‹ Traité des matières colorantesChapitre 44 sur 124 · BLANC DE ZINC. OYXDE DE ZINC ANHYDRE · texte numérisé non relu

BLANC DE ZINC. OYXDE DE ZINC ANHYDRE

Zn^O. Pompholix, Nihil album. Laine philosophique.

L'idée de substituer l'oxyde de zinc à la céruse comme matière colorante blanche a été inspirée par le désir de faire disparaître une cause grave d'insalubrité. En effet les ouvriers chargés de la préparation du carbonate de plomb et surtout du broyage de cette substance, pour la fabrication des couleurs à l'huile, et les peintres eux-mêmes qui s'en servent, sont sujets à une affection grave connue sous le nom de colique saturnine.

C'est Courtois, à Dijon, qui fit le premier des essais dans cette direction, dès 1780.

En 1783, Guyton de Morveau publia dans les Mémoires de l'Académie de Dijon et ï Encyclopédie méthodique des arts et des sciences (3) une longue étude sur cette question. Il conseillait, pour rendre la couleur plus siccative, d'ajouter un peu de sulfate de zinc desséché. En 1796, Atkinson de Harrington prit une patente pour la substitution de l'oxyde de zinc à la céruse.

Malgré ces recherches, qui avaient dépassé les limites du

(1) Dufrt^noy, t. III, p. 631 et 537, — Dictionnaire des sciences naturelles^ t. LU, p. 128 et suivantes.

(2) Payen, Précis de chimie industrielle^ p. 811 et suivantes.

(3) Gnyion de Morveau, Encyclopédie méthodique des arts et des sciences^ t. VI, p. i4g. — Annales des arts et manufactures; an IX de la République, t. IV, p. 161.

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laboratoire, l'emploi et la fabrication du blanc de zinc ne se développèrent pas.

En 1835, M. Leclaire reprit la question, et par une série d'essais poursuivis avec une rare persévérance jusqu'en 1844, il parvint à fabriquer une couleur, d'une blancheur éclatante, résistant aux émanations suif hydriques, et à un prix convenable. Comme par l'emploi de l'huile de lin cuite avec de la litharge, les couleurs au blanc de zinc perdraient la qualité de ne pas s'altérer par le gaz hydrogène sulfuré, le même fabricant proposa de cuire l'huile avec du bioxyde de manganèse. A cet effet, on délaye la poudre dans de l'huile non cuite, et on ajoute 3 à 5 pour lOD d'huile cuite avec du bioxyde de manganèse (200 gr. huile de lin épurée et cuite, 10 gr. de bioxyde concassé ; cuire 6 à 8 heures en agitant et laisser refroidir, puis filtrer) (1).

M. Sorel remplace l'huile, l'essence de térébenthine et les autres liquides ou excipients employés dans les peintures ordinaires, par une solution aqueuse de chlorure de zinc basique à 58° Baume, dans laquelle il fait dissoudre un tartrate alcalin. Ces sels retardent l'épaississement de la nouvelle peinture, avant son emploi. Il y ajoute en outre, pour donner plus déliant et de ténacité, delà gélatine ou de l'empois. Cette peinture est aussi belle et aussi solide que celle à l'huile; elle est plus couvrante, sèche promptement, n'a pas d'odeur, résiste à l'humidité et à l'eau bouillante; elle est de plus antiseptique, et par conséquent protège le bois de la pourriture ainsi que de la combustion. Elle n'est ni vénéneuse ni altérable aux émanations sulfhydriques.

Le blanc de zinc possède un pouvoir couvrant qui se rapproche de celui de la céruse, sans toutefois l'égaler ; il se mélange très-bien à l'huile, et une routine blâmable s'oppose seule à la substitution complète de ce produit au carbonate

(1) BuKeiins de la Société d* encouragement pour V industrie^ 1849, p. ïSet siiivaDtcs. Idem, p. 314. Idem^ I8î»0, p C23. Idem^ 1851, p. 205. /rfem, 18ô2,p. 405. /(/em, 1868, p. 231. Idem^ 1859, p. 289.

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de plomb, sur lequel il présente rénonne avantage deTinnocuité. Madame Mantois a appliqué le blanc de zinc à la peinture fine, au pastel, à la gouache. C'est, avec la céruse, la seule matière colorante blanche employée dans l'impression des tissus. Dans ce cas, elle sert seule ou en mélange avec d'autres couleurs telles que l'outremer. Sa fixation se fait par l'albumine.

Ses propriétés basiques le rendent soluble dans les acides. Sous l'influence de la chaleur il prend une teinte jauneserin qu'il perd par le refroidissement. Il est fixe et infusible.

Préparation. Elle est généralement fondée sur la propriété que possèdent les vapeurs de zinc de brûler à l'air. M. Leclaire disposait une série de dix cornues dans un four silésien. Un système de grattoirs dégage régulièrement la bouche des cornues. Devant cette bouche est une très-petite chambre ou guérite dont le plancher est mobile et dont la porte ouvre dans la pièce où est le four. Au-dessus de la guérite est un conduit qui communique avec la partie supérieure des chambres de condensation placées à droite et à gauche du four et descendant plus bas que le sol de la chambre où est le four. Un puissant appel d'air est appliqué à l'extrémité d'une série de toiles destinées à condenser et à recueillir l'oxyde. Dans le plancher des chambres il y a des trémies à travers lesquelles l'oxyde tombe dans des tonneaux.

