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ANALYSES D£ LABORATOIRE

1* Qualitatives. On dissout 5 grammes d'albumine dans l'eau, puis on ajoute quelques gouttes d'acide acétique pur. L'albumine coagulée, la caséine et les membranes restent comme résidu.

On filtre. Le dépôt traité par une solution de soude caustique cède à ce dissolvant la caséine, s'il y en a, celle-ci pourra être reprécipitée par l'acide acétique. Le liquide filtré est porté à l'ébullition ; l'albumine coagulée en flocons

(1) Scheurer 'KestDer (A.), Mémoire sur le dosage de V albumine par Vhypermanyannte de potasse. Bulletins de la S)ciété industrielle de Mulhouse ^ t. XX. X, p. 237, et Rapport fait sur ce mémoire par M. Ch. Thierry-Mieg flls^ t. XXIX. p. 250.

se sépare facilement parfiltration. Enfin dans le dernier liquide filtré on recherche la gélatine par le tannin qui la précipite, la gomme et la dextrine par l'alcool qui les rend insolubles.

2° Dosage. On n'a d'intérêt à connaître que la proportion d'albumine soluble coagulable par la chaleur. A cet effet on pèse 5 grammes de produit, on les dissout dans Teau et on ajoute quelques gouttes d'acide acétique. S'il est nécessaire, on filtre. Le liquide sert au dosage soit par pesées, soit par liqueurs titrées. Dans le premier cas, il est porté à l'ébullition, l'albumine coagulée est recueillie sur un filtre taré d'avance ; lavée à l'eau, l'alcool et l'éther ; séchée à 100* et pesée. Dans le second on procède de la manière suivante d'après les indications de M. Scheurer-Kestner.

La solution est étendue au volume d'un demi-litre; on prélève 100 centimètres cubes et on ajoute 10 grammes d'acide sulfurique. L'opérateur doit disposer de deux liqueurs normales, l'une d'hypermanganate de potasse, l'autre de protochlorure de fer, préparées de telle sorte qu'un volume de solution de fer décolore exactement un volume de caméléon.

Le protochlorure s'obtient en dissolvant 2 grammes de fer pur (fil de clavecin) dans l'acide chlorhydrique et en étendant à un litre. En partant d'un caméléon trop concentré et en déterminant son équivalence par rapport au liquide ferreux, on calculera facilement la quantité d'eau à ajouter pour remplir la condîtioiî précédente.

On verse, avec une burette de Gay-Lussac, un nombre rond de centimètres cubes de caméléon minéral, suffisant pour donner une couleur rouge persistante ; puis on ajoute un nombre rôrid de centimètres cubes de solution de fer, suffi- " sant pour faire disparaître la teinte ; enfin on verse goutte à goutte assez d'hypermanganate pour atteindre le rouge clair. La différence entre le volume de fer et celui du caméléon employé en second lieu donne l'excès du caméléon ajouté en premier; on la retranche, et si l'on connaît la valeur en albu-

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mine du centimètre cube d'hypermanganate, il sera facile de calculer la quantité d'albumine de Tessai. Cette dernière constante s'obtient directement avec une solution normale d'albumine pure, à 10 grammes par litre.

Cette méthode, qui donne des résultats très-exacts avec une albumine non mélangée, conduit d'après M. Ch. Thierry Mieg à une approximation d'au moins 8 pour 100 dans le cas de la présence de gomme ou de gélatine.

Nous passons sous silence le procédé de M. Denys Monnier (1). Sous le rapport de la précision, il ne l'emporte pas sur celui de M. Scheurer et les manipulations sont moins simples.

