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ANIMALES DES FIBRES VÉGÉTALES

Il est facile de distinguer les filaments de la soie de ceux de la laine, en utilisant les divers dissolvants que nous avons reconnus propres à agir sur le produit du ver à soie, et qui laissent intacte la sécrétion du mouton. Tels sont les réactifs de Schweitzer ou de Péligot (oxyde de cuivre ammoniacal),

(1) Vogel jeune, Sur la nature chimique de la soie, Buchner's Neues Repertorium, t. VIII, p 1.

celui de Schlossberger (oxyde de nickel ammoniacal), celui de M. Persoz fils (chlorure de zinc basique) ; l'acide azotique pur et quadrihydraté qui dissout en quelques minutes la fibre soyeuse et jaunit seulement la laine. .

La laine noircit, on le sait, dans une solution d'hydrate d'oxyde de plomb dans la potasse ou la soude. Cet effet dérive de la présence d'une notable proportion de soufre renfermée dans sa molécule ; la soie qui n'est pas sulfurée reste blanche dans le même réactif. Cette observation se traduit facilement en un moyen d'essai, et peut permettre de détermimîner la soie à côté de la laine. Ajoutons en outre, que l'examen microscopique, quand il est possible, donne immédiatement une solution. Les fibres animales (laine et soie), se dissolvent dans les alcalis caustiques à chaud, Iqs fibres végétales ne sont pas altérées dans ces conditions. Les premières répandent en brûlant une odeur spéciale de corne calcinée, se boursouflent et laissent un résidu de charbon poreux ; elles jaunissent par l'acide nitrique, prennent une coloration rouge avec l'azotate de mercure (à chaud) et résistent au vaporisage avec un acide minéral (ou chlorhydrique), tandis que le coton, le chanvre et le lin brûlent sans développer d'odeur marquée et sans se boursoufler et sont fortement attaqués par le vaporisage ou la dessiccation après avoir été mouillés avec de l'acide chlorhydrique.

PRÉPARATIONS PRÉLIMINAIRES QUE SUBIT LA SOIE FILÉE. — DÉCREUSAGE. — BLANCHIMENT DE LA SOIE (l).

Lorsqu'on tisse la soie écrue, il en résulte une étoffe dure et peu brillante. Cette raideur est, il est vrai, recherchée pour certaines étoffes, telles que les gazes, etc. ; mais si l'on veut avoir un tissu souple et tendre, il faut enlever à la fibre son enveloppe de grès. Cette opération est encore nécessaire pour les soies destinées à la teinture, car les matières colo-

(1) En collaboration avec M. P. Richard, chimiste manufacturier.

rantes ne se fixent pas bien sur les soies grèges, et Timmersion dans Teau bouillante et même dans l'eau tiède ferait tomber une grande partie de la couleur restée à la surface.

Les soies dépouillées ou décreusées se présentent sous forme de fils blancs, brillants, très-tenaces et jouissant au plus haut degré de la faculté de s*unir aux matières colorantes. La plupart de celles-ci n'ont même pas besoin du secours des mordants pour s'y combiner solidement. Les <îouleurs sont plus brillantes sur la soie que sur la laine, mais avec moins de rendement. En général, la fibroïne a moins d'affinités pour les matières colorantes organiques que la laine, et moins que le coton pour les couleurs minérales.

D'après les expériences de MM. Thenard et Roard (1), la soie s'empare de l'alun dissous, mais sans le décomposer, des lavages à l'eau suffisamment prolongés enlèvent de nouveau tout le sel fixé. Plongée dans un bain de sulfate de peroxyde de fer, elle se colore en jaune rougeâtre en fixant un soussel ; elle s'unit aussi à l'acétate d'alumine.

Moulinage. — La soie dévidée en écheveaux, comme nous l'avons vu plus haut, est soumise au moulinage. Cette opération purement mécanique nettoie les soies de filatui^e, sépare les bouchons et les impuretés, et double les fils en leur faisant subir des torsions plus ou moins fortes ; elle se répète plusieurs fois suivant les usages auxquels est destinée la soie. Les déchets de filature et de moulinage, l'enveloppe extérieure du cocon et les filaments provenant des cocons percés, constituent le frison ou la bourre de soie, matière autrefois rejetée comme impropre à la filature, et qui à présent est appliquée avec succès à la fabrication des fantaisies ou chappes, et forme à elle seule la trame des foulards et autres tissus de même nature.

