A12)VI
lution concentrée de sulfate neutre avec de l’alumine en ge-
lée. Le sulfate tribasique
O12 -j-9H20 qui se préci-
pite lorsqu’on ajoute une petite quantité d’ammoniaque au sulfate neutre.
Ce sulfate basique peut s’unir en différentes proportions à l’alumine pour donner d’autres sels basiques.
Parmi les sels qui offrent quelque intérêt dans les opérations de teinture et d'impression, nous citerons encore :
Le nitrate, ^ jO6. Sel cristallisable ; très-soluble
dans l’eau, soluble dans l’alcool, déliquescent.
GARANCE
On le prépare soit en dissolvant l’alumine dans l’acide nitrique, soit en précipitant le sulfate d’alumine par une quantité équivalente de nitrate de plomb.
Le chlorhydrate ou chlorure d’aluminium hydraté. A12V,C16 4- I2H20. Il est très-soluble dans l’eau et l’alcool ; se décompose par l’ébullition en acide chlorhydrique et alumine.
L 'hyposulfite dont la propriété la plus intéressante est de se décomposer facilement par l’ébullition en acide sulfureux, soufre et alumine.
Les acétates ctpyroliynites (acétates préparés avec l’acide de bois). L'histoire de ces sels nous intéresse particulièrement à cause de leur importance dans la fixation des mordants. Les seuls documents importants nous sont fournis par le travail remarquable de M. Walter Grum.
En ajoutant à une solution concentrée de sulfate saturé
d’alumine ^jo j O6, une solution d’acétate de plomb,
^""pb^ * il se précipite du sulfate de plomb et le liquide retient de l’acétate d’alumine formé d’après l’équation
3(S02)„ /qcwo)
(Wv.j ^ V Pb„
6(c2tro)
(Al2vi
Pb
Ce liquide retient du sulfate de plomb en dissolution ; on l'en débarrasse par l’action successive de l’hydrogène sulfuré et de l’acétate de baryum. Il présente une odeur très-marquée d’acide acétique libre, comme si une partie seulement de l’acétyle était entrée en combinaison aluminique. Étendu en couches minces, sur des plateaux en verre ou en porcelaine, et évaporé à une température de 3“° centigrades, avec la précaution de remuer constamment avec une spatule, il se dessèche sous forme d’une masse gommeuse complètement soluble dans l’eau, et dont la solution convenablement préparée ne présente plus l’odeur acétique.
Ce dernier produit a une composition représentée par la formule :
(AP)vi V 0° + SH2 O
M. Walter Crum le désigne sous le nom de biacétate soluble. D’après cela, l’existence du composé acétique saturé n’est pas encore démontrée et on peut aussi bien, d’accord avec les faits, le considérer comme un mélange du biacétate précédent et d’acide acétique libre.
On obtient le môme acétate soi-disant saturé, en dissolvant de l’alumine en gelée dans l’acide acétique bouillant en excès.
Les solutions les plus fortes d’acétate saturé, que l’on puisse obtenir par double décomposition, contiennent à peu près 5 pour J 00 d’alumine ; quand une semblable liqueur, ou bien encore celle que l'on obtient en dissolvant l’alumine dans l’acide acétique, est abandonnée à elle-même pendant plusieurs jours, à la température de 15 à 20° centigr., elle laisse déposer sur les parois du vase une croûte qui croît en épaisseur et qui, en se desséchant, offre l'apparence deplaques dures comme delà porcelaine.
La composition de ce dépôt peut être représentée par la formule :
(Ah),
4C2I130 } O6 -f 4H20 (Tessier) ou -f oH20 (Walter Crum).
C’est le biacétate insoluble à 5 molécules d’eau de M. Walter Crum.
