AB + DC— AD + BC
Cette forme est la plus générale, et dans beaucoup de cas on peut y ramener les précédentes.
Ainsi la combinaison directe du chlore avec Thydrogène peut ou doit se formuler
Cl» + H* — cm + cm
Une molécule de chlore échange un atome de chlore contre un atome d'hydrogène, et réciproquement.
La décomposition du cyanure d'argent par la chaleur est susceptible d'être envisagée comme le résultat de l'action réciproque de deux molécules de ce sel.
CyAg + CyAg « Cy* + Ag«. '
Enfin, lorsque le sodium mis en présence de l'eau dégage de l'hydrogène et engendre de l'hydrate de sodium, le résultat final est la conséquence de deux doubles décompositions.
Jl 0 + NaNa = 2*|o + HNa
H 1 Nu )
JJ 0+HNa=j][ 0 + HH 2H»0 + Na» « 2(NaH0) + H*.
Le composé HNa ou hydrure de sodium est un terme de passage qui se détruit à mesure qu'il se forme.
On voit que cette manière d'interpréter l'union, la séparation et le déplacement est fondée sur cette considération que la plupart des éléments et des radicaux libres sont moléculaires et non atomiques.
On donne plus particulièrement le nom de combustion ou
d'oxydation aux phénomènes où intervient Toxygène libre, ou celui que fournissent facilement certains corps oxygénés peu stables, appelés oxydants. Il n'y a donc pas seulement oxydation lorsque Toxygène se fixe sur un élément ou un composé, mais encore lorsque cet agent a pour effet d'enlever un élément ou un groupe d'éléments qui entrent dans la constitution d'un composé.
L'oxydation est directe lorsqu'elle est provoquée par l'oxygène libre, indirecte si elle ne se produit que sous l'influence de l'oxygène naissant.
Par réduction, oh peut entendre l'élimination de l'oxygène d'un composé oxygéné ; on réduit les oxydes métaUiques par l'hydrogène et le carbofae. Cette expression prend souvent une extension plus grande et s'applique au cas où il y a fixation d'hydrogène.
Exemples, Réduction de l'indigotine bleue en indigo blanc.
Nous venons d'esquisser en quelques pages les principales lois qui président aux combinaisons des corps entre eux, en adoptant franchement les idées nouvelles nées des progrès incessants de la chimie. Il nous reste une tâche à remplir, c'est d'indiquer d'après quelles règles on doit former les noms des corps.
L'ancienne nomenclature de Lavoisier et de Guyton de Morveau a rendu d'immenses services; eUe était remarquablement adaptée aux besoins des idées que l'on se faisait alors sur la constitution des corps, mais aujourd'hui elle ne cadre plus entièrement avec la théorie. Comme néanmoins il n'en existe pas encore d'autre, nous devons chercher à la rattacher à ce qui a été dit plus haut.
Les éléments et les radicaux composés reçoivent des noms arbitraires qui, pour ces derniers, rappellent souvent un des
éléments constituants. Les terminaisons y le, ène^ ium sont assez fréquemment usitées pour les radicaux.
Exemples.
Ethyle, méthyle, sulfuryle, phosphoryle, élhylène, propylène, butylène, ammonium, stibméthylium, etc.
Les combinaisons d'un radical simple ou composé avec un métalloïde autre que l'oxygène se désignent en réunissant le nom du métalloïde terminé en ure et celui du radical.
Ainsi on dit : sulfure de cuivre, chlorure de fer, azoture de titane, carbure de manganèse, bromure d'éthylène.
Les combinaisons binaires dont un dés éléments est Toxv-
gène sont appelées des oxydes. On dit : oxyde de cuivre, oxyde d'éthyle, oxyde d'azote.
D arrive souvent qu'un radical forme plusieurs chlorures, plusieurs oxydes, etc. On les distingue alors par les propositions sous^proto^ sesqui^ bi^ tri^ etc., qui rappellent le degré d'oxydation ou de chloruration, ou de sulftiration. Ainsi sous-oxyde de plomb , protoxyde de plomb , bioxyde de plomb désignent des composés de plomb et d'oxygène dans lesquels la proportion d'oxygène augmente de l'un à l'autre.
Les oxydes peuvent être généralement dérivés du type eau H,*0,, simple ou condensé, parla substitution d'un radical à la totalité de l'hydrogène. Si la moitié seulement de l'hydrogène est remplacée par une quantité équivalente de radical, on a les hydrates d'oxydes (MHO). Les mêmes remarques sont applicables aux sulfures M^,S,, et aux sulfhydrates de sulfure (MH)S,, qui dérivent du type H*S,,.
Les composés susceptibles de réagir sur certains oxydes ou hydrates d'oxydes métalliques tels que l'oxyde de potassium ou l'hydrate d'oxyde de potassium, sont des acides. S'ils sont solubles, ils ont généralement une saveur aigre et rougissent la teinture bleue de tournesol. On appelle bases
les oxydes métalliques susceptibles d'entrer en réaction avec les acides ; lorsqu'elles sont solubles, 'elles ont une saveur alcaline et ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide.
