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TEINTURE AVEC LA GAUDE

Exemple de teinture avec la gaude.

On l'ait bouillir préalablement la gaude, pendant une demi-heure, dans l’eau du bain, puis on enlève l’herbe, on laisse refroidir le bain jusqu’à 30° Réaumur, température à laquelle on entre les pièces mordancées par 4 ou 6 à la fois. On emploie 10 à 20 livres de gaude par pièce, selon que les fonds ou les dessins sont plus ou moins chargés. Si les parties blanches sont abondantes , on fera bien d’ajouter 60 grammes de colle par livre de gaude. On monte pendant une demi-heure jusqu’à 60° Réaumur. On passe deux fois en son (10 livres par pièce pour les fonds blancs, 5 livres pour les fonds jaunes). On expose quelques jours sur pré, on repasse en son et on sèche. Une exposition trop longue brunit le jaune.

La différence dans le traitement de la gaude tient à la moindre solubilité de sa matière colorante.

Les fonds blancs sont moins chargés et plus faciles à nettoyer.

L’écorce de grenadier, quelquefois usitée comme jaune dans les couleurs complexes , doit être préalablement débouillie comme la gaude.

La teinture en quercitron, en quercitron et bablali (débouilli), en quercitron et écorce de grenadier, précède celle en garance pour les fonds ou les dessins cannelle, ventre de biche.

Pour les fonds vert-myrte on teint en quercitron et écorce de grenadier, puis en campêche.

On comprend qu’en variant la nature du mordant et celle de la matière colorante associée et superposée au jaune, à l’olive ou au gris produits par le quercitron ou ses congénères, on peut réaliser des effets multiples de coloration, qu’il serait trop long d’énumérer ici. L’un des mélanges de

couleur, pour effets complexes, les plus importants est celui du bleu et du jaune, pour produire le vert.

Nous en dirons quelques mots à la suite des bleus.

Ainsi un tissu teint en bleu cuvé, mordancé en acétate d’alumine et teint en quercitron, gaude, graine, etc., prend une nuance verte. De même en réunissant dans une couleur les éléments d’un bleu vapeur et d’un jaune vapeur, le résultat final sera le vert. Cette association offre plus particulièrement de l’intérêt, parce qu’en dehors du vert de Chine et du nouveau vert d’aniline, c’est le seul moyen dont dispose le coloriste pour obtenir des verts organiques sur tissus.

La teinture du coton en écheveaux se fait en engallant au sumac, passant dans un bain d’acétate d’alumine à 2°, exprimant et teignant en bain chaud de quercitron additionné de sel d’étain ; on lave et on sèche.

Pour le vert on mordancé en acétate d’alumine à 5°, on exprime, on lave à l’eau chaude, on teint en quercitron, on aère, on passe en mordant rouge faible, on tord, on aère et on teint en solution de carmin d’indigo neutralisé par l’acide sulfurique.

Le jaune de quercitron sur soie s’obtient en mordançant la soie dans un bain d’alun (10 parties eau, 1 partie alun); on teint dans un bain de quercitron aluné ou additionné de sel d’étain ; on avive au savon.

Ce procédé s’applique aussi à la gaude et au bois jaune.

Pour le vert, on teint comme ci-dessus en bois jaune, puis on ajoute au bain du carmin d’indigo.

La laine est préalablement mordancée dans un bain bouillant de crème de tartre et d’alun, ou dans un bain monté avec 2 kilog. alun et 20 grammes acide sulfurique pour 10 kilog. laine.

Le mordant d’étain pour laine se compose de :

8 livres eau.

8 livres acide sulfurique.

1 kilogramme sel d'étain.

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