un autre dessin plus fin à l'acétate de soude, partout oîi cette impression coïncidera avec le mordant primitif, on en augmente la force, par suite de la double décomposition opérée entre le nitrate d'alumine et l'acétate de soude.

Il en résulte, après teinture, un double rose.

Des effets analogues peuvent être obtenus avec les mordants de fer, et fournissent des doubles violets.

2" Des bandes violettes ou roses, en se coupant, donnent des nuances plus foncées aux points d'intersection.

3" On peut modifier le rose et le violet par le cachou, en introduisant ce principe dans le mordant, et en imprimant par-dessus un dessin au bichromate. Aux points de contact ou de superposition des deux couleurs, le cachou oxydé se développera avec sa nuance brune, partout ailleurs il

(1) Voir Persoz, Impression des tissus^ t. III, p. 219 et suivantes. (3) Ibid,, U IV, p. 481 et suivantes.

disparaîtra ou à peu près par un lavage fait le plus tôt possible, et Ton n*aura, après teinture en garance, que du rose ou du violet.

4» Un mordant fin rouge est imprimé, teint et avivé; puis on rentre, en certains points, une solution d'acide oxalique, en fondus réguliers. L'acide dégrade plus ou moins la nuance rouge, pendant le vaporisage consécutif et la fait passer du fin rouge au rose.

Cette application intéressante, d'un fait bien connu, est due à MM. Japuis frères.

5"* En croisant des bandes rouges garancées et avivées, par des bandes rouille on aura trois nuances. A le rouge, resté intact, B le rouille sur les blancs, C la nuance qui résulte de la superposition du rouge et du rouille. Si de plus on vient encore à couvrir avec une impression en acide oxalique, après le vaporisage, l'effet produit sera le suivant. La rouille seule sera enlevée par l'acide aux points.de recouvrement ; sur les parties où le rouge, la rouille et l'acide se mélangent, on verra apparaître du violet ; l'acide oxalique dissout donc, dans cette circonstance, l'alumine, de préférence à l'oxyde de fer, et détermine la formation d'une laque à base de fer.

6*» Des bandes fin rouge ont été teintes en garance additionnée de noix de galles. Le tannin fixé au mordant, et qui résiste au lavage et au savonnage, n'est pas visible; c'est tout au plus s'il altère légèrement l'éclat du rouge ; mais en croisant avec des bandes rouille, on verra apparaître du noir aux points de superposition, tandis que sur les blancs la rouille garde sa couleur ; ceci prouve que, dans la teinture, le tannin ne s'est fixé qu'aux parties mordancées en alumine.

On produit un effet semblable, en remplaçant la noix de galle par toute autre matière astringente, telle que du quercitron, du sumac.

7° Un fond rouge turc est recouvert par places avec une

couleur acide (acide tartrique) contenant un sél de fer. On passe en chlorure de chaux et on lave.

Le chlorui!e n'agit pas sur le rouge huilé ordinaire, mais, partout où Ion a fixé de Tacide, le chlore devenu libre détruit le rouge, en même temps le peroxyde de fèr hydraté se précipite. Si Ton passe ensuite en cyanure jaune acidulé, on obtient du bleu (bleu de Prusse) enlevage sur fond rouge huilé.

8* M, Carlos Kœchlin a publié un effet de conversion intéressant.opéré sur tissu garance (1).

On sait, par les travaux de M: Persoz, qu'un violet de garance traité par l'acide chlorhydrique vir© au jaune orangé , et que, passé ensuite dans un lait ée chaux, il prend une teinte violet bleuâtre, d'un éclat extrêmement brillant.

Le même traitement appliqué aux' violets de garancine ne donne ^n chaux, qu'une nuance amarant^e. Cette .différence tient à l'absence de la chaux dans la laque violette formée avec la garancine ; car si l'on teint avec celle-ci, additionnée d'un excès de chaux, de manière à obtenir une couleur qui tient au savon, le traitement acide, suivi d'une immersion en lait de chaux, donnera un beau bleu. Ce réactif peut donc servir coname mesure de la solidité, puisqu'il concorde avec le résultat que donne l'avivage en savon.

