‹ Traité des matières colorantes (volume 2)Chapitre 42 sur 110 · Ëchactillon ae rou^ d'Andcinople · texte numérisé non relu

Ëchactillon ae rou^ d'Andcinople

llli tît%/ iliï

ROBUjCÉES EXOTIQUES, ^KOP££S A LA TEtNTUHE EH ROUGB.

Le rubia tinctorum n'est pas la seule plante dont, la racine renferme des matières colorantes rouges, congénères de Talizarine ou dé la purpurine.

Aux Indes^ on utilise divers produits de la famille des rubiacées, qui n'ont été jusqu'à présent introduits en Europe que sous forme d'échantillons. On jurait trouvé, en effet, peu d'avantages aies substituer à la garance ordinaire.

MM. Ed. Schwartz et D. Kœchlin ont étudié les propriétés tinctoriales ae ces produits, rapportés des Indes par M. Gonfreville (1).

Telssont:

Le chtiyaoer^ plante cultivée stir les côtes de Malabar et de Coromandel, ^ Ton é& sert de sa racine pour la teinture eoft rouge dès cotons huiléte. '

Elle réussit le mieux dan^ des terrains sablonneux.

La ra(»ne se présente sous forme de filaments ayant environ im millimètre de diamètre, tie codeur grise extérieurement et jaune dair à Tintérieur. Elle est plus tenace et plus

(1) Bulletin de la Société industrielle^ t. V, p. 301 et suivante».

difficile à pulvérijser que la racine de garance et représente une des rubiacé^: la .plus.généràl^nent employée dans les Indes. Sa réaictioaest mde et^, avant d'en faire-usage Bn teinture, il convient de la laver à l-eau, Il est au^si nécessaire d'ajouter au bain une oertaine quantité de craie ou de carbonate de soude. On monte de 30"* Réaumur jusqu'à rébuUition, dans un espace de temps proportionné à la quantité de ma«tières colorantes à ^uis^r. Les couleurs obtenues sont moins orangées que celles que donne le nona et jse rapprochent de celles de la garance. Le rouge huilé s'avive parfaitement au bain de-savon, en «b<audière ferméCp

Le rouge, le rose, le noir, le puce et le violet sur toile non huilée, supportent les opérations au savon et à l'acide nitrique, tout comme les couleurs garancées et ne le cèdent à celles-ci ni en vivacité, ni en solidité.

Ce qui s'oppose surtout à l'emploi de ce produit en Europe, c'est qu'il renferme à peine le quart de la matière colorante d'une garance indigène moyenne. Ses qualités sont parfaitement analogues à celles de la garance d'Avignon, tandis que les autres rubiacées des Indes (sans en excepter aucune), quoique plus riches en matières colorantes, sont trop acides.

L'histoire chimique et l'analyse immédiate de cette racine sont encore à faire. Quelque^ essais tentés s^vec le peu de racine que je dois à l'obligeance de M. If KœchUn-Schouch, m'ont démontré que le chayaver contient de la chlorogénine et de l'alizarine et qu'il est très-facile de l'épuiser,, par un traitement alcoolique, vu l'acidité naturelle de cette racine et l'absence des sels de chaux.

Le mungeet ou rubia mungista a cela de particulier, que la tige fournit plus de parties colorantes quç la racine^

A l'état sec, elle est presque aussi riche que la bonne garance d'Avignon, mais elle renferme beaucoup de parties jaunes et acides ; aussi ne peut-on obtenir des teintes solides avec son concours.

Le rouge huilé et avivé, quoique très-intense au début, se détruit rapidement sous l'influence des rayons solaires.

Ce phénomène senible indiquer que la coloration ne dérive pas de Talizarine ou de la purpurine ; et, en effet, M. Stenhouse a démontré l'existence, dans le mungeet, d'une matière colorante spéciale, à laquelle il a donné le nom de mungistine.

Il épuise le mungeet, réduit en poudre fine, par une solution bouillante de sulfate d'alumine (SOO grammes de mungeet, 1 kilogramme de sulfate d'alumine et 8 kilogrammes d'eau). La liqueur filtrée fournit par l'ébullition un précipité rouge clair, qui est filtré, lavé et séché. Le résidu repris parle sulfure de carbone lui cède la matière colorante, tandis qu'il reste une matière résineuse insoluble. Par l'évaporation du sulfure de carbone, on obtient un extrait rouge clair, composé de mungistine et de purpurine. En traitant par l'eau bouillante, additionnée d'acide acétique, la purpurine reste insoluble, tandis que la mungistine se dissout en jaune et se reprécipite par le refroidissement. Purifiée par des cristallisations répétées dans l'alcool bouillant, elle se présente sous forme de grandes écailles jaunes.

La mungistine est fusible, et cristallise par le refroidissement; elle est peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante ; l'alcool la dissout à froid et mieux à chaud. Avec le carbonate de soude, l'ammoniaque et les alcalis caustiques, elle donne des liqueurs rouge clair. L'eau de baryte donne un précipité jaune; l'hydrate dialumine, une laque orange clair. Elle se dissout dans l'acide sulfurique.

