‹ Traité des matières colorantes (volume 2)Chapitre 71 sur 110 · BOIS JAUNE · texte numérisé non relu

BOIS JAUNE

Mûrier des teinturiers. Bois du Brésil jaune* Vieux fustic.

Tronc, dépouillé d'écorce, d'un arbre de la famUle des Urtîcées {morus tinctorià).

Il croît aux Indes Orientales, dans rAmérique du Sud et certaines parties de rAmérique du Nord (Mexique, Brésil, Jamaïque, Cuba, Tabago). Sa hauteur atteint 20 mètres environ.

Le bois est dur, léger, cassant, d'un jaune citron pâle. Il arrive en bûches de SO kilogrammes, sciées à plat aux deux bouts.

On en distingue plusieurs variétés^suivantrorigine, savoir :

Bois de Cuba. C'est le meilleur.

Bois de Tampico. Un peu plus clair que le précédent.

Bois jaune du Brésil. Très-clair et piqué des vers.

Bois de Portorico, de Carthagène, de Macaraïbo, de Saint- Domingue.

Bois de la Jamaïque, de Tuspan, des Indes orientales.

Les meilleures qualités sont les plus dures, les moins piquées, celles qui, avec une belle couleur jaune, offrent de nombreuses veines rougeâtres.

Dans le commerce, le bois jaune est souvent réduit en" poudre, ou en copeaux.

Les décoctions offrent les réactions suivantes :

Alcalis et terres alcalines. Coloration jaune orangé foncé,

sans précipité.

Acides sulfurique, azotique^ oxalique. Léger précipité. Alun. Précipité jaune.

Sulfate de peroxyde de fer. Coloration olive^ précipité noir

olive.

Chlorures d'étain • . . ] Acétate de plomb ... | Précipité jaune ou jaune brun.

— de cuivre... / Gélatine. Précipité floconneux jaune.

Les matières colorantes du bois jaune ont été étudiées par MM. Chevreui (1), Wagner (2>, e* m derûiei: lien par Hlasiwetz et Pfaundler (3).

OesauteuFs s'accordent générdement à y admettre d!9ux principes distincts, Vim presq^ue insoluble dans Teau et l's^ir. tre assez soluMe*

Le premier a reçu le nom de morin, et Tautre d'sicide moirintaiiniqud ou maekdkie.

Yoici comment MM. Hlasiwetz et Pfaundter prescrivent d'opérer la séparation de ces deux corps.

Le bois jau]9»e est réduit en poudre, h la ràpe^ m au moyen de la machine à varloper en usage dàifts tes fabriques â*extraitss On \% traite deux ou trois fois par l'oau bouilkale. Les liqueurs sont ooiieeintrée& et abandonnées pendant plusieurs jours.

Il se forme un dépôt cristallin qu'on lave rapidemtot h Teau frcHde et que lî'on e^cpriioe à la pr6S86.<> H renfëropie les deux principes. Oû^peuit), avec avantage, sie servit des d^ts eristaliins jaunes qui se forment le long das tonneaux o^ Ton conserve les extraits à Ift'Bauimô, préparés avec le bois jaufte^.

La masse exprimée est réduite en poudre, traitée à plu-i sieurs reprises par Teau bouilianté. Lé résidu insolubte est du morin brut mélangé à une petite quantité d'une combinaison calcaire de morin.

On le traite par Vacide chlorhydrique étendu, on lave et on dissout dans l'alcool. Ce liquide additionné d'eau, chaude (2/3 de son volume) dépose le mûria en aiguilles cristalli-

( l) Leçons di^ chimie appliquée à la teinture, 1. 1!, ç. 150.

(2) Journal fur prakt. Chem. , LI, 82.

(3) Annalen der Chemie und Pharmacie, t. CX'XVIÏ, p. dSl , el Comptes rendus de l'Académie des sciences de FteH»w, Jnm i«6*.

HATlâBSS OILOaAOrrES DU DOIS UUNE. 4 49

Unes jaunes, que Ton purifie par plusieurs criâtallisations dans l'alcool étendu.

L'aeiâe morintaïuiique ou madurine se trouve en bq1u>tion dans Teau qui a servi à épuiser le marin brut. Il se dé^ pose en partie par la concentration, et en partie après addition d'aeide chlorhydrique.

On le purifie par plusieurs cristallisations dans Teau acidulée.

Ge corp$ forme la partie la plus importante des dépôts cristallins, remarqués par M. Ghevreul dans les bûches de bois jaune.

Adde tnariniannique &u maclutine. ^^ Les cristaux de mac^urine, obtenus par le procédé précédent, sont jaunes; mais on peut arriver à les décolorer presque entièrement, en les exprimant immédiatement après la cristallisation, ou bien encore en ajoutant de Tacide acétique et de Facétate de plomb à la solution, et en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré. Le dépôt de sulfure de plomb entraîne le peu de matière jaune mélangée.

U est trèsrsoluble dans l'eau chaude; i partie de maclurine se dissout dans 6,4 parties d'eau froide et 2,14 parties d'eau bouillante. U est solublai dans l'alcool, l'esprit de bois et l'éther ; il fond à 200^ et se décompose à 250^

U précipite en noir verdàtre par le sulfate de fer, en jaune pspr l'sfcétate de plomb, le précipité est soluble dans l'acide acétique.

Les cristaux de maclurine ne perdent entièrement leur eau qu'à iSO ou IW. Sa composition est représentée parla formule C*»H*^0».

Traitée à chaud par des solutions concentrées d'alcalis caufitâques^ elle se dédouble en phloroglucine et en acide protocatéchique.

lUdurio^. Phlomglttcioe. Acide Pro-

tocatéchique.

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