On obtient en outre un biacétate insoluble de formule :
garance:.
sous forme d’un précipité cristallin d’un vif éclat, lorsqu’on chauffe une solution concentrée d’acétate saturé, le dépôt se réunit au fond du vase sous forme d’une poudre blanche pesante; il se forme d’autant plus vite que la température est plus élevée (quelques jours à 37° centigr., deux ou trois heures à G0°; en peu d’instants à l’ébullition). Le liquide surnageant ne retient presque pas d’alumine. Ce sel est insoluble dans l’eau froide ou chaude, ainsi que dans l’acide acétique. 1 partie mise à digérer une heure et demie dans 200 parties d’eau bouillante, se dissout avec production de biacétate d'alumine, d’acide acétique et d’hydrate soluble ; il est soluble dans les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique, avec mise en liberté d’acide acétique. Une dissolution de sulfate d’alumine l'attaque également.
Les dissolutions d'acétate d’alumine obtenues par double décomposition et contenant moins de 3 pour 100 d’alumine ne sont plus précipitées par l’ébullition, lorsqu’elles sont récemment préparées ; mais elles acquièrent cette propriété au bout de quelques semaines, lorsqu’elles arrivent à contenir une quantité d’acide acétique libre, égale à celle d'une solution d’acétate saturé à 4 pour 100 d’alumine. Une des propriétés les plus intéressantes des acétates d’alumine est celle de fournir une modification soluble de l’alumine. Il a déjà été question plus haut de cette transformation.
Les solutions d'acétate d’alumine additionnées d’un sel étranger, tels que : sulfates desoude, dépotasse, d’ammonium, demagnésie, chloruredesodium,alun, se troublent beaucoup plus facilement par l’action de la chaleur que celles d’acétate pur; déjà au-dessous de 100" il se forme des précipités de sel basique, en même temps que de l’acide acétique devient libre. Le précipité se redissout par le refroidissement, si l’on n’a pas expulsé l'acide acétique devenu momentanément libre.
Le mordant rouge préparé avec l’alun et l’acétate de plomb se trouvedanslesconditionsd’un mélange d’acétate d'alumine
et de sulfate alcalin ; on conçoit d’après cela qu’il se décompose par la chaleur mieux que l’acétate pur, qui exige une ébullition prolongée et un certain état de concentration.
A luminate de sonde. — Depuis la découverte des mines de bauxite dans le midi de la France et leur exploitation sur une grande échelle, ce sel a acquis une grande importance. Il n’était préparé, autrefois, que dans les fabriques mêmes qui le consommaient et en solution, par l’addition d’un excès de soude à la gelée d’alumine précipitée, et ne recevait que des applications restreintes.
L’aluminate de soude se prépare en mélangeant, en proportions convenables, le minerai avec du sel de soude d’une pureté suffisante. Ce mélange, introduit dans un four à réverbère, est chauffé au rouge vif. Lorsque la matière frittée ainsi obtenue cesse de faire effervescence par l’addition d’un acide, l’opération dans le four est complète; l’aluminate de soude est extrait par lixiviation. Celle-ci s’opère aumoyen d’un filtre d’une construction spéciale, sous lequel on peut faire le vide ; la vapeur employée sert en même temps à chauffer l’eau destinée à l’extraction et à aspirer l'eau avec force à travers toute la matière, en se condensant au-dessous de la surface filtrante, et en produisant ainsi le vide.
Pour obtenir l’aluminate de soude anhydre, on n’a plus qu’à évaporer la solution à siccité.
Le produit se présente sous forme d’une poudre agglomérée, d’une teinte légèrement verdâtre, due à des traces de vanadium. Il est sec au toucher, fixe et infusible àla température la plus élevée du four à réverbère ; calciné pendant longtemps, il perd seulement par la volatilisation les sulfates et chlorures renfermés sous forme d’impuretés. Il est trèssoluble dans l’eau froide comme dans l’eau chaude.