Quand le four est porté à une température suffisamment élevée, on ouvre la porte de la guérite, on charge le zinc, on ferme et on lute la porte, on relève le plancher mobile de la guérite et l'on met ainsi la cornue en communication avec la partie inférieure des chambres de condensation. La combustion du zinc commence de suite pour ne s'arrêter que lorsque tout le métal est brûlé.

L'air s'élève de la partie inférieure des chambres de condensation et l'oxygène se combine avec le zinc enflammé à la bouche de la cornue.

Dans le système de M. Rochaz le zinc est renfermé dans des pots ou creusets clos par des couvercles percés de trous, et placés dans une espèce de four à réverbère. Le métal volatilisé pénètre dans un compartiment du four appelé chambre d'oxydation, et l'oxyde entraîné par un tirage convenable vient se condenser dans une série de chambres incomplètement cloisonnées, en suivant une marche sinueuse.

M. Sorel maintient constamment la surface d'un bain de zinc chauffé au rouge, en contact avec un courant d'air, et il utiUse la chaleur dégagée par la combustion du métal pour échauffer le zinc; il est même parvenu, dit-il, à supprimer le combustible et à disposer d'un excès de chaleur utilisable. Dans ces conditions le métal n'est pas volatilisé et l'oxyde formé reste à la surface du bain.

En Amérique on prépare l'oxyde de zinc par le grillage du minerai. Lorsque celui-ci est sulfuré, le blanc est toujours mélangé à quelques centièmes de sulfate qui lui enlève ses qualités comme couleur miscible à l'huile.

Le fourneau de M. Witherill employé dans ce cas, comme par exemple à Lancaster en Pensylvanie où il a fonctionné quelque temps, se compose d'une voûte demi-circulaire en briques réfractaîres, renversée sur une grille dont les barreaux sont percés d'ouvertures et sous laquelle est un cendrier étroit. Un courant d'air constant, injecté par ce cendrier, se répand sur toute la surface du foyer en traversant les barreaux.

La face antérieure du four ne présente qu'une ouverture de l'",16, pour la porte. L'oxyde de zinc s'échappe par des orifices ménagés à la partie supérieure de la voûte et se rend par des tuyaux verticaux assez courts dans un large canal horizontal qui dessert douze fours semblables. Il est ensuite aspiré par un ventilateur et envoyé dans des chambres en briques, où il entre par le bas et s'échappe par le haut, après avoir déposé les particules de cendre les plus lourdes. De là il se rend dans d'autres chambres contenant des sacs

de mousseline qui retiennent l'oxyde comme des filtres.

On charge les fours avec du minerai pulvérisé, mélangé avec 33 pour 100 de charbon fin ; et on allume, au début, du feu sur les grilles.

Voici la composition d'un bon minerai employé à Lancaster :

: Carbonate de zinc 78,70

— de chaux 12,64

— de magnésie 2,72

Peroxyde de fer 2,32

Silice 2,36

Eau i,36

GÉRI3SE ou BLANC DE PLOMB.

Le carbonate de plomb artificiel était connu des Grecs et des Romains. Ses propriétés couvrantes remarquables le placeraient à la tête des matières colorantes blanches employées dans la peinture à l'huile, s'il n'offrait d'un autre côté de graves inconvénients. Ceux-ci dérivent de sa composition même; renfermant du plomb, il est vénéneux, l'expérience n'en est que trop faite, et de plus il noircit sous l'influence du gaz hydrogène sulfuré.

La céruse est insoluble dans l'eau pure, un peu soluble dans l'eau chargée d'acide carbonique, soluble avec effervescence dans les acides. A une température de 400** environ, elle dégage de l'acide carbonique en laissant un résidu de protoxyde de plomb pulvérulent (massicot).

D'après les expériences deMtilder et de G. Hochstetter (1), la composition de la céruse n'est pas exactement celle d'un carbonate neutre, une partie du plomb étant remplacée par de l'hydrogène. Gelle obtenue par le procédé de Glichy répond à la formule :

(1) Journal d'Erdmann, t. XXVI, p. 338, et Annales de chimie et de physique [31,t.Vn,p. 144.

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Pb »' ! 0» dérivé de H» J 0«.(C0).» - H*Pb/ - H»

tandis que les produits de la méthode hollandaise paraissent être des mélanges de carbonate neutre et du composé précédent. On a proposé un grand nombre de procédés de préparation ; ils peuvent se classer de la manière suivante :

1** Procédés plus ou moins rapprochés de la méthode hollandaise. Le carbonate se forme par Faction simultanée des vapeurs d'acide acétique, de Toxygène et de Tacide carbonique. Le métal absorbe Toxygène de Tair, il se forme du sous-acétate de plomb que Tacide carbonique décompose en carbonate ou céruse et en acétate neutre. Ce dernier peut également être décomposé avec dégagement d'acide acétique, pourvu que la température soit suffisamment élevée (40 à SO**), et que l'atmosphère soit saturée d'humidité ; ce qui explique le peu d'acétate trouvé dans le produit non lavé.

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