Usages, — L'albumine, coagulée ou non, sert comme substance nutritive. On a proposé l'emploi de l'albumine soluble en photographie, pour remplacer le coUodion ; dans la préparation du papier positif; pour vernir les rouleaux presseurs en cuir, des filatures. Ses propriétés coagulantes la rendent précieuse pour la fixation des couleurs sur tissus et l'éclaircissement des liquides troubles. Elle intervient aussi dans la teinture et l'impression, sur étoffes, des nouvelles couleurs dérivées du goudron. On s'en sert en médecine dans diverses circonstances, surtout en cas d'empoisonnements par les sels métalliques ; on peut aussi préparer avec elle certains luts et mastics. Nous reviendrons plus loin et en détail sur ses applications dans l'impression des tissus.

CASÉINE (Voir Gerhardt, Traité de Chimie organique^ t. IV, p. 483.)

La caséine forme la majeure partie des principes azotés du lait. Le lait de vache en contient en moyenne 3 pour 100 sur 12 pour 100 de produits solides. Les caractères de ce corps le

(1) Denys-Monnier, Mémoire sur le dosage de l'albumine. Bulletins de la Société industrielle de Mulhouse, t. XXXIV, p. 244, et Rapport fait par M. T. Schneider sur ce mémoire, p. 241. — Gordillot (H.), Rapport sur un membre traitant des moyens de doser ^albumine et d'en reconnaître les falsifications^ t, XXXIII, p. 37.

rapprochent beaucoup de ralbumine d'œuf dont elle possède la composition élémentaire. Il est même très-probable que la combinaison de caséine et de soude, renfermée naturellement dans le lait est identique avec l'albuminate de soude résultant de l'union de l'albumine coagulée avec la soude. Ainsi par la dialyse d'une solution de chlorhydrate de caséiûe on obtient une liqueur tout à fait semblable à celle que fournit la solution du composé d'albumine coagulée avec l'acide chlorhydrique(l). Elle est par elle-même peu ou point* soluble dans Teau, mais elle se dissout avec la plus grande facilité dans les lessives alcalines faibles qu'elle neutralise complètement, et dans l'eau chargée de carbonates, phosphates ou chlorures alcalins. Les liqueurs ainsi préparées ne se troublent pas par la chaleur, mais par les acides, même par les acides acétique et phosphorique normal ; le précipité se redissout dans un excès d'acide: Après l'addition de sulfate de magnésie, elles se coagulent par la chaleur. Ces caractères appartiennent î^ussi aux solutions naturelles de caséine (lait). La caséine se dissout dans l'eau de chaux, mais ce mélange se coagule facilement. Quelques chimistes admettent l'existence de deux modifications de la caséine; Tune d'elles serait soluble et pourrait se coaguler en se transformant en caséine insoluble dont nous venons de donner les propriétés. Ce changement, s'il est réel, se produit par l'action de la membrane interne de l'estomac ou caillette de veau, mais, d'un côté, la caséine dite soluble n'a jamais été préparée complètement privée d'alcalis et de sels, et toutes les fois qu'on cherche à la purifier par des moyens chimiques, on lui fait perdre une grande partie de sa solubilité. D'un autre côté, la coagulation par la présure peut recevoir une autre interprétation ; d'après M. Liebig, elle serait pré- •cédée de la formation d'acide lactique, aux dépens du sucre

(1) Schûtzenbergep, Transformation de Valbumine coagulée en une cUbtH' mine soluble coag^labU par la chaleur, — Comptes rendus de l^ Académie des sciences, t. LVHF, p. 84 : 18G'i.

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de lait, qui, saturant Talcali, déterminerait naturellement la précipitation de la caséine (1 ).

La légumine contenue dans les semences de légumineuses se rapproche beaucoup de la caséine, sans être complètement semblable.

La caséine est employée avec la chaux dans la peinture à la détrempe ; pour préparer des mastics ; pour souder les feuilles de bois avec lesquelles on fabrique les planches d'impression; dans la fixation des couleurs sur étoffes. La dissolution de caséine dans le borax est très-agglutinative et peut rendre des services dans les travaux d'ébénisterîe. Mélangée à 6 parties de magnésie calcinée et 4 partie d'oxyde de zinc, la caséine donne un produit qui après dessiccation est trèsblanc et très-dur ; on peut le polir et le tailler ; il imite parfaitement Técume de mer (2). La plus forte proportion de caséine se consomme comme substance alimentaire, soit sous forme de lait, soit sous celle de fromage.