Les solutions ne marquant pas plus de 10 à 12 degrés Baumé restent très-longtemps limpides. Plus concentrées au contraire (33 à 40° Baumé), elles donnent un dépôt dense et granuleux d’alumine. Ce qui reste dans la liqueur surna-
GARANCE
geante est un sous-aluminate avec excès de soude, très-hygrométrique, déliquescent et fusible comme la soude caustique.
L’acide carbonique donne dans les solutions d’aluminate de soude un précipité d’alumine facile à laver, mais qui retient énergiquement une certaine quantité de carbonate alcalin.
L’alumine se précipite encore par le bicarbonate de soude, par tous les acides minéraux et organiques employés en proportions convenables pour saturer l’alcali, par les sels ammoniacaux (carbonate, chlorure, etc.).
Tous les sels, dont on peut séparer la base correspondante par l’action de la soude, donnent des dépôts formés d’une combinaison d’alumine avec cette base. Les sels d’alumine eux-mêmes donnent des précipités d’aluminate d’alumine.
En précipitant l’alumine de l’aluminate par une proportion d’acide chlorhydrique convenable pour saturer la soude, on l’obtient sous une forme où elle est facilement soluble dans l’acide acétique. On peut donc préparer par ce moyen de l’acétate d’alumine très-pur et exempt de fer.
L’aluminate de soude correspond théoriquement à la formule :
(AP)vi ) qG Soude 47,21
Na6 j Alumine 52,79
Celui du commerce renferme :
Soude 43
Alumine 4g
Sulfate de soude et chlorure de sodium provenant des impuretés du sel de soude employé 9
Au lieu de calciner le minerai avec du carbonate de soude, on peut le chauffer avec un mélange de charbon et de sulfate de soude.
Fabrication des sulfates d'alumine simples ou doubles. — Alun de Rome. Cette variété d’alun se prépare avec l’alunite. Il suffit de la calciner légèrement, puis de l'exposer à l’air pour qu’elle se délite et cède à l’eau de l’alun qui cristallise en cubes parfaitement exempts de fer soluble. Cette grande pureté, qui a fait pendant longtemps la fortune de l’alun de Rome, est due à ce qu’il cristallise en présence d’un excès d’alumine, incompatible avec le fer dissous ; nous avons vu que l’on imite parfaitement l’alun de Rome, en neutralisant l’alun ordinaire par une quantité de carbonate de potasse telle que le précipité formé commence à refuser de se dissoudre par l’agitation.
La théorie de cette opération est facile à comprendre si l’on se rappelle la composition de l’alunite (sulfate basique d’alumine uni à du sulfate de potasse). La calcination ménagée détermine la séparation de l’excès d’alumine. La plus grande partie de l’alun fabriqué en France et en Allemagne s’obtient en soumettant les schistes pyriteux et carbonifères à une combustion lente au contact de l’air. Il se forme du sulfate ferreux et du sulfate d’alumine. La masse lixiviée donne une solution qui, concentrée, dépose des cristaux de vitriol vert. L’eau -mère alumino-ferrugineuse est additionnée de sulfate de potasse ou d’ammoniaque, ce qui détermine la précipitation de cristaux grenus d’alun. Ceuxci bien égouttés sont cristallisés deux fois.
