‹ Traité des matières colorantes (volume 2)Chapitre 69 sur 110 · GRAINES JAUNES · texte numérisé non relu

GRAINES JAUNES

On appelle ainsi dans le eomniefrce, lès baies dë^së^hées de ififfiémit^s espèces de nerpruns où rhàlmilLUs. Cette plante croît dans le midi de la France, e^ Espagne, en Italie, en Turquie, en Asîe Mineure^ «n Perse, ^tc.

La graine a la forme et la grosseur d'im pois^ avec trois ou <^aire dépfedsîons demi-circulaires partant de la tig^e et aboutissant >au somÉtiet ; elles corresponiient à fiutatit de semences aplaties d'un côté et convexes de l'autre. Elle eîst tanMt uniei, tantôt ridée. La oondeur^ après âessiceation^ varie du jaune vert au noir. Dans ce dernier cas elle e^ tttop ■vieifle pour 'donner de bons résultats en teinture, SaVeur attière, désagréable; odeur nauséabonde.

On en distingue plusieurs variétés, qui sont :

r La graine de Perse proprement dite. Plus grosse que les autres, fournie par les rhamnus amygdalinus^ oleoîdes^ saxatilîs. Importée deSmyrne et d'Alep. Couleur d'un beau vert, allongée vers sa tige; grosseur d'un pois; formée de quatre coques monospermes ; fruits triangulaires. Saveur amère. Elle est très-riche en matière colorante.

On en distingue trois variétés, suivant la grosseur.

(Grosse, moyenne, petite).

2" Graine du Levant. Vient de Natolie et de Turquie, par voie de Constantinople et de Smyrne. Grosseur d'un grain de poivre. Plus petite que la graine de Perse et à trois coques.

Variétés : Graine de Valachie, de Bessarabie, d'Andrinople.

La première est la plus estimée.

3" Graine de Morée. La plus grosse des graines jaunes ; à deux coques. Couleur blonde.

4* Graine d'Avignon ou de France. Fournie par les rhamnus iîifectoria et alatemus. Vert foncé, grosseur d'un grain de poivre; aplatie; à deux coques; moins estimée que la graine de Perse.

S" Graine d'Espagne. Fournie par le rhamnus saxatilis, semblable à la graine d'Avignon ; plus jaune et plus estimée.

6* Graine d'Italie. Semblable à la graine d'Avignon.

{Rhamnus infectoria).

T Graine de Hongrie. Rhamnus carthartica et saxatilis ; grosseur d'un pois ; estimée.

La décoction de graine de Perse ou d'Avignon est jaune verdâtre ; elle devient orange sous l'influence des alcalis fixes et des terres alcalines.

Ces dernières déterminent la formation d'un léger précipité floconneux.

Elle ne précipite pas par l'acétate de plomb, ou l'acétate de cuivre. Le sel d'étain fait virer la nuance au jaune verd&tre.

MATIÈRES COLORANTES DE LA GRAINE DE PERSE. 44 S MATIÈRES COLORANTES DE LA GRAINE DE PERSE.

Xantkorhamnine^ Rhamnine, Chrysorhàmnine, Rhamnétine^ Rhamnoxanihine.

Les graines jaunes renferment un ou plusieurs glucosides colorants, solubles dans l'eau, et, d'après M. BoUey, un principe jaune insoluble qui ne serait autre que la quercétine. Nous avons déjà vu par quel traitement ce chimiste isole la matière colorante identique avec la quercétine ou tout au moins très-voisine.

L'existence d'un ou plusieurs glucosides colorants, est suffisamment démontrée par les travaux de MM. Persoz (1), Gellaty (2), Ortlieb (3), Schutzenberger et Bertéche (4).

M. Persoz fait observer que les décoctions de graine de Perse , abandonnées longtemps à elles-mêmes, subissent une fermentation alcoolique, en même temps qu'elles déposent une substance cristalline très-peu soluble.

Ce phénomène dépend évidemment d'une saponification lente d'un glucoside.

Par l'ébuUition d'une décoction de graine, additionnée d'acide sulfurique, la même réaction se produit en quelques minutes (Ortlieb).

