LAQUES DE GARANCE
On donne le nom de laques de garance aux combinaisons insolubles et colorées que forment les matières colorantes rouges de la garance avec les oxydes métalliques. Celles qui se recommandent par la beauté de leur nuance sont employées, comme couleurs organico-métalliques, dans la peinture à l’huile ou à la gélatine, la peinture à l’aquarelle et en miniature, à la décoration des fleurs artificielles ; on peut aussi les fixer sur tissus, comme l’outre-mer ou toute autre poudre insoluble, au moyeu de l’albumine et des fixateurs plastiques; enfin, en les dissolvant dans un véhicule convenable et volatilisai) le par la chaleur, tel que l’acide acétique, et en imprimant, on obtient par vaporisage une véritable teinture sur place.
A vrai dire, les laques d’alumine et de garance (alizarate et purpurate d’alumine) sont seules employées. Elles sont d’un rose plus ou moins foncé, avec un reflet bleuté. 11 est très-difficile d’obtenir des laques d’alumine foncées et réel-
lement rouges après la dessiccation. Elles participent de la solidité des teintes fournies par la garance, et c’est cette propriété qui les recommande surtout à l’attention des consommateurs.
La plupart des procédés publiés reposent sur l’emploi d’une solution alunique de matière colorante, que l’on précipite par du carbonate de soude.
On obtient de semblables solutions, en faisant bouillir la garance lavée à l’eau avec une solution d’alun et en filtrant. M. Collomb de Wesserling se sert du précipité pectique brun, formé par la saturation de la lessive de soude avec laquelle il épuise la garance lavée à l’acide nitrique étendu. Il emploie 12 litres d’eau et 2 k,5 d’alun, fait bouillir à la vapeur pendant 10 minutes et précipite par 900 grammes de cristaux de soude dissous dans 5Ht,5 d’eau.
Les méthodes proposées par M. Persoz offrent plus d’avantage :
La garance lavée à l’eau, contenant du sulfate de soude, est bouillie 20 minutes avec 10 fois son poids d’une solution d’alun à 10 pour 100. On filtre et on laisse refroidir à 35 ou 40°. Le liquide rouge peut être traité de deux manières : 1° on sature avec précaution avec 1/8 ou 1/10 de carbonate de soude, par rapport à l’alun employé, de manière à former de l’alun basique qui reste en solution. En portant ensuite à l’ébullition, on détermine la précipitation d’un soussulfate d’alumine insoluble, combiné à tout le colorant du bain. Le dépôt n’est pas gélatineux, il se sépare et se filtre rapidement et se dissout bien dans l’acide acétique ; 2° on ajoute au bain une quantité convenable d’acétate de plomb (78 parties pour 100 d’alun); il se précipite du sulfate de plomb); le liquide rouge filtré est porté à l’ébullition. Dans ces conditions, on obtient également un dépôt de sulfate basique d’alumine coloré en rouge. La laque ainsi préparée est beaucoup plus intense et plus pure que celles qu’on obtient avec le carbonate de soude.
GARANCE
Au lieu d’employer la garance, on se servira avec beaucoup plus d’avantage des produits plus concentrés qui se préparent de nos jours, et notamment de la purpurine commerciale dont les usages en teinture sont restés jusqu’à présent nuis.
D’autres procédés peuvent être imaginés et essayés pour l'obtention de laques.
Ainsi, on pourrait dissoudre la matière colorante dans une quantité restreinte d’alcali et mettre le liquide en présence de l’alumine hydratée, ou bien encore dissoudre la matière colorante dans l’aluminate de soude et saturer par le sel ammoniac ou un acide faible qui précipiterait l’alumine en combinaison avec le principe colorant. On formerait également une laque en teignant de l’alumine en gelée dans un bain de matière colorante. On a cherché, mais sans succès, à obtenir une laque de fer propre à l'impression.