M. Stenhouse attribue à la mungistine la formule Q8{j6Q3 ^ly L'acide azotique concentré transforme la mungistine en acides phtalique et^ oxalique. L'ammoniaque caus-

(1) Annalen der Chemie und Pharm., t. CXXX, p. 325.

tique la convertit en une substance brune ayant l'aspect de rhumus.

Si la formule donnée à la mungistine est exacte, qe principe colorant sort de la série de ceux que nous avons trouvés dans la garatifee, et qui renferment tous 20 atomes de carbone.

Nona. — La rubiacée, connue sous ce nom, est la racine d'un arbre qui appartient à l'espèce des guilandina. Son aspect diffère peu de celui de la racine de garatice. Elle est plus tenace et plus difficile à pulvériser; très-riche en matières jaunes et acides. Aussi corivîent-il, non-seulement de la laver à l'eau froide avant de s'en servir, mais encore de teindre avec addition de carbonate de soude, en se conformant en cela au principe bien prouvé par l'expérience, que pour avoir des nuances solides' avec la garance ou les rubiacées analologues, le bain de teinture doit être parfaitement neutre. ,

Pour teindre, on pulvérise finement la racine de nona, puis on la lave avec cinquante fois son poids d'eau froide et pure ; on ajoute 1/S de son poids de carbonate de soude et on monte progressivement de 30° Réaumur à l'ébuUition.

On obtie^pt ainsi, sur coton huilé, un rouge très-intense qui, avivé en chaudièire close avec du savon et un peu de chlorure d'étain, se convertit en un écarlate voisin du rouge d'Andrinople ordinaire. Le coton non huilé prend des nuances voisines de celles de la garance, mais plus jaunâtres. Cette teinte se conserve après l'avivage.

h'Ouongkotidou contient entre la moitié et le tiers des parties rouges que donne une bonne garance d'Avignon. Elle n'est pas aussi acide que le mungeet et exige néanmoins une addition de 3 pour 100 de carbonate de soude. Les couleurs sont moins vives et moins solides que celles de la racine de nona.

h'Bachrout ne diffère guère du nona ni par sa richesse, ni par ses qualités tinctoriales.

L'histoire de ces rubiacées tinctoriales, exotiques, est, comme on le voit, peu étudiée encore.

BiBU06RAPHrE DE LA. GARANCE ET DE^ MOBDANTS. -^ BnHêtim de la Société industrielle de Mulhouse. — Rapports sur divers mémoires envcyyés à la Société, par H. Schlumberger, 1. 1, p. 93. — Mémoire sur la garance, par Robiquet et ColiQ, 1. 1, p. 426. — Idem, par M. Kuhlmann, t. I, p. 1 46. — ' Essais sur la garance, par M. KœchliiihSchouch, 1. 1, p. 175. — * Notice sur les propriétés tinctormles des racines de garance^ par Edouard Kœchlfn, U l, p. i94. — Lettre sur la fLeurde garance (ancienne fleur, aujourd'hui garancine),par Lagier, t. II, p. 209. — Rapport sur cette lettre, par M. Penot, t. Il, p. 215. — Rapport sur un mémoire traitant de la garance, par Philippe Weber, t. IV, p. 125. — Rajpportsar un mémoire relalif à la gaïame, par H. Schlittuberger^ 1. IV, pi, iio. *- Èhte ^«r un m^yen de séparer la matière colorante de la pftraricej p^r Dandirillon^ t. IV, p. 144. — Mémoire sur la garaàce, t. Y, p, 145. -f- Rapport sur ce mémoire, t. V, p. 159. — Examen comparatif de la garance d'Avignon et de la garance d Alsace, par H. Schlumbferger, t. Vil, p. 99. — Rapport sur ce mémoire, par Léonard SchT?artz, t. Vïï, p. 147. — Rapport sur divers mémoires relatifs à la garance, par H. Schlumberger, t. VIII, p. 293. — Observations sur la garance, par H. Schlumberger, t. VIII, p. 401. — Réflexions sur le mémmre de M. E. Schlumberger relatif à la garance, par Robiquet, t. X, p. 47. — Mémoire sur la matière cotoran/e de la garance, par G. 8chM/«lPlz, t. X, p. 329. — Rapport sur ce mémoire, par H. Schlumberger, t. X, p. 344. — Considération sur le pouvoir tinctorial des garances, par H. Schlumberger, t. XI, p. 270. — Rapport sur ce mémoire, ^ss A. Scheurer, t. XI, p. 332. — Notice sur V extraction d'un principe colorant de la garance, par Ed. Collomb, t. XII, p. 307. -^ Rapport sur cette notice, par H. Schlumberger, t. XII, p. 321. — Moyen d'extraire la matière colorante de la garance, par M. Camille Rœchlin, t. XV, p. 457. — Rapport sur ce mémoire, par H. Schlumberger, t. XV, p. 460. — Rajpport sur le prix relatif à un extrait de garance, par H. Schlumberger, t. XXIV, p. 9». — Essais sur ïasoMnhté de la matière colorante de la garance dans les huiles fixes, par Ed. Schwartz, t. XXV, p. 180. — Rapport sur cette notice, par M. G. Schaeffer, t. XXV, p. 184. — Recherches pour trouver un moyen de mieux utiliser la matière colorante de la garance en teinture, par Ed. Schwartz, t. XXV, p. 366. — Mémoire sur les matières mucitagimuses de lagarance, par M. P. Schûtzenberger, t. XXVII, p. 5. — Reeker-

GARANCE. t»5

; . ckes sur la wxhure de. la VMMère colorcmU de la guranee, par Ed.