FIBRINE ET GLUTEN (s).

On peut admettre plusieurs espèces de fibrines ; elles se distinguent les unes des autres par quelques caractères qui n'accusent néanmoins pas des différences profondes dans la constitution chimique. Ce sont : 1° la fibrine du sang veineux après sa séparation spontanée ; 2° la fibrine musculaire ; 3"* le gluten privé du principe soluble dans Talcool (glutine); 4* la fibrine du sang artériel, celle du sang veineux et des muscles après la cuisson.

Toutes ces variétés sont complètement insolubles dans Teau. Par la surchauffe en présence de Teau, elles se changent en produits solubles, non coagulables et qui ne se pren-

(1) Schiitzenberger (P.), Chimie appliquée à la physiologie animale^ à la pathologie et au diagnostic médical^ in-8", p. 35.

(2) Girardin, Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts y t. II, p. 384 (4* édit.).

(3) Gerhardt (C), Traité de chimie organique^ t. IV, p. 459 et suiv. — Girardin, Leçons de chimie^ t. II, p. 3U7.'

nent pas en gelée. Sous Tinfluence des acides minéraux concentrés et de Tacide acétique, elles se gonflent, deviennent transparentes et gélatineuses. La potasse caustique, mêmeétendue,les dissout ; la liqueur précipite par les acides.

La fibrine du sang veineux décompose Teau oxygénée et en dégage Toxygène ; elle est soluble dans Teau en présence de certains sels (salpêtre ; sulfates, phosphates, carbonates, acétates et chlorures alcalins); ces solutions se coagulent par la chaleur et par l'addition d'acide acétique.

La fibrine des muscles ainsi que le gluten résistent à Faction de l'eau salpètrée, mais sont facilement désagrégés et dissous dans une eau qui contient quelques millièmes d'acide chlorhydrique ou lactique ; on s'explique ainsi assez facilement la liquéfaction du gluten humide lorsqu'il commence à s'altérer.

La cuisson fait perdre aux diverses variétés de fibrine leurs propriétés distinctîves ; elles deviennent alors tout à fait semblables à l'albumine coagulée (1).

L'extraction du gluten de la farine de céréales, est une opération fort simple, il suffit de malaxer la pâte de farine sous un filet d'eau et au-dessus d'un tamis.

L'amidon est mécaniquement entraîné, tandis que le gluten reste.

M. André a livré au conunerce un très-beau produit préparé d'après les indications de M. Liès-Bodard.

Le gluten humide subit d'abord une fermentation spéciale dont les conditions n'ont pas été livrées à la publicité; il est ensuite étendu en couches minces sur une surface en verre, où il ne tarde pas à se dessécher en plaques demitransparentes de couleur jaune grisâtre.

Outre leurs applications comme substances alimentaires, le gluten et la fibrine animale sont quelquefois appelés à remplacer l'albumine dans la fixation des couleurs sur tissus.

(i; Schûtzenberger (P.), Chimie appliquée à i a physiologie^ p. 34.

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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE MODE D'EMPLOI DES SUBSTANCES ALBUMINOIDES DANS LA FIXATION DES COULEURS (l).

L'usage des substances albuminoïdes et surtout de Talbumine dans la fixation des couleurs sur tissus, a pris un grand développement et tend encore à se généraliser.

Elles fonctionnent sous ce rapport de deux manières bien distinctes. Tantôt il se produit, en vertu d'une affinité spéciale, une véritable combinaison chimique entre la matière colorante et le composé azoté. Ainsi en imprimant sur coton une dissolution aqueuse de violet d'aniline (indisine) et d'albumine, la couleur après dessiccation est terne et sans éclat, de plus (elle n'est pas fixée; mais vient-on à soumettre l'étofiTe à l'action de la vapeur d'eau, il se produit, en même temps que la coagulation, uns véritable teinture de l'albumine, et la belle nuance violette se développe. Dans ce cas l'albumine fonctionne comme mordant.

