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II

Une solution moyennement concentrée de maclurine, bouillie en présence du zinc et de Tacide sulfurique^ se colore rapidement en rouge intense. Cette couleur diminue peu à peu d'intensité et finit par passer au jaune vineux.

Dans ces conditions, on obtient de la phloroglucine et un nouveau produit, la machromine. On isole celle-ci de la manière suivante : Le liquide décanté de dessus le zinc est additionné du tiers de son volume d'alcool et agité avec de Téther, tant que le liquide se colore. Les extraits éthérés sont évaporés, le résidu est étendu d*eau et précipité par Tacétate de plomb. Le dépôt est jaune, au début, mais il se colore peu à peu en vert. Le liquide filtré contient la phloroglucine.

Le composé plombique est décomposé par l'hydrogène sulfuré, après avoir été mis en suspension dans l'eau bouillante. Le liquide est filtré et concentré dans le vide, opération pendant laquelle il se colore, tout en déposant des cristaux grenus. On lave ceux-ci à l'eau froide et on les fait cristalliser dans l'alcool étendu bouillant, d'où il se dépose en aiguilles brillantes.

La propriété la plus intéressante de la machromine est la facilité avec laquelle ses cristaux et ses solutions se colorent en bleu au contact de l'air et sous l'influence des agents oxydants. Celles-ci donnent alors par l'acide chlorhydrîque un précipité bleu indigo.

Le perchlorure de fer et le bichlorure de mercure y développent une belle couleur violette passant au bleu. Les solutions alcalines et ammoniacales se colorent également en bleu à l'air.

Le nitrate d'argent est réduit avec production d'une liqueur violette. ' •

L'acide sulfurique concentré dissout la machroHiine avec une teinte orangée, puis jaune ; teinte qui passe au vert intense à chaud et se maintient après que le liquide est

étendu d'eau. La coloration verte passe au violet sous l'influence des alcalis.

La machrominé est donc remarquable par la variété des couleurs qu'elle engendre; de là son nom.

Sa composition est représentée par la formule

Ci*HWO» 4- 3H*0

et sa génération aux dépens de la maclurine ne peut s'expliquer qu'en admettant la production préalable d'acide protocatéchique C^H«0*.

2(C'H«0*; -f H* = 0*H*W + 3HH).

La matière bleue, formée par l'oxydation de la machrominé, s'obtient le plus facilement, lorsqu'on ajoute un excès de perchlorure de fer à une solution aqueuse de ce corps. Elle se précipite en flocons qui, lavés à l'eau, séchés, broyés et épuisés par l'éther, se présentent sous forme d'une masse amorphe foncée, brillante, soluble dans l'alcool avec une belle couleur bleue.

La solution alcoolique acidulée se décolore par le zinc et l'amalgame de sodium.

Elle paraît renfermer

Macbromine.

M. Hlasiwetz n'est pas parvenu à produire directement la machrominé par la réduction de l'acide protocatéchique.

La maclurine traitée, en solution alcaline, par l'amalgame de sodium, se décompose dans une autre direction, le liquide passe du brun foncé au rouge et successivemeiït par toutes les nuances jusqu'au jaune clair.

Le liquide alcalin est très-sensible à l'action de l'air; après l'avoir saturé par l'acide chlorhydrique, on enlève les

4&I TRilTÉ WS MATltMS COUVRANTES.

produite formés ea agfitant ayte de Téther. La solution éthé^ rée est évaporée et le.résidu repris par l'eau est pvéoi]^ par l'^ioétiite de plomb. Le liquide filtré renferme de la phloroglucine et le précipité, décomposé par l'hydrogène sulfuré, fournit à l'év^poratjpn un corpa amorphe, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther^ paraissant répondre à la formule

JL^a maolurine chauCËe avec le ehbiure d'aoétyle donne un dérivé monoacétique

Une solution d'acide i^orint£n:jnii[ue dans Tacide sulfurique, dépose au bout de quelque ten^s de l'acide rufimorique, sous forme d'un précipité cristaUin rougebrîque, soluble eii pourpre d^ps ramïpwiaque*

L'ébulUtion avec l'acide cUlprhydriqùe étendu dpqjîjB également jje l'acide ruflflapr^ue.

