‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 38 sur 124 · GO · texte numérisé non relu

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Mordant fort à lt» Baume.

2k,5 alun.

2 kilogrammes pyrolignitc de plomb.

Gut,3 eau.

Mordant pour rouge garancine.

Alun

Pyrolignite de plomb

Eau

D’après les expériences de M. D. Koechlin, le mordant n° 2 est assez fort pour produire avec presque toutes les substances tinctoriales, les nuances les plus intenses, qu’elles sont susceptibles de rendre par une saturation complète.

Au lieu d’avoir un seul mordant mère pour en tirer toutes les dégradations de nuances, en l’étendant plus ou moins d’eau, suivant les teintes que l’on veut produire, les fabricants préfèrent en composer plusieurs qui diffèrent par leur densité et les proportions d’alun et d’acétate de plomb, selon le genre d’impression auquel on les destine. La principale raison qui s’oppose à cette manière de procéder, c’est qu'un mordant fort ne se conserve pas aussi longtemps qu'un autre de densité moyenne. Du reste, tous les mordants finissent par déposer plus ou moins de sous-acétate d’alumine,

même dans des flacons bouchés, et le dépôt ne se dissout pas sensiblement dans l’acide acétique. Il convient donc de ne pas en préparer une trop grande quantité à la fois.

L’acétate d’alumine pur peut être chauffé à l’ébullition sans se décomposer, ni précipiter, tandis que les mordants qui contiennent du sulfate de potasse ou de l’alun avec excès de base se troublent quand on les chauffe, et donnent un précipité abondant qui se redissout par le refroidissement.

M. Gay-Lussac avait admis que le dépôt, formé dans ces circonstances, est de l’hydrate d’alumine. Les expériences de M. D. Koechlin, qui l’a trouvé composé de 100 parties d’acide sulfurique et de 343,5 d’alumine, tendent à le faire considérer comme un mélange d’alumine et d’un sulfate basique insoluble. Un fait intéressant et contraire à ce que l’on aurait pu attendre, c’est que la précipitation est d’autant plus abondante et s’effectue à une température d’autant plus basse, que le mordant est moins concentré, ainsi avec :

1° Un pot d’eau, une demi-livre d’alun et une demi-livre d’acétate de plomb, on obtient un liquide qui pèse 6°,o Baume, se trouble à 68° et se prend en gelée à 73°.

2° Un pot d’eau, une livre d’alun et une livre d’acétate de plomb, le mordant pèse 8°, se trouble à 80° et se prend en gelée à 88°.

3° Un pot d’eau, trois livres d’alun et trois livres d’acétate de plomb, le mordant pèse 15° Baumé et ne se trouble point même à l’ébullition.

On obtient encore de bons mordants pour rouge, en dissolvant dans l’acide acétique le précipité obtenu par l’ébullition d’une solution d’alun saturé par la potasse ; ce précipité est du sous-sulfate d’alumine ; ou bien encore en dissolvant dans l’acide acétique le précipité obtenu, à froid, par la potasse, dans une solution d’alun. Le dépôt fourni dans les mêmes circonstances dans une dissolution bouillante d’alun ne s’attaque pas facilement par l’acide acétique.

Pour préparer l’acétate d'alumine avec le sulfate d’alumine,

GARANCE

on commence par former une solution de ce sel marquant 31 à 33° Baumé et on en précipite 110 à HS parties par 1 00 parties d’acétate de plomb dissous dans 30 parties d’eau. Le liquide filtré pèse 1 S à 16° Baumé et renferme 18 à 19 pour 100 d’acétate d’alumine. C’est le maximun de richesse auquel on peut arriver. En teinture l’acétate d’alumine obtenu ainsi donne absolument les mêmes résultats que celui de l’alun, pourvu que le sulfate employé soit exempt de fer (1).

Pour des raisons d’économie, on remplace souvent l’acétate ou le pyrolignite de plomb par de l’acétate ou du pyrolignite de chaux; 100 parties d’alun, 100 parties d’eau et ISO parties de pyrolignite de chaux à 11°, S donnent un acétate d’alumine marquant 12°, S. 11 faut éviter un excès de chaux qui ternirait les nuances.

Le mordant dit à l’aluminate de potasse se préparait autrefois en dissolvant à l’ébullition 60 livres d’alun dans 36 pots de lessive caustique de potasse à 35° Baumé. Après cristallisation du sulfate de potasse, on soutire le liquide clair.

Il est aujourd’hui beaucoup plus avantageux de remplacer cette préparation par l’aluminatede soude fabriqué industriellement par des méthodes dont il a été question plus haut.

M. E. Kopp (2) a fixé l’attention des industriels sur les applications que pourrait recevoir l’hyposulfite d’alumine dans le mordançage des tissus. En effet, ce sel, parfaitement soluble dans l’eau, se dédouble facilement par l’ébullition de sa solution aqueuse, en acide sulfureux, soufre et alumine. Les produits de cette décomposition, pas plus que ceux de l'acétate, ne sont pas de nature à altérer la fibre.