D'autres fois, mélangée en dissolution à une couleur insoluble réduite en poudre impalpable, elle est coagulée par la chaleur en présence de la fibre textile et forme alors une espèce ^de vernis fortement adhérent qui tient emprisonnées les petites particules de matière colorée. Celles-ci sont alors fixées par une action purement mécanique.

Dans ce dernier cas, la manière d'agir de l'albuminoïde est indépendante de la nature de la couleur, qui ne doit remplir qu'une seule condition, V insolubilité.

C'est à ce point de vue que nous pouvons en parler ici avant même d'avoir fait l'historique des matières colorantes utilisées. Quant au premier genre d'application, il trouvera plus naturellement sa place à côté des matières colorantes qu'il intéresse.

(1) Le fond de cet article et la plupart des renseignements pratiques quMl renferme, m'ont été fournis par mon ami et ancien élève M. E. Schlumberger, chimiste manufacturier. D'autres faits sont empruntés aux Bulletins (endroits cités) de la Société industrielle de Mulhoitse et à des communications verbales de divers membres du Comité de chimie.

Dès 1820, M. Blondin à la Glacière employait le blanc d'œufe pour imprimer sur étoffes la belle couleur bleue connue sous le nom d'outremer naturel, le seul outremer que Ton possédait alors. Ces premières tentatives étaient restées sans résultat à cause du prix élevé du lazulite ; la découverte inattendue, faite par M. Guimet, de l'outremer factice est venue donner subitement une extension remarquable à ce genre de fabrication.

L'outremer n'est du reste pas la seule couleur que l'on fait adhérer par cette méthode ; celle-ci a été appliquée à la fixation d'une foule d'autres produits, qui en raison de leur insolubilité et des conditions nécessaires à leur génération (voie sèche), ne pourraient être fixés autrement.

Tels sont le vert Guignet de découverte toute récente, le peroxyde de fer anhydre et les ocres jaunes ou rouges, le vermillon, le blanc de zinc, le gris de charbon, les métaux en poudre, etc. On a même trouvé le procédé si sûr et si commode qu'on l'a appliqué à d'autres couleurs susceptibles d'être fixées sur fibre par des moyens chimiques ; ainsi les chromâtes de plomb et les laques végétales.

De toutes les substances protéiques proposées et employées, l'albumine est de beaucoup préférée par le fabricant, et si n'était son prix élevé, elle n'aurait jamais connu de rivales.

Des raisons d'économie ont seules fait surgir ce grand nombre de succédanés.

Le rôle de l'albumine est facile à comprendre ; il suffit de se rappeler sa propriété la plus caractéristique, la coagulabilité par la chaleur. Après avoir empâté la poudre insoluble, qu'il s'agit de fixer, avec une solution d'albumine, il suffira d'imprimer ce mélange et d'exposer ensuite le tissu à l'action d'une chaleur humide (vaporisage, ou passage en eau bouillante) pour que l'albumine soit coagulée autour de chaque filament, en emprisonnant la matière colorante.

Pour aucun autre fixateur plastique le passage de l'état

soluble à l'état insoluble n'est aussi net, aussi tranché, ni aussi simple. Cette supériorité est encore relevée par les propriétés physiques toutes spéciales de Talbumine coagulée, sa forme de membrane continue, couple et élastique qui se moule autour des fibres, probablement aussi sa texture poreuse, la rendent éminemment apte à maintenir fortement les poudres colorées qui lui sont confiées. A ce point de vue encore elle l'emporte de beaucoup sur les autres préparations analogues.