M. Gellaty a isolé au moyen de l'alcool une quantité notable d'une matière cristalline jaune, formée d'aiguilles soyeuses insipides, soluble dans l'eau froide et l'alcool, insoluble dans l'éther, se dédoublant, par rébullition avec l'acide sulfurique étendu, en glucose et en un produit jaune qui se dépose en flocons. . '

Il donne à la matière génératrice le nom de xanthorhamnine et celui de rhamnétine au dérivé. .

(1) Traité de Vimpression des tissus^ t. I.

(2) Edinb. new Phil. /owrw., t. VII, p. 252.

(3) Bulletins de la Société industrielle de Mulhouse^ t, XXX, p. 16.

(4) Bulletins de la Soc, ind, de Mulhouse, t. XXXV, p. 455.

444 TIIAI1« DBS MATIÈRES CDLORAOTBS.

La réaction serait exprimée, d'après M. Gellaty, par l'équation :

XanthorhsBdnlîiie. <6liiéorf». Rbamuétine.

€è dernier corps est évîdemtnent le même que ccloi -que M. Ortlieb obtient parrébullrtion d'tme décoction de graine additionnée d'acide sulfurique, «et xjùe nous ^vons étudié récfemment, M. Bertèche et moî.

Purifié pâT plusieurs cri^alRsatiôhs dans l'alcool îétendu et dans l'éther, il se présente sons formé de fineè aiguilles, â'ùn beau jaune d'or, très^peu soiubles dèftis l'eau bouillante (1 litre en dissout 0«*,683) qui se précipitent ^ottfplèteraent par tefroidissement, lassez fioluble dans l'adcool «t Téther.

n a donné à l'analyse defs tlombf es whduisalifit à ta ht^ mule C*'H*«0^ Là formule de làxanttioi-haïtonitte {>]lt)po^ par M. Gellaty deviendrait, d'après cela,

Cftiâuffée avec ^è Thydràtè de ^«asse, là Thàmnéline se dédouble, comme la quercétine, en une matière sudhée Éfl en un iacîde dont nous n'avons ï)as déterminé la cômpofeitioti.

'Ohatifiëe Wét 'de l'acide-acétique anhydre, à 140*etefl tase cîôs, elle se'tran9forBttèendférivésaW*iqùeiBd'tin j^ très-pâle, insolubles dans l'eau et susceptibles, l'un d'eux au moins, de cristalliser en grains'blancs dans l'alcool.

Le dérivé acétique paraît Renfermer '*.

La rhamnétine fonctionne d^inc boiïime un alcool polyatomique. Péut-têtre deit-on l'écrire :

MATIÈRI3 eabOAANTKS m LA «IUIN9 Di& PERSE. 44 5

En donnant à la quercétinela formule C**H*0*, on en ferait un homologae inféideur de la xhsmmdtinia, ajoutons que

Rh/nnuétine. Morin.

Jusqu'à preuve du contraire, nous n'admettons pas Pîden-* tité de la rhamnéMne et de la quercétine.

La quercétine est très-sensiblement moi9S sotuble dans l'eau chaude% Une sohition bouiiiante dépose à peina quelques légers flocons par le refroidiissement.

Daos tous le» cas, on ne saurait confondre le quercitrin et la xanthorhamnine. Cette dernière est infiniment i^lis soIuMe dans Teau. Quoi ^'il en soit, l'analogie est très-marquée et elle nous dispense d'entrer dans de plus amples éëtaîis.

W. Kopp feit ressortir une retoti^n intéressante existant entre la méline de M. Stein (1) (aciderutinique) etla rhamnétine.

On a^ en effet,

Ci»H»0»* « Ci*HiW + C«H»«0« + H*0.

• lléliue. Rhamaétiae. Glucose.

D'après ses caractères et sa composition, la chrysoriiam-r nine extraite par Kane des graines jaunes, au moyen de Pélher (alcoolique), doit être de la rhiamnétine.

U en est de même de la rhamnine de M. Fleury, extraite du nerprun (2) ; quant à la rhamnoxanthine de monsieur

(1) Jùum. fur prakt Chem.^ LXXXV, 351.

(2) Joum, de pharm., XXVO, 666.

Buchner(l), retirée derécorce et des graines de bourdaine et du nerprun, elle semble s'éloigner par sa volatilité de la ihamnétine.

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