‹ Traité des matières colorantesChapitre 19 sur 124 · CP + H»0 =- 2C1H · texte numérisé non relu

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d'où il résulte que le mélange appelé chlorure de chaux, la moitié du chlore est réellement inactive, a cependan pouvoir décolorant égal à celui de tout le chlore qu'il ferme et se comporte en pratique comme un véritable ( posé de chlore et d'oxyde de calcium. L'acide chlorh} que employé dans le but de mettre l'acide hypochloreu liberté peut être remplacé par l'intervention de l'acide bonique de l'air.

Le coton filé en pentes se blanchit d'après les mêmes p cipes. Quelquefois le traitement à la chaux est supprin on se contente d'un lessivage en sel de soude et d'un pas: en chlorure et en acide. Il va sans dire que les appareil lavage offrent dans ce cas des dispositions toutes spéciale:

LIN (l).

Le lin est une substance filamenteuse extraite des t d'une plante de la famille des Linées qui se rapproche b( coup de celle des Géraniacées. C'est le lin usuel ou lin tivé {Linum iLsitatissimum^ L.) qui sert à la préparatior cette fibre textile. La racine est menue, annuelle ; ellepro( une tige grêle, souvent simple, haute de SO à 80 centime garnie de feuilles éparses, lancéolées, linéaires.

On ne sait pas positivement quel est le pays natal de c plante. L'usage du lin pour la confection des vêtements monte à une haute antiquité. Les momies d'Égj'pte s presque toutes enveloppées de bandelettes de lin, et C( contrée est encore aujourd'hui une de celles oh le lin réu le mieux.

Les cultivateurs distinguent trois principales variétés lin.

(1) Alcan, Traité complet de la filature du coton, — Girardin, Chimie pliquée aux arts, t. H, p. 457. — Barreswill et Girard, Dictionnaire de mie industrielle, 1. 1, p. 352. — Payen, Chimie industrielle, p. 436, 3* ( — Bulletin.^ de la Société industrielle, t. XXXIV, Mémoif^s de M. Rog^ Pelouze et Fremy, Traité de chimie générale, t. IV, p. 917 et suiir.

1* Le lin froid ou grand lin ; à tiges grêles, élevées, mûrissant tard, donne une filasse longue et fine avec laquelle on fabrique les belles toiles de batiste de Flandre.

2* Le lin chaud ou têtard, a une tige peu élevée, il donne beaucoup de graines, mais une filasse courte et grossière.

3** Le lin moyen tient le milieu entre les deux précédents ; c'est le plus usité.

Il y a encore le lin précoce ou de mars ou lin de fin, et le lin tardif ou de mai ou lin de gros qui ne sert que pour les tissus les plus grossiers.

Dans le Midi et dans les terres légères, le lin se sème en automne ; dans le Nord et dans les terrains argileux, on ne le sème qu'en mars, avril ou mai. La récolte se fait après la maturité, depuis le mois de juin jusqu'au mois d'août, lorsque les capsules et les tiges ont pris une couleur jaune.

Les opérations que subit la plante pour fournir la filasse sont : l' le séchage sur place; 2° le battage ou égrainage, destmé à faire tomber la graine ; 3° le rouissage qui modifie la tige de manière à ce que les filaments textiles se séparent facilement de l'écorce ou paille ; 4° le teillage ou travail mécanique de séparation .

Le rouissage seul offre de l'intérêt, chimiquement parlant. 11 a pour but de dissoudre et d'enlever le reste de sève contenue dans la plante, ainsi que la partie gommeuse qui retient les filaments adhérents entre eux et à la paille, et d'altérer la paille de manière à la rendre cassante et facile à séparer de la filasse par le teillage. La filasse elle-même doit conserver toutes ses qualités natives, sans altération ni décomposition.

Les procédés usités peuvent se diviser en anciens et nouveaux. La plupart de ceux qui appartiennent à la seconde catégorie ne donnent pas les mêmes résultats que les anciens. Chaque brin de filasse, si fin qu'il soit, est composé de filaments imperceptibles, réunis par une matière résineuse colorée. Ces filaments n'ont pas tous la même longueur, mais

soutenus les uns par les autres, ils affectent à peu pi longueur de la paille sans que les extrémités des brir plus courts s'écartent. Si donc le rouissage enlève cette tie agglutinative nécessaire à la force du lin, on dimir poids de la filasse, on lui enlève sa transparence soyeuse devient plucheuse*, mate , et se rapproche du coton. 0 rive à ce résultat par le rouissage aux alcalis ; pour les duits destinés à la filature mécanique, cela n'a pas d'in vénients.

Dans les procédés anciens, tantôt on immerge le lin Teau stagnante ou dans Teau courante ; tantôt on le 1 exposé sur pré à Tinfluence des agents atmosphériques i la lumière.

Le rouissage par exposition peut se faire en automi même en hiver, mais ordinairement on étend sur pré e la récolte du foin et celle du regain, en ne mêlant pa tiges et en conservant les racines du même côté. De teni autre on retourne. Au bout d'un mois le lin peut être rel Il prend toujours par cette méthode une couleur grise et souvent taché de petits points noirs. Les grandes pluie lavent trop, le blanchissent et Ténervent.