En traitant directement les schistes alumineux par l’acide sulfurique, M. Spence est arrivé à augmenter considérablement le rendement en alun ; en effet 60 tonnes donnaient autrefois une tonne d’alun , tandis que par cette nouvelle méthode, il suffit de 3/4 de tonnes pour produire une tonne d’alun. M. Spence emploie les schistes situés au-dessous des couches de houille dans le sud du Lancashire. Leur couleur est noire. On l’accumule en tas de quatre à cinq pieds de haut et on le calcine lentement, à une température voisine du rouge, dans le but de désagréger le schiste et de rendre
l’alumine soluble clans l'acide sulfurique. Après dix jours, le schiste, demeuré poreux et friable, est mis à digérer avec de l’acide sulfurique d’une densité égale à 1,35, pendant 30 à 48 heures et à 100° degrés centigrades. Cette température s’obtient en chauffant les cuves en dessous, et en y introduisant les vapeurs d’une chaudière contenant les eaux ammoniacales des usines à gaz. En effet, il n’est nullement nécessaire de traiter d’abord par l’acide et ensuite par l’alcali, le traitement combiné, convenant tout aussi bien, pourvu qu’il y ait un excès d’acide. Le liquide bouillant s’écoule dans des citernes, où il se refroidit sous l’influence d’une agitation continuelle. L’alun ammoniacal cristallise en farine qu’on lave avec les eaux-mères de la purification. Cette farine est dissoute sans eau par un jet de vapeur; la solution, clarifiée dans un réservoir en plomb, se rend dans des tonnes dont on peut facilement enlever les douves. L’alun cristallise en une masse compacte ayant la forme du tonneau , d’un pied d’épaisseur ; l’eau-mère retourne aux chaudières.
La fabrication de l’alun ammoniacal a presque partout remplacé celle de l’alun potassique, pour des raisons d’économie. Le sulfate alcalin ne joue, en effet, d’autre rôle que de faciliter la cristallisation.
Le kaolin, calciné et traité par l’acide sulfurique bouillant à 40° Baumé, donne facilement du sulfate d’alumine trèspur et exempt de fer; il suffit de chasser l’excès d’acide, et de reprendre par l’eau. Sous le nom de tourteaux d’alun (alumcaké) on trouve dans le commerce du sulfate d’alumine, mélangé à la silice du silicate d’alumine employé à la pivp;. ration.
A cet effet, le kaolin calciné et très-finement broyé est. mélangé avec une quantité convenable d’acide sulfurique h 50° cent, et d’une densité = 1,4. La pâte liquide est versée dans des cadres carrés, où elle se solidifie et devient trèsdure; c’est un mélange de sulfate aluminique à 8 molécules d’eau, avec la silice devenue libre.
L’ alumine alun s’obtient par le traitement sulfurique de l’alunite. C’est un mélange d’alun potassique et de sulfate 'd’alumine. Le rendement par le traitement primitif de l’alunite était de 50 pour i 00 ; il devient par là de 1 00 à 1 20 pour
Des moyens de fixer V alumine sur tissu.
Bien des moyens se présentent à l’esprit pour fixer l’hydrate d’alumine sur tissu. Disons tout d’abord, que la nature de la fibre influe notablement sur la facilité de cette préparation ; parmi tous les moyens possibles, le fabricant choisira celui ou ceux qui exigent les manipulations les plus faciles et les moins nombreuses. Dans tousles cas, l'alumine doit être présentée à la fibre dans un état de complète dissolution, et après qu’elle l’a imprégné sous cette forme, précipitée dans ses pores par un agent convenable ; mais il ne suffit pas de précipiter de l’hydrate d’alumine, il faut encore que cet hydrate soit dans un état physique moléculaire convenable, pour donner en teinture les plus belles nuances. Ainsi on remarque des différences très-notables entre les tissus teints dans un même bain de garance et mordancés par divers procédés. Ces différences peuvent tenir, soit à l’état d’agrégation plus ou moins grand de l’oxyde métallique, soit à sa position par rapport aux pores de la fibre.
L’examen microscopique de tranches de fils de coton , mordancés à la manière ordinaire (acétate d’alumine), ou au moyen de chlorure aluminique, a révélé à M. Walter Crum des faits curieux qui rendent compte des variétés de nuances fournies en teinture. Dans le premier cas, la laque colorée est surtout accumulée dans le canal central de la fibre ; dans le second, elle est plus superficielle et localisée dans l’anneau périphérique.
L’alumine peut être* obtenue en solution : 1° à l’état de sel saturé; 2° à l’état de sel basique; 3° sous ses modifications solubles; 4° en combinaison avec les alcalis.