Grillage. — Pour les soies en écheveaux, au moulinage succède immédiatement le décreusage ou élimination du

(1) Tbenai*det Roapd, — Mémoire sur les mordants employés en teinture. Annales de chimie^ t. LXXIV, p. 259.

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grès ; quant aux tissus tels que florence, foulard, etc., on les grille ou on les flambe à peu près comme les tissus de coton pour détruire le duvet superficiel.

Les résultats pratiques du grillage sont plus favorables que ceux du flambage au gaz qui appauvrit le tissu en lui enlevant, non-seulement le duvet externe, mais encore celui qui garnit Tespace compris entre les fils et qui donne de l'épaisseur et du poids à l'étoffe.

Le grillage, quoique fort simple en principe, demande beaucoup d'habitude de la part de celui qui le dirige pour que l'étoffe ne soit pas brûlée ou grillée incomplètement. La tondeuse a l'inconvénient d'érailler facilement, et ne s'emploie absolument que pour les pièces à imprimer au rouleau.

Dans ce cas les pièces sont rasées immédiatement avant l'impression, et cette opération ne dispense pas du grillage qui a lieu avant le décreusage.

Décreusage. — Le décreusage enlève, au moyen d'un dissolvant convenable, la gélatine, la cire, les graisses, la matière colorante jaune (en grande partie) et une portion du principe azoté insoluble dans l'acide acétique (albumine de Mulder).

En effet, la perte éprouvée dans l'opération industrielle €st en moyenne de 25 p. 100. (Elle peut aller jusqu'à 30, 33 et 38 p. 100.)

Or, d'après Mulder, la gélatine, la cire, les graisses et les matières colorantes forment ensemble les 0,22 de la soie ; il est donc évident qu'une} partie de l'albumine, mais non la totalité, se sépare aussi.

Les détails entre guillemets sont empruntés à l'article de M. Troost {Blanchiment de la soie) qui les doit lui-même à MM. Guinon, Marnas et Bonnet, de Lyon (1).

a La première opération, appelée dégommage ^ consiste à faire bouillir pendant dix minutes la soiegrége dans de l'eau

(!) Barreswiil et Girard, Dictionnaire de chimie industrielle, t. I, p. 377.

de savon à 30 p. 100 du poids de la soie. Les écheveaux sont enfilés sur des perches disposées horizontalement au-dessus de la chaudière, et plongent en partie dans le liquide. En tournant le lissoir, on change la partie immergée. La matière gommeuse et le colorant jaune entrent en dissolution; la soie devient souple, douce et d'un blanc mat, légèrement opalin. On donne encore une seconde ébullition dans un bain à*15 p. 100 de savon pour achever l'effet de la première, puis on tord à la cheville, on dresse et on procède à la cuite.

« Pour la cuite les écheveaux sont placés dans des sacs en canevas grossiers et immergés ainsi dans un bain de savon bouillant à IS p. 100 du poids de la soie. L'ébuUition dure une heure.

« Pour les soies tendres (Ce venues , Piémont , Bengale, etc.), il y aurait inconvénient à prolonger l'action du savon bouillant.

« Les soies de France et d'Italie sont celles qui perdent le moins, les Brousse, Perse, viennent ensuite ; les Bengale et Chine sont celles qui perdent le plus.

« La soie cuite est seule employée pour les étoffes riches, d'un grand éclat et d'une solidité extrême. La chaîne et la trame sont alors de soie cuite. Pour les soies destinées à la fabrication des blondes et des gazes, le décreusage doit être moins complet, afin de laisser aux brins leur roideur naturelle.

« U faut prendre pour cette fabrication les soies grèges les plus blanches, de Chine, par exemple ; les tremper dans l'eau pure ou faiblement savonneuse, puis les tordre et les soumettre au soufrage ; après deux séries d'opérations semblables, les soies sont convenablement préparées. »

Le dégommage et la cuite peuvent encore être conduits de la manière suivante. Les soies en flottes sont immédiatement placées dans des filets et plongées dans une chaudière à double fond chauffée à la vapeur. Cette chaudière