Il semble au premier abord que chaque corps susceptible de se précipiter sous une forme pareille à celle de l'albumine coagulée, doit jouir des mêmes propriétés qu'elle ; ainsi la gélatine donne avec le tannin de la noix de galles ou avec l'acide tungstiqne des combinaisons poisseuses insolubles, très-tenaces, et cependant des expériences répétées et modifiées de toutes les manières, ont établi la complète inaptitude de ces précipités à jouer le rôle de fixateurs. On a varié à l'infini les circonstances dans lesquelles on peut former ou précipiter du tannate ou du tungstate de gélatine sur tissu ; jamais l'outremer introduit dans la couleur ne s'est trouvé fixé. Il en est de même de l'albumine coagulée chimiquement par l'action de sels.

L'albumine offre encore l'avantage de la transparence, elle ne masque pas l'éclat des couleurs.

D'après ce que nous venons de dire, on conçoit que rien n'est plus simple que l'application des couleurs insolubles sur tissus de coton.

Parlons d'abord de l'outremer.

Dans les premiers temps on ouvrait les œufs dans les fabriques d'impressions ; on séparait aussi nettement que possible le jaune, et les blancs servaient directement à l'épaissîssage ; mais bientôt le commerce s'empara de ce nouvel objet de consommation et depuis longtemps il livre l'albumine à l'état sec.

« L'albumine d'œufs, fraîchement retirée de l'œuf, est

dans un état gélatineux qui la rend impropre à l'impression. Cet état se modifie en vingt-quatre heures ; la dissolution a passé alors à l'état visqueux. On peut arriver à ce résultat instantanément en ajoutant de l'acide acétique qui fera passer l'état alcalin naturel à une réaction légèrement acide. » {Communication de M. Camille Koechlin.)

La dissolution de l'albumine sèche en plaques est par ellemême une opération simple ; elle peut néanmoins être notablement accélérée en prenant quelques précautions particulières. Ainsi il convient d'employer l'eau tiède, pas assez chaude naturellement pour qu'il y ait danger de coagulation. Si l'on verse l'eau sur le produit en remuant, celui-ci se réunit en masses pelotonnées, formées d'un centre resté sec ; la liquéfaction se fait alors très-lentement. Il convient au contraire de verser l'albumine dans l'eau, peu à peu et en remuant très-doucement, puis on abandonne au repos pendant vingt-quatre heures.

Pour l'outremer en particulier il convient de faire usage d'albumine d'œufs et non de sérum desséché. Ce n'est pas que celui-ci laisse à désirer au point de vue de la solidité ou de la simplicité d'emploi; mais, nous l'avons déjà dit, l'inconvénient le plus grave qui s'oppose à la substitution de l'albumine du sang à celle de l'œuf, est sa coloration jaune trop prononcée, qui ternit les couleurs vives. Cet effet se produit même avec l'albumine de M. Pillans.

Guidé par l'odeur que répandait ce produit, M. Cordillot a eu l'idée d'incorporer à la dissolution d'albumine du sang, une assez forte proportion d'essence de térébenthine (0"*, S à 0^",7 d'essence par litre de dissolution d'albumine) e^il a reconnu que par cette méthode les bleus d'outremer devenaient presque aussi vifs qu'avec l'albumine d'œufs.

Il est probable que l'essence en se combinant'avec les matières grasses de l'albumine forme une émulsion blanche, dont l'opacité masque la teinte jaunâtre naturelle du sérum desséché. Les expériences de M. Carlos Koechlin ne per-

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mettent pas de croire qu'elle agit ici en vertu de son rôle ozonifiant (1).

La dissolution d'albumine se fait ordinairement à raison de 500 grammes par litre. Il est bon d'en séparer par le tamisage les particules insolubles qui accompagnent toujours en plus ou moins grandes quantités les produits du commerce.

