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MATIÈRES COLORANTES JAUNES DU GROUPE QUERCÉTIQUE

Il communique aux tissus de coton mordancé des teintes assez vives.

On isole le principe pur, en préparant une décoction avec les feuilles; celle-ci est clarifiée par une précipitation incomplète à l’acétate de plomb.

On filtre bouillant, et l’on ajoute de l’acide acétique; la matière se dépose en fines aiguilles.

L’écorce et la racine de grenadier renferment, outre le tannin, une matière colorante jaune, non encore examinée, mais qui, par son mode d’être en teinture, se rapproche du quercitrin ou de la quercétine.

Emploi, en teinture et en impression , des matières colorantes jaunes du groupe quercétique.

La grande analogie, de propriétés et de composition, qui relie, au point de vue chimique, les matières colorantes réunies sous le nom générique de quercétiques, fait prévoir que dans leurs applications elles doivent se rapprocher aussi beaucoup.

Cependant en pratique il n’est pas indifférent de remplacer l’une par l’autre ; mais il ne faut pas perdre de vue que le plus souvent le fabricant ne fait pas usage du principe immédiat pur, mais de la partie végétale tout entière, ou d’extraits aqueux assez complexes. La matière colorante peut donc s’offrir à lui, associée à des substances étrangères diverses, selon la nature du produit mis en travail. Ces impuretés influent sur la teinte, sur les caractères de solubilité et sur une foule de conditions peu intéressantes pour le théoricien, mais qui dans la manutention industrielle ne laissent pas que de peser d’un grand poids dans la balance.

Admettons pour un instant que la rhamnétine et la quercétine ne forment qu’un seul et même corps ; on pourrait rroire que dans les opérations de teinture et d’impression il u . 3 0

importe peu de remplacer le quercitron par la graine de Perse ou réciproquement, cependant cette vérité à priori est loin d’être admise par le chimiste coloriste.

Lorsqu’.une fois, ce qui ne peut tarder d’arriver, le coloriste aura pris l’habitude de ne se servir que de produits purs, cristallisés ou non, il ne s’occupera plus de l’origine de la matière colorante fournie par le fabricant de couleurs, mais uniquement du prix de revient, et une grande partie des différences signalées disparaîtra.

Il nous est impossible, d’après le cadre restreint que nous nous sommes posé, d’entrer dans les considérations de détail qui justifient la préférence donnée à telle substance plutôt qu’à telle autre, dans un cas donné. Il nous faudrait pour cela, du reste, une longue pratique du métier, qui nous fait défaut.

Nous pouvons donc envisager, d’une manière générale et dans son ensemble, le mode de fixation et les principales applications des matières colorantes du groupe quercétique, en indiquant ce que chacune d’elles offre de plus spécial et de plus saillant.

Aucune ne se fixe sans mordant, quelle que soit la nature de la fibre.

Elles communiquent, aux tissus mordancés à l’alumine ou à l’oxyde d’étain, des teintes jaunes, ou jaune orangé, ou jaune nankin.

Avec le mordant de fer, la couleur varie du gris au vert olivâtre ou au noir.

Avec le mordant complexe de fer et d’alumine, on obtient des couleurs olives et résédas.

Avec le mordant de chrome, on a un jaune olivâtre.

Ces nuances sont vraies pour les trois fibres, mais elles varient dans certaines limites de l’une à l’autre.

Pour la teinture on emploie : 1° la substance végétale brute telle qu’on la livre au commerce, ordinairement réduite en poudre plus ou moins fine ; 2° le même produit

TEINTURE EN QUERCITRON.

végétal ayant subi une préparation à l’acide sulfurique étendu et bouillant.

Dans ce cas les nuances sont plus vives et plus riches ; généralement la teinture exige une température plus élevée ; souvent aussi les fonds blancs sont plus salis, en raison même du degré de chaleur que l’on est obligé de garder. Cet effet se remarque surtout pour la quercétine sulfurique de Leshing.

Lorsque la matière tinctoriale renferme du tannin en proportions sensibles, comme le quercitron, le bois jaune, etc., il convient de neutraliser son effet, en ajoutant au bain, une proportion convenable de gélatine.

La teinture du calicot pour jaune se fait généralement avec le quercitron ou la quercétine ; autrefois on employait beaucoup la gaude qui offre l’avantage d’une teinture plus solide et résistant mieux à l’air.

Exemple de teinture dit calicot en quercitron.

Les pièces imprimées en mordant, et traitées comme pour l’article garance (I), sont teintes, par quatre à la fois, dans une cuve à garance montée avec 750 grammes à lk,500 de quercitron par pièce, et GO grammes de colle forte par li\re de quercitron. La matière colorante se dissout assez facilement pour que l’on puisse entrer immédiatement, ou peu de temps après avoir ajouté le quercitron en poudre.

On teint une heure, en montant de la température ordinaire à 30 ou 45° Réaumur. Avec les gris on ne doit pas dépasser 30°. Au sortir de la cuve, on lave, on dégorge et on passe un quart d'heure dans un bain de son, à 30 ou 40° Réaumur, contenant 5 livres de son, par pièce. S’il y a beaucoup de blanc, cette opération doit être répétée deux fois. Elle a pour but de débarrasser le fond blanc de la matière

(1) On peut aussi, après l’impression des mordants, les fixer par un passage en eau bouillante ou en eau de craie, suivi d’un lavage l’eau courante.

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jaune qui s’y étaitfixée. C’est là le seul avivage que comporte cette teinture.

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