Sels saturés. — Certains de ces sels peuvent être mis en présence de la fibre (nous parlons ici principalement du coton) sans subir la moindre décomposition , soit par l’effet du temps à la température ordinaire, soit sous l’influence de la chaleur. Un simple lavage à l’eau suffit pour éliminer tout l’oxyde dont le tissu était imprégné. Tels sont le nitrate, le sulfate, l’alun. Lorsqu’on veut faire intervenir dans le mordançage de semblables composés, il est nécessaire de faire subir consécutivement au tissu un passage en bain saturant, capable de précipiter l’hydrate d’alumine, ou du moins un composé basique insoluble.
D'autres sels aluminiques se décomposent par la chaleur humide , en cédant à la fibre tout ou partie de leur oxyde terreux, ou un sel basique; tandis que l’acide devient libre et abandonne le tissu en se gazéifiant. (Chlorure, acétate, hyposulfite.)
Pour ce genre de composés, on fixe déjà le mordant par impression de la solution et par une exposition dans une atmosphère chaude et humide.
Un pareil résultat n’est pas seulement le fait d’une dissociation des éléments constitutifs, mais encore, de l’intervention des éléments de l’eau, dont le concours est nécessaire pour former l’acide et l’hydrate d’alumine. C’est donc une véritable saponification dans le sens étendu que les chimistes donnent à cette expression.
Sels basiques. — Les sels non saturésou basiques d’alumine abandonnent assez facilement à la fibre leur excès d’alumine en se convertissant en sels saturés. La chaleur humide peut développer le phénomène dans une solution d'un pareil corps, mais l’attraction de porosité exercée par la matière textile le favorise singulièrement, et à ce sujet nous prions le lecteur de se reporter au chapitre consacré à la fixation des couleurs.
Aluminates alcalins. Les solutions alcalines d’alumine laissent précipiter l’alumine sous l’influence des acides ou
de certains seis mentionnés plus haut. Un tissu portant des impressions d’aluminate de soude se mordance, par conséquent : 1° par simple exposition à l’air; dans ce cas, l’acide carbonique de l’atmosphère est chargé de la saturation de l’alcali ; 2° par un passage en bain acide assez faible pour que l’alumine déplacée ne puisse se redissoudre; 3° par un passage en bain d’un sel ammoniacal. L’alumine ne formant pas de combinaison stable avec l’ammoniaque, l’alcali volatil se dégage; 4° par une immersion dans un sel métallique dont l’oxyde forme , avec l’alumine, un aluminate insoluble. Exemple :
Al*vi ) n6 , , / 2C2H30 ) \ Al\, j 6 C2H30 j
NaM° +3V Zn„ j 0J-3ZnJ0+6 Na j°
Aluminate de Acétate de zinc. Aluminate de Acétate de sodium. zinc. sodium.
La préparation des mordants rouges pour garançage a subi bien des variations et des améliorations depuis que l’indienne a pris pied en Europe. Nous ne suivrons pas toutes les phases par lesquelles elle a passé et nous prendrons à peu près la question an point où elle est arrivée. Pour beaucoup de fabricants, l’alun et l’acétate ou le pyrolignite de plomb en sont les éléments essentiels. Pour d’autres, le sulfate d’alumine, s’il est exempt de fer, remplace avantageusement l’alun. Nous avons vu, en effet, que le sulfate alcalin ne joue aucun rôle important. Si nous nous laissons guider par la vue théorique la plus simple qui puisse se présenter à l’esprit, nous serons portés à croire qu’il convient avant tout d’employer les deux sels en proportions telles, que tout l’acide sulfurique du sulfate neutre d’alumine, dont les éléments se trouvent dans l’alun, soit précipité sous forme de sel de plomb. Il resterait alors dans la liqueur : de l’acétate saturé d’alumine, et, si l’on a employé l’alun, du sulfate d’ammonium ou de potassium. Evidemment, on n’aurait aucun avantage à forcer la dose de l’acétate de plomb et
GARANCE
à convertir, par là, en acétate le sulfate alcalin de l’alun.