« L'albumine d'œufs renferme de petites membranes qui se séparent avec la plus grande difficulté des dissolutions visqueuses. Ces membranes produisent quelquefois de singuliers accidents. Elles se teignent à la longue et deviennent ainsi visibles ; si bien que telle couleur qui sera bonne le jour de sa préparation , se trouvera ^ remplie de particules colorées, un ou deux jours après; si l'albumine sert à fixer des couleurs d'aniline ou de cochenille, cet accident se révélera à l'impression par la présence de petites taches foncées. » (Communication de M. Camille Koechlin,)

Il est évident qu'une couleur foncée, renfermant beaucoup d'outremer ou de poudre insoluble, demande pour être fixée avec la même solidité qu'une couleur claire qui en renferme peu, une plus forte préparation d'albumine. Aussi fait-on ordinairenient intervenir à côté de la matière coagulable, d'autres épaississants. Ceux-ci sont de différentes valeurs. Plus le résidu qu'ils laissent sur le tissu après le vaporîsage résiste au lavage, plus ils seront avantageux. La léiocome et l'amidon grillé doivent être rejetés à cause de leur coloration. La gomme est trop rapidement enlevée au lavage et diminue la solidité des couleurs après le fixage ; elle a de plus l'inconvénient de s'acidifier, d'opérer alors la décomposition de l'outremer et de verdir les bleus. La gélatine fait prendre le liquide eh gelée ; elle se mélange difficilement à l'albumine et se putréfie trop vite ; de plus les couleurs qui ont travaillé ne se séparent pas en mousse qu'on

(1) Carlos .KœcliliD, Rapport sur P albumine du sang décolorée de M. Pillan», loco citato.

peut enlever et en couleur qu*on soutire pour l'employer de nouveau. Son principal avantage consiste dans un ton bleu pur qu'elle conserve aux bleus clairs et dans une plus grande intensité qu'elle donne aux foncés.

L'amidon et la gomme adragante sont, dans ce cas, les produits les plus convenables quoiqu'ils donnent des couleurs moins homogènes que la gonmie du Sén^al et s'imprimant moins bien.

Ordinairement on emploie l'eau de gomme adragante et l'on ajoute un peu d'eau de gomme ordinaire, pour rendre la couleur plus visqueuse et plus homogène.

Ces additions faites par économie et pour faciliter le travail de l'impression doivent être telles que l'afcumine reste toujours dans un rapport convenable avec la quantité de poudre insoluble à fixer.

« Lorsque des albumines sont mélangées à d'autres épaississants, on rencontre quelquefois entre l'albumine d'œufe et le sérum des actions toutes différentes sur ces épaississants : les mélanges de sérum et de gomme ou de dextrine ont" une homogénéité bien plus éphémère que les mêmes mélanges d'albumine d'œufs. Il s'établit souvent une séparation si complète entre ces épaississants que l'agitation ne les rétablit plus dans leur état primitif, et on n'y parvient qu'en chauffant dans un bain-marie à 30 ou 40"". » {Communication de M. Camille KoechlinJ)

Les couleurs renfermant de l'albumine possèdent, plu9 que les dissolutions gommeuses, la fâcheuse propriété de mousser par l'agitation à laquelle elles sont soumises dans le châssis du rouleau. Cet inconvénient est assez grave, en ce sens surtout qu'une couleur devenue ainsi mousseuse occupe un plus grand volume que la primitive et donne par conséquent des nuances plus claires.

On a cherché à y obvier de différentes manières. Le procédé qui donne les meilleurs résultats et qui est généralement usité, consiste à ajouter de l'essence de térébenthine

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qui s'émulsionne facilement avec les dissolutions gommeuses. Les couleurs qui renferment de la térébenthine s'essuient mal ; on emploie aussi dans le même but Thuile d'olive, ou encore une dissolution de cire blanche dans Thuile d'olive (50 grammes cire pour 400 à 500 grammes huile).