SchwartZ) t. XXVH, p. ?42. -^ Mpj^mnce fi^émmtt, t.KXyiI, . p. 346. -^ Mémcive mr la solubilUé de la vmlièfe seok^rànie de la garance dan& de l'eaù à des temp4r€^e$, eùmpim â«tfreiO(^€fâ90<», ,par MM. ^ j^thieu-Pl^ssy et P» Sçliûtzenberger, t. XXVII, p. 295. f , -r- Notice sur une teianJtme par subsHtutim, par M, Carlo» Kœeblin,

i t. XXVHI, p. 119. — Bapport sur cette mtke;^%t M: Ë. lMbi«u-

■Plëssy, t. XXVIH, p. 121. — Nok sur un exkaUde garanœobéenu i par Vacide sulfurique Cùncentré, par M. Ed. Schwartz, t.' XXVMI,

i p. 320. — Notes sur le chhrage des pièces teintes en garamine, par

f MM. CL Rayet, G. Steiabach, H.J^QecJdio, t, XXVH, p. 232, 237;

; XXVIir, p. 418, 421. — Emploi des hyposulfUes conme m9rdantSy

par E. Kopp, t. XXVUI, p. 43o, 448. — Notice sur Vessaidala fimr l de garance, par G. Schœffer, t. XXlX, p. 200. — Notice sur VndMl-

tération de la garance et de ses dérivés, par Pernod, et Eic^^tport^ pur ,. C. Schœffer, t. XXIX, p. 231,233, 235. ^ Recherches sur la garance

I d'Alsace, p^T E*.Kqpp,i. XXXl, p. 145. --- AcUon de C ammoniaque

f sur Fa/iianné, par P. Schûtzenberger et Paraf, t. XXXI, p. 503, —

Mémoire sur les matières colorantes contenues dfjvns la garante d'Aise^, par P. Schûtzenberger et H. Schîffert, t. XXXtV, p. lOi^Roffpcyrt sur quelques substances tinctoriales des Indes, par Ed. Schwartz, t.Y, g p. 290. — Mémoire sur le mordant rouge, par KoBchliii-Scbovich,«t. I,

^ p. 277. — Rapport sur ce mémjoire, par Léonard Schwarli, t^ I,

p. 322. ^Mémoire sur leé mqrdcints de fer, par H. Schlunoberger, I t. XllI , p. 399. — Mémoire svur ùs acétates et autres, composés de l'atu -

mine, par Walter Crum, t.. XXV, p. 317. — Rapport sur le garanceux de M, Léonard Sc/iM?ar<z, par Iwap Schlumberger, t. XVUI, p. 316. Annales dethimie, V^ série. — Acétate d'alumine comme mordant, ; ÏV, 153, 108. — Alumine en teinture, VII, 240. — Alun, XXV,

29^5; XXVI, 255. — Gdrance, X^ 328 ; Batholdi, XII, 74; WaU, IV, Î04, 159. — Laque de garance, XXX, 193. — Mordant, IV, 112; IX, 143; XXVI, 251. — Rouge d'Andrinople, IV, 150; XII, 196; : XXVI, 251. —Alitarî, XXXI, 1)8. — Alan; LVII, 329; L, 170;

' XXXI, 129 ; LVII, 95, 322 ; L, 1 69, 3 1 3 ; LI, 3 28 ; LVII, 317; UX, 58, 71 ; L, 154 ; LÏX, 63. — Aiunage, XXXI, 197; LUI, 184. — Avivage, XLVIÏI,' 24<: - fiaknçage, 'ttl, 124; XLVIII, 233^ 241. - Garance, XXXÏ, 198; XL1, 125. — Art de la teinture du œton en rouge, par J.-A. Chaptal, LXII, 294. — Observations sur Vacétate ' é^abmdne, par Gay-Lussac, LXXIV, 193. —Mémoire survies mordants employés en teinture, par Thenard et Roard, LXXIV, 267. — Procédé simpHfié pour la teinture du rouge dit d'Andrinople par la voie de Fammalisation, par J.-M. Haussmann, LXXVI, 3.

AnfuUes de chimk et de physique, 2* série. — Sur la déœmposiHon de » Va/biM/e ^oJtmtine par la chaleur, VI, 201 . — Analyse chimique de la radne de garance, par F. Kuhlmann, XXIV, 225. — Nouvelles recherches sur la moHère eohrante de la garance, par MM. Robîquet et Colin, XXXIV, 225. — Mémoire sur les matières colorantes de la garance, par MM. Gaultier de Glaubry et Persoz, XLVin, 69. — Ifonograi^ie chirnieo technique de la garance, par Runge, LXIII, 282. — Observations à ce smjet, par Robiquet, LXIII, 297. ^ De la préeonstence de la matière colorante dans la racine de garance, par Robiquet, LXXIII, 274.

y série. — Becherches sur la garance, par Rochleder, XXXV, 373. — Garance, par Laurent, XXXVl, 320. — Rubiacêes, par Rochleder, XXXVII, 230. — Acide oxylizarique, XXXVIIÎ, 490. — Alun, LVÏ, 102.