Cette opinion a été soutenue par M. Sébille. D’après lui, il est nécessaire, pour utiliser dans le mordançage la totalité de l’alun employé, de précipiter 100 parties d’alun par 125 parties d’acétate de plomb cristallisé.
Les résultats de la pratique et surtout les intéressantes recherches de M. D. Kcechlin Schouch ne s’accordent pas avec ce calcul. Ainsi, diverses doses d’acétate de plomb ayant été mises avec le même poids d’alun et la même quantité d'eau, les préparations ont été imprimées et teintes ; on a obtenu des nuances égales quand la proportion variait de 75 parties à 125 d’acétate de plomb pour 100 d’alun; au-dessous de 75 la teinture devenait plus faible. De même, en conservant la dose d’acétate de plomb et d’eau et en changeant seulement les quantités d’alun, il s’est trouvé que le mordant le plus fort était celui qui renfermait 3 parties d’acétate pour 4 d’alun. La théorie précédente exigerait 5 parties d’acétate pour 3 d’alun.
Comme conséquence de ces observations qui s’appliquent aussi au sulfate d’alumine, mais avec d’autres rapports, nous pouvons conclure, en toute certitude, qu’il n’est pas nécessaire d’atteindre le point de saturation dans le double échange, et qu’on peut fort bien laisser une certaine dose d’acide sulfurique dans la liqueur, sans nuire à la force du mordant.
Que renferme le mordant des indienneurs préparé avec 100 parties d'alun et 75 au plus d'acétate de plomb ? On ne saurait le dire exactement, dans l’état actuel de la science ; tout ce que l'on peut affirmer, c’est que les deux acides en présence se partagent la base, proportionnellement à leur masse ; si nous prenons le cas simple d’un mordant préparé avec du sulfate d’alumine, il contiendra, après séparation, du sulfate de plomb, du sulfate basique d’alumine en quantité variable, suivant le plus ou moins d’acide sulfurique non précipité, de l'acétate d’alumine basique et de l’acide II. u
acétique libre, à la faveur duquel les deux sels basiques sont maintenus en dissolution.
Ce liquide imprimé dégage de l’acide acétique volatil, et les sels basiques se séparent et se fixent au tissu. Il résulte de là que la dose d’alumine insoluble, adhérente après l’exposition à la chambre chaude, est la même entre les limites d’acétate de plomb employées.
Une expérience directe de M. D. Kœchlin prouve du reste
(Al2)vi |
que le sulfate basique d’alumine S O'2,, 1 O6 joue le rôle d'un
excellent mordant. Ayant préparé ce sel par la décomposition d’une solution d’alun saturé par la potasse, sous l’influence de la chaleur, il l’a dissous dans l’acide acétique.
La dissolution étant imprimée et le tissu exposé dans une chambre chaude et humide, il n’a pu rester que du soussulfate d’alumine; car , quelle que soit la manière dont l’acide sulfurique et l’acide acétique se partagent l’alumine dans le liquide, après dessiccation, l’acide acétique plus volatil a dû être complètement éliminé.
Or le tissu ainsi préparé et dégorgé en bouse donne à la teinture de très-bons résultats.
On peut donc admettre, qu’avec le mordant ordinaire, il reste, après l’impression et la fixation à la chambre chaude, une quant ité de sous-sulfate d’alumine renfermant tout l’acide sulfurique du sulfate d’alumine neutre qui n’a pas été précipité sous forme de sulfate de plomb, plus une certaine dose d’alumine ou de sous-acétate d’alumine dérivant de l’acétate décomposé par la chaleur.