On trouve ainsi que la fleur, le carmin de M. Schwartz, l'alizarine commerciale et les extraits se comportent comme la fleur.

Si l'on passe un échantillon violet, teint en fleur ou en garance, dans de l'acide sulfurique à 15' Baume ; si, après le passage, on lave à l'eau et l'on plonge cet échantillon ainsi modifié dans une solution d'aluminate de soude, sans ejicès d'alcali (aluminate fabriqué avec la bauxite), on verra la nuance devenir presque instantanément rouge. La quantité d'alumine qui se fixe est en raison directe de la force du

(t) Note sur la teinture par substitution. Bull, de la Société industrieile de Mulhouse, t. XXVni, p. 1 19.

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mordant de fer qu'on avait imprimé. L'acide enlève donc le mordant de fer sans nuire à la matière colorante, laquelle, lors du passage en aluminate de soude, attire de Talumine pour se combiner avec elle et remplacer Toxyde de fer qu'on lui a enlevé.

Les rouges ainsi obtenus peuvent être savonnés, sans toutefois résister aussi bien que ceux produits par la méthode ordinaire. On peut tirer parti de ce fait pour réaliser en impression un genre conversion.

Relativement aux idées émises par M. G. Kœchlin sur rinfluence de la chaux pour la solidité des violets garancine,nous ferons observer, avec M. Mathieu-Plessy, rapporteur du comité de chimie, que les extraits alcooliques de fleurs ou de garancine, extraits qui sont exempts de chaux, donnent en teinture, avec de Teau distillée, des violets bien solides et qui, à Tessai ci-dessus mentionné, se comportent comme la garance. Il y a donc encore, dans la causede la nonsolidité des violets garancine, quelque chose de non expliqué et Ton ne peut tout à fait attribuer à l'absence de calcaire les différences observées entre eux et les violets de garance.

ROUGE TURC OU ROUGE D'aNDRINQPLB. — ROUGE MÉRINOS.

Il nous reste à parler d'un genre dérivé de la garance, qui occupe une place à part et très-importante, tant par la nature des éléments qui concourent à sa formation, que par la beauté, l'éclat et la solidité de sa nuance.

Un tissu rouge turc ne se distingue pas seulement d'un rouge garance ordinaire, avivé, par une intensité et un édat remarquables, mais encore par une résistance extraordinaire à l'action d'agents énergiques, tels que les acides minéraux, le chlorure de chaux.

Ce mode de teinture a pris naissance dans l'Inde ; ainsi, au dire de Le Goux de Flain, les toiles blanches qu'on se propose de teindre y sont préalablement trempées dans du

lait de buffle ou de brebis, puis exposées au soleil. Delà, il se répandit dans le Levant, et fut importé en France par des Grecs, vers le milieu du dix-huitième siècle.

Avant de mordancer en alumine, on prépare le tissu au moyen d'un corps gras (huile tournante), que Ton modifie ensuite convenablement, par l'action pombinée ou successive des carbonates alcalins, de la chaleur, de la lumière et des influences atmosphériques.

Le produit de l'altération spéciale de Thuile tournante fonctionne déjà comme mordant, et attire en bain de garance, pour donner un rouge moyen qui, après avivage, passe au rose pur. Combiné avec l'alumine ou Toxyde de fer, il communique à la laque des caractères remarquables de solidité, qui permettent un avivage très-intense.

Dans la plupart des procédés de rouge turcjl'alunage ou mordançage à l'alumine est suivi d'un engallage.

La teinture en garance n'offre rien de particulier.

L*avivage est beaucoup plus énergique et plus long que ravivage ordinaire. Il se donne en chaudière close avec du savon ou du carbonate alcalin et du chlorure stanneux.

Ce traitement, que ne supporteraient pas les garances non huilés, a pour résultat de communiquer à la couleur une nuance feu extraordinairement belle.