IHngler's Potytechnisches Journal, 1, 59. — Carmin de garance, XVIII, 395 et 399. — Rouge turc, XVI, 477; XXII, 66, 60, 134, 459; XIX, 109 ; XX, 476 ; XXIII, 390; XXIV, 530 ; XXIV, 275, 553, 530; XXIIl, 73; XXVII, 200, 222 ; XXX, 30; XXVIII, 224 ; XXXI, <23; XXXIII, 158; XXXIX, 385, 392; XL, 358, 434; XLIII, 381; XLVI, 123;, XLV, 381 ; XLVI, 154 ; L, 390 ; XLVIII, 236 ; LIV, 359; LU, 400; LVIIÏ, 42, 55, 283, 474; LV, 136 ; LVII, 454; LXV, 207 ; LXIV, 195, 208; LXV,209 ; LXIX, 239 ; LXX, <24; LXXII, 386; LXXIII, 53; LXXIV, 432; LXXIII, 47; LXXVII, 294 ; LXXVIII, 76, 450; LXXXII, 133 ; LXXXV, 204; XCI, 145; XCII, 156, 64 ; XCVII, 27; XCVIII, 48, «8; XCV, 239; CI, 205; CIV, 64 ; CV, 43 ; CIII, 124, 420; CVI, 293; ex, 40 ; CXI, 213 ; CXIV, 395; CXII, 403; CXVIII, 77, 315 ; CXX, 199 ; CXXIV, 201 ; CXXVI, 206, 372 ; CXXVI, 206 ; CXXIX, 222. 292 ; CXXVII, 88; CXXXÏ, 345; CXLI, 130, 457; CXLII, 218, 215, 139; CXL, 55, 135, 237 ; CXXXIX, 36; CXLI, 60 ; CXLIV, 399; CXLV, 53; CXLVI, 142, 217; CXLIX, 205; CXLVII, 159,451; CL, 295 ; CLI, 287 ; CLIII, 374, 428; CLV, 447, 206 ; CLVII, 158. Répertoire de chimie appliquée. H, 280,255, 218, 43; II, 69, 241 ; III, 220, 261, 410, 85, 165, 223, 276 ; V, 179, 181, 157. — BulleHn de la Société chimique de Paris, II, 218 ; III, 208 ; IV, LU, 12, 314. Bulletins de la Société d'encmragement, II, 88; Vil, 86, 89, 202, 43; X, 253 ; XIV, 236, 36 ; XV, 5 ; XVI, 33 ; XIX, 282, 244 ; XX, 304; XXVI, 62, 270, 417 ; XXVIII, 328, 467 ; XXIX, 432; XXX, 206; XXXI, 366; XXXII, 37; XXXVIII, 406 ; XXXIX, 296 ; XLII, 548, 402 ; XLIII, 399, 363 ; XLVIII, 184; L, 775, 199; LU, 435, 630; LIV, 791 ; LV, 760, 764 ; LVII, 405 ; LVIII, 508 ; LX, 37 ; LXI, 702, 251 ; LXII, 557,381. Annalen der Chemie und Pharmacie, LXXXVII, 356; LXXXIX, 156;

LXXXI, 347, 336; LXXXII, 205, 215, 339, 83, 64,' 345; LXVI, 187, 193, 2«, 197, 201, 204 ; LXXV, 1 ; LXXVIII, 246 ; LXXX, 321 .

On comprend sous ce nom plusieurs variétés de bois susceptibles decommuniquer,aux tissus mordancésen alumine, une couleur rouge peu solide. Les arbres qui les fournissent appartiennent à la famille des légumineuses et croissent aux Indes orientales, dans TAmérique méridionale et aux Antilles. Ils nous arrivent sous forme de bûches, de bâtons ou de souches. Us sont durs et compactes, de couleur jaune clair à Tintérieur et brune à la couche externe qui reçoit l'accès de Tair, sans odeur, de saveur Souce et amère ou astringente ; ils teignent la salive en rouge clair.

Le bois rouge était depuis longtemps employé aux Indes et pénétrait en Europe, avant la découverte de TAmêrique.

Voici d'après MM. Persoz (1) et Girardin (2), quelles sont les principales espèces de ces bois usités en teinture et leurs caractères distinctifs.

1* Bois de Fernambouc ou Fernambourg. Espèce la plus estimée et dont la qualité la plus riche vient du gouvernement de Paraïbn. Il est produit par le cœsalpinia crista^ très-abondant dans les forêts du Brésil et de la Jamaïque.

Bûches rondes ou aplaties, ou en éclats de toute grosseur de 2 à 30 kilogrammes. Il est très-dur, pesant, compacte. Il est rouge à Textérieur, pâle à l'intérieur lorsqu'il est nouvellement fendu, prenant de la couleur à l'air et devenant d'un brun rouge, saveur sucrée, odeur faiblement aromatique. II communique à l'eau une très-belle couleur rouge.

