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EMPLOI DU BRÉSIL

Les formes sous lesquelles on emploie le bois de Brésil

où sa matière colorante sont :

(1) Schûtzenberger et Parnf, Bulletins de la Société indust de Mulhouse, i. XXXr, p. 50.

308 TRAITÉ DES MATIÈllES COLORANTES.

1** Le bois lui-même, réduit en copeaux ou en poudre, II sert à la teinture en rouge, en rose, en amarante, en cramoisi. U est souvent mélangé àla garancine, dans la teinture de l'article garancine; enfin on prépare avec lui les jus et extraits concentrés.

2* Le jus de Brésil ou petites eaux, obtenu par Tébullition du bois en poudre ou en copeaux, avec dix-huit ou vingt fois son poids d'eau, sous l'influence de la vapeur d'eau; ou par un épuisement méthodique du bois, par l'eau chaude.

Il sert à teindre directement, dans la fabrication des extraits concentrés et des laques de Brésil.

3"* Les extraits concentrés à 10, IS ou 20'' Baume, et même solides. Cette forme, commode pour le transport et la préparation des couleurs d'impression, commence à se généraliser de plus en plus dans les ateliers.

Nous verrons dans un article spécial, consacré aux extraits des bois colorants, comment on les prépare.

La qualité de ces extraits varie beaucoup, d'une fabrique à l'autre, tant au point de vue de la richesse, qu'à celui de la pureté et de la fraîcheur des nuances. Ces différences dépendent de la qualité du bois et des soins apportés pendant l'évaporation pour éviter l'oxydation.

4** Les laques (laque cramoisie, laque en boules de Venise; laque de Vienne, de Florence, de Berlin; nouvelle laque, etc.). Elles servent particulièrement pour l'impression des papiers et les divers genres de peintures. Nous consacrerons également un article spécial à la fabrication des laques.

La brésiline, peu colorée par elle-même, appartient àla classe des pigments qui ne se fixent sur fibres textiles (quelle que soit leur nature) qu'avec le concours d'un intermédiaire ou d'un mordant. Celui-ci, comme pour la garance, nonseulement rend la matière colorante adhérente, mais sert encore à développer la Couleur. Si nous teignons avec du bois de Brésil un tissu de coton mordancé en alumine, en

peroxyde de fer hydraté, ou en un mélange des deux, nous verrons apparaître des nuances rappelant, jusqu'à un certain point, celles de la garance ou plutôt de la cochenille. A savoir : des rouges et des roses avec l'alumine, un violet grisâtre ou un noir avec l'oxyde de fer, et une espèce de puce avec le mélange des deux, un rouge avec le bioxyde d'étain. Le noir n'a rien de remarquable, le violet est laid. Les rouges et les roses ont assez d'éclat et de vivacité, mais ils se ternissent rapidement, et finissent par disparaître sous l'influence de la lumière.

Avec l'oxyde de chrome hydraté, on obtient une nuance olive.

Ces couleurs sont remarquables par leur peu de solidité et leur sensibilité aux réactifs. Elles ne supportent pas le savonnage. Les alcalis font immédiatement virer les rouges de Brésil au bleu violacé; les acides le ramènent au jaune.

La teinture du calicot n'utilise guère la matière colorante du bois rouge, si ce n'est en mélange avec la garancine, ou pour colorer les mordants pendant l'impression. L'usage des extraits rouges, dans ce dernier cas, est fondé sur le peu de stabilité des laques formées. La brésiline disparaît, en effet, entièrement pendant le bousage et le garançage, après avoir rempli son but, celui de permettre àl'ouvrier imprimeur de suivre son travail. •

Les décoctions et les extraits servit fréquemment, dans l'impression des couleurs vapeurs, pour produire des rouges. Outre l'épaississant et la matière colorante, on fait entrer dans ces préparations : 1* de l'acétate d'alumine, 2" du chlorure stannique et de l'acide oxalique, 3*» des sels de cuivre (acétate) destinés à provoquer et à hâter l'oxydation pendant le vaporisage. Ces couleurs vapeurs renferment donc, à l'état de dissolution, les éléments de la laque rouge, dont le vaporisage déterminera la précipitation en présence de la fibre, et partant l'adhérence.

Exemples de rouges, de roses vapeur et d'application au bois, sur calicot.

Rouge foncé au rouleau^ vapeur.

9 litres sainte-marthe à 3°.

i — graine de Perse, à 8°.

\^\oO mordant rouge.

' 1>'",500 amidon.

0»%I2j nitrate de cuivre, à 50*».

Rose vapeur, sur tissu mordancé.

2'",50 sainte-marthe, à 3».

5^^50 eau.

6 livres gomme.

360 grammes dissolution pour rose.

50 grammes nitrate de cuivre, à SS*».

La dissolution d'étain pour rose se prépare avec

12 kilogrammes acide azotique, à 36** Baume. :^ï^",250 eau.

l'^",250 sel ammoniac.

2"*,500 bichlorure d'étain.

1"',500 étain anglais.

Rouge d'application.

s kilogrammes sainte-marthe, à 3° (y cuire).

0*",25o gomme adragante (ajouter).

600 grammes bichlorure d'étain, à 50».

180 — sel pour rose en farine. ISO — nitrate de cuivre, à 50".

2*^*^,100 dissolution d'étain poui: rose.

La couleur d'application n'a besoin, pour se fixer, que du repos et ne comporte pas le vaporisage. Rose d'application :

1 kilogramme rouge précédent, t*'*^^^^ ôan de gomme adragante.

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