Les acides connus jusqu'à présent peuvent être rangés dans les catégories suivantes :
1*" Hydracides ou dérivés du type acide chlorhydrique CIH simple ou condensé, par la substitution d'un radical au chlore. Leur nom se forme de celui du radical suivi du mot hydrique et précédé de la désignation générique d'acide. On les subdivise d'après l'atomicité du radical.
Les principaux hydracides monoatomiques sont les acides chlorhydrique (ClH),bromhydrique(BrH), iodhydrique(IH), fluorhydrique (FIH), cyanhydrique (CAz)H.
Parmi les hydracides diatomiques nous devons mentionner les acides sulfhydrique H^S,,, sélénhydrique H^Se,,, tellurhydrique H^Te,,, silicofluorhydrique (SiFl®),,H^.
Les réactions de ces corps sur les oxydes ou hydrates d'oxydes métalliques se résument par les équations suivantes :
2(R^,) + M*0,, « 2{RM) + H«0 {2C1H + Ag^O =« 2ClAg + H'O)
R,H, -f (MH)0/, = RM + H^O (CIH -f KHO = CIK + H*0)
R,,H,« + M*0 = R,,M* + H*0 (SH« + Ag«0 = SAg«+H«0)
R^H* + 2(MH0) = R,,M«4- 2H*0 (SH* + 2(KH)0 = SK'-f- m^O)
R«H* -f (MH)0 «= R,,MH + H*0 (SH* + {KH)0 =» SKH + H«0)
R,,H«+(MH)0+{NH)0==R,,MN-f2H«0(SH* -f (KH)0 + (NaH)O = ....
.... SKNa + 2H«0)
Les dérivés résultant de ces réactions rentrent, comme on le voit facilement, dans la nomenclature des composés binaires telle qu'elle a été établie plus haut. Ce sont des chlorures, des bromures, des sulfures, des sulfhydrates de sulfures, des fluorures, des cyanures ; ils appartiennent aux mêmesvtypes que les acides générateurs.
2"* Oxacides ou acides oxygénés. On les subdivise en oxacides anhydres et oxacides hydratés.
a. Oxacides anhydres.
Ils dérivent du type eau H^O simple ou condensé, par la substitution d'un radical à tout l'hydrogène. Si les radicaux dont on est conduit à admettre l'existence dans les acides avaient tous un nom propre, on formerait le nom de l'acide en terminant celui du radical en ique avec la désignation anhydre.
Exemples.
Radical acétyle (C^H^Q), j ^^^^ j 0
Acide acétique anhydre.
Radical sulfuryle (SO*), | ^^^^" \ 0«
Acide sulfurique anhydre.
Radical benzoïle {G^H^O), j ^^^^ j 0
Acide benzoïque anhydre.
Cette règle est généralement en usage en cbimie organique.
Pour les anhydrides minéraux, le radical est simple ou composé d'un élément uni à l'oxygène ; dans l'un et l'autre cas, le corps envisagé en dehors de toute préoccupation théorique est binaire et formé d'un seul élément uni à l'oxygène. On compose son nom en faisant suivre le mot acide du nom de cet élément terminé en ique avec la désignation anhydre :
Acides carbonique, phosphorique , arsénique anhydres.
Lorsqu'un même corps simple forme deux composés oxygénés acides, on affecte l'un, le plus riche en oxygène, de la terminaison ique^ et l'autre, le moins riche en oxygène, de la terminaison eux.
... i phosphorique anhydre PhW j phosphoreux anhydre. PhW.
S'il y en a plus de deux, on fait intervenir les prépositions hyper et hypo (plus et moins).
Ainsi les Anq acides du chlore se nomment : Acides hyperchlorique (Cl^O^), chlorique (Gl^O*), liypochlorique (CPO*), chloreux (CPO^), hypochloréux (CPO). Dans la notation typique ces corps s'écriraient :
(PhO),, i'' Ph, j""
{ClO^.
(ClO^),
0 (^i^^Mo (™'Mo (^^^Mo ^Mo
(ClO^), i "^ (CIO), / "^ (CIO), ( " ClJ "^
b. Oxacides hydratés. Ils dérivent du type eau par la ï^ubstitution d'un radical à la moitié de l'hydrogène seulement.
Leur nom se forme comme tout à l'heure, avec cette différence qu'on remplace le mot anhydre par hydraté.
phosphorique hydraté „^ " 0'
Acides <^ sulfurique hydraté .. . m ( ^*
[ azotique hydraté „ ' | 0
L'action des oxacides anhydres ou hydratés sur les oxydes ou hydrates d'oxydes se représente par des équations telles que les suivantes :
JJ0 + M^0=....f^}0+J|0 J j 0 + 2(MH0) ==. 2 ^Jjoj+H^O
2 Jjo + M«o = .... 2 rjjoWn^o
j^ I 0 + MHO«=...]^ |o + H*0.