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est remplie aux deux tiers d'un bain de savon à 23 p. 100 du poids de la soie (cette proportion varie du reste suivant la qualité des eaux). On donne une heure environ d'ébullition, après laquelle la soie dégommée est bien égouttée et mise dans la chaudière de cuite, montée de la même manière, oîi elle reste une demi-heure pour se nettoyer parfaitement. De là, elle est rincée à Teau courante et passée dans un bain légèrement acidifié à Tacide sulfurique, tordue et séchée ; à cet état elle porte le nom de soie cuite. *

Le premier savon se charge de presque tout le grès et se salit beaucoup. Aussi ne peut-on guère travailler plus d'un jour sur le même bain. Dans les ateliers le bain de cuite du jour sert de bain de dégommage le lendemain. On économise ainsi une notable partie du savon. Il est essentiel que celui-ci soit parfaitement neutre, ou du moins ne renferme pas d'alcali en excès ; aussi les savons d'oléine sontils impropres à ce genre de travail et n'emploie-t-on que les savons blancs de Marseille, première qualité. Des essais faits pour remplacer une partie du savon par du carbonate d'ammoniaque, ou de l'urine putréfiée n'ont jamais abouti qu'à causer de grandes pertes à ceux qui avaient cherché à réaliser ces économies mal entendues. Le savon est le seul corps alcalin dont la soie puisse supporter l'action sans danger.

Le principe est le même, si au lieu de flottes ce sont des tissus que l'on se propose de décreuser. Seulement les appareils se modifient en raison de la forme de la matière sur laquelle on opère. Les systèmes sont nombreux, du reste, et peuvent tous donner de bons résultats s'ils sont appliqués avec intelligence. Le plus usité consiste à mettre un certain nombre de coupes dans la chaudière, qui n'est même souvent qu'une simple barque en bois chauffée par un serpentin, et à les manœuvrer à l'aide d'un tourniquet. Quand on est arrivé au bout de la pièce, on les fait revenir en sens inverse, et ainsi de suite. Dans un autre pro-

cédé, souvent employé aussi, on pend les pièces toutes pliées dans le bain, et on les laisse- se dégommer et se cuire sans les remuer. Il a Tinconvéaient de laisser les lisières des pièces en place ; elles sont alors sujettes à se cuire trop fortement jusqu'à être énervées, tandis que Tintérieur peut n'avoir presque pas reçu l'action du savon bouillant.

— M. Sandin fait passer les pièces d'un rouleau à l'autre çiu sein du bain de savon bouillant. Un tambour élargisseur en cuivre les maintient toujours au large. Quand tout le tissu a passé du premier rouleau sur le second , on tourne le tambour de manière à diriger l'élargissement en sens contraire et on fait revenir le tissu sur le rouleau vide. Le va-et-vient dure jusqu'à terminaison de la cuite. On évite ainsi les cassures, et ce procédé est certainement le plus recommandable pour des tissus forts destinés à la teinture unie. Quoi qu'il en soit, il est important de ne pas chauffer les appareils de cuite à la vapeur nue. En frappant directement contre le tissu, elle lui enlève la faculté de se teindre avec différentes matières colorantes, et en particulier de se combiner aux mordants pour garancine ; beaucoup d'accidents de fabrication se produisent, faute d'observer cette précaution. II faut faire circuler constamment le tissu qui a une tendance à surnager et à échapper à l'action du savon ; d'un autre côté un pli trop serré contre le fond de la chaudière ou le serpentin donnerait lieu à d'autres accidents également fâcheux.

Une cuite trop longtemps prolongée fatigue la soie, et si elle est incomplète, la teinture prend mal et la soie manque de brillant. On demande souvent, pour certains articles fond blanc en foulard, un azurage solide et résistant aux opérations subséquentes. Pour cela on mélange au savon de cuite une certaine quantité d'indigo pulvérisé produisant une sorte de teinture mécanique très-solide. L'indigo se place dans un nouet que l'on plonge dans le bain. . Soufrage. — Quand la soie est destinée à être tissée en

blanc ou que le tissu se teint pour blanc à un échantillon donné y il devient nécessaire de soumettre cette soie ou ce tissu à Faction de l'acide sulfureux. Dans un local en maçonnerie, voûté et pouvant se fetmer hermétiquement par une porte boulonnée, on expose la soie dégommée par un premier savon aux vapeurs du soufre enflammé. Il est indispensable de bien empêcher l'accès de l'air, car la soie pourrait être brûlée par l'acide sulfurique qui prendrait naissance. Après vingt-quatre heures d'exposition, on retire les flottes ou les pièces et on achève la cuite par un second savon. Cette opération peut se répéter une deuxième fois, si le blanc n'est pas assez dépouillé. Après cela on passe à la teinture en blanc au moyen du carmin d'indigo et de la cochenille ammoniacale, en ajoutant un peu d'acide sulfurique pour favoriser la fixation régulière du bleu. On achève en rinçant sur un deuxième bain d'eau'claire aussi légèrement acidifié. On essore et on sèche. Gomme la cuite fait perdre aux soies une partie de leur poids, certains fabricants cherchent à leur restituer ce qu'elles ont abandonné.