D'après les observations de M. Gaspard Zeller (1), l'huile d'olive fine et même l'huile tournante employées dans une certaine mesure et dans des conditidhs convenables, peuvent ofiFrir encore un autre avantage. En effet, si au lieu de l'incorporer à la dissolution d'albumine, on en imbibe la poudre d'outremer sèche, dans les rapports de 2 kilogrammes d'outremer et 500 grammes d'huile, la nuance après le fixage est d'au moins 10 pour 100 plus foncée, ce qui permet de réaliser une économie sur la quantité ou la qualité de la couleur. Le tissu est aussi moins dur au toucher. L'huile conserve de plus à l'eau albumineuse une certaine épaisseur qu'elle perd le lendemain si elle n'est pas mélangée à un corps gras. Enfin le travail au rouleau est meilleur ; la racle est moins facilement attaquée ; la gravure ne s'encrasse pas autant.

Les couleurs à l'albumine ne peuvent se conserver longtemps surtout en été, à cause de la putréfaction qui ne tarde pas à s'établir. On ne doit donc en préparer que la quantité nécessaire pour le travail de quelques jours. L'essence de térébenthine déjà employée pour empêcher le moussage a de plus l'avantage de retarder ce genre de décomposition. On a aussi proposé, à cet effet, Thyposulfite de sodium dont l'action n'est cependant pas héroïque. Les substances réellement antiseptiques sont malheureusement coagulantes et on ne peut songer à les appliquer.

« Les dissolutions d'albumine se conservent indéfiniment avec l'arsénite de soude ou l'acide arsénieux dans la propor-

(1) G. Zeller, Notice sur rapplication sur tissus des bleus cToutremer et autres couleurs plastiques analogues^ Bulletins de la Société industrielle, UXXVII, p. 371.

128 TRAITÉ DES MATfÉRES GOUTANTES.

tion de ^ du peids de Talbumine, proportion toujours indifférente aux couleurs. » (Communication de M. Camille Koechlin.)

Les qualités recherchées pour l'outremer, sont la parfaite ténuité de la poudre, la beauté de la nuance et une résistance convenable à Faction des acides. Cette dernière propriété ne peut se trouver d'une manière absolue, mais nous verrons dans la suite que l'industrie fournit plusieurs variétés d'outremer qui sont plus bu moins sensibles à l'action des acides.

M. Camille Koechlin a fait l'observation curieuse, qu'en mettant du fer métallique dans une couleur outremer, le bleu se détruit totalement en quelques heures. Cette action est indépendante de la présence de l'albumine. Ce serait un sulfure de fer qui prendrait naissance, d'après lui.

Ce fait explique pourquoi les bleus s'altèrent au point de devenir grisâtres, lorsqu'ils travaillent longtemps sous les racles en acier. Cet effet ne se produit plus lorsqu'on a soin d'alcaliniser la couleur avant l'impression.

L'altérabilité dé l'outremer sous l'influence des acides, même faibles, ne permet pas de le ûxer à côté d'autres couleurs ou préparations susceptibles de dégager des quantités sensibles d'acides.

L'addition du blanc de zinc est extrêmement favorable pour les bleus moyens et clairs ; la couleur devient ainsi plus couvrante et plus brillante.

Quant à la composition quantitative des couleurs outremer albumine au rouleau, on ne peut donner aucune règle précise. Tout dépend naturellement de la qualité et de la nuance de l'outremer que l'on emploie, et du plus ou moins de solidité que l'on veut donner à la marchandise. Ce que nous en disons ici n'est que pour fixer les idées.

On obtient un bleu moyen d'une solidité suffisante en prenant parties égales d'eau d'albumine à 500 grammes par litre, d'eau de gomme et en y délayant, par litre de mélange,

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300 grammes d'outremer moyen et 30 graimnes de blanc de zinc.

Pour une couleur outremer foncée à deux couleurs 11 faut par litre : 200 grammes d'albumine et 400 grammes d'outremer foncé. Le clair doit' être quatre ou cinq fois plus clair que le foncé ; mais il vaut mieux le préparer avec un outremer clair et y mélanger beaucoup de blanc de zinc (1 partie de blanc pour 2 parties d'outremer).

