ROUGE AU CARMIN
Depuis quelques années on imprime, surtout dans les articles meubles, un rouge à l'albumine qui imite parfaitement le rose garance, et dont la matière colorante est le carmin de cochenille.
Cette couleur diffère des précédentes par ce fait que le carmin est ordinairement dissous dans Kammoniaque, et c'est cette dissolution que l'on mélange à l'albumine. Par le vaporisage l'ammoniaque se dégage et le carmin devenu insoluble est fixé par l'albumine coagulée. Peut-être se produit-il aussi une combinaison chimique entre le carmin et la substance protéique ; dans ce cas cette préparation tien-
droit le milieu entre celles où l'albumine joue lerAle de mordant et celles où elle agit comme fi^cateur mécanique.
On dissout environ 3 parties de carmin dans 2 parties d'ammoniaque, eton mélange avec plus ou moins d'eau d'albumine. L'albumine peut être remplacée par une solution ammoniacale de caséine.
On emploie aussi le carmin en pâte sans dissolution préalable. Le produit dont on se sert est plus ou moins beau et d'une valeur qui varie depuis 80 fr. jusqu'à 3 fr. le kilogramme, selon la richesse de l'impression.
D'après les observations de M. Camille Kœchlin, le tartrate d'ammoniaque augmente considérablement l'éclat de cette couleur.
Après le vaporisage la fixation est complète ; la couleur est passablement solide à la lumière.
Le carmin imprimé se distingue des roses garances avec lesquels il offl'e le plus d'analogie de teinte, et de tous les autres rouges, par sa solubilité dans l'ammoniaque.
Un échantillon de ce rose immergé dans de l'eau ammoniacale se décolore peu à peu sans virer au violet ni au jaune, et le bain se colore en rose très-beau.
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FIBRES ANIMALES. — ÉPAISSISSANTS D'OKIGINE ANIMALE. 13»
DES SUBSTANCES QUI PEUVENT REMPLACER l' ALBUMINE COMME FIXATEURS MÉCANIQUES ET PLASTIQUES.
Nous l'avons déjà dit, ralbumine n'a pas encore été remplacée. Les composés présentés de divers côtés, comme devant la détrôner, n'offrent en général que l'avantage de l'économie, mais ne peuvent rivaliser avec elle ni pour la solidité, ni pour la pureté des nuances.
Parions d'abord des substances albuminoïdes ou protéiques.
On* a successivement cherché à tirer parti de la caséine, du gluten, de la fibrine.
La caséine est, comme on le sait, soluble dans les liqueurs alcalines, dont elle est reprécipitée intacte parles acides.
Sa solution ammoniacale l'abandonne même par l'évaporation seule, en même temps que l'ammoniaque se dégage. C'est ordinairement cette dernière propriété que l'on utilise pour la fixation des couleurs insolubles. La. caséine donne avec l'ammoniaque une dissolution très-homogène, de consistance gommeuse, fournissant des couleurs qui s'impriment très-bien ; aussi les emploie-t-on de préférence pour les dessins difficiles qui demandent une préparation homogène. Le vaporisage est nécessaire pour la complète élimination de l'ammoniaque ; un simple passage en eau bouillante ne suffirait pas. L'impression ne résiste pas au savon et aux alcalis.
Les nuances sont plus opaques qu'avec l'albumine. Les matières colorantes que l'on peut imprimer avec une solution alcaline de caséine sont restreintes à celles qui ne sont pas modifiées par les alcalis ; l'outremer est du nombre.
La couleur dite argentine (étain métallique en poudre)' s'imprime spécialement à la caséine.
Voici comment on opère pour ce] genre exécuté dès 1829 en Angleterre.
On commence par se procurer, par des procédés que nous
It* TRAITE DES MATIERES COLORANTES,
indiquerons plus tard {voir Couleurs métalliques) de rétain dans un état convenable de division ; on en délaye environ 360 gram. dans un litre de dissolution ammoniacale de caséine et on imprime au rouleau ou à la planche, après avoir légèrement àpprftté le tissu, afln que la couleur reste autant que possible à la surface.
Après l'impression la couleur est grise; l'éclat métallique s'obtient en passant plusieurs fois le tissu par une calandre & friction, à chaud.
L'argentine a été principalement employée dans l'article doublure ; imprimée en petits filets sur des fonds diversement colorés, elle imite assez bien la soie.
Ces impressions ne sont même pas complètement enlevées par un premier lavage. L'application de la couleur ai^entine est, au rouleau surtout, l'une des plus difficiles ; probablement par suite de la parenté entre le métal de la couleur et celui du rouleau. Non-seulement elle encrasse opiniâtrement la gravure, mais souvent elle se rassemble sous la racle en un filet métallique qui empêche le fonctionnement régulier de cette partie essentielle delà machine.
D faut donc, pour balancer autant que possible ces propriétés entravantes, employer un épaississant visqueux et incorporer à la couleur des matières grasses et de la glycérine.