Les moyens sont nombreux, mais un seul est applicable aux soies blanches et de couleur claire. Il consiste à tremper les flottes dans une dissolution de sucre au degré de saturation nécessaire ; cette préparation augmente le poids des soies sans nuire à leur qualité. Les fabricants de soieries exigent souvent de leurs teinturiers une charge de tant pour 100 afin de produire des étoffes plus lourdes sans ac-» croître leur prix de revient. Cette charge s'exécute sur une très-grande échelle, nous y reriendrons à propos de la tein« ture en noir.

Les procédés que nous venons de décrire ne sont pas les seuls employés. Il existe d'autres modes de préparer la soie, mais qui ne servent que dans des cas particuliers.

Tels sont :

1* Ire décrettsage à la soude caustique ou demi^cuite. — Il donne peu de brillant et attaque souvent fortement la soie,

on ne s'en sert que pour la teinture en noir. La soie est bouillie une demi-heure dans un bain qui contient 12 p. de soude pour 100 p. de soie. Celle-ci perd 12 p. 100 de son poids seulement, mais elle devient terne et cassante.

2** Le blanchiment A l'acide. — Le bain est une solution acide marquant 13 à IS*' B. à 30 ou 35* centigrades et renferme, sur une partie d'acide nitrique, quatre parties d'acide chlorhydrique. On plonge la soie dans cette espèce d'eau régale après lui avoir donné un bain tiède d'eau de savon à 10 p. 100 (du poids de la soie).

Sa teinte passe au vert, puis au gris du calicot écru. Il faut à ce moment l'enlever et la laver à grande eau dans des barques. Si l'action était prolongée trop longtemps ou si la température dépassait 35% l'acide nitrique formerait avec la matière azotée un acide jaune indestructible.

La teinte grise de la fibre traitée par l'eau régale disparaît par un soufrage de douze heures et passe au blanc éclatant. Après le soufrage on passe en eau de savon à 10 p. 100 de savon du poids de la soie.

Ces deux opérations sont répétées plusieurs fois. Ainsi préparée, la soie est rude, cassante et ne supporte pas le pli, elle doit encore subir l'opération de Vassouplissage. A cet effet on la passe plusieurs fois dans un bain d'eau bouillante qui assouplit la fibre, la rend molle, spongieuse et élastique ; on favorise quelquefois cet effet physique en ajoutant de la crème de tartre à l'eau ; le produit de ces traitements est appelé souple. Dans les étoffes légères la trame est en soie souple, et la chaîne en soie cuite. On s'en sert encore pour les soieries à bon marché et pour l'exportation. La perte subie par la fibre textile n'est que de 18 p. 100, et c'est là le plus grand avantage du procédé. Quant à sa théorie, elle est facile à établir : la matière colorante est détruite et modifiée par l'action oxydante de l'eau régale et l'influence subséquente de l'acide sulfureux, en même temps une partie seulement de la substance gommeuse (gélatine) est éliminée ;

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Tassouplissage rend à la fibre les qualités physiques qu'jBlle perd dans le bain acide, en modifiant son état moléculaire. La soie souple estblianche, opaque, un p6Ù rude au toucher, spongieuse et élastique, elle se disloque et se défile par une trop forte traction. On peut encore préparer la soie souple par une immersion de une à deux heuires dans un -baîn de savon à 30** centigrades, monté avec 10 pour 100 du poids delà soie en savon. On tord, on lave -et on soufre durant quarante-huit heures, puis on procède à l'àssoiiplisâagei dans un bain bouillant à la crème de tartre. (3 kilôg. sel pour 800 litres eau), durant une heure et demie ; on lave à l'eau tiède; et s'il est nécessaire, on ^répète ces. opérations. Cette méthode ne convient qu'aux soies naturellement blanches; les soies jaunes réclament le bain d'eau régale.