2" Bois de Brésil proprement dit. Produit par le cœsalpinia brasiliensisy des forêts du Brésil. Bûches taillées à la

(1) Persoz, Impression des tissus, t. I, p. 536 — (2) Girardio, Chimie ap» pliquée^X. If, 4*é<Ut., p. 538.

hache et dépouillées de leur aubier. Dur, compacte, d'un rouge de brique dans les sections fraîches et brunissant à Tair. Il est susceptible dépoli. Il est environ moitié moins riche que le bois de Fernambouc, et gagne en pouvoir tinctorial avec l'âge.

3° Bois de Sainte-Marthe, Produit jfàT le cœsalpiniaechi" nata des forêts de Sainte-Marthe ou Sierra Nevada au Mexique. Bûches d'environ un mètre de longueur, coupées d'un bout en forme arrondie et de l'autre carrément, profondément sillonnées de crevasses dans lesquelles il y a beaucoup d'aubier. Ces bûches pèsent de 10 à 20 kilogr. Dur, pesant, compacte, couvert.d'un aubier, blanc jaunâtre, d'une couleur jaune rougeâtre à l'intérieur, tissu plus lâche vers la moelle qu'à la périphérie. Sa coupe transversale a une forme étoilée. Il est moins foncé et moins riche que le fernambouc. Il tient le second rang parmi les bois de Brésil.

4° Bois de Nicaragua ou de Nicaraque. Il paraît être produit parle même arbre que le précédent, avec lequel on le confond et on le mêle .souvent ; il est probable que ce sont les branches du bois de Sainte-Marthe. Il vient de la pro-: vince de Nicaragua au Mexique, Bâtons écorcés de la grosseur du bras, très-tortueux et remplis de trous.

Sa valeur dépend beaucoup de la grosseur des bûches, dont les plus longues sont les plus estimées. Dur, compacte, d'un rouge pâle extérieurement, et plus foncé au centre. Il est, en général, plus coloré que le bois de sappan, auquel il ressemble un peu par son extérieur. Il est mal taillé et sillonné par des crevasses profondes, suivant quelquefois toute la longueur de la bûche.

5° Bois de sapan ou sappan (bois du Japon). Produit par le cœsalpinia sappan ; Indes, royaume de Siam, îles Moluques, Chine, Japon, Antilles, Brésil, etc. Bûches dépouillées de leur aubier ou branches présentant un canal médullaire très-apparent, rempli d'une moelle rouge jaunâtre, et souvent vide. Dur, pesant, compacte, d'un grain fin, susceptible

deprendre un beau. poli; d-une qouleur roq^e b^u<9ôup plus p6iB que <^Ue des autres bcHs du même genre. On en distingue drax sortes priocipfles, celui dé 3iani,<^i est en bû<^8p|rÎTéesd'aùbier,grosselS€an^riieile foras' et d'un rouge vifàrintérilBar^^cieliiude Bioias, qifijest en bâtons det 27 à 33 millimètres de dkmètre, jaunâtre^ à IHntérieur eJt d*un rouge rosé aux parties qui approchent de la surfdce et ont éprouvé Taétictf oxygénante' de l'aif. Le bois de Lima' du oomnaercen'^fH^ti'ilne^Yariété de sapani Les bois de "Manille et desiïutres Philippines^^ def SMnttJ^artin etdePadangs, sont les plus mauvaises Tarîétégi , :,(,. : .j ;,i - i

6** Boiâ de Bréâllet. PrQÛuii i^diHe'cc6^^lpthiat)eiictJ^ria^ suivant d'autres par un arbrisseau du genre Balsathodendron. Guyane Ët.quelques*«unes des Antilles,' notamment la Jamaïque^ tle&de Balkâma;. On TappeUe souventaussi^ àbause de son origine, bois rouge de la Jamaifque, bois de Bahama^ D se pré^nte sous. forme de bftto^â de g4^i(nlllimètres de diamèlre, dépouillés de leur écorce, mais recouvehsd*un aubier blanchâtre; Tintérieur est d'iln rouge brun parsemé de veines transve^rsalel» pltis foncées. C^est le moins estimé des bois de Brésil. i

7" Bois de GaliforniG^ Produit par un cœsnlpinia non spécifié des forêts de la Californie. Bûches de toutes grosseurs, nouieux, tortueux^y à fibres quelquefois longitudinales,, le plus soinvent» entrelacées, fort dur^ d'un rouge jaune souci quand il vient d'être fendu, brunissant à l'air et devenant d'un rouge! violet. ^ -^ >

8** Bois de. Terre-Ferme. Praduitpar un cœsàtpinia non spécifié des foiAts de laTerre-Ferme, une des régions de la république de Colombie. Bûches travaillées à la hache. Il vient à mu dans les navires, où il sert à l'arrimage. Dur, pesant, noueux, compactQ, tortueux ; à fibres longitudinales, le plus souvent -entrelacée»^, d'un' intériemr jaune doré avec des cercles concentriques j'aune rougeâtre, plus serrés, plus larges, plus foncés en couleur, à mesure qu'ils dimi-

Quent de diamètre et s'approchent du centre. II ressemble un peu au Nicaragua, mais sa couleur est plus jaunâtre.