Le corps rouge, soluble dans l'alcool^ peu ^olpble dans Ve^u, peut régénérer la pd^çjiwrilie^ loraqu'Qpi te f^\ bouillir avec de la potasse.

Formule peu probable :

Il est à supposer que l'acide rufimorique est isomère de la maclurine.

Hi^rin, «rr Le morin est presqpue insqlublû dans Teau froide, trï^gp-peu solubile daisis Teau «baud»» soluble dansTakool, peu spl\ib)e dws Véther, kistduble dans h suHura de c»rbQnj^,

lim alp$disi9 1^^ borates, et: lea phosphates; aloalias le dissol*^ vent en se colorant eu jaune; \f» adidee le repnicipitent^

Le p^rchlQrure ée î&t eoiore en veirt oline foncé sa solution rtcwlique.

MATltRES €0L0RA1ITES BU MIS lAiniE. 4»9

Il perd trè8MlifB.€iieriient les der^ièi'es tracels d'eaii de cristallisation»

M. Hisi&vetz représente! psr C**H*0*, la eompositioiï du tnorin séché à 2««" et par C"H«0* 1 «/a H*0 celle du morirt séché à Tair*

Cette formule est contrôlée i^ai^ Tétude des combmàisonë suiTantes.

Combinaisons potassique et sodique.. jrMAmwi^

— caieiqueetbàrytique'..j^:.'^;j::

— plombique C**H*8pb^0»«

— zincique C^WZn^O^ + 4H*6

Les pi*ei4iières s'obtiennent directemetit en cotnbinânt W morîïi avec les carbonates alccdins, les autres èé forinent par double décoftiposîtion. Ce sont des précipités jàutieâ.

Le composé zincique prend naissance dans Tactioii dti 2inc sur une solution alcoolique de mùtiïij additiCifÉitréé d'acide sulfurique*

Le morin absorbé rammonîaquè, et augtnente de lfi,7 pour 100 de son poids, en donnant.

OWW 4-2A2H9 — HH>.

Avec le brome on obtient le morin brome C*^H'Br^O*.

Le morin se transforme facilement en phloroglucine sous l'influence de l'hydrogène naissant, ou par la fusion avec les alcalis. Cette réaction diffère de celle que donpe la quercétine, en ce que la phloroglucine en est le seul produit.

Ainsi, si l'on ajoute de l'amalgame de sodium à une solution alcaline de morin, le liquide devient bleu, pui&vert^ et enfin jaune brun ; à ce moment, il ne précipite plus par les acides ef ne renferme plus que de la phloroglucine formée d'après l'équation :

4ft4 . TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.

Une solution alcoolique et acide de morin, traitée par Tamalgame de sodium, prend une teinte rouge intense passant à l'orangé, au jaune et au blanc jaunfttre. Dans ce cas on trouve également de la phloroglucine.

Mais si Ton a soin d'arrêter l'expérience au moment où la coloration pourpre est le plus intense, on obtient par concentration du liquide des prismes pourpres, brillants, solubles en pourpre dans l'alcool, insolubles dans l'eau, peu solubles dans Téther. La solution alcoolique de ce corps passe au vert sous l'influence des alcalis, et au bout d'un certain temps le morin est régénéré.

Il suiBt même, pour transformer le corps rouge en morin, de faire bouillir sa solution alcoolique étendue, ou bien encore de le chauffer à sec. Lorsqu'on précipite par l'acétate de plomb la solution alcoolique, et qu'on décompose le précipité par l'hydrogène sulfuré, on régénère également le morin.

