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MATIÈRES COLORANTES JAUNES CHINOISES. 4 S

11 cède sa matière colorante à l’eau chaude ou froide, celleci teint alors sans mordant. On l’utilise pour donner un pied de jaune aux pièces destinées à être teintes en carthame.

2° Le hoang-pé-pi, écorce du hoang-pé-mou ou pterocarj mis flavus, ou peut-être de Y hymcnolobium , arbre élevé qui croît dans les provinces de Sse-Tchouen et deKouang-si.

Il teint sans mordant et cède son principe à l’eau seule. Les nuances sont jaune rougâtre.

3° Le ti-hoang, racine d’une plante qui paraît être le rhamnesia sinensis. Elle est jaune comme celle de la carotte.

4° Wongsky, wongshy, wongschy, hoang-tchy. Fruit du gardénia grandiflora ( chinesische-Gelbshotten , gousses de Chine). Ce produit a été examiné chimiquement par MM. W. Stein (1), Von Qrth (2), F. Rochleder (3), Th. Martius Mayer.

D’après Rochleder, il renferme de la pectine, de l’acide rubichlorique, un tannin et, enfin, une matière jaune. Celle-ci serait identique avec la crocine renfermée dans les fleurs des crocus sativus (safran). Pour isoler la matière colorante, on épuise par l’alcool chaud, on évapore et on filtre. Le liquide, étendu de beaucoup d’eau, est mis en macération avec de la gelée d’alumine. Au bout de quelques jours, on filtre de nouveau et on précipite par l’acétate neutre de plomb. Le précipité est décomposé par l’hydrogène sulfuré, et le sulfure métallique, mélangé à la matière colorante, est épuisé par l’alcool. On évapore et on reprend le résidu par l’eau. On obtient ainsi une partie insoluble, amorphe, de couleur rosée (voir safran).

Le hoang-tchi sert, en Chine, pour teindre en jaune, il entre comme élément constitutif dans la teinture verte sur coton, et pour donner un pied de jaune à des tissus de soie

(1) Chem. Pharm. Centralblatt, n° 9, p. 140.

12) News Repertorium fur Pharm., IV, 12-17.

(3) Idem, IV, 3G5-3G7. — Diug/er’s Polytechnisches Journal, GXIV , 136. — Répertoire de chimie appliquée, I, 87.

ou de coton, que l’on veut teindre en écarlate, en cerise, en cramoisi, avec le carthame ; il augmente la solidité et l’intensité de la couleur.

D’autres espèces de gardénia, le gardénia radicans et le gardénia florida fournissent des fruits susceptibles de teindre en jaune.

On n’emploie pas indifféremment, en Chine, les trois sortes signalées plus haut. La grandeur des fruits varie aussi, celui du gardénia grandiflora ou wonschy est plus allongé, les autres sont ovoïdes ou allongés.

M. Persoz a fait des expériences sur la matière colorante du hoang-tchi fourni par M. le docteur Martius d’Erlangen. Les graines et les capsules sont épuisées parle sulfure de carbone qui enlève les corps gras, puis par l’esprit de bois qui dissout la matière colorante. Après évaporation du dissolvant, il reste un résidu rougeâtre, cristallin, soluble dans l’eau.

Cette matière colorante s’unit au coton mordancé en alumine ou bioxyde d’étain, pour donner du jaune ; avec l’oxyde de fer, elle donne une nuance ohve. Elle se combine directement à la soie non mordancée. Le bain se monte avec une décoction de fruits ou de graines, additionnée de 2 grammes d’alun, et de 1 gramme d’acide oxalique, par litre; température 40 à 30°. La nuance obtenue est d’un jaune pur, inaltérable par les alcalis et les acides. Pour teindre la laine, on fait intervenir de la composition d’étain, ou bien on alune la fibre.

Le nom de hoang-tchi s’applique encore au principe colorant jaune des fleurs du carthamus tinctorins. Il est extrait en foulant les fleurs mises dans un sac de toile, d'abord dans de l’eau pure, puis dans de l’eau de riz aigri. Ce suc jaune sert pour faire le fond des teintures écarlates et rouges sur la soie. Il en résulte que le carthame de Chine est en grande partie dépouillé de son principe jaune. Il est aussi quatre à cinq fois plus riche que le meilleur produit de

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