Le rouissage par immersion s'exécute le mieux au i d'avril qui suit la récolte ; il présente sur le précédeni avantage de 6 à 8 p. 100 sur le poids de la filasse, qui < serve en outre une bien plus belle couleur. On plonge le par bottes que l'on maintient sous l'eau au moyen de poic que l'on retourne presque journellement. Dans la vallée laScarpe(nord delà France), on se sert des petits étangs mes par l'exploitation des tourbières. L'eau ne doit êtr calcaire ni séléniteuse. Au bout de douze à quinze jourj retire et on étend sur pré pendant seize jours, en retourn à mi-temps; ou bien on ne laisse que six à huit jo dans l'eau et vingt-cinq jours sur pré. Les lins rames fin se rouissent toujours par immersion, mais dans 1' courante et ils y restent douze à quinze jours suivan

FIBUES VEGETALES. — EPAISSISSANTS VÉGÉTAUX. 7 7

saison. On complète l'opération par l'exposition sur pré (1).

Pendant l'immersion il convient d'éviter la fermentation putride qui altérerait la filasse. Dans tous ces procédés la substance gommo-résineuse agglutinative et la paille ellemême subissent, sous l'influence de l'eau ou des agents atmosphériques, une fermentation particulière, probablement aussi une oxydation qui les modifient dans le sens désiré.

Dans les nouveaux procédés on atteint le même résultat, mais plus rapidement, soit par des agents chimiques qui souvent outre-passent le but, soit en favorisant les réactions du rouissage primitif par des conditions physiques favorables. En Amérique, on pratique, sous le nom de procédé Schenk, un rouissage qui n'a pas, comme celui par immersion ordinaire, de graves inconvénients au point de vue hygiénique. Cette méthode, perfectionnée par M. Scrive, de Lille, fournit d'excellents produits.

Le lin est placé debout dans des cuves munies de faux fonds percés de trous et remplies d'eau maintenue à la température de 36**. Lorsque la fermentation putride conmience à devenir sensible, on renouvelle l'eau chaude par de petits filets s'introduisant sous le faux fond, au milieu de la cuve et à la partie supérieure ; l'excédant de liquide s'écoule par un trop-plein. Au bout de 72 à 96 heures le rouissage est complet ; le lin est sorti, exprimé entre des cylindres et séché à l'étuve.

On a aussi proposé, pour dissoudre le principe gommeux, l'emploi de la chaux à froid et à chaud, celui des alcalis caustiques ou carbonates ou de l'eau contenant -|~ d'acide sulfurique, ainsi que l'addition artificielle de ferments.

Le lin peut se cultiver à peu près partout. Les pays qui en produisent le plus sont l'Italie, l'Irlande, les bords de la Baltique, la Russie, la Sibérie, la Saxe, la Westphalie, la Hollande, la Belgique et le nord de la France.

(1) Rogé, Bulletins de la Société industrielle^ t. XXXIV, p. 87, 138, 171, 216, 258, 301.

Les filaments du lin sont des tubes creux, cylindr rigides, ouverts par les deux bouts de ^ à ^ de mi tre de diamètre. Leur surface est lisse et offre des nœi cloisons placées irrégulièrement mais dépourvues des appendices filamenteux que l'on observe sur le cl (fig.9,pl.I).

La fibre du lin est enveloppée d'une matière incru: jaune-grisâtre, beaucoup plus abondante que celle du et par conséquent plus facile à éliminer par le blanchi Quand il s'agit de tissu, on doit se préoccuper avant t< faire disparaître les substances amylacées qui ont sei forte proportion à parer la chaîne.

Le trempage à froid ou à tiède dans des solutions alci est moins avantageux que la macération dans une inl d'orge germée, à une température qui ne doit pas c ser 63**. L'agent actif de cette infusion est la diastase, tière azotée qui jouit à un haut degré du pouvoir de trai mer l'amidon insoluble en dextrine soluble.

Le lessivage se fait avec des alcalis caustiques ou c natés, ou un mélange de ces produits, ou encore du i de résine, à des températures comprises entre 45 et 6 par coulages semblables à ceux des blanchisseurs, d'autres fabriques on opère à l'ébullition, dans des app à projection comme pour le coton. Entre chaque less on donne une exposition sur le pré pour commencer, plus tard une exposition suivie d'un passage en chlorur colorant à 2" Baume, d'un passage en acide, d'un rinçf d'une saturation. Jusqu'à présent on n'a pas encore pu placer complètement et avec avantage l'exposition sur 1 parle chlore. Il est important de bien dégorger après ch traitement.

Dans le blanchiment du lin la matière jaune incrus ne peut être éliminée par une seule lessive et par un < rage unique, les opérations doivent se répéter un grand i bre de fois. Chaque lessive en modifiant la partie suj

ciellede cette substance résineuse,lapré(iisposeàroxydation, et la lessive suivante en enlevant les portions oxydées, prépare Toxydation d'une nouvelle quantité. Ce n'est donc que progressivement et par des traitements alternatifs à l'alcali et au chlore que l'on atteint le but. Les filaments du lin servent à la préparation d'une foule de tissus et notamment des batistes et des dentelles.

Ils prennent moins facilement en teinture que ceux du coton, mais on peut augmenter leur pouvoir sous ce rapport en les mercérisant.

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