Pour préparer l’hyposulfitc d’alumine pur , on décompose 4ka, 1 67 de sulfate d’alumine cristallisé

y! | O6 + 18H20j dissous dans l’eau par 4,875 kilo-

(1 D. Koechlin Schouch, Sur le mordant rouge, Bulle'., delà Soc. indust. de Mulhouse, t. I, p. 277.

(2) Bulletins de la Société industrielle de Mulhouse, t. XXVIII, p. 439.

grammes d’hyposulfite de chaux cristallisé ; on filtre et on exprime fortement le précipité de sulfate de chaux.

La solution est claire, limpide, et se conserve très-longtemps, même au contât de l’air. Une solution d’hyposulfite d’alumine de 1 ,20 de densité contient à peu près autant d’alumine qu’une solution d’acétate de 1,10.

Cette liqueur s’épaissit facilement, à froid, parla gomme, l’amidon grillé ou le léiocomme.

Comme pour l’acétate , l’hyposulfite d’alumine est un mordant moins avantageux lorsqu’il est pur que lorsqu'il est mélangé en certaine proportion avec des sels alcalins.

En opérant avec de l’alun on trouve que 6 kilogrammes d’alun sont décomposés complètement, soit par 4kil,65 d’hyposulfite de soude, soit par 4kil,85 d’hyposulfite de chaux cristallisé. Ainsi 2 kilogrammes de ce dernier sel peuvent remplacer 3 kilogrammes d’acétate de plomb.

Comme les sulfates s’épaississent avec une certaine difficulté à l’amidon, on peut, d’après M. Kopp, préparer de l’hydrochlorate d’alumine que l’on incorpore, à l’état sirupeux, dans de l’empois d’amidon refroidi. Il ne reste plus qu’à ajouter de l’hyposulfite de soude, en proportion telle que les 2/3 ou les 3/4 de l’hydrochlorate d’alumine soient décomposés.

L’obtention d’un chlorhydrate d’alumine convenable pour faire un bon mordant, facile à épaissir, exige quelques précautions. On précipite 6 kilogrammes d’alun ammoniacal par 2kil,780 de chlorure de calcium sec. La liqueur séparée du sulfate de chaux est évaporée dans les vases en plomb, jusqu’à consistance sirupeuse. Par le refroidissement, il se forme des cristaux de sel ammoniac. L’eau mère, décantée et égouttée, est évaporée à ISO0 cent, jusqu’à ce qu’elle se recouvre d’une pellicule. Par le refroidissement, le tout se prend en masse solide, blanche, déliquescente.

M. Kopp prépare l’hyposulfite de chaux par l’action de gaz sulfureux sur le mélange bouilli d’oxysulfure basique de chaux (charrées de soude) avec 10 pour 100 de son poids de

GARANCE

soufre en poudre. Lorsque le liquide prend une réaction acide, on le laisse s’éclaircir après neutralisation et on l’évapore à une douce chaleur. On obtient ainsi de beaux cristaux.

En précipitant une solution de ce sel par une quantité équivalente de sulfate de soude, on forme l’hyposulfite de soude qui cristallise facilement.

Le mordant à l’hyposulfite présente sur ceux à l’acétate les avantages suivants :

1° Il est plus économique ; surtout lorsqu'il s’agit de mordants peu ou point épaissis, pour plaquer. A force égale, il donne, généralement, des nuances plus nourries.

2° De tous les mordants d’alumine, c’est celui qui se fixe le plus rapidement et le plus complètement.

3° Il empêche, jusqu’à un certain point, la fixation du fer, parce que tant qu’il reste de l’hyposulfite d’alumine non décomposé sur la fibre, le fer que peut renfermer la préparation à mordancer se maintient à l’état de fer au minimum, et ne peut adhérer. Ce n’est que plus tard qu’il pourra subir une oxydation et que le sel ferrique, eu se décomposant, cédera du sesquioxyde ; malgré la publication de ces résultats intéressants, l’hyposulfite d’alumine n’a pas encore été adopté en pratique. L'habitude de fabricants et la crainte d’introduire une révolution aussi complète dans l’une des branches les plus importantes de l’indienne, sans avantages bien marqués, ont probablement enrayé les succès que l’on devait attendre de cette nouvelle manière de proçéder. Ajoutons que le dégagement d’acide sulfureux dans les étendages chauds peut être considéré comme un contre-poids aux avantages énumérés tout à l’heure.

Épaississage des inordants d'alumine.

L’épaississage des mordants est une des questions prati-

ques les plus essentielles à bien connaître. Il ne suffît pas d'avoir une solution apte à céder de l’alumine insoluble à la libre, il faut encore ne pas diminuer ou altérer ces aptitudes, par l’introduction dans la couleur d’un épaississant capable de eontre-balancer les affinités réciproques qui tendent à faire précipiter la base.

