‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 28 sur 124 · QUATRIÈME GROUPE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME GROUPE

Procédés qui utilisent ta volatilité de Valizarine. — M. Camille Kœehlin a le premier fait entrevoir la possibilité d’extraire directement l’alizarine de la garance, par voie de volatilisation.

La volatilité de ce corps est trop faible, son point de décomposition est trop voisin de son point de sublimation, pour qu'il soit possible d’extraire de l’alizarine par simple chauffage de la garance ou de la fleur. Il est de plus évident que beaucoup de matières végétales se détruiront en même temps, avec production de composés empyreumatiques qui souilleraient le peu de colorant isolé.

Nous savons d’un autre côté qu’un courant gazeux ou d’une vapeur, de vapeur d’eau par exemple, favorise la volatilisation et permet d’en abaisser la température. Il a en outre l’avantage de soustraire continuellement les vapeurs d’alizarine à l’action décomposante de la chaleur.

C’est en partant de ces principes que M. Kœehlin et après lui M. E. lvopp ont tenté d’isoler industriellement l’alizarine.

L’appareil de M. Kœehlin ne peut servir qu’à des expériences de laboratoire, et n’était destiné qu’à appeler l’attention des fabricants sur une nouvelle voie à suivre dans la préparation d’un extrait de garance. La garance en morceaux ou moulue, ou encore la garancine, était placée dans un tube ; on le portait à 250° au moyen d’un bain d’huile, on y faisait entrer d’un côté un courant de vapeur d’eau, tandis que de l’autre sortaient les vapeurs qui allaient se condenser dans un ballon refroidi. En opérant ainsi,

M. H. Schlumberger n’a obtenu que 0sr, 67 d’extrait pour 100 grammes de garance.

L’appareil de M. Ivopp, dont nous donnons ci-joint le dessin, est construit dans le but d’une exploitation industrielle. On fait passer de la vapeur surchauffée dans et autour de garancine en morceaux de la grosseur d’une noix.

A, générateur de vapeur. — B, prise de vapeur. — C, four à surchauffer la vapeur qui s’y rend par le tuyau d . — E, tuyau à robinet h pour la sortie de la vapeur surchauffée. — F, chambre en fonte, de forme sphérique, divisée en deux compartiments, par une cloison verticale percée de trous. Cette cloison est destinée à favoriser le mélange intime de la

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vapeur surchauffée et de la vapeur ordinaire, arrivant lorsque le robinet g est ouvert d’une certaine quantité. — I, thermomètre. — CG, cylindre en cuivre contenant la garancine sèche, disposée entre deux diaphragmes ; ce cylindre communique dans la chambre F, au moyen du tuyau à robinet k. — D, autre cylindre enveloppant concentriquement le cylindre CG et communiquant également avec la chambre F à l’aide du tuyau à robinet /, qui sert à faire circuler la vapeur autour du cylindre j; l’excès de cette vapeur se dégagepar

GARANCE

le tube m. — H, appareil de condensation dans lequel les produits de la distillation se rendent par le tuyau p , communiquant avec le cylindre cc.

Le four à surchauffer la vapeur d’eau étant porté à 360°, on commence par faire circuler de la vapeur à 180° dans le cylindrée/, et lorsque le cylindre cc et la garancine ont acquis cette température, on ouvre le robinet k qui donne accès dans le cylindre à la vapeur surchauffée, dont on élève peu à peu la température à 200, 220, 230, et même vers la fin de l’opération jusqu’à 240°. L’alizirine se sublime et est entraînée par la vapeur d’eau sous la forme d’un gaz jaune orangé qui se condense en poudre de la même couleur. La distillation terminée, on rassemble cette poussière sur un filtre, et l’eau de condensation qu’on retient en dissolution peut servir à la teinture.

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