Les outremers foncés s'impriment souvent assez mal au rouleau, par suite de la grande quantité de poudre insoluble qu'ils contiennent et d'albumine qu'il faut y mettre pour leur donner la solidité convenable ; ils sont de plus imparfaitement essuyés par la racle.

n faut donc veiller tout particulièrement à avoir, pour ces tons, un outremer en poudre bien impalpable.

On dissout quelquefois, dans ces cas, l'albumine dans de l'empois, au lieu d'eau ; le produit est alors moins collant et se racle mieux.

Lorsqu'on coppe un outremer foncé renfermant assez d'albumine pour lui donner une solidité convenable, pour en composer un outremer plus clair, on ne peut le faire avec de l'eau de gonune seule ou un autre épaississant non fixateur, sans voir la couleur perdre de sa résistance au frottement ou au savon bouillant ; il faut donc avoir soin d'ajouter toujours de l'eau d'albumine à l'eau de coupure. Ceci s'applique à toutes les couleurs albumine. Il est impossible, d'après cela, d'établir une proportion fixe entre le poids de la poudre et celui de l'albumine, la quantité de cette dernière augmentant avec la dilution.

Après l'impression et la dessiccation sur le tissu de la couleur dont nous venons de parler et de décrire rapidement la composition, il s'agit de coaguler l'albumine. La meilleure méthode est le vaporisage. Une assez forte pression de vapeur, ou ce qui revient au même, une vapeur assez sèche paraît être favorable pour rendre la couleur bien

résistante au lavage ; par contre, ces mêmes conditions nuisent à la beauté de Toutremer qui perd de sa vivacité par un vaporisage trop fort ou trop prolongé. U arrive souvent que les pièces sortent de la cuve à vaporiser avec une nuance terne et grisâtre, qu'un simple chlorage fait disparaître en leur rendant leur fraîcheur.

Les conditions les plus favorables peuvent se résumer ainsi : Fixage aussi léger, aussi court et aussi aéré que possible.

Il est bon de faire précéder le vaporisage d'une exposition dans un endroit frais, surtout en été : quelques variétés d'albumine jaunissent les bleus d'outremer, au vaporisage , probablement parce qu'elles renferment un acide libre ; elles doivent être rejetées pour cette application.

Dans certaines fabriques on fixe les outremers par un passage en eau bouillante en employant exclusivement de l'albumine; la nuance est toujours plus belle que celles qu'on obtient par le premier procédé.

L'outrçmer et en général toutes les couleurs albumine ont sur les autres le grand avantage de ne plus exiger de lavage après la foation. En effet, les substances qu'elles renferment sont adhérentes à la fibre et n'ont pas besoin d'être détachées, comme cela arrive avec les préparations épaissies avec la gomme, la dextrine et les autres épaississa nts non fixateurs. C'est là, disons-nous, leur grand avantage, et c'est là ce qiii les a fait adopter, presqu'à l'exclusion de toutes les autres, pour un grand nombre d'articles. On est arrivé ainsi, en y joignant les couleurs d'aniline dans lesquelles l'albumine fonctionne comme mordant, à réaliser la presque totalité des nuances nécessaires ; encore sont-elles pour la plupart beaucoup plus vives que celles qu'on obtient par d'autres moyens.

Il n'est pas étonnant, surtout pour certains tissus légers d'une grande finesse , que cette fabrication ait prévalu sur l'ancienne.

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On peut maintenant, grâce à l'albumine, imprimer et fixer toutes les couleurs en mAme temps, sans avoir seulement besoin d'un lavage subséquent ; de sorte que chaque . fil gardant sa position primitive, les moindres détails du dessin sont respectés.

Les bleus d'outremer imprimés sur tissu se reconniûssent : r A la nuance dont les échantillons ci-joinls donnent une id ée.

Soncé imprimé au roale*u et flië k l'albumine.

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