Or nous avons vu, à l’article Épaississant, qu’un même mordant, épaissi au même degré de viscosité avec les divers produits usités, ne donne pas en teinture des résultats de même valeur. La gomme du Sénégal en particulier, et certaines gommes arabiques, s’opposent plus facilement à la fixation du sous-sel alumineux. Deux mordants de même densité, mais épaissis avec des substances différentes, donnent des teintes dont l’éclat et l’intensité varient suivant la nature de l’épaississant. Ainsi, on remarque qu’un mordant épaissi à l’amidon se combine plus facilement à l’étoffe, et fournit des teintes plus foncées, que le même mordant épaissi à la gomme ; mais, pour de certaines couleurs, la gomme est préférable, parce qu’elle communique aux nuances plus de transparence, une partie de l’amidon restant toujours avec le mordant malgré le dégorgeage.

La différence d’intensité peut provenir de l’augmentation de volume occasionnée par certains épaississants qu’on est obligé d’employer à plus forte dose pour obtenir une consistance égale ; il en résulte plus ou moins d’écartement entre les molécules alumineuses. Un mordant auquel on donne beaucoup de consistance au moyen delà gomme, sèche Irop rapidement et ne se combine que peu à l’étoffe en fournissant des couleurs faibles ; tandis qu’on peut, sans rien craindre, augmenter la consistance par l’amidon ou la farine, suivant le besoin de ce genre d’impression.

D’un autre côté, un mordant fort et acide ne s’épaissit pas facilement à l’amidon et la couleur ne conserve pas la consistance nécessaire. Il vaut mieux épaissir ce mordant avec de la gomme ou de l’amidon torréfié. Un mordant dans

GARANCE

lequel il y a un excès d’alun (2 parties d’alun sur 1 partie d'acétate de plomb), épaissi à l’amidon, tire de l’eau au bout d’unjour.Il en résulte que le degré de consistance et la nature de l'épaississant varient et se règlent suivant l’espèce d’impression, la densité et la dose d’acétate du mordant. C’est donc là, comme on le voit, une question délicate et demandant une longue pratique.

Les épaississants les plus généralement employés pour les mordants rouges et roses, sont l’amidon blanc et l’amidon grillé.

Avec l’amidon il est nécessaire de cuire la couleur à imprimer; dans ce cas, il se précipite un sous-sel d’alumine qui reste en suspension grâce à la viscosité du liquide, et se redissout par le refroidissement, surtout si l’on a soin de remuer la préparation jusqu’à ce qu’elle soit froide. On doit donc éviter d’imprimer à chaud.

Lorsqu’on est dans le cas d’étendre de beaucoup d’eau le mordant, comme par exemple le rose clair à l’amidon , il convient d’épaissir d’abord l’eau et d’y ajouter ensuite le mordant presque froid.

Voici quelques exemples de mordants rouges et roses épaissis et prêts à être imprimés au rouleau (1).

Rouge foncé. Rouge moyen. Rouge clair.

Acétate d’alumineà 9°. 1 litre. t litre. 1 litre.

Eau 1 litre. 4 litres. 15 litres.

Amidon 240 gr. 0 0

Amidon grillé 60 2 kilogr. 6 kilogr.

Huile tournante 30

Décoction de Lima. .. . 104

Mordant pour rouge garance.

Mordant pour garancine à 11° Baume 1 litre.

Amidon blanc 1 10 grammes.

Amidon grillé clair 75 —

' 1 ! D.-K. Schouclp loco citato.

Rouge intermédiaire.

Fin rouge n° 2 I partie.

Eau d’amidon grillé à 500 grammes par litre.. 2 parties.

Eau 1 partie.

Rouge clair.

Mordant fort à 11° Baumé 1 litre.

Vinaigre à 2° Baumé . 4 litres.

Eau d’amidon grillé à 750 grammes 9 —

Eau de terre de pipe cà 1 kilogramme par litre. 5 —

Mordant pour rouge garance foncé (dessins fins). Fin rouge no 2.

Eau .... 6 litres.

Décoction de Fernambouc. 10 —

Vinaigre à 2° Baumé 5 —

Alun 2k,500

Pyrolignite de plomb 2k,500

Amidon blanc 3 kilogrammes.

Huile tournante 375 grammes.

Nitrate de cuivre à 52° Baumé 375 —

N. B. Le sulfate de plomb formé reste alors dans la couleur et sert à lui donner plus de corps, pour la régularité de l’impression des dessins fins.

Azotate de zinc à 40° Baumé 125 grammes.

Eau 2 litres.

Mordant rouge 4.

Amidon blanc 2 kilogrammes.

Amidon grillé 4 —

Mordant fort 10 litres.

Extrait de Lima à 20° 1/4 litre.

Huile tournante 1/2 litre.

Acide pyroligneux 5 litres.

Acide chlorhydrique 1/4 litre.

Pyrolignite de chaux 1 kilogramme.

Ajouter à froid.

Sel d'étain

750 grammes.

GARANCE

Mordant rouge, 4

Mordant a 20 litres.

Amidon blanc 6 kilogrammes.

Huile tournante 250 grammes.

Térébenthine 250 —

Rouge, 4/2

Mordant a 24 litres.

Eau 6 —

Amidon blanc 0 kilogrammes.

Huile tournante 250 grammes.

Térébenthine 250 —

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