9° Le bois dit de Bahia se* présente en grosses bûches coupées carrément et dépouillées. Sa couleur est jaune et fonce peu à peu à Tair. Il est moins estimé que le Fernambouc et offre une qualité moyenne parmi les bois rouges ; sa saveur est astringente et nullement sucrée.

Examen chimique des bois rouges. — L'étude chimique des bois rouges laisse encore beaucoup à désirer. On ne sait rien de positif sur les substances étrangères qui accompagnent la matière colorante, et celle-ci n'est encore que fort incomplètement étudiée. Pour ce qui est des premières, on peut admettre, par analogie, qu'elles représentent les principes immédiats que l'on retrouve en général dans le bois (substances sucrées, astringentes ; acides organiques combinés, résines, sels minéraux).

Jusqu'à présent on n'a encore signalé qu'une seule matière colorante dans les nombreuses variétés de bois rouges, mais il n'est nullement prouvé qu'il en est réellement ainsi, quoique l'analogie de propriétés tinctoriales semble favorable à cette opinion.

La matière colorante du bois de Brésil est soluble dans l'eau et peut être enlevée complètement au ligneux par des décoctions suffisamment répétées. Telle qu'elle existe dans le bois, elle est peu colorée et présente une teinte jaune pâle qui ne laisserait nullement supposer sa richesse tinctoriale ; au contact de l'air on voit peu à peu cette teinte foncer et passer au rouge plus ou moins brun. Évidemment, il y a oxydation lente et passage d'une matière colorable à Tétat de substance colorée.

Les décoctions offrent un phénomène analogue. Au début elles sont jaunes et prennent à l'air, ou par l'addition d'eau aérée, une nuance rouge. Du reste, au point de vue de son état d'oxydation, on observe de nombreuses variétés suivant l'espèce de bois, et suivant que le bois est employé immédia-

tement après avoir été réduit en poudre ou longtemps après.

La matière colorante ou colorable existe dans le bois sous forme de glucoside. Le fait est facile à vérifier. La décoction réduit très-peu la solution cupropotassique^ tandis qu'elle donne un abondant précipité d'oxydule de cuivre, lorsqu'elle a été chauffée quelque temps avec de l'acide chlorhydrique ou sulfurique. Après le dédoublement, la matière colorante a une tendance à cristalliser qu'elle ne possédait pas auparavant. Ainsi, il suffit d'ajouter un sel alcalin à la solution chauffée avec l'acide (1 / 100) et marquant de 2 à 3"* pour voir se former, après refroidissement, un dépôt cristallin, plus ou moins rouge suivant que le liquide employé était plus ou moins oxydé. Ce phénomène se produit d'une manière beaucoup moins marquée avant le traitement acide. L'addition d'un sel alcalin a pour effet de diminuer la solubilité de la matière colorante.

D'après ces résultats on peut admettre, dans la décoction de bois de Brésil, la présence d'un glucoside colorable, dans un état d'oxydation plus ou moins avancé, ainsi que d'une certaine proportion de matière colorante libre, préexistaut sous cette forme dans le bois ou se formant par dédoublement pendant la décoction.

Le glucoside colorable, qui est le plus abondant dans les décoctions fraîches, ne précipite pas par l'acétate neutre, mais seulement par l'acétate basique de plomb.

Si l'on ajoute de l'acétate neutre, on obtient un précipité rouge-brique peu volumineux, il renferme, outre le tannin et quelques substances étrangères, de la brésiline et les matières colorantes déjà oxydées .

Le liquide filtré, à peine teinté de jaune, donneen teinture des nuances presque aussi riches et plus belles que les liqueurs primitives et précipite abondamment en lilas clair, par l'acétate basique de plomb.

. L'oxydation ne se produit, du reste, que dans des condi-

tions spéciales, et elle est singulièrement favtM'isée par les alcalis ou les vapeurs ammoniacales, quelque faibles qu'elles soient.

On peut conserver pendant des mois, dans des vases largement ouverts, des solutions de Bahia, sans que la teinte change beaucoup, elle se maintient jaune clair, tandis que le bois lui-même brunit assez rapidement. Cet effet peut tenir à l'influence de substances étrangères contenues dans ce dernier, et qui activent raitération.

L'oxydation poussée jusqu'à une certaine Rmîte est favorable au développement du pouvoir tinctorial, mais si elle est trop prolongée, surtout sous l'Influence des rayons du soleil, elle devient nuisible et fait complètement disparaître la couleur.

La décoction des bois roiiges est tout aussi sensible à l'action des agents réducteurs qu'à celle des oxydants. Ainsi l'hydrogène sulfuré la décolore. Bouillie avec 1/1000 seulement de sulfite de soude, eUe ne présente bientôt plus qu'une teinte rougeâtre due à l'influence du pi à réaction alcaline, qui disparaît si l'on neutralise par un acide. Un bain de teinture, monté avec un pareil liquide, est presque incolore, et semble ne plus devoir teindre du tout ; mais peu à peu, à mesure que la température s'élève, la couleur reparaît et la teinture se fait aussi bien qu'avec le liquide primitif, quoiqu'avec une perte sensible de matière colorante.