La clef de la fabrication du rouge d'Andrinople réside, comme on peut le voir parce rapide aperçu, dans l'intervention des corps gras et dans la modification toute spéciale qu'on leur fait subir.

Elle s'obtient par une série d'opérations longues et dispendieuses. Quelques fabricants, notamment M. Steiqer de Manchester, sont parvenus à abréger beaucoup la durée du traitement et à réaliser ainsi une grande économie de temps, tout en produisant des nuances supérieures.

On ignore encore quelle est la nature exacte de l'altération de la graisse, par quelle série de transformations elle devient apte à jouer un rôle aussi utile? Est-il possible de provoquer

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les modifications en dehors du tissu, pour arriver à l'huiler instantanément et par une simple impression? Toutes ces questions , gui sont d'un grand intérêt, ont jusqu'à présent vainement exeroé la sagacité des chimistes les plus habiles.

Une théorie rationnelle du rouge reste donc à faire, et depuis des années la Société industrielle de Mulhouse la de* mande, sans pouvoir se donner la satisfaction d'effacer cette question de son programme des prix.

On dit que M. Chevreul est occupé d'un travail sur la nature de la substance grasse des pièces huiléies* Cet éminent chimiste est plus que tout autre à même de vaincre cette question ardue ; espérons donc quebientôt le vague ne planera plus sur un sujet si capital.

Avant de donner les lambeaux de théorie que Ton peut admettre provisoirement, voyons comment on procède généralement.

Les pièces, blanchies comme à l'ordinaire, sont foulatdées dans une émulsion d'huile tournante et de carbonate alcalin.

L'huile d'olive, dite tournante, se caractérise par la facilité avec laquelle elle s'émulsionne avec les alcalis et les carbonates alcalins, et par la persistance de l'émulsion. C'est même ainsi que l'on apprécie ses qualités dans les fabriques. On bat, à cet effet, 1 partie d'huile avec 36 à 40 parties de lessive de soude à ^,28. Si, au bout de cinq à six heures, le bain blanc reste homogène, si l'huile ne se sépare pas pour monter à la surface, on peut admettre qu'elle est bonne. Elle est préparée en traitant les olives par l'eau chaude avant l'expression ; cette opération fait passer dans le corps gras une plus forte proportion de matières extractives.

D après M. Persoz, on peut rendre tournante toute espèce d'huile, en y incorporant deux jaunes d'œufspar litre.

Les expériences de M. Ed. Schwartz (1) démontrent la nécessité de l'intervention des alcalis et de préférence des alea-

(1) Persoz, t m, p. 179.

lis carbonates, ou même des bicarbonates. Suivant les résultats observésparcethabile chimiste technicien, ces corps n'agissent pas seulement en permettant Témulsion et la division du corps gras, mais ils ont en outre une influence capitale dans la marche de la modification qu'il doit subir.

Il semble aussi qu'il est utile d'ajouter au bain blanc une certaine proportion de crottin de mouton ou de fiente de vache. Cette addition, faite dans le but, soi-disant, d'animaliser le tissu et de le rapprocher ainsi des fibres animales, peut être favorable parce que les éléments des produits excrémentitiels des herbivores concourent à favoriser l'altération du coi^s gras.

Quoi qu'il en soit , le tissu ainsi foulardé et matté en bain blsnc, uniformément imprégné d'huile d'olive tournante, de carbonate alcalin et des éléments solubles du crottin, est desséché à l'étuve chaude, puis exposé sur pré ; ou, si le temps est beau, on peut le sécher directement au soleil. Dans ces conditions de température, par l'action de l'air, de la lumière, de l'humidité, et avec le concours des carbonates alcalins, on vdt s'opérer cettetransformation mystérieuse et dont le sens nous échappe.

