‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 104 sur 124 · SAFRAN · texte numérisé non relu

SAFRAN

On donne ce nom au pistil ou stigmate de la fleur du crocus sativus, oignon de la famille des iris.

Il fleurit en octobre et croît dans la plupart des contrées de l’Europe, notamment en Espagne, en Autriche, et dans le midi de la France (environs d’Avignon).

11 renferme une matière colorante que nous avons déjà trouvée dans le wongschy ou fruit du gardénia grandi flora.

Celle-ci peut être préparée en épuisant le safran par l’éther qui enlève des graisses et des résines, puis, par l’eau. La solution aqueuse est précipitée par l’acétate de plomb, et le précipité est traité comme celui fourni par le wongschy.

La crocine, ou safranine, constitue une poudre rose, inodore, devenant brune par la chaleur, et se décomposant à 200°.

Elle est soluble en orangé dans l’eau, l’alcool, les alcalis ; très-peu soluble dans l’éther.

L’acide sulfurique concentré la dissout en bleu d’abord, puis en violet.

L’ébullition avec l’acide sulfurique étendu la dédouble en glucose et en un nouveau principe, la crocétine. Celleci est amorphe, rouge foncé, peu soluble dans l’eau et l’éther, soluble dans l’alcool. Sa formule C20H26O11, qui n’est pas suffisamment contrôlée, ne doit être considérée que comme une traduction des résultats analytiques.

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