En employant exactement 100 parties d’alun et 7o d’acétate de plomb on déplace à peu de chose près les deux tiers de l’acide sulfurique du sulfate d’alumine. La solution représente donc réellement une liqueur préparée en dissolvant
GARANCE
(Al% |
i molécule de sulfate basique S02„ O6 dans 2 molécules
d’acide acétique. Qu’il y ait partage ou non de la base entre les deux acides, le résidu sur la toile après l’exposition à la chambre chaude sera du sulfate basique d’alumine.
Ces considérations, qui sont de nature à éclaircir l’histoire du mordançage, ne sont du reste nullement contraires à l’emploi de l’acétate d’alumine pur ; elles prouvent seulement que le sous-sulfate d’alumine, les sulfates de soude, de potasse, d’ammoniaque, ou les acétates alcalins, peuvent y être associés dans une certaine mesure, sans nuire à ses qualités.
Dans la fabrication des mordants, il convient de choisir l’alun bien pur, d’un beau blanc et surtout exempt de fer.
Autrefois l’alun de Rome était le plus estimé. Aujourd’hui l’alun en bloc, de France, et surtout l’alun épuré en cristaux de moyenne grosseur, suffisent. On peut du reste ajouter un peu d’alcali pour neutraliser le produit et le rapprocher, par là, de l’alun romain.
L’alun à base de potasse ne donne pas d’autres résultats que l'alun ammoniacal.
Le sel de saturne doit être blanc, cristallisé; il se prépare généralement avec de l’acide acétique de bois. Le pyrolignite de plomb ne peut remplacer avec avantage l’acétate pour les roses , son emploi ternirait les teintes qui exigent une grande pureté. L’alun et l’acétate de plomb étant pesés et l’alun pilé, on met celui-ci dans un baquet profond; on verse dessus la quantité convenable d’eau chaude, et quand il est dissous on y ajoute, souvent, un dixième de son poids de cristaux de soude, pour en saturer l’excès d’acide. On y mêle alors l’acétate de plomb, et comme ce sel se dissout très-vite , la réaction a lieu à l’instant même. On doit remuer pendant une heure.
Lorsqu’on ajoute un alcali il n’est pas indifférent de le faire à la fin de l’opération, ou de l’introduire dans la dissolution
d’alun. Dans ce dernier cas on a pour but de saturer l’excès de l'acide sulfurique, de ménager l’acétate de plomb et d’obtenir un mordant plus riche en acétate d’alumine. Dans le premier, au contraire, on sature seulement l’excès d’acide acétique. Ce dernier mode peut être utile lorsqu’on a besoin d'un mordant neutre ou hygrométrique. (L’acétate de potasse attire, en effet, vivement l’humidité.)
M. D. Koechlin a publié les trois formules suivantes pour le mordant rouge :
Mordant fort n° f .
100 pots d’eau (dont 20 pots de décoction de bois pour marquer à l’impression. Le pot = 3 livres 3/4).
130 livres alun.
15 — cristaux de soude.
150 — acétate de plomb.
Mordant n° 2.
100 pots d’eau (dont 20 décoction).
100 livres alun.
10 — cristaux de soude.
75 — acétate de plomb.
Mordant n° 3 .
100 pots d’eau (dont 20 déeoction) .
75 livres alun.
7,5 livres cristaux de soude.
50 — acétate de plomb.
Ces mordants datent de 1 828 .
En voici d’autres plus récents.
Mordant fort.
11 kilogrammes alun.
82sr,50 pyrolignite de plomb .
32 litres d’eau bouillante.
Mordant 5/4
025 grammes alun .
450 — pyrolignite de plomb.
2 litres eau bouillante.
GARANCE
Alun
Pyrolignite de plomb Eau bouillante. . . . . .
Extrait de Lima à 20° .
10 kilogrammes alun.
tO — acétate de plomb.
20 litres eau.
Mordant rouge pour garancine à 11“ Baume.
25 kilogrammes alun.
19 — pyrolignite de plomb.
S0 litres eau.