Rien ne s'opposerait à ce que nous remplacions ici les faits positifs, qui font défaut, par des hypothèses ; nous pourrions faire entrevoir qu'elle dérive d'une oxydation lente, qui trouve,jusqu'à un certain point, sa confirmation dans les phénomènes A connus de l'absorption de l'oxygène par les graisses et dans les combustions spontanées, observées quelquefois sur les tissus huilés, lorsqu'ils sont entassés sans précaution et saiis aérage suffisant pour éviter l'élévation de température.

Il est vrai qu'on a varié dé bien des manières Tinfluetice des oxydants sur l'huile, sans parvenir à la modifier, en dehors du tissu, dans un sens favorable à la production du rouge turc ; mais ce résultat négatif ne prouve rien en défaveur de l'oxydation. Ce phénomène, s'il n'est pas prouvé définitive-

ment, est tout au moins très-probable. Sans entrer dans de plus longues considérations, qui n'auraient que peu de valeur pour éclairer ce point de théorie, laissons parler les quelques recherches expérimentales publiées sur la nature de la substance grasse modifiée des pièces huilées.

M. Weîsgerber a fait à ce sujet quelques expériences, au laboratoire de M. Persoz. Il a reconnu qu'elle est soluble dans Tapétone (esprit de bois), et qu*à mesure que Ton épuise le tissu par ce véhicule, il perd de plus en plus la faculté d'attirer en bain de garance. En évaporant au bain-marie la liqueur acétonique, il obtint un résidu liquide et visqueux, de nature grasse, composé de deux substances. Tune solide, l'autre liquide et qui se maintient longtemps dans cet é^^t. Soumis à la saponification, ce corps n'a fourni aucune trace de glycérine. Appliqué sur tissu en quantité convenable, il donne avec la garance des teintes foncées et pures.

J'ai moi-même extrait, par l'alcool acide, la substance grasse d'un tissu teint et avivé pour rouge turc. Après saturation de l'acide sulfurique par l'ammoniaque et filtration du précipité d'alun, la solution a été concentrée et précipitée par l'eau. Le dépôt filtré, lavé et séché a été épuisé par le sulfure de carbone qui dissout la graisse avec très-peu de colorant. Ce qui reste représente de l'alizarine pure. Après élimination du sulfure de carbone, j'ai obtenu un résidu huileux un peu rougeâtre. Traité par l'eau de baryte, ce liquide a fourni immédiatement à froid un savon barytique. Il contient donc de l'acide gras libre. La partie non attaquée à firoid a été bouillie avec l'hydrate de baryte ; il s'est produit, par une véritable saponification, une nouvelle quantité de savon ; enfin il est resté une notable proportion d'une graisse neutre non saponifiable et qui représente probablement le corps de M. Weisgerber. Le savon barytique ainsi obtenu est soluble dans l'alcool, d'où il cristallise en aiguilles. sait que l'acidesulfoléique, obtenu par la saponification

sulfurique de Thuile, fournit, en s6 décomposant par Teau, une substancejouissant, jusqu'à un certain degré, du pouvoir de solidifier beaucoup les couleurs garancées, lorsqu'elle est introduite dans l'impression du mordant. Il est, d'après cela, probable que c'est l'oléine de l'huile qui concourt essentiellement à la production de ce mordant organique spécial.

L'huile modifiée agit : 1** comme mordant. D'après les analyses de M. Che\reul, certains rouges turcs ne renferment qu'une proportion minime d'alumine ; 2° comme solidifica- . trice de la laque rouge; 3"* M. Kuhlmann a démontré de plus qu'elle jouit du pouvoir de précipiter énergiquement et de retenir les oxydes métalliques, tels qu'oxyde de fer.

Ainsi, en plongeant, quelques instants seulement, un échantillon huilé en sel ferrique, il attire assez d'oxyde de fer pour prendre en teinture une belle nuance violette.

L'influence du corps gras modifié ne s'étend pas seulement au rouge, mais encore au violet. MM. Weber frères fabriquaient à Mulhouse du coton huilé teint en violet, d'une telle résistance, qu'on pouvait le plonger en acide chlorhydrique assez concentré sans faire virer la nuance.