Baume a indiqué un procédé de préparation qui laisse à la fibre toute son albumine et ne dissout que ia gélatine et la matière colorante. Après un trempage prolonge eh eau froide, destiné à dissoudre une partie de la gommé (gélatine), on la laisse séjourner vingt-iquatre Jt trente-six heures dans de l'alcool contenant de l'acide chlorhydriqne pur (96 kilog. alcool d'une densité égale à 0,840 pour 400 grammes acide chlorhy^rique pur), on lave et on sèche. L'effet du bain alcoolique est plus prompt si on opère à chaud dans un autoclave. Cette manière d'agir est trop dispendieuse, mais elle donne de bons résultats, la soie obtenue ressemblant entièrement à celle de la Chine. On salit que les. Chinois' sont réputés pour leur habileté àU*aiter et à assouplir la soie. Giobert décolore la soie sans rien lui élever, ce qui n'est pas un avantage, par des immersions successives en eau tiède, eau chlorée et eau sulfureuse.

De la nature des eaitx employées dans le décremage et le blanchiment. — Toutes les expériences prouvent que la pureté parfaite représente pour l'eau la meilleure condition dans la cuite et la teinture de la soie. Les eaux du département del'Ardèche, qui traversent un sol granitique, sont

réputées pour donner du maniement et de l'éclat à la soie.

Le savon de chaux qui se forme dans des eaux calcaires, pendant la cuite, encrasse la fibre et lui enlève ce craquant que Ton recherche. Beaucoup de fabricants qui n'ont que des eaux calcaires à leur disposition les corrigent en ajoutant du carbonate de soude au bain de cuite. Ce procédé est mauvais, car une partie seulement du carbonate sert à précipiter la chaux, le reste attaque la soie et en diminue la ténacité et l'éclat. L'agent le plus favorable, au contraire, à ce brillant de la fibre, c'est un savon acide ; tous les acides donnent aux soies cuites le craquant que l'on demande à cette fibre ; mais .on doit supposer que c'est l'acide gras mis en liberté qui seul produit cet effet, car il ne se remarque que sur des soies préalablement passées au savon. Bien plus, quand on opère avec des eaux pures, la cuite suffit seule pour donner le craquant, tandis qu'il faut un bain acide pour le produire quand on se sert d'eaux calcaires ou corrigées au carbonate de soude.

Il conviendrait donc peut-être mieux d'employer, pour précipiter la chaux, un agent acide tel que l'acide oxalique, en se servant de deux réservoirs dont l'un alimenterait les bains, tandis que l'autre se clarifierait. L'économie réalisée sur la dose du savon couvrirait en partie les frais, compensés du reste par la beauté de la marchandise .

On observe quelquefois des accidents particuliers dans le décreusage de la soie, qui dérivent, d'après les observations de M. Guinon et de M. Sobrero (1), de la présence de proportions notables de chaux, de magnésie, d'alumine et d'oxyde de fer dans la fibre filée et moulinée.

Tantôt ce sont des taches et des points qui se montrent sur les étoffes après le cylindrage ; d'autres fois le bain de

(1) Gninon, de Lyon, Technologiste^ avril 1856. — Sobrero, Mémoire présenté à i' Académie des sciences, de Turin, 12 février 1860, et Répertoire de chimie appliquée, t. lï, p. 97 ; — De Vinfluence des bases inorganiques dans le décreusage des soies.

cuite devient maigre en donnant un précipité abondant de savons à bases alcalino-terreuses ou terreuses ; et la soie, au lieu de réussir brillante, montre un aspect terne, et, soumise à la teinture, elle prend mal la couleur (Sobrero). IJaugmeiitation dans la dose des oxydes alcalino-terreux et terreux contenus normalement dans la soie peut dériver parfois de la race du ver, de sa nourriture et de son état de santé ; mais dans la majorité des cas elle est due à l'emploi d'eaux calcaires pendant le dévidage des cocons. Il importe donc aussi de veiller à la nature de Teau qui sert dans la filature et la transformation de la soie du cocon en soie grége.

Quoi qu'il en soit, pn peut obvier à cet inconvénient, une fois qu'il est signalé, par un traitement à* l'acide chlorhydrique faible précédant le dégommage et la cuite.

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