On voit que le composé formé, qui porte le nom de sel, appartient au même type que l'acide ; c'est* l'acide hydraté dont l'hydrogène est remplacé par un métal. Pour nommer ces corps, on supprime le nom générique d'acide, on change
la terminaison ique en ate ou eux en ite^ et on feit suivre du nom du métal.
Ainsi le produit de Faction de l'acide sulfurique sur Toxyde de sodium est appelé sulfate de sodium.
On dit de même hyperchlorate de potassium, hypochlorite de calcium, etc.
Dans les acides à radicaux diatomiques, on peut ne remplacer qu'un atome d'hydrogène par un métal, l'autre reste en place; on a ainsi des sels acides. Si les deux atomes d'hydrogène encore disponibles sont échangés contre deux métaux différents, on forme des sels doubles. Sulfate double de potassium et de sodium :
NaK r*
Les combinaisons des métaux entre eux sont appelées des alliages. On dit alliage de cuivre et d'étain, de plomb et de bismuth. Le nom A' amalgame s'appUque plus particulièrement aux alliages qui contiennent du mercure.
Amalgame de sodium (combinaison de mercure et de sodium).
Les alliages ne sont souvent que de simples mélanges.
En chimie organique, qui comprend l'étude des conaposés si variés et si complexes du carbone, le plus grand désordre règne encore dans la nomenclature. Les noms des corps ont été formés sans,aucune règle fixe, au fur et à mesure de leur découverte.
On connaît cependant maintenant un grand nombre de substances qui, dans leur mode de génération, leur constitution et leur manière d'agir, obéissent à certaines lois générales ; on a donc pu les assujettir à des règles fixes de nomenclature.
Nous trouvons en première ligne les nombreux radicaux dont quelques-uns ont pu être isolés. Les radicaux libres sont généralement moléculaires et produits par l'union de
INTRODUCTION. «l
deux atomes. Ils dérivent de H^ par la substitution du radical à tout l'hydrogène du type. Par leurs caractères chimiques ils se rapprochent ou des métaux proprement dits :
Éthyle Méthyle Éthylène
^CÎT" "^Clî?^ H^^
Ce sont les radicaux d'alcool ; ou des radicaux d'acide de la chimie minérale :
Acétyle Benzoîle
Les premiers sont des hydrogènes carbonés, les seconds ï^ont oxygénés.
2** Si la moitié seulement de l'hydrogène du type HH est remplacée par un radical, le composé est appelé hydrure.
Hydrure d'éthyle (C«HS)H. Hydrure d'acétyle (C*H30)H.
Ces hydrures ne trouvent que très-peu d'analogues en chimie minérale. On donne plus particulièrement le nom d'aldéhydes aux hydrures des radicaux d'acides. Aldéhyde acétique, aldéhyde benzoïque.
3° Les dérivés du type acide chlorhydrique simple ou condensé, ou des types secondaires bromhydrique, iodhydrique, fluorhydrique, cyanhydrique, etc., par la substitution d'un radical organique à l'hydrogène. Us s'appellent chlorures, bromures, iodures, etc.
Ainsi on dit chlorure d'éthyle ou d'éthylène, chlorure à acétyle, iodure de benzoîle. Lorsqu'il s'agit d'un radical d'alcool, on dit souvent aussi éther chlorhydrique, éther iodhydrique, etc. Ainsi éther méthylchlorhydrique.
4** Les dérivés du type eau H^O sont primaires lorsque la moitié seulement de l'hydrogène est remplacée par le radical, secondaires si c'est la totalité.
Les radicaux hydrogènes carbonés donnent généralement des dérivés primaires neutres que l'on nomme des alcools. Le reste de l'hydrogène peut facilement y être remplacé par
voie de double échange, par un radical d'acide, d'où résulte un éther composé.
Exemple, ^ '' j 0 alcool méthylique.
rr«Hsn^ [ ^ éther méthylacétique.
Les alcools à radicaux diatomiques sont appelés des glycols.
y\* " \ S^y^^^ éthylénique.
Leurs éthers composés sont de la forme
La glycérine est un alcool triatomique. Les éthers composés de la glycérine portent le nom de glycérides et se désignent par le nom de l'acide terminé en ine.
^^'m "' jo» glycérine C^W^O (o^ monostéarine
( CW),, I
(C^W^Q)* 0» distéarine.
(C*8H3»0)5 I ^' tristéarine.
Les radicaux d'alcools polyatomiques engendrent assez volontiers des types mixtes. Ainsi :
(CW),
H ) •*• glycol monochlorliydrique.
H Cl
/i^suKx ( H' ) = monochlorhydrine. (C'H")//. I H Cl