Les acides font passer au jaune, plus ou moins orangé, la nuance du jus de Brésil, suivant .qu'U provient d'un bois plus ou moins oxydé; au bout d'un certajia temps il 3e forme un dépôt cristallin jaune, si la décoction était b|pn désaxydée, rouge dans le cas contraire. Ce dépôt dérive d'un dédoublement partiel du glucoside, la matière colorante étant moins solublequelui.

Un excès d'acide chlorhydrique concentré fait virer la nuance au rose vif. Cette teinte disparaît par addition d'eau.

Les alcalis caustiques ou carbonates donoient une teinte rouge cramoiâ. . i . - • >

La chaux ou caèni^ la craie» houillie avec ,1a solution de Brésil, donne un liquâde roOga cartimpisi., Cette hasfe fevori&e singulièrement TôXydÈ^tion.. Ce liq.uide cramoisi se. recouvre très-rapidement^ en effieA,;d'une pellicule noire, qui tombe au fond pour ôtrç remplaieée par une laouVelle*

L'alun donne «au liqiiide une couleur roUge, mais n0 précij^ite pas. Si on ie rend basique par addition de carbonate de potasse et que Ton chauffe, itsed^osera U^ne laque -rouge ; TaoétaDe d'alumine: chauffé avec le jus de Brésil donne un phénomèae analogue*! i . ; » i

L'acétate neutre de plomb rie donne qu'up précipité rougeâtretrèfr-feible, le liquide filfcré presque in<?qlore teint en^core autant et avec une nus^nceplus vive que le liquide primitif. Il semble domc, d'après cela, que l'acétate de plomb précipite seulement la matière suroxydée et les subgjances qui nuisent à l'éelat des nuances. < ;

Le sous-acétate de plomb donne: un précipité abondant bleuAtre, le liquide filtré presque incolore ne renferme plus rien d'intéressant. ; -.

Le nitromuriate d'étain donne un précipité rougeâitare qui passe peu à peu au rouge-carmin très-vif, d'autant plus beau que le liquide est moins altéré.

Ces caractères, qui sur quelques points sont en >désaccord avec ceux indiqués par M. Girardîn, ont été constatés a\ec soin sur leâ solutions de bois de Bahîa récentes ou anciettues. Il est possible qu'avec d'autres beis,plus anciennemesfit moulue, ils ne soient plus les mêmes.

La. décoction de bois de Brésil donne en teinture de meilleurs résultats, lorsqu'elle est conservée longtemps dans un endroit frais, que si elle est récente. Ge phénomène bien connu des praticiens peut s'expliquer par l'altération et la décomposition des substances étrangères, nuisibles à la pureté des nuances. Peut-être aussi la matière colorante se

réduit-elle sous Tinfluence d'une fermentation spéciale. M. le docteur Dingler a publié (i) une méthode simple et facile d'épurer de leur pigment jaune les bains faits avec du bois du Brésil d'une qualité inférieure, savoir : les bois de Bimas, de Sainte-Marthe, d'Aniola, de Nicaragua, de Siam ou de Sappan, et de les substituer avec un succès^assuré au véritable Fernambouc. Elle consiste à ajouter au liquide bouillant de petites quantités de laît écrémé. La caséine se coagule et entraîne la substance jaune. La gélatine peut également servir à la purification. Ainsi, en arrosant les copeaux avec une eau renfermant 2 kilogrammes de gélatine p^r quintal métrique, et en laissant en ta& pendant quelques jours, on obtient des bains plus riches que par la méthode ordinaire, la matière colorante se dissolvant plus aisément : on a aussi observé (Leuchs) qu'une fermentation humide de quelques semaines améliore la qualité de certains bois. Ces phénomènes rappellent, à ce qu'on voit, ce que nous avons déjà dit pour la garance, et nous montrent que, dans la plante productrice, les allures de la matière colorante pure sont modifiées de beaucoup de manières, tant par la présence de substances étrangères que parles divers états de combinaison dans lesquels elle peut se trouver engagée.

Matière colorante.

Le glucoside colorant est encore peu connu. D'après mes expériences il est incristallisable, soluble presque en toute proportion dans l'eau, soluble dans l'alcool, d'une saveur amère ou sucrée, et d'une couleur blonde très-belle, lorsqu'il n'est pas altéré.

On peut l'obtenir en évaporant le jus de Brésil dans le vide, à la température ordinaire, jusqu'au dixième deson volume (10° Baume), et en ajoutant du sel marin ou du sulfate

(l) Annales de chimie^ t. XVII, p. 323. — Dingler*s Polytechnischet Journal, t. XXV, p. 80.

BOIS KOUGE OU DOIS DE lUtÉSlL. 305

de soude. Il se précipite alors sous forme d'une masse pâteuse, complètement soluble dans l'eau pure.

Les extraits ordinaires de bois rouge du commerce à 10 OU 20**, donnent, lorsqu'on y ajoute de l'eau, un précipité floconneux jaune, comme si la matière cojorante était plus soluble dans un liquide concentré qu'étendu. Cette réaction peut s'expliquer par la décomposition partielle et l'oxydation du glucoside pendant la préparation de l'extrait. Le produit du dédoublement est alors maintenu en solution concentrée à la faveur des matières sucrées, et se dépose au contraire, si, par dilution, on diminue l'influence des corps étrangers.