En y réfléchissant, on est tenté d'attribuer la nuance spéciale et l'éclat du rouge turc à un effet physique. Le corps gras modifié, fluide, qui imprègne le tissu, tend à s'accumuler à la surface, par un effet de capillarité, et par conséquent la laque complexe est surtout superficielle.

M. Persoz fait observer que les plus beaux rouges offrent une tranche interne presque blanche, lorsqu'on les déchire. L'augmentation de solidité peut également être dû à l'influence physique de l'huile qui, enveloppant les particules de laque, les préserve de Faction trop directe des agents destructeurs.

Mais, dira-t-on, comment concevoir alors la teinture, si le mordant ne se mouille pas, entouré qu'il est d'huile fluide. Cette objection peut être facilement levée. La graisse dissout

facilement de la matière colorante et la transmet à Toxy de métallique aussi bien que Teau,

Ces considérations ne sont pas de nature à faire dénier toute action chimique de l'huile modifiée, dans le développement des propriétés spéciales du rouge d'Andrinople.

Généralement, on n'arrive pas, par un seul passage en bain blanc, suivi d'une dessiccation et d'une exposition, à fixer la dose nécessaire de mordant organique. Cette opération doit être répétée plusieurs fois. Un tissu suffisamment préparé doit, après avoir été dégraissé par un foulage en carbonate de soude, attirer en bain de sumac assez de principe tinctorial, pour prendre en acétate d'alumine une teinte jaune bien nourrie.

Le dégraissage qui suit les opérations de l'huilage, a pour but d'éliminer les parties du corps gras non modifiées et celles qui, modifiées, n'adh'^rent pas à la fibre. En foulant en solution de carbonate alcalin, on obtient une émulsion einployée sous le nom de vieux bain blanc, et qui sert plus avantageusement à l'huilage de nouvelles pièces, probablement parce qu'il renferme déjà une forte proportion d'huile plus ou moins altérée.

. Vient ensuite l'opération du mordançage. La précipitation de l'alumine est ici facilitée par l'attraction exercée par la matière organique. On peut ou plaquer en acétate d'alumine, sécher, fixer à la chambre' chaude, bouser à la manière ordinaire, ou donner d'abord un passage en bain astringent (noix de galle, sumac), puis un passage en alun, dessécher et passer en craie pour saturer l'alun, et favoriser la précipitation de l'alumine qui, sans cela, ne serait pas complète. Quelquefois, on réunit dans le même bain la noix de galle et l'alun.

On teint en garance, ou en fleur. Dans le premier cas, on ajoute souvent au bain de teinture de la craie, du sang de bœuf, de la colle ou encore du sumac. Souvent on teint en

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deux fois en faisant suivre la première opération d*uii dégorgeage et d'un second mordançage.

On avive plusieurs fois (deux à trois fois), toujours en chaudière close, à l'ébuUition et à une pression déterminée.

Le premier avivage se donne dans un bain de savon et de carbonate de. potasse ; les^ deux autres dans un bain de savon et de sel d'étain, ou ^e savon, de carboimte de potasse et de sel d'étain.

Le savon ne peut plus avoir pour effet, dans ce cas, de fixer sur le tissu de l'acide gras. Il serait possible cependant que l'acide gras libre trouvé par moi dans la graisse liquide retirée d'un tissu rouge avivé provînt de cette source: Sa principale action, ainsi que celle du carbonate alcalin, est d'éliminer les matières fauves et c>olorantes, autres que l'alizarine.

Quant au sel d'étain, il détermine bien certainement la précipitation d'une certaine dose d'oxyde d'étain, qui fait virer la nuance de la laque complexe, et lui donne cette couleur feu qui est l'un des apanages du rouge turc.

La marche que nous venons de tracer, d'après les indications précieuses publiées par M. Persoz, est celle que l'on suivait généralement. Quelques fabricants ont introduit des modifications plus ou moins radicales. Ainsi :

M. Haussmann foulardait en bain blanc monté avec de l'huile d'olive et de l'aluminàte de soude et obtenait ainsi simultanément l'huilage et le mordançage.