La solution du corps rouge, additionnée d'alun, offre un remarquable caractère de dichroïsme. Étendue, elle paraît jaune par transparence avec le reflet vert du verre d'urane.

Ce corps, qui rappelle l'acide rufimorique, paraît être isomère du morin, comme l'acide rufimorique semble isomère de la maclurine ; M. Hlasiwetz lui donne le nom d'isomorin.

La transformation de l'isomorin en morin se fait sans le concours de l'air. La génération n'est donc pas, comme on aurait pu le croire, le résultat d'une action réductrice.

Une solution de morin dans l'acide sulfurique, additionnée d'eau jusqu'à la limite de la précipitation, fournit de l'isomorin, si l'on y ajoute du zinc en grenailles.

M. Hlasiwetz fait 'ressortir les analogies de propriétés qui rapprochent le morin et la quercétine :

1* Tous deux fournissent un corps rouge lorsqu'on les traite en solution acide et alcoolique, par l'amalgame de sodium

2* Ils fournissent tous deux de la phloroglucîne sous influence de l'amalgame de sodium agissant sur une solution alcaline. Dans le cas de la quercétine, il se forme en outre d'autres produits.

S*" Le morin zincique et la quercétine zincique prennent naissance dans les mêmes circonstances. Les solutions sulfuriques de morin et de quercétine se modifient d'une manière analogue en présence du zinc, et donnent des corps rouges.

4"" Le morin et la quercétine s'unissent à la potasse et à la soude.

' S"" La potasse en fusion transforme ces deux produits en phloroglucine.

6« Ils sont tous deux stables à une haute température et perdent très-difficilement leur eau de cristallisation.

Ils se subliment d'une façon analogue, en se décomposant en grande partie.

Enfin le morin et la quercétine donnent en solution les mêmes colorations avec divers réactifs.

Ce chimiste cherche à expliquer ces analogies frappantes, en supposant que la quercétine renferme les éléments du morin et de l'acide quercétique.

On a en effet :

Quei'cétiae. Horio.

La formule que nous avons proposée pour la quercétine rapproche également ce corps du morin, au point de vue de la composition.

Quercétine. Homoloji^tte de la quercétiae.

CitHioo» — H« = C"HW.

Moria.

Applications, — Le bois jaune, réduit en poudre ou en

456 TRAITÉ DES MATtÊRGS CaiORANTES.

copeaux, sert à teindre oU à préparer des décoctions, plus ou moins concentrées, d'extraits liquides ou solides.

On en fait des laqties destinées à la p^nture et à l'impression des tissus.

Les n\tanc6s fournies sopt les mômes à peu prèls ^ue celles du ^ercitron« Elles leur seot lëgaleloeat eomparablés au point de Tue de la sdliditéé

Vaude {Wau^ en allemand), Méseda luteola. i

Plante herbacée de 1 mètre à l'", 30 de hauteur, semée en juin et récoltée un an après :

On l'arrache ou on la coupe à ras du sol, et on la sèche à l'air et à l'ombre, pour la réunir en bottes, et la livrer sous cette forme au commerce*

Elle est composée d'une tige unique, grêle, portant une série de tiges plus minces, de couleur jaune ou jaune yerdfttre, suivant les soins apportés à la dessiccation.

La gaude est cultivée en France (Normandie , Élbeuf, Sauniers, Pont-de-l'Arche, Cette, Havre), en Angleterre et en Allemagne (Thuringe, Saxe, Bavifere, Wurtemberg, etc.).

La matière colorante se teouve répandue dans toute la plante, mais c'est surtout vers les sommités fleuries qu'elle est particulièrement accumulée.

Les décoctions de gaude sont jaune vefdâtre, de saveur douce et amére, odeur spéciale, désagréable.

Les alcalis les virent au jaune d'or.

Les acides foncent la nuance.

Le sulfate de fer les colore en vert olive.

La plupart des sels métalliques donnent des précipités jaunes.

La gélatine donne un trouble insignifiant. .

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