On donne le nom de brésiline au principe colorant libre et dégagé de sa combinaison gluçosique.

Elle a été pour la première fois isolée et étudiée par M. Ghevreul (1). Ce chimiste a opéré de la manière suivante : Le bois en poudre est épuisé par l'eau. L'extrait est évaporé à sec, repris par l'eau et le liquide est agité avec de l'hydrate de plomb, dans le but de saturer les acides fixes. On filtre et on évapore à sec. Le résidu est traité par l'alcool. La solution alcoolique, rapprochée et additionnée d'eau, est précipitée par la gélatine qui enlève le tannin. On évapore encore une fois à sec, et on traite par l'alcool bouillant. La brésiline cristallise alors par refroidissement.

Dans les anciens extraits (même ceux qui ne marquent que 1,5 à 2' à l'aréomètre) conservés au contact de l'air, dans un endroit frais, on trouve souvent au fond des vases un dépôt cristallin et abondant de brésiline. C'est en opérant sur un semblable résidu que M. BoUey a pu étudier d'une manière plus approfondie les caractères et la composition de ce corps (2). Ce dépôt a été remisa M. BoUey par M. MuUer, de Bâle. J'ai eu moi-même entre les mains une certaine quantité de ce produit, provenant de la même origine. En traitant les cristaux formés spontanément, par de l'alcool

(0 Annales de chimie, !'• série, t. LXVI, p. 226. (2)Bollc>etGreiff, Schweiz, Polytech. Zeitschr,, 1864. t. ix, p. i:J4.

n. îo

3 06 TltAITÉ DES MATIÈUËS COLORANTES.

absolu bouillant et en évaporant à l'abri de Tair et de la lumière, on obtient des cristaux d'un jaune d'ambre représentant la brésiline pure. Leur forme est celle d'un prisme hexagonal ou klinorhombique. Ils sont solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther. La solution aqueuse est un peu plus rougeâtre que la solution alcoolique. La moindre trace d'ammoniaque suffit pour la colorer en rouge-carmin intense.

Les cristaux conservés dans un flacon prennent une teinto plus foncée sur le pourtour exposé à la lumière. Il est probable que l'oxygène intervient aussi dans ce phénomène et que l'oxydation est favorisée par la lumière.

La solution alcoolique de brésiline, abandonnée longtemps à elle-même, ou évaporée lentement, dépose, outre les cristaux jaunes volumineux, des paillettes vert-cantharidc contenant de l'azote. Celles-ci prennent probablement naissance sous l'influence combinée de l'ammoniaque et de l'oxygène.

Les cristaux de brésiline sont anhydres. Ils se décomposent entre 130 et 140\

D'après les analyses de MM. BoUey et Greiff, ce corps pourrait se représenter par la formule

Dans l'alcool aqueux ordinaire, on obtient souvent des aiguilles enchevêtrées, jaune d'or, appartenant au système monoclinique, et contenant deux molécules d'eau de cristallisation.

(CsaHaoQT ^ 2H20 éliminables à 80*» centigrades.)

M. BoUey n'a obtenu aucun produit de substitution, susceptible de contrôler cette formule. D'après lui la brésiline se combine au bisulfite de soude et donne un produit cristallin incolore. Cette réaction la rangerait dans la classe de? aldéhydes.

En chauffant, à 140% de la brésiline pure avec doracic'e

BOIS ROUGB OU BOIS DE BUÉSIL. 807

acétique anhydre (anhydride de Gerhardt), j'ai obtenu un dérivé insoluble dans Teau et cristallisant dans l'alcool en aiguilles d'un jaune très-clair. Ce dérivé, dont l'étude m'occupe en ce moment, me permettra de fixer définitivement le poids moléculaire de la brésiline. Attaquable par l'acide acétique anhydre et donnant un acétate, la brésiline se comporte comme un alcool, et probablement comme un alcool polyatomique. Gomme on pouvait le prévoir, par analogie avec ce qui se pa^se pour l'hématine, la brésiline chauffée avec de l'ammoniaque à 100% en vase clos, à l'abri de l'air, donne un composé amidé incolore, très-altérable au cdntact de l'air et fonctionnant comme une véritable base(l). ' ^

La formule de M. BoUey rapproche la brésiline de l'hématine du bois de Campêche. Elle n'en différerait que par les éléments de l'alcool phénique ou du phénol.

BrésiUîpie ,;. C»H«0''

Hématine C^WW

Différence C«H«0 phénol.

Ce rapprochement explique l'analogie des deux matières colorantes^ analogie qui est assez grande pour que certains auteurs aient cru pouvoir admettre l'identité. Cette identité n'existe pas en pratique, et n'a pas été confirmée par les recherches chimiques récentes. On comprend ainsi pourquoi l'hématine oxydée par l'acide nitrique ne fournit que de l'acide oxalique, tandis que la brésiline donne, en même temps, de l'acide trinitro-phénique ou picrique.

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