M. Gastard faisait suivre chaque passage en bain blanc d'une exposition à l'air, d'un séchage à l'étuve chaude et d'un passage en acide nitrique 1* Baume, et enfin d'une dessiccation à l'air. Cet industriel a évidemment été conduit à l'emploi de l'acide nitrique par l'idée préconçue de favoriser l'oxydation. Il paraîtrait que dans la méthode de M. Steiner la pièce préparée en carbonate alcalin passe dans de l'huile, puis entre deux pièces semblables et un laminoir; enfin elle est soumise à l'action d'une température suffisamment éle-

t88 TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.

vée et dans des conditions convenables, pour que Toxydation ou l'altération se fasse vite et en une fois.

On obtient de très-beaux roses huilés en soumettant les pièces huilées et faiblement mordancées à TébuUition en chaudière close avec des rouges turcs que Ton avive. La matière colorante qui se détache sufQt pour teindre en rose.

Pour les violets il est nécessaire d'employer le crottin de mouton incorporé au bain blanc, et de mordancer en sel de peroxyde de fer (nitro-sulfate).

Suivant M. D. Kœchlin Fengallage est inutile, si Ton prend la précaution de saturer préalablement l'alun.

Nous donnerons comme exemple un des procédés publiés par M. Persoz(l).

Pour i 000 kilogrammes coton :

585 à 650 kilogrammes huile tournante.

1 500 litres eau, et 9 à 1 0 kilogrammes carbonate de potasse.

Après l'immersion on met les pièces en tas dans un endroit frais pendant dix à douze heures, puis on sèche à l'étendage à 60°.

Ces opérations se répètent de sept à huit fois.

Dégraissage. — Macérer à deux reprises pendant vingtquatre heures dans une solution de carbonate de potasse à 2° ; exprimer, rincer à l'eau, foularder à 70* dans un bain monté avec 300 litres de décoction de noix de galle (10 kilogrammes) et 16 kilogrammes d'alun. Ces proportions suffisent pour 300 kilogrammes de coton. Suspendre à l'étendage à 45% deux jours.

Passer en bain de craie.

Teindre 10 pièces à la fois avec 3 — 4"^,S de garance par pièce. 13 à 1800 litres d'eau. Monter en deux heures trois quarts à l'ébullition, que l'on maintient un quart d'heure.

Second engallage et mordançage comme le premier.

(t) Persoï, Impression des tissus ^ t. III, p. 191.

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Seconde teinture comme la première.

!• Avivage en chaudière close. 8 heures d'ébuUition.

6 kilogrammes savon.

1^",50 carbonate de potasse.

2* Avivage en chaudière close.

ei^fi savon.

0«',375 sel d'étain.

3* Avivage comme le précédent.

Passage en son.

On voit que dans ce procédé les pièces huilées ne sont pas exposées sur pré, et que, par conséquent, Tinfluencede la lumière peut être remplacée par celle du calorique.

Quelquefois on laisse les pièces huilées entassées dans un séchoir à 38*, en les remuant de temps à autre, pour éviter leur inflammation spontanée, résultat d'une combustion lente trop active.

La teinture du coton en pente, pour rouge turc, n'offre rien de spécial, si ce n'est dans le travail mécanique.

MOYENS DS R£C0NNAITR£ LE BOUGE D'ANDAINOPLE.

La nuance seule, d'un rouge feu éclatant, suffit pour fixer les idées ; mais si l'on avait des doutes, on n'aurait qu'à plonger quelques instants un échantillon dans un bain bouillant de chlorure de soude à S"" Baume. U en sortira plus vif et un peu affaibli. Aucune autre couleur rouge ne supportera cette épreuve, même les garances ordinaires qui seront décolorés. Ajoutons à cela le non-virage et la résistance sous l'influence des acides (oxalique, chlorh^drique étendu).

L'échantillon ci-joint donne une idée des résultats que l'on obtient :

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